Mais pourquoi il est pas N°1, Roger ?

By  | 27 septembre 2011 | Filed under: Regards

J’ar­rivais pas à dor­mir, alors je suis allé re­gard­er quel­ques stats sur le site de l’ATP, les stats con­cer­nant les joueurs de­puis le 1er jan­vi­er jusqu’à ce 26 sep­tembre pour être précis. Je sais, c’est une sale habitude, et en plus j’ai pas réussi à me re­ndor­mir après, mais c’est comme çà ! Enfin, vous allez tout savoir. C’est à pro­pos de Roger…

Tiens, on va jouer aux de­vinet­tes :

Savez-vous quel est le joueur qui a gagné le plus fréquem­ment le point derrière sa première balle de­puis le 1er jan­vi­er ? Allez un ef­fort ! Oui, c’est cette brute de Kar­lovic comme souvent : 80% de points gagnés derrière sa première. Mais Karlo com­pte pour du be­ur­re ! Alors le second ? Pas d’idées ? Je vous le donne en mille : c’est Roger ! Il de­van­ce d’un cheveu Be­rdych (oui, Be­rdych le bour­rin), puis Jo qui est donc 3e, Lopez et Raonic ; tous ces braves gens étant à 78%, puis Del Potro, Isner, notre ami Ivan, Rod­dick (tombé bien bas le natif d’Omaha, Neb­raska – là j’avoue que j’ai cor­rigé à la de­man­de de Guil­laume ; j’avais écrit Texas ; je croyais que le Neb­raska, ça n’exis­tait que dans Lucky Luke mais non, Andy a bien vu le jour dans ce trou…), tous à 77% et des pous­sières. Figurez-vous que le Djok­er n’est que 20e, derrière le Sod (pas ter­rible cette saison le Sod) et juste de­vant la Murène, à 74% tous les deux. Rafa ? Pas génial, comme d’habitude : 26e quand même, à 72%, entre son ami Ferr­er et Ric­hard. En­foncés par Roger, en tout cas, le Djok­er, la Murène et Rafa !!!

Bon, neut­ralisons les ef­fets de la première balle pour re­gard­er ce qu’ils valent sur une deuxième balle. Nor­male­ment, c’est ce qui donne la hié­rarchie la plus in­téres­sante. C’est là qu’on voit non seule­ment les types qui savent ser­vir, mais les types qui savent jouer. Alors qui en pre­mi­er ? Vous n’allez pas de­vin­er ! Nadal ? Djoko ? Raté : c’est en­core Roger ! Cela vous en bouc­he un coin, pas vrai !? 57% de points gagnés derrière sa secon­de balle pour Roger ! 2e : Rafa, 3e : Djoko avec 56% et des brouet­tes tous les deux. C’est là qu’on voit les hom­mes et vous ne serez donc pas sur­pris si je vous dit que la Murène est 60e avec 48%…Inutile de rajout­er que c’est pas avec une secon­de balle aussi pour­rie que la Murène peut espérer gagn­er un Grand chelem…

Évide­ment quand on est en tête aux deux clas­se­ments, sauf si on passe vrai­ment peu de premières, nor­male­ment on doit être en tête sur la fréqu­ences des points marqués sur son ser­vice. Les stats n’ap­parais­sent pas sur le récapitulatif glob­al de l’ATP mais si je vous dis que Nadal passe 67% de premières (6e), que Djoko est à 66% (12e) et que Feder­er est à 64% (15e… il a monté de deux points de pour­centage cette année, Roger), la différence n’est pas suf­fisan­te pour in­vers­er la ten­dance : le mec qui mar­que le plus fréquem­ment le point sur son ser­vice cette année est bel et bien Roger. Roger, de­vant le Djok­er, qui est lui-même de­vant Rafa. Il est même forcément de­vant Karlo parce que Karlo ne gagne qu’un point sur deux sur sa secon­de balle… Et d’ail­leurs, quand on va sur la rub­rique stat de chaque joueur, et bien, on trouve la con­fir­ma­tion de ce que je vous racon­te : Roger : 70% de points gagnés derrière son ser­vice, le Djok­er 68% et Rafa 67% !

Là, je vous vous ar­riv­er. Vous allez me dire : mais si Roger est le gars qui gagne le plus fréquem­ment le point sur son ser­vice, il de­vrait gagn­er ses jeux de ser­vice très souvent, non ? Tout bon ! Par­faite­ment ! Et mis à part Isner et Karlo qui gag­nent 90% de leurs jeux de ser­vice, Roger est le type qui gagne le plus fréquem­ment son ser­vice sur le cir­cuit cette année. Épatant, non ? Il est 3e avec 89%, de­vant Del Po, Raonic, Rod­dick. Le Djok­er, soit dis­ant si bon cette année, n’est que 7e (87%), le Rafa n’est que 17e avec 83% ! Ca, c’est des stats de Goat mes­sieurs dames ! Elle n’est pas belle la vie !

Mais vous me direz que si Roger est si bon que cela sur son ser­vice, com­ment se fait il qu’il paume des matchs et qu’il lais­se le Djok­er faire un Petit chelem comme ça, sans parl­er de toutes ces aut­res défaites ? Bonne ques­tion ! Vu que le type gagne si souvent le point sur son ser­vice, il doit pas avoir des mas­ses de bal­les de break à défendre ? Et d’ail­leurs, il doit pas s’en tirer trop mal vu que c’est lui qui, mis à part les deux fous Isner et Karlo, gagne le plus souvent ses jeux de ser­vice ??? Or, si je me trom­pe pas, un type qui perd jamais son ser­vice doit pas per­dre des mas­ses de matchs, non ? Par­faite­ment ! Vous avez raison…

Qui sauve le plus fréquem­ment des bal­les de break ? Allez, nor­male­ment, vu ce que j’ai écrit au de­ssus, vous devez trouv­er… Rien ? Ben si, c’est Karlo ! 70% de bal­les de break sauvées et c’est pour cela que Karlo est le type qui gagne le plus souvent ses jeux de ser­vice. An­der­son 2e : ça c’était dif­ficile à trouv­er. 3e ? Et non, paumé ! C’est pas Roger, c’est le Djok­er : 67%, un poil mieux que Ferr­er, Del Po, Lopez, Raonic, Rod­dick, Llod­ra, tous à 67% aussi. Jo est 10e à 66%, Ver­dasco 11e avec le même score. Rafa est 12e avec 65%, un score cohérent avec la fréqu­ence avec laquel­le il fait le point sur première et secon­de balle et avec son pour­centage de premières. Démonstra­tion de la cohérence, suivez bien :

0,67 (0,72) + 0,33 (0,56) = 66,7%, soit un chiffre plus précis que celui que donne l’ATP (on l’a vu, ils dis­ent 67% en ar­rondis­sant) et pas très différent de 65%. Aut­re­ment dit quand Rafa a une balle de break con­tre lui, il gagne le point pre­sque aussi fréquem­ment que quand il sert. Il a un petit déficit, le Rafa, mais pas bien lourd…

Et Roger dans tout cela ? Roger est 13e avec 64% de bal­les de break sauvées, juste derrière Rafa. Pas trop min­able vous me direz, mais Roger est le gars qui gagne le plus fréquem­ment le point sur son ser­vice, et, très ex­ac­te­ment cela donne cela comme fréqu­ence :

0,64 (0,78) + 0,36 (0,57) = 70,4% (chiffre que l’ATP a ar­rondi à 70%)…Cela fait donc un déficit de plus de six points pour Roger, con­tre moins de deux points pour Rafa. C’est un big déficit pour Roger !

Et le Djok­er ? Ben, lui gagne le point sur son ser­vice selon la fréqu­ence suivan­te :

0,67 (0,74) + 0,33 (0,56) = 68,1%.(que l’ATP a ar­rondi à 68%)… Mar­rant, cela ! Le Djok­er n’a qu’un point d’écart, puis­qu’il sauve 67% de bal­les de break, en­core moins que Rafa !

Bilan : le Djok­er 1,1 point d’écart, Rafa 1,7 point… Roger 6,4 points.

Comme il mar­que le plus fréquem­ment le point sur son ser­vice et qu’il a donc moins de bal­les de break à défendre, il ar­rive néan­moins à gagn­er son ser­vice plus fréquem­ment que les deux aut­res, même s’il paume plus souvent les bal­les de break que ces de­rni­ers, alors que cela de­vrait être le contra­ire vu qu’en moyen­ne il gagne plus souvent le point sur son ser­vice… Z’avez pigés j’espère !? Je résume pour ceux qui n’ont pas suivi : Roger est un gros blaireau qui pisse dans son froc quand il a une balle de break à défendre mais il ar­rive quand même à tenir plus souvent son ser­vice que les deux aut­res guig­nols parce qu’au ser­vice, le meil­leur, c’est lui !

Petit bilan de l’année en cours :

- Roger : 236 bal­les de break con­tre lui, 151 de sauvées (en pre­nant les pour­centages de l’ATP, en fait le nombre est com­pris entre 150 et 152), et donc 85 fois ou il s’est fait break­er…
- Djoko : 298 bal­les de break à sauv­er, 200 bal­les de break ef­fective­ment sauvées, et donc 98 fois ou il s’est fait break­er.
- Le Rafa : 392 bal­les de break à sauv­er (il doit ramer le Rafa !), 255 de sauvées et donc 137 break concédés…

Mais si au lieu de piss­er dans son froc, Roger avait un déficit pas plus im­por­tant que le Djok­er ou que Rafa, qu’est ce que cela don­nerait ? C’est pas com­pliqué : si Roger sauvait 69% de bal­les de break en ayant un déficit limité à 1,4 point (la moyen­ne des deux aut­res), alors il aurait sauvé 163 bal­les de break, au lieu de 151, ce qui veut dire que Roger aurait gagné 12 jeux de ser­vice de plus de­puis le début de l’année, soit 675 au lieu de 663… Et cela veut dire un cer­tain nombre de sets gagnés en plus au lieu d’avoir été paumés par Roger. Com­bi­en ? Bonne ques­tion mais on ne sait pas. Il faut faire des simula­tions de Monte Carlo pour le savoir (rien à voir avec le tour­noi qui ap­partient à Rafa) mais au pif, à vue de nez, dis­ons la moitié ou les deux tiers : 6 à 8 sets paumés par Roger…

Bon d’ac­cord, tapez pas chef ! Mais dites moi quand même, c’est bi­zar­re non ? Parce que si Roger, même en pis­sant dans son froc est quand même le type qui gagne le plus souvent ses jeux de ser­vices à part les deux fous Karlo et Isner, com­ment se fait-il que Roger ne soit pas le mec qui gagne tous les tour­nois comme d’hab plutôt que le Djok­er ? Bonne ques­tion ! Ben oui, pour­quoi c’est pas Roger ? Parce que si on paume jamais son ser­vice, nor­male­ment on paume pas de matchs, non ? Ben non ! Fal­lait réfléchir là ! Parce que s’il suf­fisait de gagn­er le plus fréquem­ment son ser­vice pour être le type qui gagne le plus fréquem­ment des matchs, cela ferait belle luret­te que le numéro un mon­di­al ce serait Karlo ou Isner ! Y a le re­tour aussi, ça com­pte aussi les jeux de ser­vice du type en face !!

OK, OK… Et qui c’est qui gagne le plus fréquem­ment les points quand le type en face sert une première ? Non, c’est raté, c’est pas Roger ce coup-ci ! Et ben oui, c’est le Djok­er, suivi de la Murène, tous les deux à 37% (vrai­ment bon sur premières bal­les ces deux là…) et le troisiè­me c’est Rafa avec 35% et des pous­sières, comme Chela, Troic­ki et Monaco, puis Fog­nini à 34% (Troic­ki mis à part, les trois aut­res, c’est sûre­ment parce qu’ils jouent plus sur terre que les aut­res ou parce qu’ils se dopent)… Roger, il est 8e au clas­se­ment avec 33% des points gagnés. C’est pas le Djok­er, la Murène ou le Rafa, mais c’est pas trop mal non plus…

Bon, OK, mais sur secon­de balle ? Ben, sur secon­de balle, c’est un peu pareil sauf que c’est Rafa en 1er, suivi de Djoko, tous les deux avec 58%. Ferr­er est 3e avec deux points de moins, comme la Murène puis, avec en­core deux points de moins, y a Be­rdych, Gilou, Tipsi, Mayer, Stepanek (qu’est ce qu’il fout là, le vieux mérou ?), Gar­cia Lopez, Kunit­syn, Volandri puis, avec en­core deux points de moins, Del Po (14e donc), Ver­dasco, Soderl­ing (pas si bon que ça le Sod en re­tour, même sur secon­de balle !), Haase, Davyden­ko (il ex­is­te en­core, lui ?), Bogomolov Jr (c’est qui, lui ?), du beau monde quoi ! Et Roger dans tout cela ? Roger ? Il est 22e avec 51% et des pous­sières, juste derrière Al­mag­ro, pour­quoi cette ques­tion ? Ah ben dites donc, c’est pas ter­rible ça ! Non, c’est pas ter­rible et c’est aussi pour cela que quand on ad­dition­ne les points marqués sur premières et sur secon­de balle pour voir le pour­centage de points marqués au re­tour, Roger, il est dans le vent : Djoko 45% au total, Rafa 44%, Roger 40% seule­ment…

Mais dites-moi, avec ces pour­centages là, il doit pas ob­tenir des mil­liards de bal­les de break Roger, non ? C’est exact. D’ail­leurs, de­puis le 1er jan­vi­er Roger n’a ob­tenu que 495 bal­les de break alors que Djoko en a eu 636 et Rafa 649 (mar­rant cela : Rafa qui mar­que moins fréquem­ment le point au re­tour que Djoko est néan­moins par­venu à ob­tenir plus de bal­les de break que lui. Il est co­staud le be­stiau !)… OK, et qui c’est qui gagne le plus fréquem­ment les bal­les de break quand il en ob­tient ? Là, vous n’allez pas de­vin­er ! C’est Xavi­er Mal­is­se Mon­sieur ! Par­faite­ment, Xavi­er Mal­is­se, citoy­en belge de son état, qui a con­ver­ti une balle de break sur deux ! Et le deuxième ? Ben, le 2e, c’est le Djok­er (48%), suivi de Rafa bien sûr (47%), puis le Sod et d’aut­res types, la Murène est 8e avec 45%… Et Roger dans tout cela ; il est pas bon ? Non pas ter­rible­ment bon, il est même loin du com­pte Roger…Bon, mais com­bi­en, dites un peu pour voir…Roger ? Il est 41e avec 40%… Ca vous en bouc­he un coin, non ? Alors comme cela, Roger n’est pas très bon sur première balle ad­verse, seule­ment 8e, en­core moins bon sur deuxième balle, seule­ment 22e, et a donc peu de bal­les de break, et que croyez vous qu’il fasse quand il en ob­tient une ? Et bien il n’est pas ter­rible­ment bon sur les bal­les de break qu’il ob­tient, voilà ce qu’il fait Roger ! Je ne vais pas vous re­faire les cal­culs que j’ai fait plus haut sur les ser­vices, je sens que vous avez déjà du mal à suiv­re mais avec cela, on peut dire que Roger s’en tire bien en étant 15e au clas­se­ment de ceux qui gag­nent le plus fréquem­ment des jeux de re­tour. Il se démerde quand même pour gagn­er 27% de ses jeux de re­tour…

Évidem­ment, il est loin du Djok­er, 1er avec 41%, du Rafa, 2e avec 36%, de la Murène, 3e avec le même pour­centage. La vache ! Il fait le trou, le Djok­er, là ! Après, il y a Ferr­er, Chela, Fog­nini, Volandri, An­dujar, des types qui jouent be­aucoup sur terre, puis Be­rdych et Gilou (10e), Monaco, Mayer, Troic­ki et Be­rlocq. La seule con­sola­tion, c’est que Roger est juste de­vant Del Po et le Sod. C’est maig­re !

Bon, vous allez me dire : mais c’est norm­al que Roger con­ver­tisse moins les bal­les de break qu’il ob­tient que le Djok­er ou le Rafa puis­que de toute façon il mar­que moins fréquem­ment le point qu’eux sur ser­vice ad­verse. Cela ne veut pas forcément dire que Roger fait dans son froc quand il ob­tient une balle de break, c’est juste qu’il est moins bon sur les points de re­tour que les deux aut­res… Très juste ! Ca vaut un bon point !

En effet, Roger gagne en moyen­ne 40% des points de re­tour qu’il joue et gagne égale­ment en moyen­ne 40% des bal­les de break qu’il ob­tient. Roger ne fait donc pas dans son froc quand il ob­tient une balle de break, CQFD ! Y a pas de déficit sur les bal­les de break qu’ob­tient Roger !

Sauf que le petit problème, c’est que quand Djoko ou Rafa ob­tien­nent des bal­les de break, ils font mieux qu’en moyen­ne sur les points de re­tour qu’ils jouent ! Y’a excédent côté Djoko et Rafa ! En effet, Rafa con­ver­tit 47% des bal­les de break qu’il ob­tient alors qu’il ne gagne que 44% des points qu’il joue au re­tour, soit un excédent de 3 points. Et c’est pareil pour Djoko : 48% de bal­les de break con­vert­ies alors qu’il ne gagne que 45% des points qu’il joue au re­tour… Même la Murène a un petit excédent d’un point.

Tout se passe comme si les joueurs qui doivent sauv­er une balle de break con­tre Djoko ou Rafa faisaient dans leur froc et ont donc un déficit dans le nombre de bal­les de break qu’ils sauvent con­tre ces deux-là, alors que Roger ne fait peur à per­son­ne et les types en face sauvent des bal­les de break aussi fréquem­ment qu’ils font le point sur leur ser­vice ! Enfin, quand je dis qu’ils font dans leur froc quand c’est Rafa ou Djoko en face, je suis méchant parce que si on dit qu’il font dans leur froc avec un déficit de 3 points, qu’est ce qu’il faut dire à pro­pos de Roger qui a un déficit de plus de 6 points quand il doit sauv­er une balle de break, lui ? Et pas seule­ment de­vant Djoko ou Rafa mais en moyen­ne de­puis le pre­mi­er jan­vi­er, c’est-à-dire en moyen­ne de­vant des tocards ! A ce com­pte là, il peut facile faire de la pub pour Pamp­ers, Roger !

Et comme Roger n’ob­tient pas des mas­ses de bal­les de break, à l’arrivée, cela donne ça de­puis le 1er jan­vi­er :

Le Djok­er : 305 breaks réussis, Rafa 305 breaks, Roger : … 195 breaks!

Bien ! Réfléchis­sons un peu: com­bi­en de breaks sup­plémen­taires aurait ob­tenus Roger si les types en face fouet­taient comme con­tre Djoko ou Rafa et que Roger avait lui aussi un excédent de 3 points ? Fas­toche : Roger aurait breaké 217 fois… 22 breaks de plus de­puis le pre­mi­er jan­vi­er, 22 jeux de re­tour gagnés en plus donc… Et ça fait com­bi­en de sets en plus ça ? Réponse : on ne sait pas mais si on se dit que cela fait entre la moitié et les deux tiers comme tout à l’heure, cela aurait fait entre 11 et 15 sets de plus dans la be­sace de Roger…

Au total, le déficit de Roger sur le sauvetage ou la con­vers­ion des bal­les de break lui coûte donc 17 à 23 sets selon que l’on prend la moitié ou les deux tiers des bal­les de break qu’il aurait gagné s’il les jouait comme un mec qui en avait… Ben dites donc, cela fait un paquet de matchs, tous ces sets non ? Ben oui, d’autant que Roger n’a joué que 61 matchs de­puis le 1er jan­vi­er et en a paumé 12. Et en pre­nant l’es­tima­tion basse de 17 sets paumés parce que Roger fait dans son froc quand il doit sauv­er une balle de break ou parce qu’il ne fait plus peur à per­son­ne quand il en ob­tient, cela représente quel pour­centage des 12 matchs paumés ?? Ben, on n’en sait rien, mais je di­rais que la réponse c’est : pre­sque tous…

Bon, on va résumer tout cela :

Roger n’est pas super bon au re­tour cette saison, sur­tout sur secon­des, du coup il n’ob­tient pas des mas­ses de bal­les de break mais en plus comme il ne fait peur à per­son­ne, les types les sauvent aussi souvent qu’ils font le point sur leur ser­vice quand ils mènent 30-0. A cela se rajoute le fait qu’à côté de son déficit sur les bal­les de break qu’il doit sauv­er, celui de la Grèce, c’est peanuts ! Après ça étonnez-vous que Roger ne gagne pas tout le temps comme le Djok­er ! Bref, Roger est un gros blaireau qui re­tour­ne en­core plus mal les secon­des que les premières, qui ne fait pas plus peur à qui que ce soit que Fab­rice San­toro aujourd’hui, et qui en plus fait dans son froc quand il doit sauv­er une balle de break ! Résul­tat : il finit par paum­er des matchs alors qu’il de­vrait nor­male­ment tout gagn­er comme d’hab, le Roger !

Moralité : Y aurait pas de bal­les de break au ten­nis, Roger serait toujours numéro un, fin­g­ers in the nose ! Mais, même si les bal­les de break con­tinuaient à ex­ist­er mais que Roger avait le même déficit que Rafa ou le Djok­er quand il doit en sauv­er une, et le même excédent qu’eux quand il en ob­tient une et bien, mes­sieurs dames, Roger, il aurait sans doute pas paumé plus de matchs que le Djok­er cette année et je pas­serais pas une nuit à es­say­er de com­prendre com­ment il fait pour foir­er autant avec les stats qu’il se chope en­core, hors bal­les de break bien sûr… Tout cela pour 34 bal­les de break qui sont allés dans le mauvais sens…

Voilà, il me reste plus qu’à modifi­er légère­ment le texte avant de d’en­voy­er le di­ag­nostic à Roger pour qu’il nous cor­rige tout cela pour 2012. C’est pas la mer à boire quand même, 34 points ! Je suis quasi sûr qu’il va le faire sans problème et par conséquent, 2012, c’est l’année du Grand chelem de Roger les amis !

About

Né l'année ou Rod Laver réalise son pre­mi­er grand chelem, suit le cir­cuit de­puis 1974, abuse par­fois de statis­tiques, af­fiche rare­ment ses préfér­ences per­son­nelles, aime les fos­siles et a par­fois la dent un peu dure...

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82 Responses to Mais pourquoi il est pas N°1, Roger ?

  1. Guillaume 29 septembre 2011 at 20:07

    Pendant que Roger soigne ses problèmes de retour sur seconde balle, Baby-Fed décroche son 3e quart de finale ATP à Bangkok. Bonne perf puisqu’il a battu Dodig, et aura le droit de défier Andy Murray en quarts.

    Confirmation aussi que Donald Young a enfin passé un cap. Après tout il n’a encore que 22 ans. On dirait que l’Oncle Sam voit doucement une relève arriver (Young, Harrison, Sock, Kudla).

    • William 29 septembre 2011 at 21:45

      Ne manquait plus qu’Harrison, justement, et Tomic pour compléter l’armada des jeunes. Mais chut ou mon prochain article tombe à l’eau.

  2. Antoine 30 septembre 2011 at 15:59

    ET IL A BAISSE OU PAS, ROGER ??

    En me communiquant (Cf. plus haut) les coordonnées d’un site ou les stats de Roger figure, Nath permet de répondre à une question très intéressante portant sur la mise en perspective.

    OK, en 2011, Roger a un déficit de 6 point lorsqu’il doit sauver des balles de break et, contrairement à Djoko et Rafa, n’a pas d’excédent lorsqu’il doit en convertir une. Par ailleurs, ses stats de retour sur seconde balle sont médiocres. Bien.

    Mais tout ceci est il nouveau ou pas ? Le site en question permet de répondre à cette puisqu’y figurent toutes les stas du Suisse depuis 2006 inclus (j’imagine qu’avant l’ATP ne le faisait pas). C’est assez intéressant :

    1) Au cours de chacune des années allant de 2006 à 2011, Roger a toujours remporté 70% des points sur son service. La seule exception est l’année 2009 ou le pourcentage atteint 71% et il n’est pas impossible que cette légère augmentation soit simplement l’effet de la longue finale qu’il a disputé sur herbe face à Roddick. Bref, Roger a toujours les mêmes stats au service, en moyenne, que lorsqu’il était au top.

    2) Le déficit de 6 points qu’il a cette année sur le sauvetage des balles de break auxquelles il doit faire face, atypique par rapport aux autres joueurs, est également atypique pour lui. En 2010, 2009, 2008, ce déficit n’était que de deux points ce qui le met dans la norme. En 2007, ce déficit était de 4 points mais en 2006 il n’y avait aucun déficit.

    3) En cette année 2011, Roger a remporté 40% des points au retour en moyenne. C’était le même pourcentage en 2010 et c’est un pourcentage plus élevé qu’en 2009 (38%). En 2008, il était à 40% comme aujourd’hui. Si l’on remonte à ses meilleures années, on voit que le pourcentage était plus élevé : 41% en 2007 et 43% en 2006.

    4) Sur seconde balle adverse, Roger a remporté 51% des points cette année, soit le même pourcentage qu’en 2010 et 2009. Pas de progrès donc, mais pas de déclin non plus depuis qu’il est entraîné par Annaconne. En revanche, il a incontestablement baissé par rapport à la période antérieure puisque son pourcentage était de 53% en 2008, 52% en 2007 et de 54% en 2006

    Globalement, au retour, Roger a perdu 3 points par rapport à 2006 qui est sans doute sa meilleure année.

    5) Aujourd’hui, comme déjà indiqué, Roger n’a pas d’excédent sur la conversion des balles de break : il en convertit 40%, comme la fréquence avec laquelle il marque le point au retour.

    Cela n’a pas toujours été le cas : Roger avait un excédent d’1 point en 2010, de 3 points en 2009, d’1 point en 2008 et d’1 point également en 2006. Il n’y a qu’en 2007 que Roger n’a pas eu d’excédent, comme aujourd’hui.

    Cette mise en perspective conforte donc assez largement ce que j’ai pu écrire : Roger n’a pas de problème au service ; en revanche il a, cette année un déficit anormal sur la balles debreak qu’il doit sauver…

    Au retour, il n’a, en moyenne assez stable depuis 2008-2009. C’est en 2008 que Roger a décroché d’environ 2 points par rapport à ses meilleurs années au retour en général mais sur seconde balle ce décrochage date plutôt de 2009….

    Le seul phénomène propre à 2011 est donc sa sous performance sur les balles de break, thème de l’article. 2011 semble marquer la disparition du léger excédent qu’il avait sur la conversion des balles de break mais c’est un peu faible pour en tirer des conclusions. Il aura peut être retrouvé son excédent habituel d’ici la fin de l’année. En revanche, il ne rattrapera pas le déficit anormal et très important sur le sauvetage des balles de break qu’il est tentant de lier à une certaine perte de confiance….

  3. Jérôme 2 octobre 2011 at 11:01

    Avec quelques jours de retard, je tombe sur ce superbe article et ces géniales réfutations développées par Antoine, Antoine, Antoine, et quelques autres. ;-)

    Comme il a été dit par certains, je ne crois pas que les statistiques et les moyennes suffisent à expliquer des résultats qui relèvent avant tout du champ du relatif et qui s’inscrivent dans un état non pas statique mais évolutif (cf. Le concombre).

    L’objection la plus pertinente soulevée, c’est celle selon laquelle ces stats mélangent les torchons et les serviettes : les seconds couteaux avec les vrais cadors rencontrés en tournoi, les grands matches avec les matches besogneux voire médiocres qu’il arrive à tout champion de réaliser.
    Version Oscar Wilde, ça donne les 3 catégories de mensonges : lies, damned lies, and statistics.
    Version un de mes excellents profs d’économie, ça donne : « j’ai la tête dans la congélateur et les pieds dans le four, donc la température moyenne de mon corps est tout à fait satisfaisante. »

    Tu as toi-même, Antoine, relevé que sauver un pourcentage plus important de balles de break n’augure en rien du fait que Fed aurait gagné plus de sets ou de matches. Version je ne sais plus qui, ça donne : « en tennis, on peut tout perdre, sauf le dernier point ».
    Dit encore autrement, ça donne que l’essentiel est de gagner les points importants, quitte à avoir des stats pas folichonnes sur un match. Combien de fois, dans des gros matches, avons-nous été frustré de voir Fed breaké après avoir sauvé je ne sais combien de balles de break ? Trop souvent à mon goût.

    Donc il vaut mieux en revenir à une approche qualitative : même si c’est moins facile à étayer sur des chiffres, je trouve que c’est intuitivement plus juste.

    Un pourcentage de 1ères balles et de secondes balles de service, et de points gagnés sur ces 1ère et 2ème balle de service dit-il tout du niveau de service et des chances de gagner un match ? A mon avis non.
    Moi, ce qui me frappe ces 2 dernières années, voire depuis l’OA 2009, c’est que souvent Federer a un bon pourcentage de 1ères balles mais qu’il claque nettement moins d’aces et de services gagnants qu’avant dans certains matches qu’il perd.
    Or un type qui est un des meilleurs serveurs, à la fin ça finit par l’user de jouer beaucoup d’échanges assez longs sur son propre service. Même si Federer sait le faire et a un magnifique jeu de fond de court, il n’a pas un mental de métronome réglé sur du 1-2-1-2-1-2-1-2-1-2…etc.
    Je ne sais pas si cette baisse de la performance du service de Fed est dûe à des problèmes de dos venant avec l’âge ou au ralentissement des conditions de jeu ou aux deux, mais c’est quelque chose que je ressens assez nettement.
    Si Federer tenait un peu mieux son propre service, sur les points importants notamment, on ne le verrait pas connaître les gros passages à vide qu’on lui a vus dernièrement.

    Avec l’âge, le problème est que les passages à vide du Doudou sont beaucoup plus longs. C’est normal qu’il lâche un set après avoir fait le gros du boulot (le 3ème set de ses 2 demies contre Djoko à RG et à l’USO cette année, ou même le 3ème set du quart contre un Tsonga en feu à Wimby) : il est humain.
    Mais lâcher le 4ème set contre Djoko 6/2 à l’USO, ça illustre d’abord une grosse défaillance au service. Et que dire de son incapacité à claquer un service gagnant alors qu’il servait pour le match à 5/3 avec 2 balles de match ?

    Autre faiblesse qualitative, son coup droit. Oui, je sais, vous allez hurler, mais regardez le coup droit de Fed aujourd’hui et ce qu’il était encore voici 2 ans. Ce n’est plus tout à fait la même chose. Ca claque moins, beaucoup moins de points gagnants, et il commet souvent des fautes gratuites en coup droit. Son revers, grâce aux longues séances de torture infligées par Nadal de 2006 à 2009, est devenu plus régulier, plus sûr que son coup droit.

    Et donc on en revient à des analyses développées par Karim : une petite perte de la vitesse (donc de la précision) de placement qui faisaient de Fed un véritable président du conseil de l’ordre jedi, et la belle mécanique s’enraille.

    Ma conclusion est donc partagée.

    Effectivement Federer pêche sur de l’acquis : son mental dans les gros matches contre des cadors où il lui a toujours été difficile de gagner dans un combat de rue (je parle là d’un Nadal, d’un Agassi, d’un Del Potro, d’un Safin, d’un Djokovic, bref de vainqueurs de GC, pas d’un Berdych, d’un Andreev ou d’un Haas).
    Même quand il était au sommet, pour lui ça n’est jamais bon signe d’être poussé aux 5 sets contre un cador : il est le maître, celui qui domine par son talent et sa supériorité technique et artistique absolue. Si ça ne suffit pas, c’est qu’il est mal. Techniquement et artistiquement, les autres ne sont que des challengers besogneux qui ont développé un mental de Rocky parce que sinon ils n’auraient aucune chance.

    Mais l’inné est aussi atteint : service et coup droit clairement moins performants qu’avant.

    Ceci étant dit, en toute objectivité, on est bien d’accord sur le fait que, quand Federer rassemble à 30 ans tous les éléments de son jeu et ne connaît pas de passage à vide sur plus d’un set, il est et reste le meilleur et bat le Djoko qu’il aurait du battre à l’USO, comme il aurait du battre Tsonga et remporter ce Wimbledon 2011, comme il aurait du gagner le 1er set contre Nadal en finale de RG cette année, comme il aurait du gagner la finale de l’OA 2009 et de l’USO 2009, et j’en passe.

    La question est donc aussi : pourquoi ces passages à vide et cette baisse qualitative sur les points forts historiques du Fed ?

    • Jérôme 2 octobre 2011 at 11:09

      Ah oui, j’oubliais le sujet retour de service.

      Avec une question : est-ce vraiment nouveau que Fed retourne moins bien les secondes que les 1ères ? Je veux dire par là : est-ce que tout simplement il ne serait pas plus géné par des balles très travaillées que par des balles frappées mais plus lisibles ? J’ai des souvenirs de matches contre Nadal où l’espagnol le gène plus avec ses secondes qu’avec les 1ères.

      Et par ailleurs, n’y a-t-il pas un biais statistique ? Si Federer tente plus sur secondes balles, il y fait plus de fautes directes en retour ou se fait passer s’il fait une montée en chaussettes sur un chip and charge.

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