La couleur de Séville

By  | 20 septembre 2014 | Filed under: Bord de court

On se dit amateur de ten­nis, et ce n’est pas com­plète­ment faux. On se croit grand con­som­mateur – et c’est exagéré. Des im­ages sur in­ter­net ou à la télé, et puis sur­tout des mots: de Ten­nis magazine et L’Équipe quand on était en­fant, aux blogs et à Twitt­er aujourd’hui. Des mots qui for­ment un com­men­taire in­fini, si plaisants à lire ou à écrire, mais qui mena­cent de se super­pos­er à la réalité du jeu. Que de grands matchs n’a-t-on pas vécus après-coup, dans un compte-rendu de journ­al, en com­men­çant bien sûr la lec­ture par la ligne du score ! Mais un coup gag­nant peint dans les traits vifs d’un grand style vaudra-t-il jamais l’origin­al ?

Alors quoi ? S’abonn­er à une chaîne de sport pour amélior­er le quotidi­en sac­cadé et flou du stream­ing ? Se payer un séjour dans un jar­din lon­doni­en ou à la Porte d’Auteuil (vendre un or­gane, flin­gu­er les vacan­ces en famil­le, et se mettre à dos un pat­ron hos­tile aux congés hors mois d’août) ? Et puis, en flânant ici et là, on tombe sur de drôles de récits, voire des récits drôles, quoique à la li­mite de l’expéri­ence para­nor­male : il ex­is­terait un cir­cuit de ten­nis où par­ticiperaient gros­so modo les joueurs de la deuxième page du clas­se­ment ATP. Aucune star, mais un bon niveau. Et il y aurait même des gens qui suiv­raient l’ac­tualité de ces tour­nois semaine après semaine ! Les Chal­leng­ers, que ça s’ap­pelle. Com­ment ? Il pour­rait y en avoir près de chez moi ? On con­sul­te le calendri­er et la lumière se fait. « Le chal­leng­er de Séville aura lieu du 6 au 13 sep­tembre. » Alors on cède à la curiosité : rendez-vous est pris pour voir. Du ten­nis. Pour de vrai.

DoubleJ1

Séville, comme d’aut­res cités es­pagnoles en ce début de siècle, a nour­ri des rêves de gran­deur spor­tive. Deux fin­ales de Coupe Davis et un cham­pion­nat du monde d’athlé ont eu lieu dans le hideux stade olym­pique, lui-même édifié au cœur des ruines plus ou moins désaf­fectées d’un rêve ur­bain es­soufflé – l’Ex­posi­tion uni­ver­selle de 92. Une can­dida­ture à l’or­ganisa­tion des JO, vite évincée au pro­fit de Mad­rid, fut la dernière folie d’une ville pour­tant sans in­frastruc­tures di­gnes de ce nom. A l’opposé de ces pro­jec­tions pharaoniques, le Real Club de Tenis Betis, où se déroule le Chal­leng­er, loge dans un quar­ti­er résiden­tiel bour­geois, le Por­venir, situé non loin des réus­sites architec­turales de l’autre gran­de Ex­posi­tion, celle de 29.

En en­trant dans le stade, en cette fin d’après-midi d’été, on aperçoit just­e­ment une des tours de la majes­tueuse Place d’Es­pagne. Puis, ce qui frap­pe le re­gard, c’est la co­uleur. On connaît la terre ocre de Paris, la har-tru verte des Etats-Unis. Il y eut la terre bleue de Mad­rid, aujourd’hui reléguée aux oub­liet­tes. En An­dalousie, la terre bat­tue s’ap­pelle de toute éter­nité el al­bero. On y célèbre les cor­ridas dans des arènes bruyan­tes; on y marche, éreinté de chaleur, entre les chapiteaux des Férias. Et c’est sur cette terre, jaune, que se dis­pute la Copa Sevil­la. La chan­son dit vrai : Séville a une co­uleur spéciale.

Les in­stal­la­tions me semblent suc­cinctes : un court centr­al avec tri­bunes sur deux côtés, deux co­urts ad­ja­cents, et c’est tout. Ah si, j’oub­liais le point focal de tout lieu pub­lic es­pagnol qui se re­spec­te : le bar, où la Cruz­campo ne cesse de co­ul­er et où l’afflu­ence est souvent plus im­por­tante que celle des matchs. On ne croirait pas qu’un tour­noi de ten­nis pro­fes­sion­nel est en train de se déroul­er. J’ai dû me tromp­er de stade. Ou de date. Ces joueurs sont cer­taine­ment des amateurs de bon niveau, voilà tout. Euh… De très bon niveau, même ! Et ce grand blond un peu maig­re, ne ressemble-t-il pas à Gimeno-Traver ? Pas que je le con­nais­se bien mais sa photo est par­tout ! Non, non, pas d’er­reur, c’est bien là. Cette am­bian­ce déten­due, cette modes­tie, siéent bien à cette ville où se re­spire une cer­taine douceur de vivre.

Le mar­ket­ing, en re­vanche, est hy­per­bolique, du moins sur le papi­er. L’af­fiche de l’édi­tion 2014, qui comme il se doit n’a aucune peur du ridicule, vante ce tour­noi comme étant « la cat­edr­al del tenis ». Et Wimbledon, c’est un pre­sbytère ? On pour­ra lire aussi, sur le site of­ficiel ou ail­leurs, des clas­se­ments qui semblent tomb­er à point pour valoris­er l’événe­ment : « le cin­quiè­me meil­leur tour­noi es­pagnol », le « quat­rième mieux doté » (car El Es­pinar, à Ségovie, pour­tant plus re­nommé, n’offre pas plus d’ar­gent ni de points). Au mo­ment de la cérémonie de re­m­ise des prix, la Copa Sevil­la sera en­core qualifiée de « meil­leur Chal­leng­er es­pagnol sur terre bat­tue ». Im­pres­sion­nant, non ? Com­ment ça ? Vous avez mauvais esprit et vous vous de­man­dez s’il ne s’agirait pas du seul de son genre ? Gagné : il n’y a que deux Chal­leng­ers es­pagnols dans le calendri­er. Et l’autre, Ségovie donc, se joue sur dur.

Les joueurs in­scrits au tour­noi sont venus par déléga­tions. En de­hors des loc­aux qui oc­cupent plus de la moitié du tab­leau, on trouve des Néer­landais, des Français, des Italiens. Soyons honnêtes, je ne con­nais pas grand monde. Mais les spec­tateurs sont par­fois chan­ceux : lors de l’édi­tion 2001, ils avaient pu voir évolu­er un futur grand tel que Rubén Ramírez-Hidalgo, ainsi que d’aut­res jeunes un peu moins con­nus, comme on peut le con­stat­er sur le tab­leau…

En 2001, Marc Lopez était TS 1... en simple

En 2014, l’or­ganisa­tion a choisi de nous vendre deux joueurs en par­ticuli­er : Daniel Gimeno-Traver et Pablo Carreño Busta. Gimeno - aucun lien - a en effet re­mporté les trois dernières édi­tions du tour­noi ; s’il gagne cette année en­core, il égalera le re­cord de vic­toires con­sécutives dans un Chal­leng­er, détenu pour l’instant par le seul HT Lee à Séoul ! Gros tit­res en per­spec­tive ! Quant à Carreño, sur­nommé « le prin­ce » sur une af­fiche, il porte sur ses épaules le lourd statut de favori du tour­noi, car il est le seul mem­bre du Top 100 à y pre­ndre part. Il est connu pour être jeune, gagn­er plein de Chal­leng­ers, mais il est d’abord présenté comme le joueur qui a affronté Feder­er au pre­mi­er tour de Roland-Garros 2013. Bref, c’est un peu comme si le Suis­se en per­son­ne était venu taper des bal­les à Séville ! La photo de leur poignée de main d’après-match est d’ail­leurs af­fichée sur les murs du club. Le score, bi­zar­re­ment, n’est pas in­diqué.

Et le jeu, dans tout ça ? J’y viens.

Mardi, tauromac­hie

Après avoir loupé la première journée du grand tab­leau (il y avait aussi les qualifs le week-end, mais l’ethnologie a des li­mites), je me rends pour la première fois dans ces arènes de terre jaune, pen­sant bien as­sist­er à quel­que mise à mort.

Je m’instal­le de­vant un match de doub­le sur le court nº3, qui intéresse une quin­zaine de spec­tateurs, ramas­seurs, juges de ligne et ar­bitre in­clus. Contra­ire­ment au court nº2, il y a tout de même la pos­sibilité de voir le match non pas de­bout derrière le gril­lage, mais assis sur une cha­ise sur­plom­bant le ter­rain.

Il s’agit d’un match Fran­ce – Es­pagne, qui n’est pas fait pour cor­rig­er nos idées reçues. Si les Es­pagnols sont rivés en fond de court d’où ils li­ftent tout ce qu’ils peuvent en criant fort, la paire française cherche le filet en per­man­ence. Jonat­han Eys­seric et Pierre-Hugues Her­bert, car ce sont eux, mènent au score mais ont des dif­ficultés à con­clure. En sim­ple, Eys­seric a sorti le cadet des Melz­er le matin même, tan­dis qu’­Herbert est déjà éliminé. Eys­seric m’est sym­pat­hique d’emblée par son grand sourire décontracté qui cache des nerfs à fleur de peau. C’est son équipi­er qui en­file le co­stume de lead­er sur le ter­rain avec son ser­vice et sa volée, mais c’est lui qui vit le plus le match. Il parle, il peste, il fait taire des jeunes fil­les qui gazouil­lent aux ab­ords du court. Et se fait break­er en ser­vant pour le match, après avoir mené 40-0. On com­prend qu’il s’autor­ise quel­ques com­men­taires ur­banis­tiques entre deux points :

« Mais j’y vois rien avec cet im­meub­le blanc de meeeeeeer­de! »

Le putain d'immeuble blanc de merde

Le « putain d’im­meub­le blanc de merde »

Je me de­man­de qui joue le rôle du taureau sur l’al­bero. Si ce sont les Français, qui se défen­dent comme ils peuvent des ban­deril­les reçues au filet. Ou si ce sont les Es­pagnols, qui montrent leurs gros bras, se re­fusent à per­dre le match, et re­mon­tent au score. Il est 20h00, le super-tie-break est sur le point de com­menc­er, et la tens­ion est palp­able sur le visage des trois spec­tateurs du match, quand soudain… je fais faux bond aux French­ies pour aller voir ce qui se passe sur le court nº1.

Car sur le court nº1, c’est peut-être la légende qui s’écrit. Cer­tes, ce n’est pas Rod Laver en 1969, ni Sampras en 2000. C’est Gimeno-Traver. Mais s’il souhaite en­tr­er dans l’His­toire, l’His­toire, elle, n’a pas l’air tout à fait d’ac­cord. Je me suis rendu précipitam­ment à ce match par crain­te qu’il ne se ter­mine trop vite. Le score est de 6-0 dans le pre­mi­er set, et break dans le deuxième… le tout en faveur de son ad­versaire! Ce de­rni­er, Daniel Muñoz de la Nava de son petit nom, ne fera pas de cadeaux et s’ouv­rira le chemin vers la vic­toire à coup de lifts con­scien­cieux, Gimeno com­met­tant faute sur faute. On s’en­nuie franche­ment. Curieuse­ment, le super-tie-break du doub­le, com­mencé tout à l’heure, n’est pas en­core ter­miné ! Il n’est pas trop tard pour co­urir voir les Français l’em­port­er 11-9, sous les yeux d’un nouveau venu. Un grand mince, à la blon­deur angélique, et à la petite voix. Son match de sim­ple com­m­ence d’ici une demi-heure. C’est Pablo Carreño.

Le temps de faire des réser­ves de bière et de sandwichs au stand, et la night sess­ion débute. Carreño, en­core plus favori du tour­noi de­puis la raclée de Gimeno et l’élimina­tion de trois aut­res têtes de série, joue con­tre un cer­tain Jordi Samp­er. Vu les clas­se­ments re­spec­tifs (70e con­tre 250e), on peut craindre un non-match. Peut-être in­fluencé par l’entraîneur de Samp­er qui fait du co­ach­ing à trois sièges de moi, ou habité malgré moi par le tropis­me des pub­lics de ten­nis pour les out­sid­ers, je souhaite as­sist­er à une sur­pr­ise.

C’est mal parti pour. Carreño débute le match en douceur, sauve une balle de break, puis met un petit coup d’accélérateur sans avoir l’air d’y touch­er. Le re­v­ers de Jordi Samp­er, d’un an plus âgé, est faib­lard, même si son slice ne marche pas trop mal sur une sur­face qui prend bien les ef­fets. Il est ner­veux, parle be­aucoup, et tour­ne dès que pos­sible auto­ur de son re­v­ers pour lâcher de gros coups droits liftés en dépen­sant be­aucoup d’éner­gie. Pas assez pour gêner un ten­nis fluide, aux coups plus rasants, ponctué d’amort­ies et de montées au filet pour con­clure les points. 6-3 Carreño, qui, mené 2-0 dans le deuxième set, débreake blanc grâce à quat­re winn­ers in­spirés. Tout au bord du court, j’apprécie à sa juste valeur le kick par­fois in­sensé de ses deuxièmes bal­les.

Carreño est à l’aise ce soir, peut-être trop. Il a une cer­taine non­chalan­ce et lais­se son ad­versaire plac­er quel­ques coups de cor­nes qui pro­lon­gent le match. Les échan­ges de­vien­nent spec­taculaires, et c’est Samp­er qui les gagne de plus en plus souvent, claquant au pas­sage quel­ques pass­ings in­spirés. Alors que la buvet­te derrière les gradins ne désemplit pas, que des cris d’en­fants nous par­vien­nent de­puis un ter­rain de sport dans l’en­cein­te, que les deux joueurs, donc, se con­centrent dans une am­bian­ce qui con­fine à la fête foraine, Jordi Samp­er égal­ise à un set par­tout après avoir réalisé le break décisif d’un coup droit gag­nant au ras du filet qui a fait se lever les quidams.

Le match de­vient par­ticuliè­re­ment in­téres­sant, in­ten­se, dans le troisiè­me set. Carreño sent le dang­er, se parle de plus en plus: « Pablo, no, Pablo ! », se lamente-t-il. Au bout d’un jeu long de 10 minutes où il breake – break décisif, pense-t-on – il lâche son pre­mi­er « Vamos ! » Mais Samp­er ne tarde pas à re­venir au score. Le jeu est désor­mais pre­nant, les coups gag­nants se multi­plient. Le sen­ti­ment que quel­que chose est en train de se pass­er sur le court, la déter­mina­tion des joueurs ten­dus vers leur but, sont tan­gibles. Chaque spec­tateur le re­ssent d’autant mieux que le bar derrière nous a fermé et que le clan des buveurs, faisant sil­ence, s’est rapproché afin d’as­sist­er à ce final. Il n’y a plus de bruit que le choc des bal­les au sol et con­tre les cor­dages. Je suis heureux de voir ça, sans in­termédiaire, sans filtre. Vivre ce match est grisant, à moins que ce ne soient les – nombreuses – bières qui com­men­cent à faire effet. J’hésite à souhait­er la même issue qu’en début de match: il serait bien de re­voir jouer Carreño. Le di­rec­teur du tour­noi, quant à lui, doit trembl­er. Quand on or­gan­ise une cor­rida, on n’espère pas la défaite du torero.

Carreño

Pablo Carreño dans les co­uleurs du Betis

C’est ainsi que l’on en ar­rive au tie-break. Et Samp­er, après tout le chemin par­couru, se rate. Carreño, menant 4-1 sans avoir pris aucun ris­que, lâche ses coups et ob­tient 5 bal­les de match. Mais, alors qu’on se croyait pro­che du générique de fin du thrill­er, un ul­time re­bon­disse­ment. Carreño rate les deux premières oc­cas­ions sur son ser­vice. Les deux suivan­tes s’en­volent avec deux ser­vices gag­nants. Et la cin­quiè­me, c’est au bout d’un échan­ge in­ten­se, le plus dis­puté du match, le plus bril­lant de la part de Samp­er – car il faut le faire pour réussir à ce moment-là du match un tel coup droit décroisé gag­nant – qu’elle dis­paraît à son tour. Re­tenez votre souffle, nous voilà à 6-6 ! Puis, c’est en­core Carreño qui ob­tient la balle de match suivan­te. C’est pre­sque tout. Le show se ter­mine sur un couac en guise d’es­tocade : une balle de Samp­er, lon­gue, n’est pas an­noncée de­hors par le juge de ligne, mais Carreño s’arrête de jouer, et l’ar­bitre con­fir­me la faute. Le pub­lic semble se de­mand­er un in­stant si le match est vrai­ment ter­miné. Enfin, des applaudis­se­ments nour­ris em­plis­sent l’air noc­turne. Il est 23h30.

Mercredi, 3 jeux sur tapis vert

J’apprends que Gimeno-Traver et Muñoz de la Nava, ad­versaires hier (j’espère que vous suivez !), sont par­tenaires de doub­le, et qu’ils ont déclaré for­fait. Soit Gimeno est blessé, et le score sec de la veil­le s’explique (mais aucune in­for­ma­tion n’est sor­tie). Soit… soit il n’a plus envie de jouer avec ce sale type qui man­que de savoir-vivre et n’hésite pas à l’humili­er quand ils se jouent. C’est vrai : peut-on être amis et s’inflig­er des roues de bi­cyc­lette de­vant témoins, comme si de rien n’était ?

J’ar­rive au stade tout juste pour voir Loren­zo Gius­tino opposé à David Vega Hernández. Alléchant, n’est-ce pas ? Sont-ils des joueurs de la « deuxième page » ? Non, cherchez-les à la quat­rième, voire la cin­quiè­me ! Gius­tino est un Napolitain de 23 ans ; Vega, originaire des Îles Cana­ries, a 20 ans – il est le plus jeune joueur du tour­noi et dis­pute là un de ses pre­mi­ers Chal­leng­ers. Afin de me per­suad­er de re­gard­er ce match, je me dis que j’ai peut-être sous les yeux deux grands es­poirs. Mais après le tie-break du pre­mi­er set, le spec­tacle com­m­ence à me lass­er. Com­ment le décrire ? Ah oui, j’y suis : deux gros bour­rins qui li­ftent jusqu’à ce que mort s’en­suive. Fort heureuse­ment, le déroule­ment du match com­pen­sera la pauv­reté du con­tenu, et mort s’en­suiv­ra. Prêtez at­ten­tion.

Comme Vega a re­mporté le pre­mi­er set, et qu’il semble pre­ndre plus souvent l’initiative du jeu, je le soutiens sans fail­les dans le deuxième set, espérant sur­tout que ça se ter­mine vite. Mais Gius­tino breake et re­breake. Que le troisiè­me set soit bref, au moins ! Sauf que ce troisiè­me set tarde à com­menc­er : Vega n’a plus qu’un break de re­tard. Quand l’Itali­en sert pour le set une deuxième fois, le niveau s’élève brus­que­ment ; on voit le jeu gagn­er en in­ten­sité et le lift re­mplacé par des coups plus tranchants, à la re­cherche du K.O. Après quel­ques minutes de grâce, Vega débreake, et l’affron­te­ment re­prend le sil­lon creusé de­puis près de deux heures et demie main­tenant. Je suis hanté : le lift, le lift, le lift, le lift.

Comme on pouvait s’y at­tendre, Gius­tino re­mpor­te malgré tout le tie-break qui suit et nous emmène au troisiè­me set. C’est alors que quel­que chose vient bris­er cette mécanique in­fer­nale. Le Napolitain, qui mène 2-1, se tord de douleur au milieu d’un échan­ge, entre deux patates de coups droits qu’il com­m­ence à balanc­er sans se poser de ques­tions, rom­pant le pacte tacite des échan­ges liftés à l’in­fini. Et alors qu’il con­ver­tit une balle de break pour mener 3-1, il s’ef­fondre en plein milieu du court. Foud­royé par des cram­pes, il ne peut se re­lev­er, quand c’est pour­tant à son tour de ser­vir.

Lorenzo Giustino soigné pour des crampes au milieu de son match

Loren­zo Gius­tino soigné pour cram­pes

Le scénario bas­cule, par petites touc­hes, dans le sur­réalis­me le plus com­plet. Car l’ar­bitre an­non­ce au micro que Gius­tino déclare for­fait pour le pro­chain jeu, et qu’il ne mène plus que 3-2! En effet, le règle­ment stipule qu’on ne peut de­mand­er une pause médicale pour des cram­pes. Si un joueur choisit néan­moins de voir le kiné, il perd un point toutes les 25 secon­des. Ce règle­ment n’ayant jamais été, à ma con­nais­sance, appliqué au plus haut niveau, il était in­con­nu du pub­lic ab­asour­di.

Les soins durent, durent. Et brus­que­ment, le score est de 4-3 pour Vega, ce qu’an­nonce l’ar­bitre au beau milieu du brouhaha! Ce sont trois jeux en­ti­ers que l’Itali­en a vu s’en­vol­er en cinq minutes, se retro­uvant même breaké sans jouer. Ça fait cher le mas­sage. Et le jeu re­prend, avec un Gius­tino qui tente le tout pour le tout au deuxième coup de raquet­te. Cette tac­tique n’étant pas au point dès la re­pr­ise, le jeune Vega mène désor­mais 5-3 après avoir gagné son deuxième jeu réel du troisiè­me set.

Ce n’est pas fini. Bien que Gius­tino soit réduit, à un mo­ment donné, à ser­vir lit­térale­ment sur une jambe, il exécute quel­ques coups droits croisés léthaux et mène 40-0. Mais, au ser­vice suivant, un juge de ligne crie un « Foot fault » du plus bel effet, qui trans­for­me d’ail­leurs le point en double-faute. Ça y est ! On est de­vant Fog­nini – Montañés ! C’est l’acmé du match. Après cela, quoi de plus norm­al que l’Itali­en tien­ne son ser­vice, débreake quand Vega sert pour le match, et tien­ne en­core le jeu suivant ! Au com­men­ce­ment de l’inévit­able tie-break final, on pense ne plus pouvoir être sur­pris par quoi que ce soit que ce match puis­se pro­duire, quand Vega glis­se en bout de co­ur­se, chute, et se fait mal, au poig­net semble-t-il. On se de­man­de alors si les joueurs ne vont pas se dépar­tag­er en han­dis­port, mais le match n’ira pas plus loin dans l’ab­surde. L’Itali­en mène 4-2 puis al­ig­ne cinq tri­stes fautes di­rec­tes, jetant l’éponge au bout de 3h20 de match. Vega ex­ul­te en lâchant des cris de joie déliran­te. La poignée de main est glaciale.

Après toutes ces émo­tions, c’est au doub­le de pre­ndre le re­lais, re­tardé de deux heures. En ce jour de quart de fin­ale de bas­ket, la Fran­ce est à nouveau opposée à l’Es­pagne, défen­due par Carreño et Rober­to Ortega-Olmedo, bour­reau d’Her­bert la veil­le. Carreño est le seul présent à être en­core en co­ur­se pour le sim­ple. Il y a un hic pour les joueurs loc­aux : le ser­vice de P2H - qui, curieuse­ment, multi­plie les lanc­ers de balle ratés, s’exclamant ainsi « Par­don » jusqu’à trois fois dans le même jeu – le ser­vice d’Her­bert, disais-je, leur est aussi il­lisib­le qu’une page de Fin­negans Wake, tan­dis que celui d’Or­tega est mal­m­ené en per­man­ence. Cet Or­tega a un re­v­ers à une main, et n’est pas mal­habile au filet, mais il est le plus petit des quat­re joueurs. Le jeu, comme souvent en doub­le, est agréable à suiv­re, di­rect, spec­taculaire.

Ob­tenant le break au début de chaque set, les Français règlent l’af­faire pro­pre­ment en deux man­ches. Je me dis que le précepte de « mont­er plus souvent à la volée », que les com­men­tateurs du monde en­ti­er répètent de­vant n’im­porte quel match, fonction­ne in­dubitab­le­ment en doub­le, et ex­plique pour une bonne part le résul­tat. Au mo­ment de la poignée de main, chacun s’ex­cuse d’avoir visé les deux aut­res au filet durant le match. Carreño et Her­bert semblent se connaître et s’en­tendre bien. L’har­monie règne. A 22 heures passées, bien qu’un de­rni­er sim­ple soit au pro­gram­me, il est temps de re­ntr­er.

Vendredi, lutte des clas­ses

Ayant dû pass­er mon tour jeudi, j’ai malgré tout suivi les aven­tures de nos héros de­vant mon écran. Carreño a eu un quart de fin­ale com­pliqué con­tre un An­dalou. Décidément un peu mou par­fois, il se fait march­er de­ssus dans le pre­mi­er set, par­vient à break­er à 2-2 dans le deuxième au terme d’un long jeu, puis déroule sans trop de problèmes. Quant aux Français, bat­tus au super-tie-break par une paire irlando-néerlandaise, leur tour­noi se ter­mine en de­m­ies.

Ce vendredi, c’est la fin­ale du doub­le. Curieuse­ment ou non, si l’Es­pagne avait placé 6 re­présen­tants en quarts de fin­ale du tour­noi in­dividuel, elle n’en com­ptait qu’un parmi les 8 demi-finalistes du doub­le. En fin­ale, on retro­uve trois Hol­landais et un Ir­lan­dais. Parmi eux se trouve Boy Wes­terhof, dont le pat­ronyme et les pre­sta­tions de man­nequinat (NSFW!) sont sus­cep­tibles d’inspir­er du beau monde, comme cette co­ugar se pre­nant en photo avec lui et le draguant après la cérémonie de re­m­ise des prix. Un peu plus tôt dans la journée, il a ab­an­donné sa demi-finale de sim­ple après cinq jeux, mais est bien là pour le doub­le. La sur­char­ge mus­culaire alléguée ne doit pas être trop han­dicapan­te pour la dis­cip­line, à moins que les quel­ques heures de répit l’aient soulagé.

Quoiqu’il en soit, il gagne le tour­noi, ac­compagné de Van der Duim, un joueur aux coups de patte as­tucieux, au bon touch­er de balle. Comme ses coups de fond me semblent un peu pauv­res, j’imagine l’ultra-spécialiste de doub­le, mais le site de l’ATP m’apprend qu’il est tout de même 278e en sol­itaire. Il faut dire que c’est son plafond, à 27 ans.

Alors que la paire 100% Pays-Bas sert pour le match, à 7-6, 5-4, 30-30, petit in­cident : le point, accroché, se con­clut par un pass­ing gag­nant des re­tour­neurs. Mais Wes­terhof pro­tes­te im­médiate­ment auprès de l’ar­bitre car James Clus­key – ce grand Dub­linois dégin­gandé, qui pour le coup n’est pro­duc­tif qu’en doub­le – a frôlé la balle au filet avant que Jesse Huta Galung ne la frap­pe pour de bon. L’ar­bitre n’a rien vu. Ce serait embêtant si Clus­key, fair-play, sur­tout en un tel mo­ment, n’était in­ter­venu pour re­ndre le point à ses pro­prié­taires légitimes. Ceux-ci em­poc­hent le chèque de 2650€ d’un de­rni­er ser­vice gag­nant.

On a tout juste le temps de dégust­er des sar­dines marinées et un cevic­he de gam­bas au bar du coin avant que ne com­m­ence la deuxième demi-finale du sim­ple.

Finale2

Carreño et Daniel en fin­ale

Deux nouveautés ont fait leur ap­pari­tion pour les dernières journées du tour­noi. Des gradins ont été ajoutés sur le court d’à côté ; je m’y in­stal­le pour suiv­re le jeu sous un autre angle, plus en hauteur, et derrière la cha­ise d’ar­bitre. La vue d’en­semble est appréci­able pour mieux com­prendre les échan­ges, mais la per­cep­tion de la vites­se chan­ge con­sidérab­le­ment. Pour com­pens­er en par­tie, un radar cal­cule la vites­se des ser­vice. Il est toujours in­téres­sant de noter les km/h, mais je me de­man­de si la mesure est systématique­ment fi­able. Sur les matchs vus, la puis­sance aura été en­viron de 115 à 195 km/h. Et claire­ment, ça frap­pe plus fort quand il y a balle de break.

Dans l’arène, face à un Carreño de plus en plus favori pour le titre, on retro­uve un des « taureaux » vu le pre­mi­er jour face au doub­le français : Iñigo Cer­vantes. On ne saurait im­agin­er deux jeunes hom­mes à l’ap­par­ence plus opposée. Cer­vantes, c’est une démarche un poil ar­rogan­te, des man­ches retro­ussées sur ses bi­ceps, une car­rure musclée, des cheveux ras… En exagérant un peu, on pour­rait l’imagin­er traîner sur les places de la ville en­touré d’un groupe de « canis« , ces jeunes Sévil­lans, vauriens ou même voy­ous, au mauvais goût man­ifes­te. Carreño in­car­ne quant à lui par­faite­ment le fils de bonne famil­le bour­geo­ise, le « pijo » – qu’il est ef­fective­ment – et ce n’est pas son air détaché, sa facilité sur le court, qui con­tredisent cette première im­press­ion.

Arrivé un peu en re­tard pour ce duel pijo-cani, je ne re­tiens pas grand chose du pre­mi­er set, si ce n’est que, menant 5-4, Carreño sauve deux bal­les de break et con­clut la man­che sur un en­chaî­ne­ment ser­vice – volée liftée peu académique mais im­pres­sion­nant. On sent qu’il monte en puis­sance dans ce tour­noi, car, face à un ad­versaire très accroc­heur, loin de se laiss­er aller, il joue de mieux en mieux au fil du match, varie en pre­mi­er la di­rec­tion des bal­les, vise et touc­he les lig­nes. Cer­vantes, lui, non seule­ment, subit dans le jeu, mais dès qu’il s’approc­he du filet, contra­int par la néces­sité de l’échan­ge ou plus souvent par les amort­ies ad­verses, c’est la cat­astrop­he, à l’ex­cep­tion d’une belle séqu­ence volée con­tre volée dont il sort gag­nant. Malgré sa résis­tance et son refus de la défaite, ex­primé par un jet de raquet­tes sur les bâches qui pro­voque les sifflets des gradins (pleins à craqu­er pour la première fois du tour­noi), il perd 6-4, un score plus serré que la réalité de ce deuxième set.

Samedi, bref épilogue

La co­ur­se de fond qu’a été cette semaine touc­he à sa fin. La dernière journée sera la moins pro­lifique en ten­nis, du moins en quan­tité. L’intérêt prin­cip­al de ce sprint final, pour moi, est de voir jouer pour la première fois le Japonais Taro Daniel, trop souvent pro­grammé en séance di­ur­ne jus­que là.

Je sais qu’il est né à New York et qu’il est grand (1,91m). Sur le court, je trouve son jeu de jam­bes très bon, peut-être le meil­leur vu cette semaine. Mais tous mes ef­forts pour m’intéress­er à lui n’y peuvent rien. Son style de jeu tient en une for­mule : régularité du fond de court. On voit que, comme Ferr­er, il a été formé à Val­ence – où il réside. Il est décevant de con­stat­er que pour sa tail­le, son ser­vice est quel­conque et qu’il n’est guère tranchant à l’échan­ge. Sa marge de pro­gress­ion en terme de jeu vers l’avant est donc énorme. En at­tendant, son jeu un peu limité à mon goût com­prend les bases pour jouer sur terre. A sa déchar­ge, je ne l’ai vu jouer qu’en fin­ale.

Quant au match, le sixième entre ces joueurs (mais le pre­mi­er en Chal­leng­er), il n’aura vrai­ment duré qu’un set. Carreño met la pre­ss­ion à 5-4 et breake pour la première man­che. Au pre­mi­er jeu du deuxième set, Daniel ob­tient plusieurs bal­les de break, dont l’une est sauvée par un pass­ing de re­v­ers long de ligne super­be. Un coup qui punira le Japonais plus d’une fois. Une fois ces oc­cas­ions envolées, Carreño est seul sur le court. Comme la veil­le, il joue mieux au fur et à mesure que le match avan­ce. Et cette fois, le tab­leau de score af­fiche une note sévère, mais juste : 6-1.

Que c’est épuisant à suiv­re sur place, un tour­noi. Pour­tant, dif­ficile de croire que c’est déjà fini. Après les matchs fous des pre­mi­ers jours, la logique s’est imposée le week-end et nous lais­se sur notre faim. De­main, on re­gar­dera à la télé des joueurs pas tel­le­ment meil­leurs que notre Carreño vu en vrai se débattre en Coupe Davis. Les semaines suivan­tes, gavé de ten­nis, on fera une pause. Jusqu’à l’année pro­chaine, on oub­liera que le cir­cuit Chal­leng­er ex­is­te. Et puis en sep­tembre, on re­plon­gera de­dans, sûr.

Ciel

About

Bouf­feur de glut­en https://twit­ter.com/PavelTrianero

Tags:

322 Responses to La couleur de Séville

  1. Patricia 2 octobre 2014 at 10:16

    Et il sert très bien en plus. 11 winners, 3 UE, 3 aces, 89% des points sur sa 1è….
    30 minutes pour emballer le set contre un joueur qui fait plein de choses et sert bien…

    • Elmar 2 octobre 2014 at 10:17

      T’en fais un peu beaucoup. Parce que de l’autre côté, on peut aussi voir que Nadal gagne le set sur un break gracieusement offert par son adversaire.

      L’Espagnol est à un bon niveau, mais quand même pas au top de ce qu’il sait faire. Je le trouve pas très très bon dans ses déplacements latéraux, d’ailleurs.

      • Patricia 2 octobre 2014 at 10:23

        tu verras tu verras, tout recommencera, tu verras tu verras…

  2. Patricia 2 octobre 2014 at 10:22

    L’avantage de Gojow sur Richie, outre le service, c’est que comme les points vont plus vite, le 1er set était expédié et il n’est pas cuit physiquement.

    Rhha, dégueu ! une faute d’arbitrage sur une balle de jeu très disputée pour Gojow doit être rejouée !

  3. Patricia 2 octobre 2014 at 10:28

    Le premier jeu va durer autant que le premier set.

    • Patricia 2 octobre 2014 at 10:30

      Jeu Gojow sur un ace.
      Un manque de réalisme étonnant de la part de Nadal.

      • Patricia 2 octobre 2014 at 10:32

        Nadal a d’ailleurs plus d’UE en un jeu et demi que sur le set précédent.

  4. Remy 2 octobre 2014 at 10:41

    Nadal bat Gasquet + Gojowcyk et c’est déjà la fin du monde ?
    Il va se faire plier par Djoko en finale comme d’hab.

  5. Patricia 2 octobre 2014 at 10:42

    Non, je confirme mon verdict ; coup droit long de ligne impeccable, grande longueur en coup droit, service nickel, œil du tigre…. Nadalophobes, préparez vous à une looongue misère.

    • Elmar 2 octobre 2014 at 10:45

      On s’en fout, y a plus rien à gagner cette année. Il peut même prendre le Masters s’il veut.
      Du côté de l’Australie, en revanche, ce sera autre chose.

      • Patricia 2 octobre 2014 at 10:59

        Mêêêême en sodomisant Biquette en finale, histoire de le mettre dans des conditions idéales pour notre petite finale à Lille ?

        • Elmar 2 octobre 2014 at 11:06

          Biquette ne doit pas aller à London. Sauf si éventuellement il peut y jouer la place de numéro 1. Peu probable depuis la sodomisation de Cilic.

          • Patricia 2 octobre 2014 at 11:25

            Je suis sûre que Biquette est conscient, comme nous tous, du mois de salaire que tu as investi pour le WE à Lille. Mais il est bizarre, des fois, avec son Master. Une sorte d’obsession…

  6. Patricia 2 octobre 2014 at 10:59

    Il est chouette ce match, il joue bien Gojow !

  7. Alexis 2 octobre 2014 at 11:17

    Sur ce jeu à 5/4, alternance de toiles à la Pioline et de coups parfaits chez Nadal. « Shaky game » d’après les commentateurs.

  8. William 2 octobre 2014 at 11:31

    Après sa déconvenue d’hier contre Isner, cela fait deux fois de suite que Robredo perd en ayant eu balle de match. Quelqu’un connaît le record ? Babolat ?

  9. Patricia 2 octobre 2014 at 11:57

    Tiens, Chardy a battu Anderson ? C’est une bonne perf.

    Sinon Gulbis a abandonné contre Klizan, du coup Nadal rencontre Klizan en quarts, puis Berdych ou Isner…
    Côté Djoko, ce sera Dimitrov, puis sans doute le gagnant de Cilic/Murray…

    Pendant ce temps à Tokyo, les demis théoriques c’est Nishi/Sock ou Becker, et Raonic/Simon. Faut dire que les TS sont tombées comme les feuilles d’automne et que les Chinois ont mis plus de sous sur la table que Bercy cette année…

    • Colin 2 octobre 2014 at 18:17

      Si on compare les quarts de Beijing et de Tokyo, ça fait bizarre:
      - Beijing : Djoko/Dimitrov, Murray/Cilic, Berdych/Isner, Nadal/Klizan
      - Tokyo : Becker/Sock, Nishi/Chardy, Raonic/Istomin, Simon/Johnson

      Des quarts de MS1000 d’un côté, de 250 de l’autre.
      (oui, je sais, Wawrinka, Ferrer et Tsonga ont perdu tôt)

      • Kaelin 2 octobre 2014 at 19:09

        ouais pas faux même si Nishi et Raonic ça reste du big fish mais Becker/Sock ça fait demi-finale du challenger de Mons lol

    • Elmar 2 octobre 2014 at 12:33

      Tiens, j’apprends, ou plutôt on me rappelle, que Paulo a gagné que 4 tournois dans sa carrière, et que des tournois à la Gilles Simon. C’est pas si mal en absolu et Juju tuerait père et mère pour avoir le quart de son palmarès, mais ça reste maigre étant donné son potentiel.

      • Patricia 2 octobre 2014 at 12:52

        Il me semble que Lyon était un peu relevé dans le temps… plus que Montpellier aujourd’hui. Vraiment dans le temps, Sampras a gagné 3 fois !

        Vérification faite, y avait Safin, Kafel, Kuerten, Grosjean et Gonzalez dans le tableau en 2002. Et il a battu Kuerten en finale ! Super prometteur, à 20 ans…. chabadabada…

        • Elmar 2 octobre 2014 at 12:54

          Oui, il avait enchaîné avec Moscou (merde ou Saint-Peterbourg? flemme de vérifier). C’était quelques semaines avant le traumatisme originel.

    • Patricia 2 octobre 2014 at 12:43

      Ils ont dit :

      Après Marc Gicquel, PHM est le deuxième invité dans le tableau principal. Un choix qui satisfait Thibaud Serre : « C’est un réel plaisir que d’accueillir Paul-Henri Mathieu à Rennes. Sa détermination sur le terrain et sa rage de vaincre en font un joueur qui bénéficie d’une grosse cote de popularité auprès du public « .
      Le joueur s’est lui aussi exprimé au sujet de cette première participation : « On m’a dit que c’était un beau tournoi, avec un beau central. Je ne connais pas la région, donc c’est toujours sympa de venir découvrir. Mon objectif ? Je sors d’un bel enchaînement à Metz et Orléans où je jouais bien, mais il me manquait un petit cran. J’espère continuer sur ma lancée. »

      Paulo, Struff, Zverev, Sela, Bellucci, Brown, Kamke, Darcis… mazette, mais Colette a du beau linge ! Kaelin va avoir des regrets…

      • Sam 2 octobre 2014 at 14:08

        « Beau central ». Disons que c’est une salle chauffée avec un court bleu et des tribunes. « Beau », je dirais pas ça quand même. Toujours est-il que Paulo est La Star de cette année, vu que Ju de Bresse snobe Colette, dorénavant.
        J’attends le tableau des qualifs.

      • Kaelin 2 octobre 2014 at 18:42

        C’est un super challenger en effet. Je vais suivre les résultats de près t’inquiètes ! Je mise tous mes vietnamdongs sur Struff !

  10. Patricia 2 octobre 2014 at 13:10

    Wow, le petit Kozlov (16 ans) (et vraiment tout petit), vient de passer deux tours dans son premier challenger – et sort notamment Harrison (185è…) et Smith (211è). Il s’approche du top 5 des moins de 18 ans.

    Je jetais un coup d’œil sur le classement junior et c’est vrai qu’il y a de plus en plus de Japonais (3) et de Coréens (4) bien classés dans le top 50 juniors ; le retour des Australiens est aussi perceptible : il y en a 5, alors même que Kokkinakis ne joue plus en junior. Il y a aussi 6 américains et 4 Russes.

    • Elmar 2 octobre 2014 at 13:12

      Et pas de Suisse.

  11. Skvorecky 2 octobre 2014 at 17:06

    Christophe Thoreau dit ce qu’il y a à dire sur le sujet de l’IPTL:

    https://fr.sports.yahoo.com/blogs/jeu-decisif/non-a-liptl-141106285.html

    • Remy 3 octobre 2014 at 10:08

      Je suis du même avis, en plus vulgaire.

  12. Skvorecky 3 octobre 2014 at 10:26

    Cilic est redescendu de son nuage, on dirait.

  13. Skvorecky 3 octobre 2014 at 10:40

    Ah, et David Ferrer est passé dixième à la Race… Il va falloir qu’il fasse une fin d’année au niveau de 2013 s’il veut décrocher une nouvelle participation à Londres. (Il avait enchaîné 3 finales – perdues! – à Stockholm, Valence et Bercy, soit 1050 points.)

    • Remy 3 octobre 2014 at 10:46

      Ferrer, Dimitrov et Berdych risquent fort de regarder l’O2 Arena depuis leur canapé de salon !

      • William 3 octobre 2014 at 11:06

        Berdych ? Pas sûr…

  14. Elmar 3 octobre 2014 at 10:58

    Sock à 8 points de me faire très plaisir. Je n’avais jamais constaté qu’il avait une super main jusqu’à aujourd’hui.

    • Patricia 3 octobre 2014 at 11:06

      Cocu !

    • Elmar 3 octobre 2014 at 11:08

      3 BB gaspillées… argh…

    • Elmar 3 octobre 2014 at 11:12

      Bordel. J’y crois pas. Breaké. Grrrr.

  15. Elmar 3 octobre 2014 at 11:15

    Becker va l’emporter à l’expérience. Rageants, cest 900 points qui s’envolent à TM.

    Sock que j’ai suivi durant toute l’année sera un solide top-30 qui parviendra à la 17ème place mondiale à son meilleur, je pense.

    • Patricia 3 octobre 2014 at 11:24

      Bon, tout va bien, finalement Sloane Stephens est fidèle !

  16. Patricia 3 octobre 2014 at 11:23

    Bon j’ai vu un bon bout du Cilic/Murray… Ce dernier bougeant très bien, très bon tactiquement, moyen- au service, s’est fait plaisir contre un Cilic complétement émasculé : pas un ace (littéralement), pas une première (43 et 50%), des fautes en pagaïe. Rien de spécial en retour, enfoncé dans la diagonale de coup droit. C’est comme s’il avait assemblé un puzzle à la colle forte pendant 9 sets à l’USO, constituant une forteresse imprenable, et que ça s’était redéfait en mille morceaux.

    Murray n’a pas eu besoin d’être formidable en retour (juste très bon, comme d’habitude) pour le breaker 3 fois easy dans le 1er set…
    S’il avait bien servi, même sans tenir l’échange, ça aurait été une autre paire de manche…

    Comment un joueur (s’il n’est pas blessé), N°2 dans la stat sur l’année, peut-il passer d’un taux d’aces sur 3 sets de 14% (Simon), 21% (Berdych), 16% (Fed) et 21% (Nishi) à 0.001% ? Cette année il lui est arrivé de passer peu d’aces sur un match, mais son % de réussite sur 1è balle est le plus mauvais de l’année (58% contre 63% le 2è plus mauvais, 68% le 3è !).
    Et son 15è plus mauvais en carrière…

    • Patricia 3 octobre 2014 at 11:23

      « la diagonale de coup droit » : non, de revers !!

    • Elmar 3 octobre 2014 at 11:54

      J’attends de Cilic maintenant qu’il gagne au moins une fois en GC contre Nadal, par exemple dès l’AO. Le minimum syndical pour un mec qui a empêché Roger d’aller chercher le 18ème.

      • Patricia 3 octobre 2014 at 12:09

        Tout à fait ! il serait intolérable qu’il ne serve à rien après ça !
        Après sa victoire contre Nishikori, je me disais qu’au moins, ça serait rigolo de voir ce que ça donnerait contre Djoko et Nadal.
        Et là, il nous envoie des signaux de soufflé tout mou ce grand dadais !
        Un grand service est censé être un fondamental plus stable que les parpaings made in Stan… et Cilic alternait aussi variation, marge de sécurité et prise de risque. Bref, j’espère qu’on est dans une petite décompression et que Môssieur va reprendre du poil de la bête dans pas longtemps.

      • Colin 3 octobre 2014 at 12:48

        Ne soyez pas trop exigeants trop tôt.
        Il a quand même fait un quart, ne perdant que contre Murray.

        En 2009, Delpo avait perdu dès son premier match post-reprise contre… Roger-Vasselin.

        • Patricia 3 octobre 2014 at 19:35

          Ah, un exemple d’érudition tennistique d’un à propos parfait !
          J’espère que le poignet ne suivra pas l’exemple….

  17. Patricia 3 octobre 2014 at 11:29

    Nishikori continue son job alors qu’il doit être un brin crevé (mentalement, c’est certain, il est aussi sollicité que Marilyn), mais survolté par son public. Malheureusement, je l’ai vu se faire manipuler les lombaires longuement au changement de côté.
    Il y aura probablement forfait de précaution de sa part dans les prochains tournois (pas Shanghai sauf s’il est vraiment off, mais Valence certainement, peut être Bercy), et j’espère pas aux Masters…

    Côté filles, deux forfaits pour les demis des deux premières mondiales, qui doivent se préserver pour leur propre Masters qui sont dans 15 jours il me semble..

  18. Patricia 3 octobre 2014 at 12:13

    J’oubliais de saluer la perf de notre cliffhanger préféré : bravo Gilou !
    Ce serait tellement bien s’il phasmait Clark Kent…

    Pas vu le Grigou/Djoko, mais les retours sont que Djoko était pas terrible… Eh ben si c’est le cas, c’est mal barré pour que notre Boys band-à-lui-tout-seul pointe sa fraise à Londres.

  19. Elmar 3 octobre 2014 at 14:25

    Break de Klizan à sa je sais plus combientième occasion. Il a eu des BB dans 3 jeux de service différents. Il va servir pour le set.

    En bon gaucher, Klizan pose des problèmes tactiques à Nadal, surtout qu’il est très agressif comme il faut l’être contre l’Espagnol pour espérer le battre (et contrairement à Gasquet qui laisse toujours l’autre prendre l’initiative).

    • Elmar 3 octobre 2014 at 14:29

      Mais il mouille au moment de servir pour le set et refile le break à Nadal.

  20. William 3 octobre 2014 at 15:53

    Je jette un œil : un set et 4-2 pour Nadal. Maintenant cela fait un set partout, 1-1 au troisième…

    • Remy 3 octobre 2014 at 16:05

      Nadal en difficulté sur sa seconde balle.
      Seulement 33% de points gagnés, 3 doubles fautes.
      Il a sauvé 8 balles de break sur 11.

  21. Remy 3 octobre 2014 at 16:13

    Klizan efface son break de retard dans l’ultime manche et confirme derrière.

    • Remy 3 octobre 2014 at 16:17

      Il s’offre même 3 balles de break dans le jeu suivant.
      Ça passe et il va servir pour le match.

    • Remy 3 octobre 2014 at 16:20

      Voila c’est fait, pas de n-ième Djokovic-Nadal en finale \o/

      • Patricia 3 octobre 2014 at 19:22

        Mais que fait encore là cet avatar de Kyrgios, quand le caractériel slovaque vient de dénadaliser Pékin ?

        • Patricia 3 octobre 2014 at 19:22

          rhhho, dire que j’ai raté ça !

  22. Skvorecky 3 octobre 2014 at 16:46

    C’est marrant, je me disais en zyeutant le score sur mobile (faute de mieux) que Klizan était en voie de s’intégrer à la catégorie de ceux qui prennent un set à Nadal quasiment à chaque fois, mais ne le battent jamais: Gulbis, Dimitrov…

  23. Skvorecky 3 octobre 2014 at 16:48

    C’est May qui va être contente de la perf’ de son libéro! :mrgreen:

  24. William 3 octobre 2014 at 17:26

    Lu sur Twitter : première défaite de Nadal contre un qualifié depuis Benneteau à Lyon en 2004.
    Klizan lui a toujours posé problème, ce n’était pas un tour cadeau pour lui, qualifié ou pas. Ce qui est étonnant, c’est qu’il avait le break en poche dans le deuxième et dans le troisième set. Klizan a remporté 16 des 18 derniers points, ce qui ne doit pas arriver souvent contre Rafa…

    • Colin 3 octobre 2014 at 18:38

      Réciproquement, Klizan avait le break en poche dans le premier set et l’a perdu.
      Il faut dire qu’il a servi pour le premier set à 5/4. C’est là qu’il s’est souvenu que lors de ses deux rencontres avec Nadal, il avait toujours gagné le premier set 6/4 puis perdu les trois suivants (6/3 x3). Du coup il s’est dit qu’il valait mieux perdre le premier set, cette fois, histoire de remporter les suivants. Et c’est ce qu’il fit.
      Un maître tacticien ce garçon, quoiqu’un peu trop superstitieux.

  25. Patricia 4 octobre 2014 at 09:12

    Les underdogs ont la rage ces jours-ci ! Le 3è set entre Nishikori et Becker a été éblouissant ! Incroyable de voir un type quelconque de 33 ans se mettre à upgrader son tennis comme ça… ET Nishi était énorme, inspiré, tranchant ! Malgré ça, il lui a fallu une force mentale pour répondre coup pour coup…
    Becker servait excellement, que des 1è, varié, placé (« à la Nishi » quand celui-ci sert bien, comme c’était le cas) ; il retournait hyperagressif – et Nishi passait quand même pas mal de 1è, défendait incroyable… « Jaw-droping stuff » comme disaient les commentateurs, à bout de superlatifs.
    Chacun y allait à fond sur chaque coup, très peu de déchet…
    Qui l’eut cru, surtout après que BB ait mangé un bagel et se fasse breaker d’entrée ?
    C’est bizarre le tennis.

    En tous cas, le petit Jap, il a des guts d’enfer. Ils sont en train de le déifier, il a un challenger tout miteux sur le papier, un rat de challengers et de Bucarest, qui se cilicifie brusquement devant 30 000 personnes venues là pour lui filer les oreilles et la queue… et il ne cède pas d’un millimètre, remet les couches qu’il faut ! Banzai, Kei !

    • Patricia 4 octobre 2014 at 09:28

      Je n’ai vu que le dernier à partir de 3-3, apparemment c’est BB qui a breaké en 1er dans le 3è…

      Voici donc encore un Raonic/Nishikori, un Djoko en finale à Pékin, un Goffin en finale à Mons… avec quelques péripéties en cours de route !

      • Patricia 4 octobre 2014 at 19:53

        Apparemment, Becker a joué comme ça au 1er aussi : 3 UE au 1er, 2 UE au dernier !

        une petite video de HL pour que vous puissiez constater par vous même que Nishi était saignant et BB pas dans son état normal : http://www.youtube.com/watch?v=IiI_tdf0n94

  26. Fred 4 octobre 2014 at 09:25

    Bonjour à tous,

    Permettez-moi de faire un peu de promotion ici pour mon blog perso, sur lequel j’ai écrit un petit article qui concerne le tennis ! ça se passe ici
    Merci!

    • Patricia 4 octobre 2014 at 09:31

      Article tout mignon ! Chapeau bas à Vanessa, la perle !

      • Patricia 4 octobre 2014 at 09:37

        Comme je suis une lectrice curieuse et vorace j’ai parcouru la page d’accueil et j’ai une réponse pour l’idéogramme – en plus, je l’ai vue dans le manga sur le tennis « baby steps » dont j’avais parlé à propos de Nishikori !

        Celui du bas signifie « humain », et celui du haut « accompagné de l’humain ».
        Le premier est utilisé comme charme porte bonheur/pratique psychologique pour garder son calme dans les compétitions et les échéances importantes (je crois que je l’ai vu aussi dans le contexte d’un examen).
        Bref, tu dessines « humain » dans ta main et quand tu flippes, tu serres le poing !^^

    • Colin 4 octobre 2014 at 14:08

      Merci à toi Fred, l’article est cool, et ton blog super.

    • Fred 4 octobre 2014 at 14:59

      Merci à vous deux, Patricia et Colin!

    • Remy 4 octobre 2014 at 15:55

      Je découvre ton blog qui est génial.
      Tu as milles fois raison, le méchant c’est Nadal !

    • William 4 octobre 2014 at 16:26

      Super Fred !

    • Skvorecky 5 octobre 2014 at 12:31

      Sympas, ces expériences de spectateur!

      J’aime bien le paragraphe « le tennis expliqué à ma femme »… Une pédagogie que j’ai parfois essayé d’imiter, mais sans grand succès, bizarrement.

  27. MarieJo 5 octobre 2014 at 15:53

    dommage pour kvitova… mais ses déplacements restent souvent suspects… elle est vraiment très statique ce qui lui fait faire des ereurs vraiment grossières vu sa qualité de frappe en général, c’est d’ailleurs dans ce domaine que sharapova lui était supérieure aujourd’hui, elle bouge bien mieux qu’à une époque…

    bref, djoko a laminé ce pauvre tomas « pataud » Berdych en ne lui laissant que 2 jeux ! what else ?

info login

pour le login activer sur votre profil la barre d'outils

Demande d’inscription

contactez-nous à : 15-lovetennis@orange.fr

Archives

Commentaires récents

Suivez nous sur Twitter

@15lovetennis