Attendus au tournant

By  | 31 octobre 2011 | Filed under: Regards

A les suiv­re et à les at­tendre avec tant de fer­veur, on se met à espérer et on se retro­uve souvent déçu. Pour le mo­ment, ils sont peu à être re­doutés. Quel­ques honnêtes perfs, quel­ques scalps dans leur hotte : la mois­son est pour­tant loin d’être pauv­re et ils peuvent se félicit­er d’avoir pro­fité de cette année 2011, soit pour s’install­er dans le Top 100, soit pour con­fort­er leur place. Qui ? Mais les jeunes bien sûr !

Il s’agit d’abord de s’en­tendre sur l’ap­pella­tion « jeune ». On con­sidérera dans ce cas un joueur connu du cyber-public et âgé de 22 ans maxi­mum. Par­tant de ce post­ulat et au vu des résul­tats de cette année, on peut alors étab­lir trois sous-catégories : ceux qui ont percé, ceux sont en passe de le faire et ceux qui re­stent pour l’instant en­core à quai. Quoi qu’il en soit, chacun des joueurs sélec­tionnés a, à un mo­ment ou un autre de la saison, fait parl­er de lui, soit par son style, soit par son as­cens­ion ou en­core par les têtes qu’il aura su co­up­er. Dres­sons un rapide portrait de ces fameux oiseaux rares, avant de mettre en lumière leurs prises de guer­re.

J’y suis et j’y reste

  • Milos Raonic, 20 ans

Com­ment ne pas com­menc­er par lui ? Révéla­tion du pre­mi­er tri­mestre, le boug­re a com­mencé l’année 156e mon­di­al et va la finir dans le Top 30. Le Canadi­en n’a pas volé sa place : avec un ser­vice dévas­tateur et une volonté pro­noncée d’aller vers l’avant, c’est tam­bour bat­tant qu’il s’est imposé, comme un grand. Tout com­m­ence à l’Open d’Australie où il at­teint les huitièmes de fin­ale alors qu’il ne s’agit que de sa deuxième par­ticipa­tion à un tour­noi du Grand chelem. Du haut de son mètre 96, il écrase deux têtes de série, Llod­ra et Youzhny, avant de s’inclin­er avec les hon­neurs, en quat­re sets, con­tre David Ferr­er. Il re­part de l’avant et, à peine un mois plus tard, re­mpor­te son pre­mi­er tour­noi à San Jose en s’im­posant notam­ment face à Ver­dasco en fin­ale. Son ser­vice fait des mer­veil­les et, à ce moment-là, il a re­mporté les neufs tie-breaks qu’il a dis­puté de­puis le début de l’année ! Du co­ffre et un ment­al, donc. Raonic pour­suit son « run » et at­teint sa deuxième fin­ale en deux semaines, à Mem­phis. Après une nouvel­le vic­toire sur Ver­dasco (qui lui offre au pas­sage un tic­ket pour une leçon sur terre bat­tue au prin­temps) et d’aut­res sur Stepanek et Fish, c’est main­tenant Andy Rod­dick qui l’at­tend. Raonic tombe en trois sets accrochés, dont deux tie-breaks. Sa co­ur­se est séduisan­te et on at­tend de le voir à l’œuvre sur terre bat­tue, où le ser­vice seul ne fait pas gagn­er un match. Sa saison com­m­ence bien avec deux huitièmes de fin­ale, à Monte-Carlo et Bar­celone, puis une demi-finale à Es­toril où, blessé, il ab­an­donne face à son nouvel ami Ver­dasco. Le grand Canadi­en ne gagne alors plus deux matchs de suite avant Halle dont il ral­liera les quarts. Avec un troisiè­me tour théorique face à Rafael Nadal à Wimbledon, Raonic est at­tendu comme jamais. De con­fron­ta­tion il n’y aura pas, Milos se bles­sant face à Gil­les Mull­er. Il a re­pris la com­péti­tion lors des bar­rages de Coupe Davis, où le Canada a battu la Be­lgique, et semble se re­mettre au niveau, en at­teste sa demi-finale à Stockholm, où il s’incline en trois sets face à Gaël Mon­fils. Au sixième rang du total d’aces réalisés en 2011 (en man­quant trois mois de com­péti­tion !) et au second rang des points gagnés sur première balle (78%), le grand Milos est in­con­testab­le­ment à rang­er dans la famil­le des grands ser­veurs. Il est ac­tuel­le­ment 28e mon­di­al.

  • Al­exandr Dol­gopolov Jr, 22 ans

Un nom de co­wboy de l’Est pour celui qui a su de­venir la co­queluc­he d’une bande de 15-lovers. Il re­ntre tout juste dans la catégorie d’âge mais son jeu est d’une fraic­heur telle qu’il pour­rait avoir 40 ou 50 ans, Dolgo, c’est de la bombe ! Au pro­pre comme au figuré d’ail­leurs. L’Uk­raini­en n’a pas son pareil pour faire « ex­plos­er » son ten­nis. Coups droit fusées, amort­ies à la pelle et ser­vice per­for(m)ant : une panop­lie à toute épre­uve ! C’est sim­ple, aucun de ses coups n’est con­ven­tion­nel. Voilà un joueur qui en exaspère d’aut­res, par ex­em­ple Troic­ki à Roland-Garros qui, s’il a gagné, a dû subir plus de quaran­te amort­ies ! Dol­gopolov, c’est un joueur à nul autre pareil. Il baig­ne dans le monde du ten­nis de­puis sa plus tendre en­fan­ce, mais du côté « off ». En effet, son père, lui-même an­ci­en joueur, a longtemps été l’entraîneur d’Andrei Med­vedev. Le petit Al­exandr a ainsi gran­di au milieu des Be­ck­er, Co­uri­er et aut­res vedet­tes du ten­nis des 90′s. A l’aise sur toutes les sur­faces, c’est à l’Open d’Australie qu’il s’est révélé, raf­lant un quart de fin­ale avec des vic­toires de pre­stige sur Soderl­ing et Tson­ga. Il s’en­vole en­suite vers l’Amérique du Sud pour la saison clan­destine de terre bat­tue. Il at­teint la fin­ale à Costa do Sauipe et les demi-finales à Acapul­co. Une nouvel­le vic­toire sur Tson­ga au pas­sage, Dol­gopolov par­vient en huitième à Miami où son match con­tre Nadal (1 et 2) ne re­stera pas dans les an­nales. C’est alors une période troub­le pour l’Uk­raini­en, où il ne dépasse plus le pre­mi­er tour avant le tour­noi de Nice, dans lequel il en­registre une vic­toire sur Ferr­er. Roland-Garros et Wimbledon sont la pluie avant le beau temps : pre­mi­er titre à Umag, décroché con­tre un camarade de promo, Marin Cilic. On le retro­uve en­suite à New York où il tient la dragée haute au futur lauréat Djokovic, per­dant un tieb­reak élevé jusqu’à 16 points à 14 ! A Shanghai, il at­teint les quarts de fin­ale. Sa fan­taisie et sa touc­he d’originalité sont une néces­sité pour un cir­cuit qu’on n’a de cesse de qualifi­er de trop lisse. Son plaisir évident du jeu fait plaisir à voir… En con­trepar­tie, quand « The Dog » n’est pas dans son as­siet­te cela se re­ssent tout de suite et les éli­mina­tions au pre­mi­er tour sont nombreuses. Il a com­mencé l’année à la 48e place et est pour l’instant 17e. En ce qui le con­cer­ne, 2012 sera une année pile ou face : soit il intégrera le Top 10, soit il sor­tira du Top 50. C’est le pari de l’auteur !

Je sens que j’y suis pre­sque

  • Ryan Har­rison, 19 ans

At­ten­tion, coup de cœur de l’auteur ! Outre-Atlantique, on le sur­nom­me le « Com­eback kid ». Aurait-on af­faire à un énième pou, à un li­meur froid de plus ? Que nenni ! Le jeune Ryan a du cœur et il en use ! Il possède un ser­vice vicieux au pos­sible, avec lequel il touc­he toutes les zones, mais qu’il ne maîtrise pas en­core ab­solu­ment. Son coup droit fluide n’est pas sans rap­pel­er celui de Cilic. Plus que la puis­sance, c’est l’éclat qu’­Harrison re­cherche. Et avec ses faux airs de Luke Skywalk­er, on a vite fait de lui re­proch­er un man­que de « Force ». En effet, il faud­ra sûre­ment pour lui (re­)pass­er par la case salle de mus­cula­tion afin de con­firm­er les es­poirs qui pèsent sur lui. Son pre­mi­er fait d’arme est un huitième de fin­ale à In­dian Wells. Sur sa route il bat Char­dy, Garcia-Lopez et un cer­tain Raonic avant de tomb­er face à Feder­er. Sil­ence radio jusqu’à Wimbledon, où il s’incline en cinq sets face à Ferr­er lors d’un match de qualité. Puis, contra­ire­ment à ses deux camarades ci-dessus, l’Américain bril­le durant la saison es­tivale de dur, chez lui just­e­ment. Jugez plutôt : demi-finales à At­lanta et Los An­geles, à chaque fois battu par l’homme en forme du mo­ment, Mardy Fish. Il paye en­suite le prix de ses ef­forts et s’incline au pre­mi­er tour de l’US Open, battu par Cilic mais en ser­vant pour le gain de la deuxième et de la troisiè­me man­che. Des er­reurs de jeunes­se qui, on l’espère, ne tar­deront pas à être gommées. La tournée as­iatique le voit re­mport­er sa plus belle vic­toire, con­tre Troic­ki à Shanghai. Mal­heureuse­ment, comme c’est d’usage après une belle perf, il ne digère pas et se fait sor­tir au tour suivant par un ob­scur joueur. Pas de résul­tats pro­bants en Grand chelem pour le garçon, la faute peut-être à une volonté stric­te de re­fus­er les wild-cards qui lui sont ac­cordées et de pass­er par les qualifica­tions. Passé de la 173e à déjà la 76e place mon­diale, ces phases de qualifica­tions ne seront peut-être bientôt plus qu’un loin­tain souvenir…

  • Kei Nis­hikori, 21 ans

Le Japonais sus­cite be­aucoup d’at­tentes, mais sa discrétion sur le cir­cuit soulève des in­ter­roga­tions : au fait, pour­quoi l’attend-on autant ? Sans vrai coup fort, sans coup d’éclat, Nis­hikori a vite fait de pass­er in­aper­çu. Peut-être le fan­tasme d’un tennisman-samouraï séduit-il be­aucoup ? Non, la vraie pro­mes­se du Japonais, c’est sa précocité. C’est en 2008 qu’il re­mpor­te son uni­que titre, à De­lray Beach con­tre Blake, avant de d’at­teindre les huitièmes de fin­ale à New York en bat­tant au pas­sage David Ferr­er. Il gagne alors 200 places en un an. Son année 2009 est gâchée par une bles­sure au coude, qui casse sa dynamique et ne lui per­met pas de re­prendre son souffle en 2010. De re­tour dans la cour des grands en 2011, sa saison est loin d’être hon­teuse. Troisiè­me tour à l’Open d’Australie, demi-finale à De­lray Beach, fin­ale à Hous­ton après avoir sorti Mardy Fish et demi-finale à Eas­tbour­ne. Un Japonais tout-terrain donc. Mais c’est sur son con­tinent qu’il fait le plus parl­er de lui : demi-finale à Kuala Lum­pur et sur­tout une belle demi-finale à Shanghai, après avoir suc­ces­sive­ment éliminé Haase, Tson­ga, Giral­do et Dol­gopolov. Cer­ise sur le gâteau, ce par­cours lui per­met de de­venir le joueur japonais le mieux classé de l’his­toire : 30e mon­di­al.

  • Be­rnard Tomic, 19 ans

Le plus jeune de notre promo et peut-être le plus gros poten­tiel du groupe. Avec sa ges­tuel­le déliée et son at­titude détachée, l’Australi­en détonne et on peut se de­mand­er par­fois si l’envie y est. Ce serait se méprendre, car si Be­rnie marche len­te­ment entre les points c’est pour mieux claqu­er une accéléra­tion long de ligne la secon­de d’après ! Le profil-type du joueur im­prévisib­le et cela s’est traduit dans ses résul­tats cette année. Chez lui, à Mel­bour­ne, Tomic décroc­he un troisiè­me tour de gala face à Rafael Nadal. Son cadeau après avoir sorti Char­dy et Lopez. S’il en­cais­se vite un 6/2 au pre­mi­er set, il ne se démonte pas et mène 4-0 au deuxième ! Le ment­al flanche – on lui par­donnera, c’est arrivé à d’aut­res mieux classé que lui face à l’Es­pagnol - et Nadal em­poc­he le set à l’expéri­ence. Ce n’est pas grave, ce que l’on a vu est une belle pro­mes­se pour la suite. Une suite qui se fait at­tendre : ce n’est qu’à Wimbledon que le di­ab­lotin re­ssort de sa boîte, mais de quel­le façon ! Sorti des qualifica­tions, il éli­mine Davyden­ko, An­dreev après avoir été mené deux sets à rien, Söderl­ing (di­minué mais ayant sorti aux tours précédents Hewitt et Petzschn­er) et n’est battu que par le futur vain­queur Djokovic, et en quat­re sets ! Be­rnie, l’homme des gran­des oc­cas­ions ? Il répond aussi présent en Coupe Davis avec une vic­toire en quat­re sets sur Waw­rinka en bar­rages. Après son match con­tre Feder­er, son idole, ce de­rni­er a déclaré : « Tomic joue au ten­nis ». Par les temps qui co­urent, c’est un com­pli­ment, sur­tout quand la phrase est pro­noncée par Roger. Le garçon pour­suit sa co­ur­se et coupe la tête de Troic­ki à Tokyo pour at­teindre les quarts de fin­ale. Il per­sis­te et signe à Shanghai en éli­minant Mardy Fish en trois sets. Si les résul­tats sont là, il man­que en­core de régularité. Toujours est-il qu’il a sauté de la 208e place en début d’année à la 44e. Il lui faud­ra faire at­ten­tion à récolt­er un bon nombre de points en début d’année car son quart à Wimbledon pèse très lourd dans son total.

  • Donald Young, 22 ans

Au même âge que Dol­gopolov, Young a bien moins prouvé, c’est pour­quoi il n’est placé que dans cette catégorie, même s’il a rattrapé une par­tie de son re­tard cette année. Présenté comme le petit pro­dige du ten­nis américain, il a déjà quel­ques pro­ies à se mettre sous la dent. Seul gauch­er de la catégorie, il pro­pose un jeu atypique. Man­quant par­fois de puis­sance, il gomme cette lacune en fonçant vers le filet pour co­up­er les trajec­toires et abréger les échan­ges. Sa saison se décom­pose en deux pics : une vic­toire con­tre un Mur­ray sans repères à In­dian Wells et un huitième de fin­ale à l’US Open, perdu con­tre ce même Mur­ray. Entre temps, rien si ce n’est une demi-finale à Was­hington. On re­tient égale­ment des vic­toires sur Melz­er et Waw­rinka. Durant la tournée as­iatique, il con­fir­me sa belle forme de l’US Open en at­teig­nant la fin­ale à Bangkok, à la faveur de vic­toires sur An­dreev, Garcia-Lopez et Mon­fils. Avec sa cas­quet­te portée sur le côté, le garçon semble plein d’entrain et assez avenant, peut-être peut-on y voir une chan­ce de dérider un peu le cir­cuit ? S’il est dif­ficile d’en espérer un futur très grand, il n’est pas im­pos­sible de le voir s’install­er durab­le­ment parmi les 30 pre­mi­ers mon­diaux. Parti de la 127e place mon­diale, il est pour l’instant 41e.

Mais je suis où, là ?

  • Grigor Di­mit­rov, 20 ans

On avait suivi son as­cenc­ion en fin d’année dernière, sa vic­toire en Chal­leng­er face à Llod­ra notam­ment, et on at­tendait qu’il entre dans le Top 100 dès la fin 2010. Cela n’a pas été le cas, et « Baby Fed » a com­mencé l’année 106e au clas­se­ment ATP, le tout terni par une af­faire de prise de bec avec un juge-arbitre. Pas très glamour, enfin, Feder­er était lui-même une belle tête de lard dans ses jeunes années, alors… Sauf que les résul­tats du Bul­gare ne suivent pas. Révélé en 2009 par une vic­toire sur Be­rdych et une belle lutte face à Nadal à Rot­terdam, Di­mit­rov n’a de­puis pas comblé les at­tentes portées sur lui. La faute au poids trop lourd du co­stume de Super­man ? De­man­dez à Ric­hard Gas­quet… Sauf que Gas­quet, lui, à 19 ans il bat­tait le numéro 1 mon­di­al ! Di­mit­rov se cherche et ne sait pas si ce qu’il trouve lui cor­res­pond. Sa ges­tuel­le est troub­le­ment calquée sur celle de Feder­er, du ser­vice au coup droit. Il y a pire comme modèle, me direz-vous. Et vous aurez raison, sauf que cer­tains modèles n’en sont pas et ne peuvent être re­produits. Des quarts à Munich et Eas­tbour­ne au prin­temps (vic­toires sur Baghdatis et An­der­son), des quarts à Bangkok et Stockholm à l’autom­ne (vic­toires sur Dodig et Chela), voilà résumée la saison du pro­dige bul­gare. Il ne semble jamais loin de re­mport­er des re­ncontres con­tre les meil­leurs (Tson­ga, Rod­dick) mais peine toujours à con­clure. On sait qu’avec ce genre de joueur toujours agréable à voir jouer, le co­cktail in­itiale­ment ex­plosif prend du temps à de­venir st­able. Ce serait une an­alogie de plus avec Feder­er et c’est en tout cas tout le mal qu’on lui souhaite ! Il passe tout de même de la 106e place à la 70e.

  • Benoît Paire, 22 ans

Parce qu’il faut bien un Français, et que la relève ne s’an­nonce pas bril­lante… Le plus fou de tous, le plus désor­donné, le plus in­congru. Plus que ten­nisman, on l’aurait bien vu jongl­er avec des tron­çonneuses ou travers­er la man­grove amazonien­ne avec pour seuls amis un canif et une bobine de fil tel un Bear Grylls vers­ion Boug­lione. Mais non, Benoît a choisi le ten­nis, et ce n’est pas pour autant qu’il chan­ge son style ! Benoît Paire ose tout, c’est même à ça qu’on re­con­naît que c’est un joueur fan­tasque ! Le roi de l’amor­tie (ratée) en somme. Entré dans le Top 100 en début d’année, pour dress­er un récapitulatif de sa saison il faut re­gard­er du côté des Chal­leng­ers, puis­qu’il n’a sur le cir­cuit prin­cip­al qu’une – toujours savoureuse – vic­toire sur Simon à Rot­terdam à se mettre sous la dent. Ses vic­times de l’année se nom­ment Cipol­la, Clément, Leonar­do Mayer, Bolel­li, Greul, Golubev… Pas du beau gibi­er pour le chas­seur Paire. Malgré tout, on sent que derrière ces facéties se cache un joueur qui, s’il apprend à se dompt­er, peut grimp­er au clas­se­ment et faire mal aux aut­res. Son caractère peut être un grain de sel in­téres­sant dans le cir­cuit ac­tuel. Pour l’instant sur le papi­er, c’est pauv­re mais au pays du Coq Spor­tif les es­poirs se font rares et on prend ce que l’on trouve… 111e mon­di­al, il a en­core le temps de mettre de l’eau dans son vin.

Epi­logue

On se plaint souvent du man­que de relève et de la stag­na­tion des ac­teurs en place. Mais si on re­gar­de de plus près, de dis­crets mais nets chan­ge­ments ont eu lieu. Parmi les joueurs sélec­tionnés ici, on re­mar­que qu’un ser­vice puis­sant est pre­sque la con­di­tion sine qua non pour se faire une place au sol­eil. Deuxième point, ces jeunes joueurs ne sont pas des monstres physiques, pour cer­tains d’entre eux c’est même leur point faib­le. En re­vanche, au-delà de ce fameux ser­vice qu’il faut s’at­tendre à voir de plus en plus, la palet­te de coups de ces (peut-être) futurs grands noms est pour le moins four­nie. Varia­tions, montées au filet, coups spec­taculaires par­fois… On ne peut pas dire qu’ils ont froid aux yeux ! Si ces gars-là per­cent, on ne pour­ra plus se plaindre d’un cir­cuit trop terne et uni­for­me.

Sur la ques­tion des résul­tats ob­tenus, on note une nette préférence pour les sur­faces dures. Les tournées nord-américaines et as­iatiques notam­ment ont fait des heureux. Ils sont peu à apprécier la terre bat­tue, à part les ex­cep­tions Raonic et Dol­gopolov, ce de­rni­er clamant même qu’il s’agit de sa sur­face favorite. Sur gazon on retro­uve déjà le sourire, avec Tomic et Di­mit­rov aux premières loges. En bref, leur champ d’ac­tion semble assez large pour con­tent­er tout le monde.

Cette saison 2011 a per­mis la mise en place de nouveaux ac­teurs et les pre­mi­ers re­flets de bour­geons qu’on aura plaisir à voir éclore. Si l’émer­gean­ce ful­guran­te d’un nouveau pat­ron n’est pas à at­tendre, il n’est pas im­pos­sible que les can­didats de cet ar­ticle se paient leur part du gâteau. Les grands événe­ments ne leur font pas peur et c’est tant mieux. Fin­ale­ment, on a l’impress­ion que leur ul­time ob­stac­le, c’est eux-mêmes. Il serait temps pour eux de régler leurs problèmes d’iden­tité et de re­ntr­er d’un coup d’un seul dans la cour des très grands car, on le sait, les vieux bris­cards ont les dents qui rayent le par­quet et n’ai­ment pas être délogés. Alors, Milos, Be­rnie et les aut­res, 2012 : année de la con­fir­ma­tion ?

About

A fait l'ac­quisi­tion d'un re­v­ers à une main et vit d'un amour sans fin pour la famil­le des talents au bras juste. Mon carré d'as : Agas­si, Safin, Kuert­en, Feder­er...

Tags:

100 Responses to Attendus au tournant

  1. Robin 2 novembre 2011 at 15:58

    Murray n’écarte pas la possibilité qu’il se soit blessé en dormant. Bon.

    • Colin 2 novembre 2011 at 17:00

      C’est une histoire à dormir debout !

  2. Ulysse 2 novembre 2011 at 17:01

    Je ne comprends pas. A 17 heures Live Score Tennis indique partie en cours pour Murray – Haase. 2 partout dans le deuxième set.

    • Djita 2 novembre 2011 at 17:04

      Oula où es-tu toi?

    • Robin 2 novembre 2011 at 17:15

      C’est Chiudinelli qui joue en ce moment contre Haase.

    • Robin 2 novembre 2011 at 17:42

      Victoire de Haase à l’instant, au tie-break du second set avec une belle résistance de Marco sur la fin et de jolis points au filet. J’aime bien le Néerlandais, il a toujours un air triste (il me semble que je l’avais dans ma team odyssée, si quelques anciens du site se souviennent de ce jeu ^^).

  3. William 2 novembre 2011 at 18:45

    L’article est plus un bilan qu’autre chose en fait. C’est intéressant de le sortir maintenant car on arrive à la fin de la premiere année « pleine » d’un paquet de newcomers et c’est l’occasion de voir comment ils ont géré cette plongée en eaux troubles. Raonic s’est blessé, Dolgo et Tomic fonctionnent sur courant alternatif, Harrison et Dimitrov manque d’un fond de jeu solide…
    La tournée asiatique a quasiment souri à tout le monde après un petit passage à vide estival. Sur l’année, les jeunes ont presque fait parler d’eux à chaque saison, avec un bémol pour la terre battue à cause d’un Dolgopolov malheureusement à côté de ses pompes… Mais j’ai bon espoir pour 2012 !

  4. Cochran 2 novembre 2011 at 18:58

    eh ben Doudou… 6-1 sans bavure au 1er set et puis et puis… double break contre lui à l’instant, avec 3 doubles fautes d’affilées, je ne me souviens pas de l’avoir vu faire pareille série sur son service ! Il a le regard noir en tt cas.

    • Nath 2 novembre 2011 at 19:05

      C’est cruel de laisser Nieminen croire en ses chances.

  5. Cochran 2 novembre 2011 at 19:06

    et encore une double d’entrée de jeu… Soit 4 sur 6 services. Bon heureusement il a rattrapé un de ses breaks perdus mais que c’est laborieux !

  6. Nath 2 novembre 2011 at 19:14

    Elle commence à m’énerver la Golovin : « Il joue que avec le bras » :x Personne ne lui a appris les apostrophes ?
    5-4 Nieminen service à suivre.

  7. Cochran 2 novembre 2011 at 19:29

    quand Fed fâché, lui toujours faire comme çà

    • Djita 2 novembre 2011 at 19:37

      :lol: pas fâché Federer sinon lui méchant! méchant! :evil:

  8. Alexis 2 novembre 2011 at 19:38

    C’est la farandole des doubles ici.

  9. Cochran 2 novembre 2011 at 19:54

    Pas terrible le Fed aujourd’hui qui assure l’essentiel. A part un bon 1er set, je l’ai trouvé lent, pas très bon au service (surtout en seconde, même si 58% de 1ère, c’est pas top, malgré 10 aces) et emprunté dès que l’échange s’allongeait. Pourtant, Nieminen n’était pas vraiment en état de grâce. Manque de rythme sans doute, jour sans, whatever, avec son tableau qui se dégage, ce serait dommage qu’il n’aille pas en finale tout de même !

  10. Patricia 2 novembre 2011 at 20:58

    Tant qu’à choisir le français de service, Mannarino était plus honorable que Paire… Même âge, meilleur classement (percée dans le top 50), quelques scalps de bon aloi, notamment sur gazon rapide où il sort en enfilade del Potro et Simon (mais aussi Youzhny et Gasquet)… Atteint une demi à Johannesburg. Et gaucher !

    • William 2 novembre 2011 at 21:03

      J’y avais pensé, mais il a 23 ans et je voulais me restreindre aux 22 ans et moins parce qu’au-delà il y avait déjà les Cilic, Gulbis, Del Potro…et Mannarino !

      • Patricia 3 novembre 2011 at 18:45

        Il faut bien arrêter un critère en effet (je regardais l’année et non la date d’anniversaire)… mais 5 mois de différence, c’est pas bézef… Cilic et del Potro c’est pire, ils ont 2 mois de plus que Paire, Gulbis 3 mois !…

        Il y a un gouffre entre les accomplissements réalisés par del Potro qui gagne un GC et la perf de Raonic au même âge.

        On relativise aussi les percées des « 22 ans » quand on voit que Querrey remportait 4 tournois, multisurfaces, au même âge, 1/4 à l’USO à 21 ans… mais végète cette année. Sic transit gloria mundi pour la plupart des jeunes pousses, y compris les plus précoces.

  11. Nath 2 novembre 2011 at 21:21

    Je viens de regarder les vidéos intégrées à l’article. Je suis d’accord avec la classification.
    Je laisse volontairement de côté la dernière catégorie pour me concentrer sur les jeunes qui font le plus parler d’eux.

    Je ne suis pas convaincue par Young, je pense qu’il est capable de passer à travers ses matches pendant plusieurs mois de suite, à aligner des fautes dans tous les sens, un peu comme un Melzer ou un Verdasco.
    Harrison et Nishikori me plaisent, je pense qu’ils peuvent (si épargnés par les blessures, Kei en sait quelque chose) devenir réguliers tout au long d’une saison, avec un bémol sur TB pour le Japonais. J’ai moins de réserves sur Harrison sur ce dernier point : même si je ne l’imagine pas dans les tout meilleurs sur la surface, je ne le vois pas développer une véritable allergie.
    Raonic ? A voir sur gazon, mais un trop gros service pour m’enthousiasmer.
    J’ai du mal à me faire un avis sur Tomic, la vidéo que William nous a dégotée est très sympa, mais je ne sais pas trop ce qu’il peut donner sur dur lent, ne parlons pas de terre battue. Il pourrait être LE joueur à voir sur gazon dans les années à venir.
    Dolgo est celui que je connais le mieux. A prendre pour ce qu’il est, un fantasque joueur multisurfaces, en profiter quand il joue bien et ne pas attendre de lui qu’il se lance dans une série de victoires excédant 2 tournois. Un intermittent dont les perfs’ nous surprennet agréablement.

  12. Cochran 3 novembre 2011 at 11:46

    Nadal forfait pour Bercy, de mauvais augure pour le Masters ?

    • Guillaume 3 novembre 2011 at 12:04

      Au contraire, remember 2010 !

      Ca confirme juste une fois de plus que pour les tous meilleurs, c’est soit l’Asie et Shanghai, soit l’Europe et Bercy, mais certainement pas les deux. Dans le fond, c’était plutôt prévisible, surtout qu’en plus du Masters il y a la finale de Coupe Davis en ligne de mire.

  13. Guillaume 3 novembre 2011 at 12:03

    Rien à voir mais pour tous ceux qui ont vibré à Lyon en 91 :

    http://www.eurosport.fr/tennis/coupe-davis-2/2011/1991-tresors-caches_sto3014422/story.shtml

    C’est extrêmement intéressant.

    • karim 3 novembre 2011 at 22:01

      oh c’est superbe, c’est magnifique. Les petites anecdotes derrière les compétitions, relater les émotions, tout ce qui échappe au public. il en faudrait plus des articles comme ça. si j’avais pu j’aurais envoyé l’équipe de France se réchauffer sur Mars tellement leur victoire m’a fait mal au cul, mais en lisant ça on les trouve tout de suite nettement plus sympathiques.

    • Jeanne 4 novembre 2011 at 00:25

      Très intéressant notamment l’histoire de Leconte. Même si je pense qu’en 1991 Sampras était encore prenable, mais cela ne diminue en rien la perf de Leconte et de Forget, surtout du premier qui revenait du diable vauvert

    • Jeanne 4 novembre 2011 at 00:26

      Pourquoi mal au cul, Karim ? A cause de Pete ?

  14. William 3 novembre 2011 at 15:13

    Tsonga qui perd en deux sets secs contre Querrey qui n’a rien fait depuis un an. Le mammouth a pas du etre bien couillu sur ce coup…

  15. Bapt 3 novembre 2011 at 16:10

    En même temps, le mammouth il a pas mal parcouru la toundra depuis quelque temps… 

  16. MarieJo 3 novembre 2011 at 18:16

    résumons vite fait la course à l’échalotte… eeeuh on me dit masters en fait !
    - berdych, fish et tsongamouth ont toutes les chances de se qualifier pour londres, car les poursuivants immédiat à savoir tipsy et almagro qui pouvaient s’incruster à une potentielle 8e place ont merdé chacun dans leur coin. Il ne reste que delpo ou monfils pour prendre des points, hors delpo a déjà fait savoir qu’il ne serait pas remplaçant. Reste monfils se croit bien trop loin et aurait besoin d’aller en finale à Valence et bercy.
    je ne voit que tipsarevic pour tenter un hold up, si jamais sa blessure n’était pas sérieuse, la semaine prochaine…

    • Nath 3 novembre 2011 at 18:24

      Je suis d’accord… sachant qu’un forfait de Fish peut permettre d’en faire passer un de plus. Ce serait bien dommage pour lui.

    • MarieJo 3 novembre 2011 at 18:30

      fish a passé une IRM et son bobo n’est pas sérieux… donc il n’ira pas forcer à bercy si ce n’est pas nécessaire pour sa qualif… il aura sans doute l’avantage de voir si tipsy, almagro ou monfils démarrent bien leur premier tour vu que lui aura un bye

    • Colin 3 novembre 2011 at 18:31

      Vu là où est Monfils, ce n’est pas finale à Valence et Bercy qui le qualifie, mais victoire dans les deux cas, donc c’est hyper mal barré.

      Tipsa et Almagro, c’est au minimum finale à Bercy, et encore, à condition que soit Fish, soit Berdych soit battu au 1er tour.

      Delpo, ça le fait avec victoire à Valence et finale à Bercy (ou l’inverse).

      Bref je rejoins ta conclusion: sauf GROSSE surprise, c’est tout bon pour Tsonga, Fish et Berdych.

  17. Nath 3 novembre 2011 at 18:39

    JCF – Bogo : 7-6 2-1, 8 breaks
    Roddick – Mérou : 2-4, 3 breaks
    Il souffle un vent de WTA actuellement 8O

  18. Nath 3 novembre 2011 at 19:41

    Roddick, ça reste un repère : où qu’il soit, il est supporté.

    • Colin 3 novembre 2011 at 20:19

      Sûrement pas demain en quarts!

      • benja 3 novembre 2011 at 20:47

        si si :-)

  19. Sylvie 3 novembre 2011 at 22:53

    Merci pour cet article, William. Je me rends compte, je ne sais pas si c’est la fin proche de la carrière de Fed qui veut ça, que je m’intéresse de plus en plus aux jeunes espoirs.

    Pendant longtemps, j’ai suivi les meilleurs et, de façon aléatoire quelques joueurs coups de coeur, mais j’ai de plus en plus envie de suivre les joueurs en devenir.

    J’ai arrêté de suivre le tennis durant pas mal d’années et j’ai vraiment regretté de n’avoir pas suivi Federer à ses débuts. J’aurais bien aimé suivre cette évolution de chrysalide en papillon.

    Aujourd’hui j’aime particulièrement Dolgopolov, Tomic et Dimitrov. Je n’ai jamais vu joué Harrison. Nishikori est séduisant mais très irrégulier tout comme Young dont j’apprécie aussi le jeu.

    En revanche j’accroche moins sur Raonic mais son parcours 2011 est de grande qualité.

    Un petit commentaire sur Bâle : Murray nous fait son PZ. Un wild card demandé à la dernière minute et retiré à Chiudinelli à priori et une déclaration de forfait de dernière minute pour une blessure aux fessiers contactée en dormant ! Ce gars est un gag. Il s’entraîne d’ailleurs déjà à Paris, le grand blessé.

  20. Jeanne 3 novembre 2011 at 23:51

    Attention, de Djoko on glosait itou : « Novak is a joke ». Sait-on jamais ! Méfiance. PZ deviendra grand. Ou pas ! Flaccide, turgescent ? A déterminer. Ne jugeons pas trop sévèrement ses errements fessiers.

    Sur les j’aime / j’aime pas :

    Je peine à idolâtrer inconditionnellement Dimitrov, because biopsie fidèle d’une cellule perdue de la cuisse totipotente de Federer, un clone spéculaire, grosso m***o.

    Beau jeu diaphane et gracile, presque du patinage artistique sur un glacier alpin, mais j’y fouille vainement le génie qui étincelle.

    Un jour peut-être il étoilera son miroir tutélaire et se révélera en pleine gloire.
    Nous fera torturer la bande passante ici-bas. Alors nous cherrons, toutes et tous, des Julie orgasmiques à ses pieds. Sinon juste une réplique atténuée de l’indicible épicentre Federer.

    Dolgo, denture brillante et irrégulière d’une scie, sublime et parfois méconnaissable, ombre et lumière. Pour l’aimer, on le rêverait plus linéaire, le clair-obscur. Un peu de stabilité, un jour ?

    Anderson oui, bon jedi blond cultivable sur une bonne herbe bien grasse, la force est avec lui, sabre laser pourfendant le filet.

    Raonic, le fils des mises en jeu farouches, capable d’éventrer un deux-nez en servant, de faire tonner le Mont Bleu à coup d’aces. Un super couple service/coup droit pour forer tout partout. Pour les joies faciles et coupables de la puissance pure.

    Tomic, je le sens très bien. Intéressante précocité, folie de plus en plus contenue. Je mise ma fausse fortune sur lui. Tant pis si on me retrouve chancelante, pochetronne, à la rue.

    • William 3 novembre 2011 at 23:57

      Ca c’est du com ! A quand un article digne de ton écriture ?

    • Jeanne 4 novembre 2011 at 00:02

      Si j’ai une bonne idée pour un article why not ?

  21. Jeanne 3 novembre 2011 at 23:56

    C’est quoi ce délire ? Cilic sorti par Granollers ? Nath je suis de tout coeur avec toi.

    • Nath 4 novembre 2011 at 00:14

      Oui, le choc qu’on a manqué à l’US Open va enfin avoir lieu !

      M Granollers (ESP) vs [3] G Monfils (FRA)

      Ne manquez pas ça, c’est à 14h et je ne pourrai pas voir. J’espère que l’un d’entre vous se dévouera et fera un résumé en cinq actes ;)

      Plus sérieusement, je suis rentrée juste à temps pour voir Cilic se faire breaker à 5 partout dans le troisième. Inutile de préciser que je n’ai pas regardé la fin. Marcel est en quart, c’est une catastrophe :(

    • Jeanne 4 novembre 2011 at 00:17

      Je ne pourrai pas non plus pourtant cette affiche a de quoi faire rêver. Frustrant ! Comment Granollers est-il possible ?

  22. Ulysse 4 novembre 2011 at 09:15

    Granollers c’est un peu le Benetteau espagnol. Second couteau banalisé au milieu de l’armada transalpine mais pas mauvais par éclairs le bougre et il n’a rien d’un limeur. D’ailleurs j’aime bien les Marcel (et même Marsel).

    A part ça quelques bons coms sur cet article. Bravo à toutes et tous !

info login

pour le login activer sur votre profil la barre d'outils

Demande d’inscription

contactez-nous à : 15-lovetennis@orange.fr

Archives

Commentaires récents

Suivez nous sur Twitter

@15lovetennis