Analyse de Mats

By  | 10 juillet 2020 | Filed under: Actualité, Histoire, Regards

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Mac et Mats

Camp de base « ten­nis » d’une durée d’un mois, à l’été 1991. J’ai 14 ans. L’entraineur nous ac­cueil­le durant le mois dans sa pro­priété, où il a notam­ment fait con­struire un ter­rain de ten­nis. On en bouf­fe 5 à 7 heures par jour, sauf quand on joue des matchs.

Ce jour-là, il pleut. On reste à la maison. Mais on n’a pas le temps de se de­mand­er com­ment tuer le temps, l’entraineur nous amène deux cas­settes vidéo, du papi­er et de quoi écrire.

  • An­alyse de match.
  • C’est quoi le match ?
  • Lendl-Wilander, fin­ale de l’US 1988. Trop long pour tenir sur une seule cas­sette.
  • T’as pas McEn­roe à nous pro­pos­er plutôt ? On va se faire ch… avec des échan­ges à n’en plus finir !
  • Vous êtes là pour pro­gress­er en ten­nis, vous n’êtes pas là pour vous re­pos­er. Et puis­que la météo nous empêche d’aller sur le court, on va travaill­er l’in­tellig­ence de jeu.
  • Et McEn­roe, c’est donc un imbécile sur le court ?!
  • Pour te répondre précisément, oui, Mac est un imbécile sur le court. Pas en de­hors, c’est un amateur d’art plutôt cul­tivé. Mais sur le court c’est d’abord un sale gosse qui mérite des paires de claques en cad­ence bien plus que des vic­toires. Et il ne réfléchit pas, il im­pose son jeu et c’est tout. Il a perdu be­aucoup de matchs en voulant im­pos­er son jeu, sauf que ça ne marche pas à chaque fois. Il serait cap­able de jouer aut­re­ment, mais il préfère per­dre en faisant service-volée et retour-volée. Donc oui c’est un imbécile sur le court.
  • Tu dis ça parce que tu ne com­prends rien à McEn­roe. C’est un génie !
  • En effet, je ne sais pas vous en­seign­er McEn­roe. Per­son­ne ne sait en­seign­er McEn­roe car per­son­ne ne com­prend com­ment il fait. Il ne vous est pas in­ter­dit d’es­say­er mais je ne vous serai d’aucune utilité.
  • Et Lendl et Wiland­er sont plus ac­cessib­les ?
  • Oui, parce qu’ils réfléchis­sent sur un court. Le coup de poig­net est in­égale­ment réparti sur la planète, mais l’in­tellig­ence est mieux répar­tie. Je ne con­nais pas de génies et d’idiots du cer­veau. Je ne con­nais que des gens qui utilisent leur cer­veau, et d’aut­res qui ne l’utilisent pas. Je veux que vous fas­siez par­tie de ceux qui utilisent leur cer­veau, du moins sur le ter­rain (le reste ne me re­gar­de pas).
  • Si je com­prends bien, re­gard­er McEn­roe, ce n’est que du plaisir ?
  • Oui. C’est comme re­gard­er un blockbust­er. Quand vous re­gar­dez Bat­man vous trouvez ça génial, mais vous savez que c’est une fic­tion et vous ne vous de­man­dez pas com­ment il fait pour voler. Le piège avec McEn­roe c’est que c’est un humain, donc il vous donne l’il­lus­ion que vous pour­riez faire comme lui. Mais c’est faux, c’est un génie in­imit­able, les ex­perts les plus poin­tus en bi­omécanique se de­man­dent com­ment il peut défier à ce point les lois de l’équilib­re. Re­gar­dez McEn­roe comme vous re­gar­dez Bat­man, c’est-à-dire comme un extra­ter­restre. Et moi, votre en­traineur, je con­sidère que ce serait une grave er­reur de vous donn­er l’il­lus­ion qu’il y a quel­que chose à apprendre de McEn­roe. Laissez-moi vous épargn­er le sus­pen­se, vous n’avez pas son poig­net et vous ne l’aurez jamais. Par con­tre, vous devez pouvoir être cap­ables de réfléchir comme Wiland­er, c’est un autre talent, aussi fécond d’ail­leurs (Wiland­er a autant de Grands Chelem que McEn­roe) mais ce talent-là est à votre portée. Et de la même manière que je vous passe tous les soirs un film qui vous fait réfléchir plutôt qu’un blockbust­er, je vous passe un match qui va vous faire réfléchir plutôt qu’un match qui vous fera juste pass­er le temps.

[note : la veil­le, il nous avait passé La pour­suite im­pitoy­able d’Arthur Penn, je me rap­pelle en­core de la claque cinématog­raphique que j’ai prise ce jour-là]

On se met à l’ouv­rage. Nous som­mes six, et nous opérons une di­vis­ion du travail, trois pour Lendl et trois pour Wiland­er. Le tirage au sort m’af­fecte Wiland­er. Mon boulot, c’est d’ob­serv­er et de com­pt­er les zones visées par Wiland­er, au ser­vice et dans l’échan­ge. Il ap­paraît rapide­ment que Mats n’évite par le coup droit d’Ivan, en re­vanche il ne lui joue jamais deux fois la même balle et Lendl a du mal à se régler en coup droit. Par con­tre, la statis­tique restée fameuse du match, c’est que Mats est monté 130 fois au filet pen­dant le match, ce qui met à mal sa réputa­tion de crocodile. Et ses 130 montées, be­aucoup sur des re­v­ers slicés, se sont faites es­sentiel­le­ment sur le re­v­ers d’Ivan.

Je re­ssors de la (lon­gue…) séance avec la cer­titude qu’il ex­is­te une al­ter­native à l’évite­ment du point fort de l’ad­versaire, on peut aussi le pilonn­er, mais en variant les lon­gueurs, les trajec­toires et les ef­fets, c’est là qu’on voit ce qui reste d’un « point fort ». Je ne com­pte plus les joueurs désolés de leur pre­sta­tion du jour, parce qu’ils ont be­aucoup raté en coup droit alors que c’est leur point fort. Et les com­men­tateurs de s’étonn­er qu’ils ratent autant en coup droit, con­cluant qu’ils sont dans un mauvais jour…

Les tâcherons de la terre, dont Wiland­er est un des re­présen­tants les plus fameux, n’ont jamais eu la re­con­nais­sance qu’ils méritaient. Vain­queur de 7 co­uron­nes majeures, il a sa place parmi les grands, mais per­son­ne ne se rend com­pte de sa présence.

Il y a au moins trois raisons à cela.

Il n’a pas gagné Wimbledon

C’est exact, il n’a même jamais dépassé les quarts de fin­ale. Cela étant, son doublé à l’Open d’Australie de 1983-1984 mérite pour le moins qu’on s’at­tarde sur ses capacités sur gazon. En l’oc­curr­ence, il n’y a pas à aller cherch­er bien loin les raisons de ce para­doxe ap­parent. Mats a lui-même ex­pliqué que le gazon n’était pas sa sur­face naturel­le, et qu’il avait be­soin d’une lon­gue période d’entraine­ment pour ajust­er ses déplace­ments, ses temps de réac­tion, ses re­tours et ses pass­ings.

Ce temps, il l’avait en amont de l’Open d’Australie, dis­puté à l’époque mi-décembre. En 1983 Wiland­er s’est présenté à Mel­bour­ne en ayant en vue la fin­ale de la Coupe Davis (l’Australie al­lait re­cevoir la Suède sur ce même gazon de Kooyong), il s’est préparé doub­le­ment. Le résul­tat est une splen­dide vic­toire, et au vu du par­cours de Mats la légitimité de sa vic­toire ne saurait être re­m­ise en cause :

  • Ben Tes­terman, demi-finaliste de l’Open d’Australie l’année suivan­te ;
  • Ros­coe Tann­er, cer­tes vieil­lissant, mais an­ci­en fin­alis­te de Wimbledon et an­ci­en vain­queur en Australie ;
  • Paul McNamee, sol­ide at­taquant australi­en ;
  • Johan Kriek, doub­le tenant du titre ;
  • John McEn­roe, qu’on ne présente pas, qui sort de deux vic­toires con­sécutives en tour­noi et qui vivra face à Wiland­er sa dernière défaite avant six mois, du côté de Roland Gar­ros ;
  • Ivan Lendl.

Ce temps d’adap­ta­tion a toujours manqué à Mats Wiland­er s’agis­sant de Wimbledon. A l’ex­cep­tion de 1986, ses longs par­cours parisiens (cinq fin­ales et une demi-finale entre 1982 et 1988), le repos néces­saire qu’il s’autorisait, et les deux semaines seule­ment séparant Roland Gar­ros et Wimbledon, le privèrent de plus gran­des am­bi­tions du côté du Tem­ple lon­doni­en.

Quoi qu’il en soit, les échecs répétés de Mats à Wimbledon al­imen­tent le flou sur sa sta­ture de grand champ­ion. Vu de Fran­ce, d’Angleter­re ou des Etats-Unis, la levée australien­ne n’a jamais eu le pre­stige de Wimbledon, et le pre­stige ne s’achète pas. Peu im­por­te que le par­cours de Wiland­er en Australie en 1983 ait été aut­re­ment plus dense que celui de McEn­roe à Wimbledon cette année-là. Le décalage horaire ob­ligeait les fans à des veillées noc­turnes pour re­gard­er le tour­noi, et en­core il ne fut dif­fusé en Fran­ce qu’à par­tir de l’année suivan­te. S’ajoutent les souvenirs d’une lon­gue période où les Australiens, dans leur phase de domina­tion (1950-1975 en gros), dis­putaient un quasi-tournoi nation­al. Bref, le fait que l’Open d’Australie n’a pas im­primé la rétine des fans non-australiens n’aide pas à évalu­er la levée des Anti­podes, et par suite la carrière de Mats Wiland­er, à leur juste valeur.

Une petite an­ec­dote, en ap­par­ence sans rap­port, à pro­pos de Laver et Rosewall. Un jour­nalis­te leur de­man­da un jour, simul­tané­ment et séparément, de citer leurs plus beaux affron­te­ments. A la sur­pr­ise du jour­nalis­te, les deux rivaux et amis ne men­tionnèrent que des matchs de la période 1964-1966, le som­met de leur rivalité, la période au cours de laquel­le chacun des deux ob­ligeait l’autre à se sur­pass­er tech­nique­ment et tac­tique­ment pour l’em­port­er. Le jour­nalis­te leur ten­dit alors une per­che en évoquant la fin­ale WCT de Dal­las en 1972, LE match de leur rivalité, que be­aucoup avaient vu. Ils répon­dirent en chœur qu’ils étaient ravis de s’affront­er enfin de­vant un pub­lic nombreux et de­vant les chaines de télévis­ion, ravis aussi d’avoir pro­longé les débats jusqu’au tie-break du cin­quiè­me set ; mais l’un et l’autre, à ce moment-là, étaient en déclin sur le plan physique et ils ne pouvaient mettre ce match sur le même plan. A les en­tendre, leur rivalité, et la suprématie du ten­nis dans les années 60, s’est jouée lors d’obscures tournées de­vant quel­ques di­zaines de spec­tateurs, et non dans le grand faste de Dal­las en 1972.

Je men­tion­ne cet épisode pour rap­pel­er que pen­dant longtemps les fans de la petite balle jaune n’ont pas eu l’oc­cas­ion de voir be­aucoup de ten­nis à la télévis­ion, que be­aucoup de ce qui s’est passé leur a échappé, et que ce qui a échappé est par­fois plus beau et plus im­por­tant en­core que ce qu’ils ont eu sous les yeux.

Son règne a été très court

Dans la galaxie re­strein­te des multi-vainqueurs en Grand Chelem, Mats Wiland­er fait ex­cep­tion. A com­pt­er de son pre­mi­er sacre parisi­en de 1982, il a eu be­soin de 6 années et de 7 co­uron­nes majeures pour de­venir n°1 mon­di­al, ce qui con­stitue un doub­le re­cord. Top 5 à 18 ans, top 3 récur­rent pen­dant les cinq années qui ont suivi, Mats a connu une période d’em­buscade plus lon­gue que tous ses collègues. Toujours placé, par­fois gag­nant, mais la place de n°1 mon­di­al, occupée suc­ces­sive­ment par Con­nors, McEn­roe et Lendl, était bien au chaud. Hor­mis en 1983 (année où il re­mpor­ta 9 tit­res), Mats ne fût jamais un vain­queur de tour­nois pro­lifique, échouant pre­sque par­tout en fait, sauf en Grand Chelem, où la dis­tan­ce des cinq sets le re­ndait re­dout­able. Sa fabuleuse mois­son de 1988, d’ail­leurs, il­lustre cette ten­dance de manière caricaturale : cinq tit­res cette année-là, dont le Petit Chelem, sans oub­li­er le Li­pton de Key Bi­scayne, « cin­quiè­me Grand Chelem » puis­qu’il se jouait en sept tours au meil­leur ces cinq sets. Mats gag­nait peu, trop peu pour inquiéter le roi Lendl (33 tit­res pour le Suédois, 94 pour le Tchécos­lovaque) ou pour s’approch­er du trône, mais il savait gagn­er quand ça com­ptait.

Dans ces con­di­tions, le Suédois n’a quasi­ment pas été perçu dans les ves­tiaires comme l’homme à ab­attre, le meneur, le maître, celui qu’on rêvait de faire tomb­er de son trône sans savoir com­ment s’y pre­ndre. Il l’a peut-être été au cours des semaines précédant cet US Open 1988, alors qu’il avait claire­ment en ligne de mire la place de n°1 mon­di­al ; là oui il in­spirait la crain­te de ses pairs. Dans son auto­biog­raphie, Agas­si men­tion­ne d’ail­leurs Wiland­er comme le joueur dominant de cette saison-là.

Quant à son règne… Mais peut-on même parl­er de règne ? Son règne a en fait pris fin à l’instant où il a com­mencé. Passée cette fabuleuse vic­toire sur le maître des lieux à l’US Open 1988, Mats Wiland­er a décliné très rapide­ment, sans la moindre bles­sure, parce qu’il avait le sen­ti­ment plus ou moins dif­fus d’être arrivé au bout de son chemin au plus haut niveau. Il n’avait plus aucun ob­jec­tif à se fixer. Et il n’est pas plus exact de parl­er de déclin que de règne, tant Mats a fait peine à voir lors des deux ou trois saisons qui ont suivi. Sa carrière était ter­minée.

Son jeu ne faisait rêver per­son­ne

L’ar­gu­ment prin­cip­al visant à di­minu­er la valeur réelle des 7 trophées majeurs de Wiland­er est que l’Open d’Australie a toujours été à la traîne en ter­mes de pre­stige, et que les deux tit­res down under de Mats en 1983 et 1984 ne valent pas grand-chose, en tout cas moins que deux tit­res à Wimbledon. Ad­mettons. Mais j’at­tends donc le même raison­ne­ment con­cer­nant Stefan Ed­berg, dont les deux tit­res à Kooyong (1985 et 1987) ne vaud­raient donc pas grand-chose non plus, et qui n’est donc le déten­teur que de 4 VRAIS tit­res en Grand Chelem, à Wimbledon et à l’US Open ; au hasard, net­te­ment derrière Be­ck­er donc.

Il n’y a pas à cherch­er bien loin les raisons des préfér­ences du grand pub­lic : le jeu d’at­taque, avec sa flam­boyan­ce et son panac­he, aura toujours les faveurs du plus grand nombre, quand bien même un ten­nis plus austère et réfléchi démontrerait toute son ef­ficacité. En dépit de la sym­pat­hie qu’inspirait Mats Wiland­er (auquel son geste de re­mettre deux bal­les face à Clerc en demi-finale de Roland Gar­ros 1982 n’est pas étrang­er), son jeu de Kas­parov du ten­nis a ennuyé be­aucoup plus qu’il n’a ébloui. C’est in­jus­te pour lui, mais c’est ainsi.

J’avais 10 ans en 1987, lorsque j’ai vu Wiland­er march­er sur Noah et Be­ck­er à Roland Gar­ros. Il dégageait une force tran­quil­le im­pres­sion­nante, une cohérence entre le corps et la tête. Son com­por­te­ment était d’ail­leurs en totale adéqua­tion avec son jeu. Nul be­soin de faire des yeux de chien perdu, de jeter des re­gards im­plorants vers son clan ou de serr­er le poing sans arrêt. Quand Mats se pre­nait un coup droit gag­nant, il ne bronchait pas, il était juste at­tentif à ne pas of­frir trop de bal­les faciles sur le coup droit, afin que ça ne se re­produ­ise pas trop souvent. Moyen­nant quoi, un Mats ayant pilonné le coup droit ad­verse pen­dant tout un match avait en­caissé 8 coups droits gag­nants, mais pro­voqué 40 fautes di­rec­tes (gain net 32 points). Le com­men­tateur pouvait di­gress­er sur la piètre qualité du match ad­verse, avec un coup droit aussi éblouis­sant com­ment pouvait-il en rater autant, quel gâchis, etc. Et Mats n’al­lait pas voir le com­men­tateur en­suite pour lui ex­pliqu­er le ten­nis. Gagn­er en sil­ence lui suf­fisait.

J’adorais ce type, bien avant de de­voir planch­er par écrit sur les re­plis stratégiques de son match con­tre Lendl en 1988. Con­centré uni­que­ment sur le point à venir, sur la dynamique générale du match. Quand ça n’al­lait pas, que chang­er pour in­vers­er la ten­dance. Rien d’autre. A l’œil nu, son jeu était une purge. Sa popularité re­lative, il la doit à sa spor­tivité, plusieurs re­présen­tantes de la gent féminine me firent aussi re­mar­qu­er qu’elles n’étaient pas in­sen­sibles à son char­me scan­dinave. Mais pour moi, il a été une in­flu­ence majeure. Sur le ter­rain, il m’est arrivé de ne rien faire sor­tir de la raquet­te, et de ne pas pouvoir poser mon jeu d’at­taquant. Je sor­tais alors mon Wiland­er, je pilon­nais méthodique­ment le point fort ad­verse en variant les trajec­toires et les lon­gueurs de bal­les, tout en sécurité, sans rien tent­er d’extraor­dinaire. In petto, je me dis­ais que ce que je faisais était ab­solu­ment dégueulas­se, je me mar­rais en sil­ence. Mais je re­lativisais en voyant le score tourn­er en ma faveur. Et j’avais alors une petite pensée pour Mats et pour mon en­traineur. Merci les gars. Winn­ing ugly, ça a du bon quand même.

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Grand pas­sionné de ten­nis de­puis 30 ans.

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174 Responses to Analyse de Mats

  1. Guillaume 14 septembre 2020 at 09:29

    Nan, j’ai bien aimé ce qu’a montré Zverev. Avec ces intentions-là (et un travail de fond sur son service !), il peut monter très, très haut. Plus haut que Thiem. Mais faut qu’il arrête de jouer au pousse-baballe 2m derrière sa ligne de fond. ça, c’est pas possible (ça me fait penser à Murray qui est capable d’être un magnifique joueur de tennis mais dont la nature profonde était de limer des heures durant… un gâchis !)

    Allez, dernier truc : il me semble que c’était « LE » Chelem des occasions manquées, celui où tous les joueurs/joueuses avaient des difficultés à enfoncer le clou. Zverev qui mène 2 sets à rien en finale, Thiem qui sert pour le match, Osaka qui était menée 6/1 2-0 en finale, Zverev qui était mené 2 sets à rien par Carreno en demies et 1 set, 1 break par Coric en quarts, Coric qui sauve 6 balles de match contre Tsitsipas, Williams qui était menée 1 set, 1 break par Pironkova, Medvedev qui a caviardé des balles de set dans les sets 2 et 3 contre Thiem, Rublev qui cochonne un avantage de 5-1 au TB du premier set contre Medvedev, Bautista qui se fait coiffer par Pospisil alors qu’il menait 2 sets à 1, idem pour Khachanov contre De Mineur, Shapovalov mené 2 sets à 1 et 5-2 au 4e par Fritz avant de gagner en 5, Sakkari qui est toute proche du double break contre Williams dans le set décisif… Il y a toujours des renversements de situation dans un tournoi, mais à ce point… ? Je serais curieux de savoir à quel point :
    1- le manque de compétition (5 mois sans matcher, c’est du jamais-vu dans une vie de tennisman pro)
    2- l’absence de public (ça doit paradoxalement être compliqué pour tenir son fil conducteur quand il n’y a aucun bruit, ni ferveur)
    ont pu peser à ce niveau.

  2. Perse 14 septembre 2020 at 12:59

    J’ai vu les sets 3 et 4 de la finale. Comme déjà écrit, j’aime bien les 2 joueurs avec un petit faible pour Zverev dont la pâte humaine est plus perceptible que ses rivaux,big 4 ou Next Gen.

    Le résultat du tournoi est finalement logique avec les plus forts au RDV hors l’hapax Nole et Thiem pour l’ensemble de son oeuvre est sacré ce dont l’ensemble du circuit se réjouit.
    Zverev est également un vainqueur dans lr sens où il prouve que son plancher tennistique demeure très élevé et qu’il arrive à jouer en 3 sets également très bien.
    Aux échelons inférieurs, j’apprécie le bon tournoi de Shapovalov et de Medvedev qui apportent du relief ds les styles de jeu. FAA étant pour moi le nouveau Dimitrov.

    En terme de gestion de la crise sanitaire, en revanche, tout n’a pas été parfait et le cas Paire ressemble fort à un faux positif qui a foutu un beau boxon.

  3. Rubens 14 septembre 2020 at 21:54

    D’accord avec Guillaume. Même si la qualité du jeu était médiocre, les deux joueurs étaient touchants à la fin du cinquième set. Zverev a un petit côté « grand nounours », à la fois charmant, exaspérant et pathétique. J’étais désolé pour lui. Quant à Thiem, il a montré plus d’humanité que dans tout ce que je l’avais vu faire jusqu’à présent. A la toute fin, je souffrais pour eux. Mention spéciale à Alex, qui m’a rappelé qu’il était possible de faire des deuxièmes balles atterrissant, en longueur, à 1,50m derrière le filet. Il frôlait la double à chaque fois.

    Sur le niveau de jeu, la demi entre Thiem et Medvedev m’avait mis la puce à l’oreille. Les deux joueurs ont indiqué être rincés physiquement à la fin du match, qui n’avait pourtant duré que 3 sets, certes durs. Mais chacun avait eu un parcours assez rapide jusque-là, et ils ont montré en d’autres occasions à quel point ce sont des monstres de résistance physique.

    Je crois que nous ne mesurons pas assez à quel point le tennis de haut niveau est exigeant physiquement et mentalement. Dans la période « pre-Covid », un joueur ayant subi cinq mois d’absence du circuit (par exemple pour cause de blessure) se faisait généralement ratatiner dans les premiers tours lors de sa reprise, et mettait des mois à retrouver l’intensité dans son jeu. Bien que la comparaison ait ses limites – un joueur blessé passe plus de temps à se soigner et moins à s’entrainer – cet US Open a mis aux prises des joueurs qui manquaient d’intensité et de compétition, un peu comme s’ils étaient revenus de blessures. Et, compte tenu des circonstances, il n’est pas surprenant que le niveau de jeu en ait pâti.

    Cela étant, je crois qu’on peut dire que cette levée à nulle autre pareille n’a pas débouché non plus sur des surprises gigantesques. En l’absence de Nadal et Federer, et suite au rebondissement de la saga Djokovic de 2020, voir Thiem, Medvedev et Zverev n’a rien d’une surprise. Le seul « gros » manquant à l’appel en deuxième semaine fut Tsitsipas, battu par Coric, qui n’est pas non plus le perdreau de l’année. Et voir Auger-Alliasime, Shapovalov, Tiafoe, De Minaur et Rublev en deuxième semaine n’est que la confirmation de choses déjà largement entrevues avant le confinement.

    Place à Roland. Rafa va connaître la même difficulté que ses collègues de l’US, il manquera de matchs, et donc probablement de rythme et d’intensité. Il sera sans doute prenable.

    • Bapt 14 septembre 2020 at 22:42

      Sur Rafa et RG, Dieu t’entende Rubens. Toutefois, j’ai bien peur qu’il ait archi préparé son RG, avec cet impasse sur l’US Open (alors qu’il était tenant du titre).
      D’ailleurs, il aurait bien pu venir : sans Djoko dans les pattes, c’était quand tout à fait gagnable pour lui.

  4. Paulo 16 septembre 2020 at 18:46

    Pour les amateurs de revers à une main, retenez le nom de Lorenzo Musetti, 18 ans : il a collé un 6-0 à Stan à Rome et a éjecté le Suisse du tournoi. Pas mal pour une première victoire sur le grand circuit. On entendra parler de ce garçon.
    Avec Sinner qui a quant à lui éjecté Tsitsipas, sans parler de Berrettini, le tennis italien a de beaux jours devant lui…

    • Guillaume 18 septembre 2020 at 16:55

      J’ai vu un bout de son match contre Nishikori hier, il a quelque chose. Ca sort bien de la raquette des deux côtés, il a l’air de bien servir… et après la coupure de courant, c’est bien Sushi qui a perdu le fil, pas lui.

      En tout cas, signer ses premières victoires sur le circuit principal aux dépens de Wawrinka et Nishikori, ça a de la gueule !

      • Paulo 18 septembre 2020 at 21:08

        En fait c’est simple, à le voir je n’ai pu m’empêcher de penser à un certain Roro.
        Cela dit, sa belle histoire s’est brutalement terminée, comme elle avait commencé d’ailleurs, par un 6-0 encaissé contre un… gaucher. Tiens, encore un point commun, se faire rosser sur terre battue par un gaucher.

      • Guillaume 19 septembre 2020 at 19:17

        De ce que j’ai cru voir passer, il était cuit et avait des courbatures à l’épaule. Faut voir que Rome avait un tableau de qualifs à 3 tours, il en était donc à son 6e match en 7 jours. Faut d’ailleurs ajouter à la liste de ses victimes ce vieux routier de Leonardo Mayer.

  5. Rubens 19 septembre 2020 at 23:42

    Ouille Rafa… J’ai vu le deuxième set, ça piquait vraiment les yeux !

    • Kaelin 20 septembre 2020 at 03:20

      Ah ? Rafa complètement à la masse ?

      • Rubens 20 septembre 2020 at 11:49

        Cinq jeux de service gagnés sur dix, des brouettes de fautes, et globalement Schwartzman a gagné la bataille de l’intérieur du court. Il ne faut pas s’y méprendre, le score aurait dû être 6/2 6/3. L’Argentin a joué petit bras sur son service à 4/3 et à 5/4. Une purge.

  6. Paulo 20 septembre 2020 at 11:37

    Donc on a 3 demi-finalistes inattendus à Rome : Ruud, Shapovalov et Schwartzman. Ne reste plus qu’à dégager le Djoker et la fête sera complète. Djoker qui a souffert contre Koepfer d’ailleurs.
    Étrange quand même, ce tournoi : Wawrinka et Tsitsipas sortis d’entrée, Berrettini qui s’écroule dans le tie break du 3ème set et donne quasiment le match au limeur Ruud, Dimitrov qui se fait donner la leçon sur terre par un Canadien, le fantôme de Rafa sorti sans gloire contre l’autre pulga argentine…
    Sinon, Shapo fera donc son entrée dans le top 10 lundi, sauf si Schwartzy remporte le titre.
    Pourvu que Roland nous réserve des surprises comme celles vues à Rome (sauf si Djoko remporte le titre, évidemment) !

    • Perse 21 septembre 2020 at 14:23

      J’ai trouvé ce tournoi de Rome un peu étrange également avec toujours des problèmes organisationnels assez gênants pour un tel standing: faux rebonds à foison, panne d’électricité, inéquité dans la programmation etc…

      Sur les résultats, je suis ravi de la perf de Shapovalov, joueur qui malgré ses similitudes esthétiques avec Dimitrov en est l’antithèse: un gabarit pas très grand mais tant que son coup droit que revers ont un pouvoir de pénétration qui est inexistant chez le Bulgare.

      Schwartzmann continue à surprendre avec son courage, son jeu de contre et tirer son épingle du jeu à un degré que n’ont jamais réussi les Rochus dans un tel champs est proprement sidérant. En plus, ce n’est pas un phasme emmerdant à voir jouer.

      Djokovic est encore une fois favori même s’il ne fait pas rêver du tout.

      Chapeau à Ruud qui exploite bien ses armes et devient le meilleur jouer norvégien de l’histoire, belle présence mentale pour battre Berretini.

      L’Italien me fascine par la surpuissance de son coup droit, une vraie massue de Rahan. Alors qu’il fait la même taille que Medvedev, Tsitsipas ou Zverev il dégage une force bien supérieure. Evidemment sa mobilité n’est pas comparable aux précédents mais impressionnant de voir les différences qu’engendrent les constitions.

      • Paulo 21 septembre 2020 at 20:24

        Berrettini, c’est le nouveau Del Potro, niveau patate en coup droit. Il lifte davantage que l’Argentin, mais sa balle est vraiment très lourde, une vraie massue comme tu dis. Je ne pense cependant pas qu’il montera aussi haut que Del Po, parce que Del Po est (était ?) capable de très bien défendre malgré son gabarit, et l’Italien est clairement mal en l’aise en défense.

        Sinon, Djokovic a encore remporté la finale, c’est d’un ennui… j’espère vraiment qu’on va avoir un nouveau vainqueur à Roland cette année, et que les jeunes vont se relayer pour pourrir la vie aux anciens, jusqu’à les éjecter avant la finale. D’ailleurs avec Shapo membre du top 10, ça nous fait maintenant 5 membres de la next gen dans le top 10 + Thiem, et « seulement » 4 trentenaires.

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