Roland-Garros, l’éternel retour sur terre

By  | 11 juin 2014 | Filed under: Opinion

Quel­ques di­gress­ions sur Rafael Nadal et ses rivaux, la mélan­colie, les re­cords du ten­nis, l’art nar­ratif, la fin­ale de Roland-Garros 2011, Cyrano de Be­rgerac, le sens de la vie, la zoop­hilie… Non, pas la zoop­hilie, je dis­ais ça juste pour gagn­er du clic. En re­vanche, pas de trace de l’édi­tion 2014 dans cet ar­ticle qui se voulait pour­tant un bilan en bonne et due forme. Si, si !

Matthias Hangst/Getty Images

Matthias Han­gst/Get­ty Im­ages

Nadal qui gagne Roland-Garros une 9e fois, ça donne à réfléchir. Mais jusqu’où ira-t-il ?

Notre dis­tin­gué forumeur et habitué des loges VIP, An­toine, a souvent répété de Feder­er qu’il serait can­didat à Wimbledon jusqu’à la fin de sa carrière. Je lui ac­corde volon­ti­ers ma con­fian­ce, à peine bémolisée. Ce qui est plus cer­tain, c’est que Nadal sera favori de Roland jusqu’à ce qu’il se pète un genou pour de bon et se mette au golf. Pour ne rien cach­er, on a plutôt l’impress­ion qu’il y gag­nera tant qu’il en aura envie.

Le plus amusant – ou déprimant, c’est selon – est de re­gard­er en arrière et de con­stat­er que ces tri­omphes ne furent même pas de ceux qu’on dit « ar­rachés de haute lutte ». Ses ad­mirateurs ont beau exagérer les dang­ers qui rôdent à la porte d’Auteuil, le fait est que les neuf mor­dillages ont plus tenu de la flânerie que du chemin de croix, à deux ex­cep­tions près: 2011 où Isner lui joue un mauvais (pre­mi­er) tour – mais la suite de la quin­zaine reste dans les stan­dards nadaliens – et sur­tout 2013 où Djokovic, on s’en souvient, passe à deux doigts de le sor­tir. Deux journées de sueurs froides, sur­tout une en fait, en 9 tour­nois gagnés. C’est ainsi qu’on a souvent vu se pro­duire un phénomène étran­ge : le moindre set perdu ou break concédé émeut les foules. Au bout d’un tel cur­sus, tous les ef­forts pour ig­nor­er le caractère in­exor­able de cette répéti­tion sont in­utiles.

Stats Nadal RG

Une des il­lus­ions que donne la con­nais­sance du passé, c’est qu’il y a des li­mites au succès spor­tif. Que ces li­mites peuvent être dépassées petit à petit, cer­tes, mais pas « ex­plos­ées ». Borg gagne 5 fois Wimbledon, puis Sampras 7 fois, re­joint en­suite par Feder­er. A l’US Open, le re­cord est bloqué à 5 par Con­nors, Sampras et Feder­er. Au Mast­ers, Feder­er dépassa en 2011 d’une unité le re­cord de Lendl et Sampras… Or, Nadal nous démontre qu’il n’y a pas de li­mites. On peut sur­class­er la con­curr­ence pen­dant neuf ans sur une sur­face donnée. On peut aller 50% plus haut, plus vite et plus fort que ses prédéces­seurs : le re­cord de Roland Gar­ros passe de 6, pré-Nadal, à 9 désor­mais. Et le dixième ar­rivera tôt ou tard, à l’image du pal­marès de son club de foot préféré en Ligue des Champ­ions : ce serait une franche sur­pr­ise que cela s’arrête là.

Car­re­er Grand Slam en sus­pens

Djokovic qui bute en­core une fois (la 6ème, une fois de plus que Feder­er!) sur Nadal à Roland Gar­ros, ça donne à réfléchir. Y arrivera-t-il un jour ?

Le nom qui re­vient à chaque année qui passe sans que Nadal perde un seul match en trois sets sur terre est celui de Robin Söderl­ing, dont l’exploit, énorme sur le mo­ment, est re­haussé, si be­soin est, à la lumière des résul­tats des 5 années qui ont suivi ce putsch. A mon sens, cela donne égale­ment, par trans­fert, plus de valeur au titre de Feder­er, qui reste le seul joueur à avoir gagné à Roland pen­dant l’ère Nadal.

Pen­dant ce temps-là, le Serbe qui a toutes les armes pour conquérir Paris, y com­pris une prépara­tion physique et men­tale privilégiée et un face-à-face équilibré avec le maître des lieux, n’y ar­rive toujours pas. Quoique le temps joue pour lui, à ce stade, je com­m­ence à ne plus être aussi sûr qu’il gagne un jour ce tour­noi. Ce qui serait une an­omalie vu son par­cours sur terre.

Intéressons-nous à la ques­tion du « Grand-Chelem-en-carrière ». On se de­man­de pre­sque si ne pas le réalis­er de nos jours quand on est au som­met de l’ATP, ce ne serait pas un peu la honte, pour parl­er vul­gaire­ment. Plus sérieuse­ment, un fait saute aux yeux : si Feder­er a dû pass­er par bien des émo­tions et de sévères défaites avant de re­gard­er Agas­si dans les yeux en 2009 – au terme d’un par­cours aussi semé d’embûches que le sien –, si Djokovic fait en­core par­tie des « maudits de Roland Gar­ros» comme son coach ac­tuel et d’aut­res avant lui, Nadal, quant à lui, a complété son Grand chelem en sifflotant, à sa toute première fin­ale new-yorkaise, et ce sans connaître la moindre frayeur.

La valeur spor­tive d’un titre majeur est pour moi in­dis­cut­able, la seule mesure val­able étant la tautologie : 1 Grand chelem = 1 Grand chelem. Mais… et la valeur nar­rative ? Entre une his­toire re­mplie d’aléas, de contre-temps, d’obstac­les, et une autre qui se résumera à dire « X était le meil­leur, il a gagné. Point final », la première at­tire bien plus mon at­ten­tion.

Le jour où Djokovic décroc­hera son Graal – on peut le lui souhait­er sans qu’il soit un de nos joueurs favoris – il écrira la con­clus­ion d’une his­toire rien moins que linéaire et plutôt bien troussée pour l’instant. Et ça aura quel­que chose de plus beau et in­ten­se que son aîné ob­tenant en 2010 le jackpot du pre­mi­er coup.

L'état d'âme de 15-lovetennis à chaque titre de Nadal

L’état d’âme de 15-lovetennis à chaque titre de Nadal

Panac­he et fatigue

J’ai hésité à poser di­rec­te­ment la ques­tion de la las­situde ; il est in­évit­able de trouv­er cela op­por­tunis­te. Mais quand je con­sidère mon rap­port à la carrière de mon joueur préféré, cela s’im­pose. J’ai com­mencé à suiv­re ce sport de manière in­ten­sive vers 2008 à peu près, le jour où j’ai découvert que tout un monde s’offrait à moi sur in­ter­net : stream­ing, forums, sites d’in­forma­tion spor­tive, youtube, youpo… euh, non, c’est tout. Sym­pat­hisant loin­tain de Feder­er de­puis quel­ques matchs vus en 2005, je n’ai véritab­le­ment plongé qu’à par­tir de là, il y a six ans à peine. La co­ur­se au(x) re­cord(s) a rythmé les pre­mi­ers temps de cette ad­mira­tion, mais le joueur que j’ai aimé était en fait un joueur en déclin. J’ai aimé suiv­re ce déclin avec les décep­tions, les coups du sort, les journées de lose, la rareté gran­dissan­te des vic­toires de pre­stige, tout cela sub­limé par un ten­nis qui me fait rêver comme aucun autre – sans quoi cela n’aurait aucun intérêt.

Que serait la grâce sans la fragilité ? Qu’aurait été mon sen­ti­ment si j’avais suivi le cir­cuit ATP 2004-2007 aussi assidûment qu’aujourd’hui ? Une ad­mira­tion plutôt dis­tan­ciée ? Sans doute aussi une tran­quil­lité voire un franc ennui en suivant, par ex­em­ple, le déroule­ment de l’Open d’Australie 2007. Ce qui me touc­he, bien au contra­ire, c’est ce com­bat con­tre la fatalité, ce jeu de plus en plus épuré et tourné vers l’avant pour com­pens­er un rap­port physique néces­saire­ment à son désavan­tage face aux meil­leurs (il n’a battu aucun top 4 en 5 sets de­puis Wimbledon 2007, pour 5 défaites).

Le jour où j’ai le plus aimé ce joueur ? Peut-être à Roland-Garros 2011. Pas en de­m­ies con­tre Djokovic, non (quoique, quand même, ce match…), mais en fin­ale. Une fin­ale per­due d’avan­ce, face à un joueur plus jeune, meil­leur sur terre, meil­leur dans tout ce qui com­pte aujourd’hui : co­uver­ture de ter­rain, sécurité de frap­pe, puis­sance et end­uran­ce. Une fin­ale où malgré tout il reste au niveau pen­dant trois sets avec un panac­he rare­ment vu : prise de ris­que per­manen­te, re­tours ag­ressifs, montée au filet dès que pos­sible, refus de la défaite – il débreake dans les sets 2 et 3 ; avant de craqu­er, comme si c’était écrit, dans le quat­rième.

« Que dites-vous ?… C’est in­utile ?… Je le sais !

Mais on ne se bat pas dans l’es­poir du succès !

Non ! non, c’est bien plus beau lorsque c’est in­utile ! »

Bi­zar­re­ment, après une at­tente de deux ans et demi, quand enfin fut achevé un nouvel opus à Wimbledon 2012, et bien que la fin­ale fut l’oc­cas­ion d’une gran­de joie, une fois l’émo­tion re­tombée je re­ssen­tis une fatigue. Eh oui, cette fameuse las­situde. Las­situde de le voir soulev­er un trophée de ce calib­re alors qu’on n’at­tendait que cela de­puis jan­vi­er 2010. J’aurais été blasé qu’il gagne la médail­le d’or (avec un tab­leau pre­sque trop ac­cessib­le que c’en était indécent), bien que je le souhaitais de toutes mes for­ces. C’est à cette époque-là que, comme un hasard, mon in­scrip­tion sur 15-love fut ac­ceptée, et je me de­man­de par­fois si je n’aurais pas pris un peu plus de dis­tan­ces avec le ten­nis sans ce blog si apprécié.

À chaque tour­noi qui com­m­ence, sans ex­cep­tion, j’espère un succès de Feder­er. Ça, oui. Mais s’il se met­tait à com­bl­er mes vœux et à enchaîner plusieurs tit­res majeurs en un court laps de temps, à battre Nadal 5 fois de suite, à per­dre moins de 10 matchs par an (ce qui est de toutes façons im­pos­sible désor­mais), j’aurais un peu de mal à l’ac­cept­er. Ce n’est plus de son âge, le meil­leur de sa carrière étant derrière lui. On peut espérer un ex­ploit de temps à autre, mais une domina­tion serait in­congrue et, quel­que part, me gênerait.

Tout ça pour dire quoi ? Que les vic­toires répétées, de telle manière qu’elles semblent être dans l’ordre des choses, las­sent. La sin­gularité d’un ex­ploit est alors masquée par le chiffre et se déréalise, au point qu’on n’évalue sans doute pas à sa juste valeur chaque quin­zaine vic­torieuse. La boulimie tient lieu de plaisir ; c’est pour­quoi les écroule­ments de joie, lar­mes in­cluses, à l’oc­cas­ion d’un 14e, 17e, 36e succès majeur, met­tent aussi mal à l’aise que le sourire édenté d’un toxicomane s’aper­cevant qu’il a de quoi s’ac­het­er un peu de came pour tenir la journée.

Telle sont ces carrières de joueurs qui ne savent plus dans quel­le ar­moire en­trepos­er leurs trophées, telle est cette obésité de tit­res, pre­sque déplacée s’agis­sant d’un sport à 1 vain­queur et 127 per­dants. Si en plus le vain­queur est le même – ou un des deux-trois mêmes – à chaque tour­noi…

Ce qui n’est jamais fatigant, en re­vanche, ce qui rachète tout, c’est de voir évolu­er sur le court un style de jeu aimé, en de­hors de toute con­sidéra­tion de vic­toire ou défaite fin­ale, de re­cords bat­tus, ou de carrière ratée.

Et, sur ce point précis, à chacun ses goûts, ses humeurs, ses per­cep­tions.

Bonus : le clas­se­ment terre bat­tue / prin­temps 2014*

Classement Terre '14

* Points ATP ob­tenus à Monte-Carlo, Bar­celone, Mad­rid, Rome et Roland-Garros

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179 Responses to Roland-Garros, l’éternel retour sur terre

  1. May 12 juin 2014 at 20:37

    La transition ne se fait pas dans la douceur, après Cilic, c’est Tsonga qui prend la porte.
    Les têtes tombent, après Murray, Nadal, Tsonga…

    • Patricia 12 juin 2014 at 20:44

      Raonic, Gulbis, Youzhny, Richard (bon lui il est blessé), Monfils (bon lui il est aussi blessé), Hewitt… Ca va presque plus vite de dire qui a survécu : kohli, Fed, Nishi a Halle ; Waw, Dimitrov, Dolgo, Berdych, Anderson au Queen’s.
      Waw a du soucis à se faire si Matosevic joue comme ça…

  2. Remy 12 juin 2014 at 20:42

    J’essaye de trouver un avatar de Dustin Brown dans la soirée et je reviens …

    • Patricia 12 juin 2014 at 20:47

      Haha, soulagé, hein ?

      • Remy 12 juin 2014 at 20:56

        Défaite attendue (aujourd’hui ou demain)
        Transition trop rapide, surtout pour lui.
        En plus, il a fini RG dans un état physique très dégradé.

        • Patricia 12 juin 2014 at 21:07

          Oui, je trouve que celui-ci est pas mal, l’expression répond bien au Dolgo de Kaelin!

    • Ivan 12 juin 2014 at 21:21

      Même avec des dreads et un anneau dans le nez, un fonctionnaire reste un fonctionnaire.

      • Colin 12 juin 2014 at 21:23

        Un problème ?

        • Kaelin 13 juin 2014 at 00:42

          :D

  3. May 12 juin 2014 at 22:16

    1er but de la coupe du Monde de foot et c’est Marcelo qui le met mais contre son propre camp. 1-0 pour les Croates qui jouent toujours bien dans cette compétition.

  4. Antoine 12 juin 2014 at 22:57

    Des 4 demies finalistes de Roland, 3 ont perdu d’entrée : Nadal, Murray, Gulbis…Djokoba préféré faire un break..

    • MarieJo 12 juin 2014 at 23:55

      djoko est parit faire une teuf à Ibiza pour oublier et surtout enterrer sa vid de garçon ;-)

      visiblement il se marre bien

      • Kaelin 13 juin 2014 at 00:44

        haha énorme! vous imaginez vraiment Rafa ou Roger sur une photo pareille??? Djoko est bien le SLIP (gonflable). Je vois bien Verdasco et Almagro morts de rire à côté sur ce genre de scène d’ailleurs. Avec Mika qui prend la photo et Benoit Paire avec une bouée!

        • Patricia 13 juin 2014 at 09:50

          En fait j’ai vu une photo d’ensemble et c’est Troicki et Tipsa qui sont morts de rire sur le côté ^^.
          Dans les tweets people y a aussi des photos hots de Flavia et Fog en train de batifoler à Ibiza (Fog a le meilleur lot).

          • Kaelin 13 juin 2014 at 12:26

            génial ! je comprends mieux leurs résultats à ces 2 lascars lol s’ils font que ça

        • Antoine 13 juin 2014 at 16:50

          Oui, il n’a peur de rien le Djoker…D’un goût très sûr en tout cas..

  5. MarieJo 12 juin 2014 at 23:49

    Skvo super article, je n’ai pas eu le temps de poster aujourd’hui depuis le taff, mais bon je ne fais pas toujours ce que je veux au taff :)

    j’aimerai pouvoir me dire que lors d’une finale de GC, ce n’est plus important de voir nadal gagner ou perdre… surtout à RG après 8 titres ! mais non, pendant le match c’est tout bonnement impossible ! plus je soutient son pauvre adversaire, plus c’est contre productif !

    objectivement, je prend chaque victoire comme un bonus… je ne suis plus à soutenir frénétiquement chaque coup gagnant, ça c’est vrai, même si je suis toujours ébahie quand il sort un coup superbe de sa raquette : z’avez vus son revers gagnant en demivolée de cet aprèm ? même roger aurait signé pour le sortir dans son tie break du jour ! remarque il l’a peut être fait j’ai rien vu !

    sa série hors normes de victoires à RG, ne diminue en rien la victoire de fed, il était LE numero 2 sur terre sans contestation depuis 2006 derrière nadal, donc qu’il ait su saisir l’opportunité de gagner cette année là prouve qu’il tenait particulièrement à gagner RG parce qu’il en avait les moyens et l’envie… il aurait pu se vautrer sur haas ou delpo mais il a tenu jusqu’au bout… même si l’histoire aurait été belle de pouvoir battre nadal, ce n’était pas l’histoire principale…
    fed devait gagner RG, point barre, et il l’a fait.

    avec le temps la perf de Soderling devient de plus en plus monumentale, car même si nadal perd un ou 2 RG dans les années qui viennent ou avec 2 ans de plus celà sera plus dans l’ordre des choses, sod aura été le seul mec à briser son hégémonie et cela restera le plus gros coup de sa carrière et de l’histoire de RG de la décénnie.

    rien ne sera plus comme avant une fois nadal hors circuit, et même si un vent de fraicheur soufflera sur les 2/3 éditions où il n’ira plus au bout.. on ne reverra plus un terrien de son niveau avant des lustres, certains détracteurs d’ici ou d’ailleurs le regretteront peut être qui sait !
    aucun autre sportif m’a donné autant d’émotions que nadal de 2005 à 2009… tout était une conquête des territoire hostiles sur gazon et sur dur, chaque victoire n’en était que plus belle ! une péridoe bénie :)

    2013 a été une revanche fabuleuse, et oui le petit sourire de satisfation dont parle May, je l’ai aussi partagé pendant la saison dernière :)
    bien plus beau retour que celui de 2010 où il fait son petit chelem pourtant… alors 2014, sonne un peut comme le 2010 de federer : un GC avant la disette puis un retour de flamme en 2012… donc 2015 pour Rafa !
    c’est un scénario qui me va ;)

    s’il ne doit rester qu’un grand titre à gagner pour Nadal cela reste le Masters et rien d’autre… un 10è RG ne lui apportera rien de plus, par contre il voulait vraiment un 2è AO… il l’a raté de peu, rien ne dit qu’il ne retentera pas sa chance à fond en 2015…

    pour moi, s’il est touché durablement au dos, il lui reste 1 titre en GC 2 maxi avec un gros coup de bol, s’il récupère ses moyens au service il peut égaler ou dépasser roger et ses 17 GC car du fond du court, seul djoko peut rivaliser avec lui…

    après il y a bien dustin Brown pour le cueillir comme un bleu sur gazon ;-) il a bien joué notre rastaman !

    • Antoine 13 juin 2014 at 16:42

      Le problème, c’est qu’on ne verra plus de terrien tout court car de terrien de haut niveau, il n’y a guère que Nadal…Même Ferrer est devenu presque aussi bon sur les autres surfaces que sur terre..

  6. Fred 13 juin 2014 at 01:18

    « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux… »
    Très beau texte Skvo, merci.

  7. Elmar 13 juin 2014 at 09:35

    Putain… j’arrive pas à trouver le temps de lire cet article qui a pourtant l’air très bon…

    Et j’arrive pas à trouver le temps non plus pour pondre la prochaine gazette…

    J’espère qu’elle arrivera lundi, mais je promets rien.

  8. Patricia 13 juin 2014 at 10:02

    Je viens de remarquer l’astérisque au bonus « classement 2014 sur terre » qui exclut les points des ATP 250 ; cela signifie que Roger est en fait passé par Dimitrov (800 pts) vainqueur à Bucarest et Berdych (870 pts) finaliste à Oeiras…. Et que grâce à son titre à Casa, GGL est à une toute petite longueur (655 pts), même en excluant la tournée Sud-Am….

    • Skvorecky 13 juin 2014 at 11:07

      Exclure la tournée de février et les 250 du printemps est un choix, qui fait que le classement obtenu me semble refléter la hiérarchie sur terre bien mieux que celui de la prime au stakhanoviste, où l’on additionnerait tous les « petits points ».

      En revanche, pour établir un classement sur gazon, étant donné la maigreur de la saison, on sera bien obligés de tout compter.

      • Patricia 13 juin 2014 at 12:48

        Je suis d’accord pour la tournée sud-am, qui est en concurrence avec des évènements indoor. Par contre la tournée européenne est un tout : le gars qui décide de jouer un 250 avant un M1000 est pénalisé s’il va loin par rapport à celui qui la joue cool Raoul la semaine suivante : plus de fatigue, moins d’influx. Si c’était si facile, tout le monde les jouerait.

        Je pense donc qu’il faut les intégrer ; de toutes façons ce sont des « petits » points par rapport aux gros évènements, qui reflètent bien la différence d’opposition.

        Pour aller en 1/4 à Madrid (180 points), Berdych bat Anderson et Dimitrov ; pour son 1/8è à RG (180 aussi), il bat Nedovyesov, Bautista Agut et Polansky ; pour sa finale à Oeiras (150 points), il bat Devarman, Hanescu et Leo Mayer… Mais il n’a pas eu de bol dans ses tirages avec Dimitrov et BA, il aurait pu piocher des points plus facilement.

  9. Patricia 13 juin 2014 at 10:04

    Sinon, pour rester dans le registre « extraordinaire », Date-Krumm, 43 ans, vient de coller une bulle à Hantuchova à Birmingham. La qualité nipponne…

    • Kenny 13 juin 2014 at 10:07

      nan mais en vrai c’est le premier Hubot la Kimiko ;-)

      • Patricia 13 juin 2014 at 13:21

        En plus je viens de lire qu’elle n’avait pas atteint ce stade dans un tournoi de ce niveau depuis 96 !!! L’année de naissance de Townsend….

      • Colin 13 juin 2014 at 16:20

        1996 ? Ça commence à dater.

        Je sors, je suis loin, loin…

  10. Patricia 13 juin 2014 at 10:11

    Ah, avec un grand Dustin Brown, le spectacle est au RV ! Enjoy : https://www.youtube.com/watch?v=Nqnsy1he7C4

    Excellent (entre autres) le point où ils finissent tous les deux le cul par terre !

    • Colin 13 juin 2014 at 10:43

      OK ce ne sont que des HL mais il était littéralement en feu le Dustin !!! Que ce soit Nadal ou n’importe qui d’autre en face, qu’importe : c’est bon de voir du vrai jeu de gazon à l’ancienne.

      • Ivan 13 juin 2014 at 10:54

        Dustin faut le regarder avec un pet’ en bouche…

        • Kaelin 13 juin 2014 at 12:19

          et Benoit Paire avec un Mojito ! l’avantage c’est que ces mecs là font un match sérieux 3 fois par an, ça évite les excès….

      • May 13 juin 2014 at 12:40

        Oui tu as raison, qu’importe l’adversaire si Brown est dans la zone, s’il sert parfaitement bien, joue en 2 ou 3 coups de raquette, il peut battre n’importe qui surtout sur Gazon. Quand j’ai vu le tableau je me suis dit que c’était mort et je suis sûr qu’hier il avait une marge sur son adversaire plus importante que son classement ne laisse voir.

        S’il y a bien une défaite inquiétante, c’est plutôt celle de Tsonga qui s’est fait marcher dessus par Matosevic qui n’est pas un foudre de « gazon » quand même!

        Murray, il faudrait que je vois s’il était à la rue ou si Radek était en mode Davis Cup! Il va avoir la pression chez lui pour essayer de défendre son titre. On verra comment il va gérer cela et le rôle d’Amélie sera peut-être un peu juste pour porter ses fruits en 2 semaines… on verra bien!

        • Patricia 13 juin 2014 at 12:58

          Matosevic a très très bien joué – beaucoup mieux que Sousa, par exemple… Il a collé une flopée de retours gagnants.
          Jo n’a pas été nul, mais c’est vrai qu’il n’a pas impressionné non plus. En plus il a eu autant de temps que Roger pour se préparer, on ne peut pas parler de transition rapide ou de récupération insuffisante (à moins qu’il n’ait eu un pépin passé sous silence et n’ait repris la raquette que juste avant.)

          Murray a fait une demie à RG et il était crevé ; je pense que c’était juste pour retrouver le gazon… et Radek est un spécialiste !

        • Antoine 13 juin 2014 at 16:46

          Le Mérou a dit qu’il était à son top. D’ailleurs, cela faisait deux ans et quelques qu’il n’avait pas battu un joueur de ce niveau. Murray a eu 7 ou 8 balles de set dont plusieurs sur son propre service…

          Pas vu le match de Jo mais il s’est visiblement fait marcher dessus. Sur herbe, c’est rare…Les choses vont de mal en pis pour lui. Il n’est plus que 17ème..

  11. Remy 13 juin 2014 at 11:31

    RYSC programmé pour ce soir 21h.
    0% de matière Nadal garantie.

    • Kaelin 13 juin 2014 at 12:23

      cool! merci rasta man! :D

  12. Kaelin 13 juin 2014 at 12:25

    Qq’un a pu voir des bouts de double avec la paire Dolgo – Gulbis ?? Tain ça doit être énorme il faut que je vois ça ! j’imagine bien cette paire contre Monfils-Brown qui ont déjà joué ensemble, haha ce serait trop bon ! une sorte d’exhibition sans en être une

  13. Antoine 13 juin 2014 at 16:37

    Je viens de voir la fin du match entre Kohly et Brown…6-4 5-7 7-6(16)..

    Kohly a servi pour le match à 5-4 au 3ème set et s’est fait debreaker (cela n’arrive pas qu’à Roger..) alors qu’il a eu une balle de match au passage..

    Puis ils ont chacun gagné leur service et cela s’est donc fini au tie break..Un tie break remporté par Kohlschreiber 18-16 sur sa 8ème balle de match je crois après avoir lui même du en sauver 5..La quasi totalité des services entre 5-5 et 13-13 n’ont pas été retournés…A la fin, sur son service à 16-16, Brown commet une faute à la volée, puis sur le point suivant, après un très bon retour rate le plus facile..

    Brown a plus qu’un grain..Il est impossible de jouer avec lui ou plutôt contre lui. Il n’y a presque pas d’échanges. Déjà, il ne sait pas vraiment ce qu’est une deuxième balle..Il les frappe très souvent presque aussi fort que les premières. Du coup il fait un paquet de doubles, deux dans le tie break ou il a mené 5-2, services à suivre, avant de se faire rejoindre à 5-5..

    En retour c’est pareil, il frappe comme un sourd. Si cela passe, cela fait le point ou une balle très facile au coup d’après. Pas étonnant que Nadal ait estimé qu’il n’y avait pas grand chose à retenir de son match d’hier. Hier, tout passait pour Brown et Nadal a pris une claque…

    Il fait des volées en revers (à deux mains) en sautant comme le fait Gaël de temps en temps sauf que lui c’est tout le temps ou presque…

    Très marrant à voir mais il est sérieusement givré..

    • Skvorecky 13 juin 2014 at 17:43

      En voyant les highlights de Brown postés plus haut, on se demande comment ça se fait que le mec aux dreadlocks n’est pas numéro 1 mondial. Ouais, c’est des highlights et c’est juste un match. Une bonne déformation de la réalité, mais qui procure un sacré plaisir…

  14. Patricia 13 juin 2014 at 16:44

    Trouvé quelques pépites dans un échange entre Tignor et (hum, j’ai oublié) :

    I think about what Rafael Nadal said after they played for the first time at Queen’s Club in 2008. Rafa had rampaged through Roland Garros without losing a set, and after Kei took a set off him on grass, Nadal said, « He is very, very good. He’s gonna be Top 10 for sure, Top 5. I am 100 percent sure. He play very easy. Very talented player. When he has a little bit time with the forehand, he kill you every time. »

    C’est pas souvent qu’un top joueur se mouille sur un très jeune, et après avoir visionné le Nishi/Monfils, je me dis que s’il ne se blesse pas d’ici là, il pourrait bien avoir une session de rattrapage de RG à Wim, Air Kei.

    J’ai adoré cette trouvaille pour qualifier l’intérêt d’une opposition de style entre un joueur en cadence ou à grosse force de frappe, mais dont le jeu est en lui même peu folichon, et un shotmaker :

    « That’s a good point about Raonic being more fun to watch when he’s playing a shot-maker. In that way, he’s a little like David Ferrer for me. If they’re playing a grinder, both Milos and Ferru can be dull, but paired with a guy with some flair, they make for good straight men, or drummers keeping a beat. »

    « A drummer keeping a beat » : Ferrer, Rao, votre poste est tout trouvé.

  15. Antoine 13 juin 2014 at 17:25

    Cela fait du bien de voir un type qui sait volleyer…Lopez sort Pataud 6-4 7-6..Berdych a mené 6-3 dans le tie break et a eu une autre balle de set. Sur sa première balle de match, Pataud fait une double faute…

    Les volées amorties de Lopez sont exquises.

  16. Antoine 13 juin 2014 at 17:37

    Roger n’aura pas droit à un match contre Lu avant son match contre Nishikori (ou Johnson). Lu vient de déclarer forfait…

    Pas forcément une bonne nouvelle pour lui. Je suis en train de voir jouer Nishikori et il joue pas mal du tout..Roger aurait sans doute préféré jouer un deuxième match avant de jouer contre Nishikori qui l’a battu lors de leurs deux derniers matchs.

    • Sylvie 13 juin 2014 at 17:44

      Je pense qu’il ne passera pas Nishikori ce qui n’est pas top avant Wim. Ce forfait n’est effectivement pas une bonne nouvelle

      • Antoine 13 juin 2014 at 17:53

        Nishikori n’a pas encore gagné. Il mène 6-1 5-6 service à suivre. Il a sauvé deux balles de set au jeu précédent qui ont suivi deux doubles. Il s’est très bien repris.

        Un truc est clair, c’est que le slice sur son revers, même très bas, ne le dérange pas. Il arrive à remonter la balle et à faire des revers long de ligne impressionnants. Il vaudra mieux jouer sur son coup droit…

    • Skvorecky 13 juin 2014 at 17:47

      Euh, oui, arriver contre un Nishikori ambitieux suite à son échec parisien, avec comme seul repère sur herbe 3 sets contre Sousa, ça peut faire mal…

      À Londres, Dimitrov est en demi sans jouer lui aussi.

      Les tableaux se sont troués comme de vieilles fripes cette semaine. Ça arrive dans ce genre de tournois mal placés dans le calendrier – mais pas toujours.

      • Remy 13 juin 2014 at 17:51

        Kei n’a pas encore gagné son match.
        Il sert à 5-6 dans le second set.

  17. Patricia 13 juin 2014 at 17:38

    Dites-moi que c’est un gag… Dolgo forfait, élongation à la cuisse. A la MiamMiam Team, la quinte flush de blessures n’est pas un truc irréel : ils peuvent le faire ! (cette semaine un brelan épaule-psoas-cuisse par les fidèles Richard-Gael-Dolgo)

  18. Antoine 13 juin 2014 at 17:45

    Je n’ai pas vu ce match mais lis que le Mérou a encore frappé et sorti Anderson en trois sets après avoir perdu le premier.

    Au Queen’s on a donc une première demie entre Lopez et Stépanek, un match qui sera surement très plaisant et l’autre entre Dimitrov (WO de Dolgo) contre le vainqueur du match entre Stan et Matosévic..

    • Geo 13 juin 2014 at 18:11

      Plaisant, dis-tu? L’Equipe.fr en est moins sûre, qui annonce la rencontre Stepanek et le « croco » Lopez… http://www.lequipe.fr/Tennis/Actualites/Lopez-sort-berdych/473523

      Et bonne fête.

      Et joyeux vendredi 13.

      • Antoine 13 juin 2014 at 18:18

        Il faut le lire pour le croire…C’est la meilleure surface de Lopez..Eux écrivent « Lopez, pourtant pas spécialiste de la surface »…Cela doit être un stagiaire qui écrit n’importe quoi sans même regarder le site de l’ATP pour vérifier ce qu’il écrit..Affligeant..

      • Geo 13 juin 2014 at 18:28

        Mais voyons Antoine, un Espagnol c’est petit, poilu, ça bouffe de la paella et de la terre battue matin, midi et soir, c’est bien connu.

        • Antoine 13 juin 2014 at 18:45

          Mima Miam !

          Je regarde Matosévic jouer contre Stan. L’australien ressemble à Nalbide au niveau corpulence s’entend…

          C’est lui qui a mis une raclée à Jo ? On ne peut pas dire qu’il fasse des étincelles contre Stan qui a gagné le premier 7-5 et qui mène 4-1 au second…

          • Patricia 13 juin 2014 at 19:12

            Il ne fait pas beaucoup de bons matchs par an… Jusqu’à récemment, il était le joueur le mieux classé à n’avoir jamais remporté un seul match en grand chelem (14 défaites successives au 1er tour) ; sauvé de la malédiction à RG (clairement pas sa surface), le flambeau est repris par…Carreno Busta, 73è, mais récent sur le circuit. Lorenzi (81è) pourrait égaliser cette séquence, il est à 12 échecs à ce stade.

  19. Antoine 13 juin 2014 at 18:02

    C’est donc bien Nishikori 6-1 7-6…

    Il n’a pas beaucoup de matchs dans les jambes avant de jouer contre Roger non plus..Il se confirme donc bien qu’il y a bien trois vainqueurs possibles à Halle : Kohly, Nishikori ou Roger.

  20. Antoine 13 juin 2014 at 18:57

    Victoire de Stan 7-5 6-3…Bon match du numéro un suisse qui jouera donc contre Dimitrov, une autre demie qui promet. Le commentateur sur le court lui a dit à la fin du match: « a chaque fois que vous êtes allée en quart d’un tournoi cette année vous l’avez gagné.. ». Réponse de Stan en riant : « OK ! »

  21. Patricia 13 juin 2014 at 21:53

    Je viens de prendre connaissance d’une chronique portant sur une BD de moi inconnue (comme son auteur), que je m’en vais lire derechef et qui entretient un lien étroit avec l’article de Skvo : « Max Winson. La tyrannie. »

    C’est une sorte de fable avec un personnage allégorique : un champion de tennis surentraîné par son père, totalement façonné au point d’être comme une coquille vide (non ça ne vous rappelle personne), qui n’a jamais perdu un match de sa vie et devient en conséquence l’Idole Sportive suprême de la nation et du monde. Ce cosmique Veau d’Or/autiste va subir un choc existentiel suite aux questions d’une journaliste qui le confronte à la « cruauté » inhérente à sa victoire totalitaire. Il partira alors à la recherche de son humanité (ou de son âme) à travers la Quête de la défaite – quête pleine d’embûches pour quelqu’un de tellement formaté pour vaincre qu’il est condamné à gagner.

    Lire ici une critique : http://www.bodoi.info/jeremie-moreau-jeu-set-et-match/

    Je le lis et vous en donne des nouvelles.

    • Skvorecky 14 juin 2014 at 10:09

      Ça pourrait être assez fascinant comme histoire, en tout cas le sujet l’est.

      Le champion façonné, coquille vide, ça fait penser à Agassi – effectivement cité par l’auteur; l’Idole sportive suprême de la nation, c’est bien Nadal, dont il semble impossible de parler en Espagne autrement que sur le mode de l’hagiographie. Il faudra que je vous en touche quelques anecdotes un de ces jours.

      • Patricia 14 juin 2014 at 12:37

        La thématique de la « créature » est aussi récurrente dans la perception de Nadal par ses détracteurs (Toni en Frankenstein est devenu un trope), et le Golem – créature terreuse – s’en rapproche également.

    • Patricia 14 juin 2014 at 12:34
    • Coach Kevinovitch 15 juin 2014 at 20:25

      Ca m’aurait étonné si l’auteur avait été américain!

  22. William 14 juin 2014 at 11:41

    Curieux de voir le Nishikori-Federer mais je vais sûrement le louper, je joue cette aprem…

    Vu les highlights de Brown-Nadal, c’est impressionnant mais comme dit Skvo ce ne sont que des HL et Brown est loin de toujours jouer comme ça.

    Content que Lopez brille sur gazon, il peut être très agréable à voir jouer. Et puis il sait faire une volée. Je souhaite une finale entre lui et Dimitrov.

    • Patricia 14 juin 2014 at 12:30

      Lopez est agréable au service et à la volée (en effet), et son piteux revers se fond mieux dans l’écosystème vert effectivement…

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