Marat Safin, l’astre tsar

By  | 20 mars 2011 | Filed under: Légendes

Il y a dans chaque clas­se de cours un type qui, au choix, énerve ou fas­cine : celui qui aime pass­er son temps à se balanc­er sur sa cha­ise mais qui passe quand même l’exam­en avec succès. Quand le cours se fait court, ce type s’ap­pelle Marat Safin.

Grand Russe à la gueule d’ac­teur de cinéma, physique puis­sant, il col­lec­tion­ne les clichés du talen­tueux décontracté et di­let­tante qui s’as­sume : mo­ments de grâce, pre­sta­tions brouil­lonnes et décon­venues in­faman­tes, tout y est. Mais il n’est pas que ce joueur fan­tasque et génial, connu de tous et qui ne lais­se per­son­ne in­différent. Marat Safin est aussi une figure d’une période de trans­i­tion dans la gran­de fres­que du ten­nis, un temps assez peu dis­cuté puis­qu’il précède l’ère que nous suivons ac­tuel­le­ment. Tâchons de dress­er son portrait, à la fois bril­lant et ob­scur, avant de lui re­ndre la place qui est la sien­ne dans l’his­toire du jeu.

La comète à deux queues

Of­fert au ten­nis dès son plus jeune âge par ses parents, entraîneurs, Marat est vite repéré par un re­cruteur es­pagnol, qui l’en­voie s’aguer­rir sur les chaudes ter­res d’Es­pagne. Le di­amant brut venait d’être découvert, il al­lait main­tenant être enrobé de brique pilée. La terre bat­tue de­vient la sur­face de prédilec­tion de Marat et, bien que ses plus vail­lantes pro­ues­ses se feront sur dur, ses pre­mi­ers grands coups frappés à la porte de l’ATP sont bien teintés d’ocre. Roland-Garros 1998 : le Russe entre sans prévenir et sur­prend son monde. Ses vic­times se nom­ment alors Andre Agas­si et Gus­tavo Kuert­en, soient le doub­le fin­alis­te et le tenant du titre. La folle co­ur­se du jeune Marat sera in­ter­rompue en huitièmes de fin­ale par Cédric Pioline.

C’est cepen­dant l’été 2000 qui réfléchira les premières lumières du grand Safin. Au sor­tir d’un en­chaî­ne­ment de trois tit­res – dont son pre­mi­er Mast­ers Se­ries, à Toron­to – Marat bous­cule la hié­rarchie et tranche l’ère précédente : il pour­fend Pete Sampras en fin­ale de l’US Open. En trois grands set de ten­nis choquant, Marat de­vient Safin et im­pose sa puis­sance com­pac­te et déliée à un Sampras qui se pose en vic­time dépassée par l’ouragan venu de l’Est. Le tsar est in­tronisé. Sa fin d’année est ex­emplaire : trois tit­res sur dur dont son pre­mi­er Bercy, ar­raché à Philipous­sis en cinq set musclés. Il ter­mine l’année second à l’ATP et l’avenir qui lui est pro­mis semble radieux. Mais les années pas­sent sans ap­port­er les récom­penses qui lui ten­daient les bras : trois Mast­ers Se­ries de plus en quat­re ans, la re­cet­te est maig­re. Pour­tant le meil­leur reste à venir.

Il ne met pas moins de cinq ans à gagn­er son deuxième et de­rni­er titre du Grand chelem, soit le plus grand écart de l’ère Open. C’est d’ail­leurs le de­rni­er titre de sa carrière : tout un sym­bole. Peut-être aurait-il dû s’en tenir là. Toujours est-il que l’at­tente était lon­gue ; Marat était en ges­ta­tion, Safin al­lait ac­couch­er d’un match ex­cep­tion­nel. Une re­ncontre d’anthologie qui trouve sans en­combres sa place au sein des plus gran­des de l’ère moder­ne. Rapide re­tour sur la genèse de ce clas­sique. Fin 2004, Safin sort l’ar­tillerie lour­de en demi-finale de la Mast­ers Cup à Hous­ton face à Feder­er. Le Russe s’incline au bout de deux set de haute lutte, dont un tie-break mémor­able achevé 20 points à 18. On sent alors l’astre mos­covite au plus haut, ses rayons ne tar­deront pas à lécher le monde du ten­nis. C’est donc quel­que mois plus tard que l’on retro­uve nos deux pro­diges, pour une place en fin­ale de l’Open d’Australie 2005. Si le pre­mi­er chef-d’oeuvre de la carrière de Marat n’était dû qu’à lui, cinq plus tard l’équa­tion est toute autre. Face à lui, le Maître suis­se, numéro 1 mon­di­al et tenant du titre, domine lar­ge­ment leurs face-à-face et l’a battu en fin­ale de l’édi­tion précédente. Safin lais­se de côté ses démons, et lais­se éclat­er son talent ; à son bras répond celui de Feder­er. L’étrein­te s’étend, le spec­tacle est total, le com­bat haletant : jamais Safin n’a semblé aussi serein et sûr de son ten­nis. Un match en cinq set épique, con­clu cette fois par une vic­toire du Russe, après avoir sauvé une balle de match. La fin­ale avant l’heure ; qui se souvient d’ail­leurs qu’au tour suivant Hewitt est par­venu à pre­ndre un set avant de s’inclin­er ?

Sa carrière aurait pu s’arrêter là, tant l’instant était magique. Mais Marat ne serait pas Safin sans ses zones d’ombre. Coups de colère, mas­sacre en règle d’in­nocen­tes raquet­tes, soirées à répéti­tion… Safin re­nvoie aussi l’image d’un vrai amoureux de la bonne vie, fêtard ab­solu et décon­neur à ses heures. His­toire de compléter sa panop­lie de bad boy, in­solent de facilité quand – semble-t-il – l’envie l’en pre­nait. Au-delà de ces faits, on peut jeter sur le joueur un re­gard em­preint d’un cer­tain recul et le plac­er dans un cadre plus glob­al.

Un personnage-témoin

Safin est une figure-phare d’une période char­nière dans l’his­toire pro­che du ten­nis. Après les Ed­berg, Be­ck­er et Sampras, avant Nadal et la clique moder­ne. C’est une cer­taine philosop­hie du jeu qui se perd alors, pour s’orient­er len­te­ment vers des schémas de jeu ap­pauv­ris, plus musclés en fond de court. Un temps où le physique al­lait domin­er se pro­filait. Agas­si mis à part, les con­tem­porains de Safin s’ap­pellent Kuert­en, Hewitt, Fer­rero, Rod­dick ou en­core Feder­er. Tous vain­queurs en Grand chelem ou pre­sque, cette variété témoig­ne de la trans­i­tion qu’était le début des années 2000. Aujourd’hui, si le Russe a déjà raccroché la raquet­te, cer­tains de ses compères opèrent en­core au plus haut niveau. Feder­er bien sûr, mais aussi Rod­dick qui fait toujours par­tie du Top 10, n’en dépla­ise à cer­tains. Fer­rero et Hewitt peinent à se main­tenir, Haas n’est toujours pas de re­tour, Nal­bandian n’en finit plus de se bles­ser…Avec deux sac­res en Grand chelem et cinq tit­res en Mast­ers Se­ries pour un total de 15 tit­res, Safin est fin­ale­ment celui qui s’en sort le mieux. Les trajec­toires tor­dues et variées de ces joueurs met­tent en évid­ence les quel­ques années troublées qui al­laient précéder un règne de quat­re ans. D’ail­leurs, Safin, vic­time de l’autorité de Feder­er, comme les joueurs précités ? Même pas, ou si peu. Non, le prin­cip­al en­nemi de Safin, c’était lui-même. Et Fab­rice San­toro. Si Ivanisevic avouait se battre con­tre cinq ad­versaires à la fois quand il était sur le court, nul be­soin d’autant d’op­posants pour faire craqu­er le Russe.

Marat Safin est en définitive un joueur simple­ment fou ; colérique souvent, bril­lant par­fois. Il a touché du doigt à la fois le sub­lime et le mauvais. Per­son­nage at­tachant, il a su être l’idole d’une généra­tion, par ex­em­ple à Bercy où il s’est imposé à trois re­prises.

Selon ses critères, il a très cer­taine­ment réalisé une ex­cel­lente carrière. Selon les nôtres, il est passé à côté de quel­que chose d’im­mense. Quel­que chose de si grand qu’il dépas­sait même peut-être le grand Russe.

About

A fait l'ac­quisi­tion d'un re­v­ers à une main et vit d'un amour sans fin pour la famil­le des talents au bras juste. Mon carré d'as : Agas­si, Safin, Kuert­en, Feder­er...

Tags:

451 Responses to Marat Safin, l’astre tsar

  1. Jeanne 20 mars 2011 at 11:12

    Sympa. J’ai jamais été une grande fan de Marat que je trouve surcoté. Il avait des pics de niveau exceptionnels, une belle gueule et un super tempérament, oui, mais on s’en souvient toujours pour des matchs où il était à 200% de son niveau. Je n’adhère donc pas à la pourtant séduisante théorie (romantique : le génie maudit) qu’il est passé à côté de quelque chose d’immense…

  2. Nath 20 mars 2011 at 11:57

    Je n’était pas tellement fan non plus. Le joueur qui m’a le plus donné l’impression que la partie du court de son adversaire était minuscule :mrgreen: Mais un bon client en interview :)

  3. fieldog, vainqueur 2010 de l'odyssée (dans le cul nabot!) 20 mars 2011 at 12:52

    Un très joli texte William sur mon 1er coup de coeur tennistique…

    Marat, tant de choses ont été écrites sur le grand russe. Un joueur exceptionnel que j’ai découvert à RG 1998 quand il éclaboussa le petit monde de la balle jaune de son talent en sortant le maître des lieux, j’ai nommé Guga.
    Ce fut une révélation et un électrochoc : pour la 1ère fois, je me passionnais pour un match de tennis, émerveillé par le somptueux spectacle offert par ce jeunot qui avait un charisme fou et attitude de bad boy…
    Evidemment, cette passion ne me quitterait plus et je ne remercierais jamais assez Safin de m’avoir fait aimer ce sport.

    Naturellement, on reteindra deux momentums : USO 2000 et OA 2005. Mais à classer bien en chaud dans la catégorie « matchs d’anthologie » j’ajouterais : Masters 2004 vs Fed, finale Hambourg 2000 vs Kuerten (défaite en 5 sets cette fois-ci) et finale Halle 2005 vs Fed. Que des défDes grands moments de tennis!

    • fieldog, vainqueur 2010 de l'odyssée (dans le cul nabot!) 20 mars 2011 at 13:01

      sorry, je disais que des défaites mais des grands moments de tennis!

      Je trouve que le personnage manque cruellement au circuit, alors que l’on se plaint sans cesse se plaînt d’une démocratisation de la langue de bois en itw et de joueurs au charisme d’huitres.

      Un charisme fou donc, un talent exceptionnel (le plus beau revers à 2 mains du circuit selon moi) mais un homme peu enclin à faire tous les sacrifices nécéssaires pour rester au top du top.

      Mais finalement, est-ce-que 2 ou 3 titres du GC supplémentaires auraient renforcé sa légende? Pas nécéssairement, et c’est très bien comme ça…

  4. Guillaume 20 mars 2011 at 13:19

    Safin avait tout dans la raquette pour devenir un géant du jeu : dimension physique, revers exceptionnel, grand coup droit, sens du jeu, excellent à la volée et dans tout ce qui concerne le domaine du toucher de balle… et costaud mentalement. Oui oui. Un vrai matcheur, un gars qui savait aller chercher ses victoires à la baston. Sans doute n’a t-il pas tout donné au tennis. Maintenant, les bas dans la carrière de Marat trouvent plusieurs explications bien terre à terre, qui ne doivent rien à la légende romantique qui entoure le Russe :

    - D’abord, en l’an 2000, la place de second au classement de fin d’année lui a fait beaucoup de mal. Kuerten et lui s’étaient tirés la bourre tout au long de l’année, s’étaient souvent affrontés pour des titres dans des matchs splendides (Hambourg, Indianapolis) : en arrivant au Masters, Marat était quasiment assuré de cette première place finale, Kuerten étant contraint à l’exploit… Sauf que Guga le fait, l’exploit. Sur une moquette indoor a priori défavorable à son jeu, le Brésilien réussit ce que personne n’a plus fait depuis une décennie : battre tour à tour Sampras (1/2) et Agassi (F) dans un même tournoi – ainsi que Kafelnikov pour faire bonne mesure. Kuerten est N°1 pour une poignée de points. Safin mettra du temps à s’en remettre.

    - Et puis l’autre clé de la carrière du Russe, ce sont les blessures. Safin aura été (lui aussi) un colosse aux pieds d’argile, sujet aux problèmes de dos et de genoux. 2003, alors qu’il a bouclé l’exercice 2002 en N°3, il fait une saison blanche. 2005, alors qu’il vient de gagner l’OA, genoux qui lâchent. Deux grosses blessures pour des mois entiers passés loin des courts. Et s’il parvint une première fois à revenir, la seconde fut la coupure de trop. Une demi-finale tardive à Wimbledon, et adieu Marat.

    Niveau personnalité, un joueur haut en couleurs, éminemment attachant. Il aurait ‘dû’ être l’autre star des années 2000 : Federer / Safin, un classique qui se sera finalement restreint à quelques matchs d’anthologie (j’en ajoute un 3e un peu méconnu, une finale de Halle en 2005 : http://www.youtube.com/watch?v=ok7U0LpvIu0&feature=related). Safin n’aurait pas déparé dans la lutte de la deuxième partie des 2000′s, et a d’ailleurs contribué à nombre de chef-d’œuvres de la décennie.

    Ce qui est sûr en tout cas, c’est que j’ai pris énormément de plaisir à suivre les saisons 2004 et 2005, des années où Federer, Safin, Roddick et Hewitt ont tous évolué à leur meilleur niveau à un moment ou un autre, tandis que Nadal pointait déjà le bout de son nez et qu’Agassi et Kuerten brillaient de leurs derniers feux. Des crus de tennis qui figurent en très, très bonne position dans mon panthéon personnel.

    • Jeanne 20 mars 2011 at 15:12

      Belle analyse Guillaume, mais j’ai une réserve (petite) sur le « costaud mentalement ». On va dire oui, quand la lune était favorable, mais tu le dis toi-même, Kuerten l’a marqué « Safin mettra du temps à s’en remettre ».

      Pour moi c’est aussi ça un des problèmes. Pas un reproche, mais les purs winners (ie les grands champions) mettent peu de temps à se remettre de ce genre de chose, qui finalement les incitent à bosser plus et là je le trouve un peu suspect.

      Et ses pétages de plomb l’ont beaucoup desservi. Ensuite les blessures l’ont handicapé, oui, mais malgré tout cela, je n’en ai jamais fait un rival, même virtuel de biquette qui reste complètement unique au sein de sa génération.

      Le jeu oui, une bonne palette technique, mais à la base, un sérieux parpigneur. Les matchs que l’on cite sont ceux où sa force de frappe est intégrablement restituée, sans parasitage, bien cohérente et sans grosse chute de concentration. Un cocktail finalement assez rare.

      • Noel 20 mars 2011 at 15:23

        Ce que Guillaume voulait dire, je crois, c’est que Safin savait être solide dans les moments importants d’un match. En revanche, à l’échelle d’une saison et d’une carrière, c’est certain qu’il n’a pas eu l’engagement total qu’on trouve chez la plupart des top players actuels.

        • Guillaume 20 mars 2011 at 21:05

          C’est bien ça Noël, merci. J’ajoute que je me retrouve beaucoup dans ton post un peu plus bas.

  5. Nath 20 mars 2011 at 14:14

    Je viens de faire le calcul, les points 2011 de Djoko représentent 40% de son total, en 3 tournois ! Pour Nadal, c’est 9%, on s’en doutais. Et entre les deux, les 3 autres top 5 ont un résultat qui doit être proche de la normale : 20% pour Fed, 22% pour Murray et Soderling.
    Ah oui, et les 6 premiers à la Race sont dorénavant les 6 premiers du classement ATP, après le démarrage diesel de Nadal. Du coup, j’ai aussi fait le calcul pour Ferrer, 33% de son total a été gagné en 2011, mais il a une sacrée masse de points à défendre sur TB.
    Ben quoi, vous trouvez pas qu’on manque de stats en ce moment ?

    • Jeanne 20 mars 2011 at 15:13

      Si si, ça manque. Et Duong, il en est où de sa désintox de 15LT ? Je regrette ses 200 messages-fleuve par jour

  6. karim 20 mars 2011 at 14:32

    Sympa. J’ai jamais été un(e) grand(e) fan de Marat que je trouve surcoté. Il avait des pics de niveau exceptionnels, une belle gueule et un super tempérament, oui, mais on s’en souvient toujours pour des matchs où il était à 200% de son niveau. Je n’adhère donc pas à la pourtant séduisante théorie (romantique : le génie maudit) qu’il est passé à côté de quelque chose d’immense…

    ps: Jeanne je te fais un virement de 3.00 euros pour les copyrights de ton post que je reprends à mon compte. C’est un tarif préférentiel guérilla.

    • Jeanne 20 mars 2011 at 14:55

      Bien reçu ton virement Karim, super, merci

  7. karim 20 mars 2011 at 14:38

    Merci William pour l’article, je suis juste déçu que tu n’ais pas réussi à placer un ours lipu ou un globicéphale dedans :-) :-)

    Safin pour moi c’est un gars vraiment surcoté, il a fait deux ou trois runs de fou dans sa vie, quelques périodes où son tennis, son physique et son mental étaient au zénith simultanément; mais un gars qui a donné 80% de déception pour 20% de pur bonheur ne peut pas émarger dans mon panthéon personnel. En plus son tennis ne me faisait pas particulièrement rêver. Dans le genre glandeurs surdoué je lui préfère largement le tennis de Nalbandian, qui aura juste été nul en GC en comparaison.

    • William 20 mars 2011 at 16:39

      C’est vrai qu’avec Safin y’avait pourtant du potentiel. Promis si je fais un article sur Simon je place un axolotl.

  8. Noel 20 mars 2011 at 15:21

    Merci William pour cette belle évocation.

    Que de souvenir à te lire, pour moi qui ai découvert le tennis avec Kuerten et Safin… Je crois que ces deux joueurs garderont toujours un statut spécial pour moi, celui qu’on associe à des héros d’adolescence.
    Comme Fieldog, je garde un grand souvenir du match qu’ils ont livré à RG en 98: deux spécialistes de la TB, mais du tennis champagne pendant 5 sets. Comme quoi ce n’est pas incompatible.

    J’associe aussi ces joueurs à une époque où personne ne régnait en maitre sur le circuit, ce qui transformait chaque fin d’année en une réjouissante foire d’empoigne. De ce point de vue là, la saison 2000 évoquée plus haut par Guillaume a été la plus excitante que j’ai pu suivre. Par comparaison, les fin de saison auxquelles nous avons droit depuis 2004 sont généralement assez mornes. Personnellement, j’adorerais qu’à l’automne la place de n°1 soit disputée par 4 ou 5 joueurs (Fed, Nadal, Djoko, DP, Murray) séparés par une poignée de points, et que le master serve de juge de paix.
    Bref, contrairement à certains sur ce site, j’ai trouvé la période 1998-2003 extrêmement riche sur le plan tennistique. Bien que grand amateur du jeu de Federer, j’avoue que mon intérêt a baissé dans la période où il écrasait le circuit, même si je continuais à regarder les GC. Il a fallu l’émergence de Nadal hors de la TB pour que je recommence à suivre de plus près le tennis.

    Pour en revenir à Safin… C’est vrai qu’avec le recul, il avait dans l’ensemble un jeu de bombardier, qui préfigurait l’époque actuel (encore que Safin ait été bien plus habile au filet que les parpineurs actuels). Mais dans l’esprit, quelle différence! Alors qu’avec les frappeurs actuels, on est totalement et désespérément certain du coup qui va être joué et de la manière dont il va l’être, avec Safin c’était la surprise permanente. Un match n’était jamais fini avec lui, et il pouvait sortir n’importe quel coup de sa raquette, à n’importe quel moment et de n’importe quelle position.
    Et puis il y avait le revers. Je n’ai jamais vu de revers à deux main qui dégage une telle puissance, tout en respirant le nature et le contrôle.

    Après sur le plan de la personnalité, on aime ou on aime pas, mais ce qui est sur, c’est que le circuit ne compte plus aucun joueur comparable à Safin.

    • karim 20 mars 2011 at 15:44

       » le circuit ne compte plus aucun joueur comparable à Safin. »

      Ah ouais, et Somdev Devvarman c’est du poulet?

      • Noel 20 mars 2011 at 16:05

        Ah, le nouveau running gag de 15L… Lui et « l’adveraire de Young », deux gros délires de la semaine.
        Tu t’ennuies tant que ça devant ton écran petit homme vert?

  9. Babolat 20 mars 2011 at 16:39

    On parle de tennis 3.0 avec Del Potro. Mais pour moi, c’est Safin qui est le précurseur du 3.0. Certes, il n’atteignait pas toujours ce niveau mais sa démolition de Pete Sampras en 2000 était proprement ahurissante. Pete, sans jouer mal, avait l’air d’un gamin face à la puissance de Marat. De même, en Australie en 2005, il bat un Federer alors au sommet de son art en ramenant tout et en le saoûlant de coups.
    Un Safin avec la régularite et le physique de Federer aurait été un vrai monstre…

    • William 20 mars 2011 at 16:46

      C’est amusant le parallèle que tu fais avec delPotro car c’est aussi ce qui m’a frappé quand je me suis penché sur le palmarès de Safin, et surtout son run de l’été 2000, qu’il termine en apothéose et battant le maître des lieux à l’USO, tout comme delPotro en 2009.

    • Babolat 20 mars 2011 at 17:01

      Oui… d’ailleurs lors de certaines séquences du match fed/Del Po en 2009 à l’us open, j’avais l’impression de revoir le match Safin/Sampras. Surtout au 5ème set, Federer était complétement dépassé en puissance. il ne pouvait que regarder passer les missiles. Mais il avait au moins gagné deux sets (en partie à cause de la nervosité de l’argentin).
      Safin contre Pete avait été injouable du début à la fin.

  10. May 20 mars 2011 at 16:46

    Merci William, tu dresses un portrait très flatteur de Safin, il est de la lignée de Nalbandian, oui, le talent seul ne suffit pas et on a déjà son successeur, les têtes brûlées de l’ATP. Safin n’était pas fait pour tout sacrifier au tennis.
    Il ne faut pas s’attendre à avoir que des Connors, on a besoin de personnalités diverses c’est ce qui nous tiens focus sur ce sport dans un autre style il y a Santoro toujours présent, jamais gagnant. J’ai raté cette période transitoire du tennis avec Safin, Hewitt & consort, je ne suivais que RG donc j’ai vu Ferrero et bien sûr Kuerten s’imposer à Paris.
    Ce qui me navre pas du tout en revanche, c’est d’avoir raté Hewitt à son top.

  11. Arthur 20 mars 2011 at 18:40

    Tiens c’est marrant ça!
    En tapant Caroline Wozniacki dans Google on nous propose « hot », « bikini », « boyfriend », « photos ».
    Pour Marion Bartoli on a le droit à « grosse », « moche » et « poids ».

    • fieldog, vainqueur 2010 de l'odyssée (dans le cul nabot!) 20 mars 2011 at 19:28

      Ca veut surtout dire que tu as tapé Marion Bartoli dans google… :mrgreen:

    • Arthur 20 mars 2011 at 19:46

      Le site eurosport affiche 1m70 et 58 kg pour Bartoli. Et franchement j’ai eu quelques doutes, donc j’ai tapé « Marion Bartoli … » et avant d’avoir pu écrire « poids » c’était dans la liste des choix :)
      J’ai pas eu la réponse, mais l’Equipe met 63 kg, c’est déjà mieux.

    • Nath 20 mars 2011 at 21:09

      Il y en a d’autre sur Google avec leur recherche facilitée, j’avais lu un article là-dessus. Tu peux essayer au choix :
      - « les blondes sont »
      - « les brunes sont » :P
      Ça c’est pour les exemples gentillets.

    • Arthur 20 mars 2011 at 22:11

      Pas mal Nath!
      Il y en a une très violente avec « Les femmes sont… »

      • Nath 20 mars 2011 at 22:22

        Ah ouais, j’avais pas vu…

  12. David 20 mars 2011 at 19:46

    Bartoli a déclaré qu’elle avait 175 de QI. A votre avis, combien peut avoir Monfils ?

    • Arno 20 mars 2011 at 19:50

      -77984168764134847897332156487513586743646548789.

      A peu près.

    • Arthur 20 mars 2011 at 19:52

      Elle a du confondre avec le tour de taille…

  13. David 20 mars 2011 at 19:57

    La Woz, avec son style de jeu et le nombre de tournois qu’elle fait, elle va rapidement se cramer. Pas sûr qu’elle remporte un grand chelem.

  14. David 20 mars 2011 at 20:00

    Pour être honnête, je me suis mis devant la finale dames et je dois reconnaître que le jeu de Bartoli n’est pas si désagréable que cela. A part son coup droit à deux mains forcément inesthétique, elle est très agressive et n’hésite pas à venir au filet. Elle a même placé deux amorties dont une en enchaînement avec un lob. Bon après, son attitude est souvent insupportable. Ceci expliquant cela..

  15. David 20 mars 2011 at 20:03

    C’est chouette cette impression d’être seul sur le site. J’ai l’intuition qu’il y aura plus de monde bizarrement à partir de 21 heures…

  16. David 20 mars 2011 at 20:07

    Balle de double break pour la française. Ca sent le bagel après le 6-1 encaissé au premier set.

  17. David 20 mars 2011 at 20:08

    3-1

  18. David 20 mars 2011 at 20:11

    Mine de rien pas mal de points gagnants de part et d’autre. Autant le premier set semble avoir été une formalité, autant le niveau est plutôt bon dans cette deuxième chance.

  19. David 20 mars 2011 at 20:12

    Suffit de dire ça pour que l’autre tâcheronne fasse deux double…

  20. David 20 mars 2011 at 20:13

    Zut je m’étais juré de ne rien dire de négatif sur elle ce soir. ‘est raté…

  21. David 20 mars 2011 at 20:14

    Break confirmé à nouveau. 4-1 pour la française.

  22. David 20 mars 2011 at 20:15

    Elle est toute bossue la danoise quand elle sert ; elle rentre sa tête dans ses épaules, un peu comme une tortue.

  23. Elmar 20 mars 2011 at 20:16

    Je rentre de week-end, pas vu les matchs d’hier mais nullement surpris pas les résultats.

    4 et 4 pour Nadal contre JMDP, c’est tout à fait logique: mais dans 6 mois, sur les M1000 nord-américains, si même affiche il y a, il faudra s’attendre à un score inverse. Je suis plus réservé que certains en revanche pour la saison sur TB de Del Potro. Il a uniquement joué sur dur depuis son retour, c’est « sa » surface et je n’attends pas monts et merveilles de sa part ce printemps. Post-Wimbly, en revanche, il va faire mal.
    Nadal, quant à lui, lance véritablement sa saison. Il sera prêt pour la terre battue, où Djoko devrait lui servir de principal challenger.

    Ce dernier continue sur son hallucinante lancée. A priori, il devrait l’emporter ce soir (je débarque: ça joue à quelle heure?), peut-être en 3 sets. Nadal-Djoko, c’est actuellement ce que le tennis peut proposer de mieux; la preuve: ils seront 1 et 2 mondiaux dès demain. De ce que j’ai brièvement lu, Fed n’a pas été ridicule sur ce coup-là. Il est encore présent, mais un cran en-deçà actuellement. Pas sûr que ca change vraiment sur TB… mais s’il faudra toujours s’attendre à ce qu’il tire les marrons du feu si une occas’ se présente. Il a changé désormais de statut, puisqu’il est désormais dans la peau du chasseur, de l’outsider… mais du plus régulier des outsiders.

    Voilà ma lecture des résultats, même si ça fatigue Karim, selon qui on voit toujours tout par le petit bout de la lorgnette. Je ne partage pas son opinion, surtout lorsqu’on est face désormais à un constat évident: Djoko est le nouveau plus grand challenger de Nadal et Fed est en-deçà, ce qui n’en fait ni un has-been ni une quantité négligeable. J’attends aussi de voir à Miami Sod, vis-à-vis de qui, et en dépit d’une constance régulièrement affichée, je reste sceptique et dont la défaite prématurée à IW n’a fait que renforcer ce scepticisme. Murray est une énigme.

  24. David 20 mars 2011 at 20:16

    Un petit coup de shadow tennis et c’est reparti, n’est ce pas Marion ? Ce que j’aimerais qu’elle se foute un coup de raquette sur le visage un de ces jours!

    • William 20 mars 2011 at 20:20

      Violent mais délicieux !

  25. David 20 mars 2011 at 20:18

    Encore une amortie ! Elle s’est entraînée avec Benoît Paire avant le match ?!

  26. David 20 mars 2011 at 20:19

    La danoise est très mauvaise dans ses coups ers l’avant et globalement en toucher. Vous me direz, toucher et WTA ne font pas bon ménage…

  27. David 20 mars 2011 at 20:21

    Vous vous rendez compte si Bartoli gagne Indian Wells ? Je crois qu’une victoire de l’équipe de France de curling aux championnats du monde aurait plus d’impact médiatique.

  28. David 20 mars 2011 at 20:22

    5-2 Toujours aussi solide.

  29. David 20 mars 2011 at 20:25

    Rien à faire : le décalage coup droit à deux mains reste le coup le plus laid du tennis.

  30. David 20 mars 2011 at 20:26

    Premier slice de revers de la danoise. Tout juste un mètre dehors.

  31. David 20 mars 2011 at 20:27

    Et break Bartoli. 6-2
    Les mystères de la WTA dans leurs œuvres. Bartoli est tout à fait capable d’encaisser un nouveau 6-1 dans le dernier set.

  32. Kawkab 20 mars 2011 at 20:29

    La bartoli nous retarde la finale !

  33. David 20 mars 2011 at 20:30

    Le stream ne marche plus. Quel dommage…Je crois que j’ai eu ma ration de tennis féminin pour les deux ans à venir.

    • Kawkab 20 mars 2011 at 20:32

      La wTA Moi je n’y arrive plus ^^

      • David 20 mars 2011 at 20:36

        Oh t’inquiètes moi non plus. Mais il faut de la diversité et de la tolérance dans le monde. Ceci dit, Bartoli avec la burqa serait nettement plus télégénique.

        • Kawkab 20 mars 2011 at 20:49

          J’ai honte^^ mais c’est vrai,elle m’insupporte avec ses manies et ses « 2″ revers

info login

pour le login activer sur votre profil la barre d'outils

Demande d’inscription

contactez-nous à : 15-lovetennis@orange.fr

Archives

Commentaires récents

Suivez nous sur Twitter

@15lovetennis