John McEnroe, chronique d’un déclin

By  | 5 juillet 2024 | 187 Comments | Filed under: Histoire, Légendes

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Mag­nifique ar­ticle d’Euros­port, signé Laurent Vergne. Le début de l’ar­ticle dit ab­solu­ment tout du per­son­nage : « John McEn­roe est un homme en colère [...] peut-être, tout simple­ment, est-il en colère parce qu’il est en colère. [...] Il n’y a rien à ex­pliqu­er. C’est comme ça. Il est comme ça. McEn­roe, sym­bole vivant de la colère. Le bougon, le râleur, le colérique, le ner­veux, le « Super­brat ». »

La rage de la per­fec­tion

Dans l’un des documen­taires sur McEn­roe en Français que l’on peut voir sur Youtube (Le crépus­cule des dieux, ou Duel de hautes volées con­sacré à la rivalité avec Jimbo) se niche une in­ter­view de Ric­hard Evans, jour­nalis­te américain de renom ayant con­sacré une bi­og­raphie à McEn­roe. Evans rap­porte un pro­pos du Sale gosse, qui re­mon­te pro­bab­le­ment à cette époque-là, 1984, où il écrasait le cir­cuit : « Je n’y pre­nds pas de plaisir. Je voud­rais pouvoir savour­er davan­tage mon jeu, mais je ne re­ssens que de la pre­ss­ion, je n’en pro­fite pas ».

Le titre du livre d’Evans, La rage de la per­fec­tion, qui re­mon­te à 1984, est par­ticuliè­re­ment bien trouvé. Il ne re­cherchait pas la vic­toire, il re­cherchait la per­fec­tion. Et quand un point sub­lime car par­faite­ment exécuté lui ap­portait cette per­fec­tion, il ne le savourait pas, il se met­tait déjà la pre­ss­ion pour que le point suivant soit du même ton­neau.

Cette rage, cette in­satis­fac­tion per­manen­te, ont-t-elles été bénéfiques à sa carrière, ou au contra­ire l’ont-elles plombée ? Il est dif­ficile de tranch­er. Je n’ai pas lu le livre de Ric­hard Evans, mais il re­mon­te de toute façon à 1984 et ne peut pas trait­er de ce qui a im­médiate­ment suivi. Cette étran­ge année 1985, où il re­ntre dans le rang, où il se fait moins rapide, et par­fois moins im­pliqué, moins motivé. Où il gagne quand même 8 tit­res, mais où il perd dans toutes les gran­des oc­cas­ions.

Les Usual Sus­pects

Une chronique du déclin de John McEn­roe pour­rait se décom­pos­er ainsi : d’abord la chute du pié­dest­al ( ? – jan­vi­er 1986) qui s’achève, claire­ment, avec la défaite face à Brad Gil­bert au Mast­ers. En­suite la traversée du désert (jan­vi­er 1986 – décembre 1988). L’été in­di­en, enfin (jan­vi­er 1989 – décembre 1992), période coiffée de 3 demi-finales en Grand Chelem.

Cette chute du pié­dest­al, il est bien dif­ficile d’en dater le début. 7 dates semblent plausib­les :

  • La défaite en fin­ale de Roland Gar­ros 1984 face à Lendl.
  • Le pétage de plombs de Stockholm en oc­tob­re 1984.
  • La défaite sans appel en Coupe Davis face à la Suède 6 semaines plus tard.
  • La défaite en quarts de fin­ale au tour­noi WCT de Dal­las 1985 face à Nyström.
  • La défaite en demi-finale de Roland Gar­ros 1985 face à Wiland­er.
  • La défaite en quarts à Wimbledon 1985 face à Curr­en.
  • La défaite en fin­ale de l’US Open 1985 face à Lendl.

On éli­minera d’emblée la fin­ale de Roland Gar­ros 1984. Elle a été suivie de deux démonstra­tions de force en Grand Chelem, ab­solu­ment im­macul­ées, à Wimbledon et à l’US Open.

Les deux dernières dates, Wimbledon et l’US Open 1985, ne font que con­firm­er une ten­dance à l’œuvre de­puis des mois. Mac n’est plus aussi rapide qu’avant, c’est un con­stat, et la défaite lon­donien­ne con­tre Curr­en est as­sor­tie de l’étran­ge im­press­ion qu’il ne se sen­tait même pas con­cerné. Dans ce tab­leau d’en­semble, on notera toutefois deux vic­toires pro­ban­tes à Strat­ton Moun­tain et à Montre­al, les deux fois en bat­tant Lendl en fin­ale. Mais les pro­mes­ses de cet été-là furent tempérées dès l’entrée en lice de Mac à Flush­ing Meadows : opposé au modes­te Israélien Shlomo Glickstein, il frôle l’élimina­tion, ne l’em­portant qu’au tie-break du cin­quiè­me set. Une autre vic­toire en cinq sets, face à Wiland­er en demi-finale, scel­lera son sort : en fin­ale face à Lendl, il ne tiendra qu’un seul set avant de craqu­er physique­ment. Le tout de­vant un pub­lic new-yorkais ac­quis à la cause de ses ad­versaires. Passe en­core pour Shlomo Glickstein, New York ab­ritant la plus gran­de com­munauté juive au monde. Mais face à Lendl, le doute n’est plus per­mis : McEn­roe n’était plus soutenu par son pro­pre pub­lic.

La défaite à Roland Gar­ros face à Wiland­er fait suite à deux aut­res défaites con­tre Lendl, l’une sur le har-tru de Forest Hills, l’autre sur une « vraie » terre bat­tue, à la Coupe des na­tions de Düssel­dorf. Pas de défaites in­faman­tes, mais on ne peut que con­stat­er que Mac est loin d’être aussi aérien qu’un an plus tôt.

Faudrait-il donc re­mont­er le hiatus à ses sautes d’humeur de la fin 1984 ? C’est tout aussi dis­cut­able. Début 1985, il re­part pied au planch­er, re­mpor­tant sans sour­cill­er le Mast­ers – avec à la clé une vic­toire pro­ban­te en fin­ale con­tre Lendl – puis ses quat­re pre­mi­ers tour­nois de la saison. Ce qui accrédite, à ce moment-là, l’idée que la déroute face à la Suède en Coupe Davis est le fruit des mésen­tentes au sein du trio McEn­roe/­Connors/As­he, et non d’une bais­se de niveau ou de motiva­tion de McEn­roe.

Fibak émerge des brumes de l’hiver

Ne re­sterait donc que la défaite face à Nyström à Dal­las. Défaite sur­prenan­te, car Mac semblait alors seul au monde. Sur­prenan­te aussi car Nyström n’était pas un adep­te des sur­faces rapides. Sur­prenan­te enfin, car la fin­ale WCT de Dal­las était un rendez-vous majeur pour l’Américain. Cette défaite semble néan­moins mar­qu­er une rup­ture dans la saison du new-yorkais, parce qu’elle va être suivie de be­aucoup d’aut­res.

En y re­gar­dant de plus près, un autre match mérite qu’on s’y arrête. Il s’agit du pre­mi­er tour du tour­noi in­door de Hous­ton, en février 1985. Fin­alis­te du Mast­ers 1976, Woj­tek Fibak avait flirté avec le top ten au cours des années suivan­tes. Mais à ce moment-là, il émar­geait au 77ème rang mon­di­al, et à 32 ans il était claire­ment sur la pente de­scen­dante. C’est l’époque où il con­nut les jeunes loups Ed­berg et Be­ck­er, dont il fera de saisis­sants portraits dans les col­on­nes de Ten­nis Magazine à la fin des années 80. John McEn­roe aura aussi droit à son portrait… et il y sera notam­ment ques­tion d’un ob­scur match à Hous­ton début 1985, qui a tourné au vinaig­re.

Affron­tant un John McEn­roe n°1 mon­di­al au som­met de son art sur sur­face rapide, le Polonais n’avait a priori pas grand-chose à espérer de ce match. Mais après la perte du pre­mi­er set, il se mit à jouer son meil­leur ten­nis et of­frit une vraie op­posi­tion au Super­brat. Ce de­rni­er va alors franchir le 38ème Para­llèle après la perte du deuxième set au tie-break. John pas­sera tout le troisiè­me set à in­sult­er et à train­er dans la boue l’ad­versaire, sa mère, sa famil­le, son épouse, son pays. Et s’il s’en sort sur le fil 7/5 au troisiè­me, il n’échap­pera pas à une petite ex­plica­tion dans le huis-clos du ves­tiaire. Il faud­ra un mal­abar (Zivojinovic je crois) pour les empêcher d’en venir aux mains. Telle est la vers­ion de Fibak, qui con­clut son ar­ticle en s’éton­nant que les débor­de­ments du new-yorkais ce jour-là soient totale­ment passés en-dessous des radars. Rap­pelons que cette re­ncontre s’est dis­put­ée de­vant un corps ar­bitr­al loin d’être aussi pro­fes­sion­nel qu’il ne le de­viendra par la suite.

Nous n’avons pas les im­ages de ce match, et rien pour con­firm­er les pro­pos de Fibak. Le fameux « The ques­tion, Jerk ! » de Stockholm quel­ques mois plus tôt em­por­te tout, et là nous avons les im­ages. Mais si ce récit était avéré, il y aurait de quoi se de­mand­er com­ment un Fibak, même en gran­de forme du haut de ses 32 ans, a pu contra­ri­er à ce point McEn­roe à ce moment-là, et sur­tout pour­quoi ce de­rni­er s’est com­porté de manière aussi odieuse.

On pour­ra, du reste, s’in­terrog­er sur ce début de saison 1985, marqué de quat­re vic­toires en tour­nois. De Philadelphie à Chicago, en pas­sant par Hous­ton et Milan, John McEn­roe al­ig­na cer­tes les vic­toires, mais sans avoir à affront­er de vérit­able poids lourd, Jimmy Con­nors de­vant re­nonc­er en fin­ale à Chicago en raison d’une bles­sure au dos.

Les fils se touc­hent

Cette pièce texano-polonaise s’ajoutant au dos­si­er n’a pas néces­saire­ment une gran­de im­por­tance, pas plus que le grand show de Stockholm face à Jar­ryd. Mais les deux événe­ments par­ticipent à un tab­leau d’en­semble, dont fait égale­ment par­tie ce Wimbledon 1984 où le Sale gosse réussit à s’astreindre à un sil­ence total pen­dant ses matchs, non sans pre­ndre énormément sur lui.

En 1984, John n’a jamais été à ce point maître de son jeu, et il ex­er­ce sur le cir­cuit ATP un joug ne souffrant aucune con­tes­ta­tion. Il marche sur l’eau. Néan­moins, la cocotte-minute est sur le point d’explos­er ; il n’est plus une levée du Grand Chelem où son com­por­te­ment ne sera pas scruté à la loupe. A Wimbledon donc, mais aussi à l’US Open, une par­tie des of­ficiels, des jour­nalis­tes et du pub­lic n’at­tendent qu’une chose, non sans une cer­taine appétence mal­saine : qu’il craque. Ce re­gard in­quisiteur, il le sent peser sur lui chaque jour, sur chaque match, sur chaque point ; et ce re­gard vient s’ajout­er à cette pre­ss­ion du match par­fait que John se met lui-même.

Les fils ne pour­ront que finir par se touch­er. A Stockholm tout d’abord, ce qui vaud­ra à Mac une sus­pens­ion de 3 semaines et le privera de l’Open d’Australie. A Hous­ton en­suite, face à Fibak. A Dal­las enfin, face à Nyström, où la pre­ss­ion de rééditer sa saison précédente im­macul­ée est plus forte que jamais. Le pre­mi­er vérit­able coup de semon­ce vient bien à Dal­las, mais la ner­vosité du bon­homme était déjà per­cep­tible en amont.

Ainsi va se pour­suiv­re sa saison 1985, au cours de laquel­le il sera cap­able, sur des tour­nois mineurs, d’être le plus fort, y com­pris face à Lendl, mais où son meil­leur ten­nis, sa con­centra­tion et sa forme physique ne seront jamais au rendez-vous en même temps. A-t-il en­tretenu sa con­di­tion physique pen­dant l’in­tersaison 1984-1985 ? Son par­cours à Roland Gar­ros 1985 souffre net­te­ment de la com­paraison avec celui de l’édi­tion précédente. Où est-il pen­dant son quart de fin­ale lon­doni­en face à Curr­en ? Man­ifes­te­ment pas sur le ter­rain, puis­qu’il ne gag­nera que 8 de ses 13 jeux de ser­vice ce jour-là. Le grand vain­queur du fameux « Super Satur­day » de l’US Open 1984, par ail­leurs demi-finaliste du doub­le cette année-là, a-t-il travaillé sérieuse­ment son end­uran­ce en vue de l’édi­tion de l’année suivan­te où il n’a pas dis­puté le doub­le ? Au vu de sa pre­sta­tion face à Lendl en fin­ale, on peut en dout­er.

L’ère de McEn­roe est en train de pre­ndre fin : en 1984, il a tout simple­ment créé un monstre trop grand pour son cer­veau tour­menté.

L’en­fant de la balle

On ne se hasar­dera pas à pre­ndre pour ar­gent com­ptant les pro­pos de Mac tant ils ont pu être contra­dic­toires, y com­pris a post­eriori. A tous les micro­s com­plaisam­ment ten­dus pour le faire parl­er des raisons de son déclin, il évoque in­variab­le­ment son mariage et sa pater­nité. Cette ex­plica­tion ne sera val­able qu’en 1986, avec la nais­sance de son pre­mi­er en­fant (en mai) et son mariage (en août) avec l’actrice Tatum O’Neal.

Sans en­tr­er dans une bi­og­raphie détaillée de Tatum O’Neal, dis­ons qu’elle est la fille de l’ac­teur Ryan O’Neal – in­oub­li­able Barry Lyn­don de­vant la caméra de Stan­ley Kub­rick – et qu’elle a eu une en­fan­ce per­turbée entre un père trop souvent re­tenu sur les plateaux de tour­nage (et ap­parem­ment violent) et une mère toxicomane. Son Oscar, ob­tenu à l’âge de 10 ans – un re­cord de précocité – n’est que la sur­face émergée d’un iceberg par­ticuliè­re­ment troub­le, comme en témoig­ne son auto­biog­raphie A paper life. Amateur d’art, mem­bre notoire de la jet-set new-yorkaise aux côtés de Vitas Gerulaitis, John McEn­roe avait son rond de ser­viet­te dans les clubs new-yorkais ac­cueil­lant les rock stars, et plus globale­ment fréquen­tait le même milieu que cette jeune actrice. Sauf qu’à la différence de Gerulaitis, cap­able de sor­tir une nuit entière et d’être ponctuel et im­pecc­able au petit matin, McEn­roe n’était pas une force de la na­ture. Et si l’on peut dis­culp­er Ivan Lendl de toute fréquen­ta­tion de toxicomanes, on ne peut en dire autant de John McEn­roe, ni ex­clure à 100% que son déclin soit lié à une con­som­ma­tion ex­ces­sive de drogues. Car en 1985, au mo­ment où ils of­ficialisent leur co­u­ple, Tatum O’Neal est de­puis plusieurs années une co­caï­nomane.

Plus globale­ment, la sim­ple ap­partenan­ce de John McEn­roe à la jet-set de la Gros­se Pomme donne corps à l’hypothèse que son hygiène de vie n’était pas néces­saire­ment adaptée aux contra­in­tes d’une carrière spor­tive de haut niveau. N’ayant jamais eu d’entraineur, il n’a jamais pu s’ap­puy­er quotidien­ne­ment sur un par­tenaire st­able le ramenant in­las­sable­ment à sa carrière, à ses ex­ig­ences et aux sac­rifices qu’elle de­vait im­pliqu­er.

Une légende qui tous­se

Quaran­te ans après les faits, l’aura de John McEn­roe reste in­tac­te. Dans la mémoire col­lec­tive, il a cer­tes con­servé ses galons de joueur par­ticuliè­re­ment colérique re­venant in­variab­le­ment quand il s’agit d’évoqu­er les plus gros caractères de l’his­toire du ten­nis. Mais cette mémoire col­lec­tive a égale­ment re­tenu, non sans raison, ses en­trec­hats au filet, son touch­er de balle ab­solu­ment uni­que et sa faculté inouïe à mettre sans ef­fort l’ad­versaire loin de la balle. Le génie qu’il a déployé raquet­te en main lui as­sure en­core aujourd’hui un écrin mol­letonné de re­spect, celui d’une voie écoutée et faisant auto­rité quand on parle de ten­nis. On ne com­pte plus les re­por­tages réhabilitant sa légende, son génie, pro­duc­tions d’autant plus hagiog­raphiques qu’elles sont réalisées avec le con­cours de l’intéressé. Car oui, osons le dire, John McEn­roe s’aime. Néan­moins, quel­le que soit sa capacité d’oubli, volon­taire ou non, de cer­taines zones d’ombre, le re­gard can­dide qu’il porte sur sa pro­pre carrière – et lar­ge­ment véhiculé comme tel – souffre d’in­suffisan­ces et d’approxima­tions.

C’est sur ce forum qu’un in­ter­naute avait ex­pliqué, à pro­pos de la demi-finale australien­ne de 1983 entre le Sale gosse et Wiland­er, qu’en aucun cas le « vrai » McEn­roe n’aurait perdu ce match. Je ne re­ssors ce post du con­gélateur que pour évoqu­er le « vrai » McEn­roe, celui de 1984 évidem­ment. La posi­tion de sur­plomb du new-yorkais, en plus d’être in­dis­cut­able, a duré une année entière, assez longtemps donc pour sus­cit­er en­core ce genre de pro­pos des décenn­ies plus tard. Mais c’est un peu court, car dans l’his­toire du ten­nis les saisons aussi im­macul­ées se com­ptent sur les doigts d’une main. Et at­tendre du Super­brat qu’il pro­lon­ge en 1985 sa domina­tion de 1984, c’était démesuré, même pour lui. Après tout, sa saison 1985, sur un plan stric­te­ment com­pt­able, est en tous points meil­leure que sa saison 1982 pour­tant marquée par la re­traite de son grand rival Björn Borg. Simple­ment ces deux ex­er­cices n’ar­rivent pas au même mo­ment de sa carrière.

En déclarant à Ric­hard Evans qu’il ne par­venait pas à tirer du plaisir de ses ex­ploits, John McEn­roe a sans doute, pour une fois, livré sans ar­tifice le fond de sa pensée. La con­trepar­tie de ses ex­ploits de 1984, c’est une pre­ss­ion gran­dissan­te, venue à la fois de lui-même et des at­tentes du pub­lic de la petite balle jaune. Et cette pre­ss­ion a fini par en­gloutir son esprit tour­menté, de manière sub­liminale fin 1984, mais récur­rente en 1985. Il a en outre com­mis l’er­reur de croire qu’il pour­rait main­tenir son niveau de 1984 avec la même con­stan­ce sans se plier à la dis­cip­line quotidien­ne néces­saire. Et c’est pro­bab­le­ment dans sa vie privée que se nic­hent d’abord les raisons de ce déclin re­latif.

L’ef­face­ment pro­gres­sif de John McEn­roe en 1985 ne doit donc rien à l’améliora­tion des matériels, ni aux progrès d’Ivan Lendl, ni à l’arrivée d’une puis­sance in­contrôl­able sym­bolis­ée par Be­ck­er. C’est lui, avant tout, qui n’est plus le même joueur.

Boris Be­ck­er, qui par­tage avec le Super­brat une vie jalonnée de nombreuses zones d’ombre, a in­diqué un jour que l’un des plus grands re­grets de sa carrière était de ne pas avoir affronté John McEn­roe au som­met de son art à Wimbledon. Un hom­mage en ob­lique à un champ­ion avec qui il était cap­able, le même jour, de s’en­gueul­er co­pieuse­ment durant le match et de finir la soirée avec lui. Mais Boris ne per­dait rien pour at­tendre : en août 1986, quel­ques jours seule­ment après son mariage, le Sale gosse al­lait of­frir à l’Al­lemand, désor­mais n°2 mon­di­al, la plus furieuse des op­posi­tions à Strat­ton Moun­tain, dans ce qui re­stera pro­bab­le­ment le plus beau match de l’année 1986.

Post-scriptum : l’auteur de ces lig­nes n’a pas à sa dis­posi­tion l’autobiog­raphie de John McEn­roe. Sujet à cau­tion comme tout ouv­rage auto­biog­raphique, et en­core plus con­nais­sant le per­son­nage, ce livre serait tout de même un éclairage précieux bien que par­tiel et par­ti­al, sur le déclin re­latif de Mac en 1985.

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Grand pas­sionné de ten­nis de­puis 30 ans.

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187 Responses to John McEnroe, chronique d’un déclin

  1. Sam 6 septembre 2024 at 18:19

    Où l’on voit que cet USO passionne tout le monde….!
    Passé Daniil, Sinner a donc manifestement un boulevard, tout le monde sera ok, et on aura un ricain sympa en finale, vu qu’ils sont plutôt sympas ces deux là.
    Quoi retenir ? Pour ma part je dirais que la défaite de Z contre Fritz est une des résultats les plus lugubres que j’ai pu lire un matin de découverte des scores à l’USO. Non, mais qu’est ce qu’il lui faut au Z comme fenêtre de tir plus largement ouverte pour réussir à, à, à…? Passée celle-ci, qui peut encore croire qu’il va y arriver ? Des plus lugubres, puisque sur ce critère là, le Tsi est en passe de devenir indétrônable.
    Pour le reste est-ce qu’on ne peut pas considérer qu’à 37 ou 38 balais, raisonnablement, il n’est pas étonnant qu’un bonhomme, tout Goat Serbe qu’il serait, peut ne pas gagner de GC de l’année sans que cela ne soit une grande surprise ? Pas mal de gens voyaient une année blanche (« pas mal : les youyoubeurs hystériques que je suis à la place de finir l’article que je me suis promis de publier ici mais ça va venir), elle est arrivée.

  2. Nathan 7 septembre 2024 at 18:05

    Le seul plaisir dans cet USO, c’est Muchova.

    • Perse 8 septembre 2024 at 11:48

      Bien d’accord, elle est pour le coup génial à regarder évoluer, pas tant pour sa gestuelle que pour sa créativité qui me rappelle – toute proportion gardée – celle d’un Nick Kyrgios.

      Clairement elle comme lui réalisent des points qui ne sont pas reproductibles sur Top Spin tennis, j’adore ses volées mi-courts en extension où elle réalise des coup absolument brillants.

      C’est tout de même un peu triste que son physique soit si fragile, puisque cela l’empêche également de se bâtir une caisse physique endurante également.

      Sinon on peut tout de même tirer son chapeau à Sabalenka qui a vraiment émergé comme le second membre du duopole. En valeur absolue, Swiatek est capable de jouer une demi-division au-dessus du reste de la WTA avec sa vitesse de déplacement et la qualité de son spin qui lui font faire moins de fautes, mais elle est de plus en plus friable mentalement quand elle est à la lutte.

      • Nathan 8 septembre 2024 at 12:53

        Ce qui est vraiment plaisant, c’est qu’on sent une intention dans son jeu qui ne se résume pas à : je vais frapper le plus fort possible en essayant d’épuiser mon adversaire. Il y a de la créativité, il y a une extrême attention et adaptation au jeu adversaire et il y a une technique quasi parfaite. Tu as parlé de sa volée mais son coup droit est une mervaille. Il va vite parce qu’elle traverse la balle en avançant et que son coup droit létal est préparé par l’avant dernière balle qui l’a mise en position.

        Outre son physique fragile, elle a quelques kilos en trop et une caisse physique, comme tu le dis, sans doute difficile à travailler.

        Mais de façon plus générale, j’ai trouvé l’USO féminin bien plus agréable à regarder avec Sabalenka, Navarro et la résiliente Pégula, que l’USO masculin roborratif.

        J’ai eu la curiosité de regarder quelques rencontres chez les Juniors. Le fait le plus frappant a été le… désert français.

        • Perse 8 septembre 2024 at 13:31

          Muchova, en effet on y retrouve bien le coup droit « Landsdorp » avec une traversée longue en avançant qui est assez analogue au geste de Sampras et Sharapova (il y a une vraie similarité dans l’accompagnement post-frappe).

          Pour les kilos en trop, j’ai l’impression que c’est lié à ses blessures (elle a du mal à être « opérationnelle » plus de 50% du temps, ce qui l’empêche de prendre le rythme et de pouvoir réellement s’affiner.) plus qu’à son éthique de travail.

          C’est vrai que le tournoi féminin a été plutôt de bonne qualité animé par de jolis match et avec un peu de renouvellement.

          J’ai pu voir Navarro à RG et c’était très agréable, j’apprécie beaucoup ce qu’elle fait pour gagner ses matchs et ses constants progrès. Même si elle manque probablement un peu de watts contre Sabalenka. Son coup droit lasso a l’air vraiment efficace in fine en plus d’être joli.

        • Nathan 8 septembre 2024 at 14:10

          Sans oublier la redoutable Zheng, extrêmemnt rapide, très fit, et dont le revers est redoutable. Mais dans son style de jeu, elle se fera toujours doubler par Sabalenka, plus puissante qu’elle et plus créative.

          • Perse 8 septembre 2024 at 14:53

            C’est le problème de la WTA qui donne une prime conséquente à la surpuissance, en tout cas sur dur là où l’ATP met l’accent sur le déplacement et la régularité.

            En terme de watts, seule Osaka peut se mesurer du fond avec Sabalenka avec à la rigueur Madison Keys & Rybakina.

  3. Perse 8 septembre 2024 at 11:55

    Sinner grandissime favori mais Fritz apparemment aime son match-up avec lui et la balle que lui envoie l’Italien.

    Il m’aura nettement plus impressionné lors de cet US que lors de Cincinnati en tout cas. Belle caisse physique également mine de rien, quand on voit comment il a essoré Draper en demi-finale.

    Dernier mot sur la couverture médiatique « 1er degré » de la vitesse en coup droit supérieure de Sabalenka par rapport à l’ATP : manque de remise en contexte. Les highlights de Sinner montrent bien qu’il est capable de frapper considérablement plus fort quand il a l’ouverture (notamment un coup droit long de ligne pour conclure le 1er set contre Medvedev d’une sécheresse inouïe).

    C’est juste que les joueurs se déplacent beaucoup plus et que leurs gestuelles sont beaucoup plus compactes et liftées que chez les filles : résultat, des rallyes plus long avec moins de fautes directes, avec des balles certes légèrement moins rapides dans l’air mais beaucoup plus lourdes et anglées.

  4. Perse 9 septembre 2024 at 10:01

    Victoire logique qui n’a pas souffert d’incertitude lors de cette finale rapidement décantée.

    Depuis 1 an, Sinner a eu des résultats digne des n°1 « majeurs » de l’ère du tennis. Plus que 5 ans à ce rythme et il fera parti du panthéon majeur du tennis, en sera-t-il capable ?

    Perso, je ne suis pas tout à fait certain avec la présence d’Alcaraz qui est à date le meilleur en valeur absolue et performe extrêmement bien dans les grands rendez-vous, 4 GC à 21 ans, c’est fantastique.

    En revanche, du côté de Tennis Abstract et de son classement ELO, Sinner a déjà atteint un plus haut niveau (il tourne à 2271 vs 2240 au max pour Alcaraz), les victoires d’Alcaraz étant « ternies » par la Covid-19 et l’absence de Djokovic qui ont réduit la force du champs.

    Les critiques sur « l’ennui » du jeu de Sinner me semblent injustifiées, il paie sa gueule de roux et sa germanitude. Personnellement, je trouve que son attitude réservée et discrète ainsi que ses progrès constants montrent une belle éducation ainsi qu’une belle mentalité.

    Sa gestuelle ne me pose pas problème et sa filière est celle d’un Djoko ou d’un Agassi : pas de main, ou de « génie » mais un timing, une précision et une régularité sans faille.

    • Bapt 9 septembre 2024 at 10:56

      Disons que le jeu de Sinner manque de fantaisie et de panache. C’est très réglé, puissant et millimétré mais les séquences de jeu qu’il propose sont assez stéréotypés.
      Il a dit qu’il devait monter plus au filet d’ailleurs hier en discutant sur ces perspectives par la suite. Mais étant donné les résultats impressionnants qu’il collectionne depuis quelques temps, on ne voit pas trop pourquoi il devrait transformer beaucoup de choses.
      Sauf peut-être pour écourter les points et ménager son physique.

      Tu as raison de dire que Sinner est dans la filière d’un Djokovic – Agassi. Plus exactement il me semble à un point médian entre les deux : ses qualités défense le rapproche de Djokovic mais sa plus grande agressivité fait penser parfois à Agassi.
      Le problème c’est qu’en face Fritz n’avait pas un jeu très différent, sauf que tout était un peu moins bien.
      D’où un match pas passionnant.
      Heureusement qu’on a Alcaraz qui devrait à la fois le challenger et proposer une opposition de style pour qu’on ne s’ennuie pas à mort dans les années à venir.
      Surtout que les rivaux potentiels (Zverev, Medvedev…) ne promettent pas grand chose.

    • Guillaume 10 septembre 2024 at 17:02

      « les victoires d’Alcaraz étant « ternies » par la Covid-19 et l’absence de Djokovic qui ont réduit la force du champs. »

      C’est drôle parce que pour moi c’est l’été de Sinner qui est terni par son refus d’obstacle aux JO pour mieux ramasser les morts dans une tournée américaine où tout le monde sauf lui était exsangue.

      J’ai pas aimé du tout ce côté calculateur, comptable de ses efforts pendant que les autres s’esquintaient pour la gloire (pas de points, peu de thune) aux JO. Plus son histoire de dopage qui quoi qu’il en soit n’est pas jolie, jolie (surtout son attitude derrière) et un jeu que je trouve comme Bapt plus basique encore qu’avant (il a vraiment tout misé sur la puissance maintenant qu’il a pris de la masse musculaire), les dernières semaines ne sont pas loin de l’avoir fait passer du côté obscur de la Force à mes yeux.

      • Perse 10 septembre 2024 at 17:20

        Cette remise en contexte permet effectivement de relativiser la pertinence de toute analyse quantitative.

        J’ai déjà exposé mon opinion quant à la présence du tennis aux JO, qui est à mes yeux très dispensable. Par conséquent, je ne lui jetterais pas le gant à cet égard.

        « Plus son histoire de dopage qui quoi qu’il en soit n’est pas jolie, jolie (surtout son attitude derrière) » : je ne comprends pas en quoi son attitude a été problématique. A part faire et laisser braire (selon moi, la meilleure chose à faire dans la vie), qu’aurait-il dû faire pour te satisfaire (j’ai peut-être raté des trucs, n’hésite pas à m’éclaire là-dessus) ?

        Quant au jeu, c’est un peu faire une comparaison fallacieuse vis-à-vis d’Alcaraz qui est le plus grand talent des 25 dernières années en terme de main.
        Sinner est un mur lance-balle, c’est la formule gagnante dans le metagame de l’ATP. Il a la meilleure « shot tolerance » de l’ATP, c’est-à-dire qu’il peut frapper dans des conditions favorables plus souvent que le reste parce qu’il centre la balle dans toutes les positions, et qu’importe comment la balle lui arrive.

        C’est Mannarino qui en parlait dès 2021 dans le podcast TennisLegend : contre lui, qu’importe comment il lui mettait la balle, c’était soit un missile, soit une remise intelligente.

  5. Sam 9 septembre 2024 at 11:51

    Comment l’aimer ? Bah, moi j’ai toujours aimé Lendl, et Djoko, curieusement, je m’y fait. Sur le tard, mais je m’y fait. Pas tellement à son tennis moche, mais…Au bonhomme. Je vous vois venir : je vais très bien, merci !

    Par contre, le problème reste entier : comment aimer Sinner, oui. Voire, comment aimer le tennis en 2024 ? J’ai un Tchall à 10mn de chez moi qui commence aujourd’hui, et je n’ai absolument aucune envie d’y aller (malgré les places VIP et l’accès à l’Open Bar, qui devraient néanmoins me convaincre). Pourquoi ? Le joueur le plus sympa à regarder est une fois de plus ce bon Manna – doit être sa 54ème participation ici). Mais sérieusement, derrière : Constant Lestienne, H.Mayot, Q.Halys, Ben Bonzi…Oui, c’est le championnat de France, mais c’est surtout le championnat des murs de fond de court à 2 mains. Ce qui Sinner fait en ce moment mieux que tout le monde et surtout beaucoup mieux que Fritz. En tous cas, à Rennes, tout au plus et pour le spectacle, pouvons-nous espérer un fissurage de Ben Paire, ce qui ne devrait pas manquer d’arriver. En plus, pas de chance, puisque Ritchie fait finale à Cassis, il ne vient pas chez nous.

    • Achtungbaby 9 septembre 2024 at 21:50

      Jeune j’ai idolâtré Big Mac, alors Lendl, comment dire…
      Plus vieux j’ai considéré Fed comme un artiste, alors Djoko, je ne supporte ni le jeu ni le bonhomme.
      Je dois avoir un goût pour les ballerines.
      C’est comme ça que je trouve Simone Bailes certes plus performante que Nadia C mais terriblement moins gracieuse. Bon je m’égare.

      Un à qui je m’habitue, c’est plutôt Nadal. Bon mais ça ne demande pas un gros effort vu la trajectoire de l’Espagnol.

    • Guillaume 10 septembre 2024 at 18:40

      C’est prouvé que le cerveau humain n’aime pas le changement. La fin de Nadal et même celle de Djoko approchant, elle vous les rend sympathiques (moi toujours pas :lol: ) Quitte à ce que ça ressemble vaguement à un syndrome de Stockholm, les copains :mrgreen:

      Mais comment aimer le tennis en 2024 ? est une vraie question. Pas pour rien que les acteurs du tennis eux-mêmes bavent tellement devant Alcaraz. Il est quasiment le seul « joueur frisson » de moins de 30 ans sur le Tour. Quand la communauté des joueurs est sondée, donc des mecs qui savent de quoi ils parlent sur ce point précis, qui disent-ils aimer voir jouer ? Carlos, et puis Rafa, Gaël, Grigor. Des propositions de jeu fortes, des styles pas loin d’être uniques en leur genre… mais 38, 38 et 33 ans. La relève a un problème d’identification fort. Soit un jeu typé mais chiant (cc Jannik), soit un truc vaguement informe de joueurs complets partout mais excitants nulle part. Fritz typiquement, j’ai toujours pas compris comment il était Top 8 (pardon, il a été 5e ?). Il doit bien être fort pour être si régulier depuis 2 ans à ces hauteurs, mais fort en quoi ? Qu’est-ce qui marque les esprits dans son jeu ? Le service ? N’importe quel Ricain d’il y a 20 ans en avait un aussi bon que le sien ; le coup droit ? Roddick était meilleur, Blake aussi, Ginepri… Le revers ? Vaut pas les baffes de Blake. Le jeu vers l’avant ? Loin de ce qu’un Fish bien luné pouvait produire, ou Dent… Et on peut faire ça avec la plupart des mecs derrière le quatuor de tête à qui j’accorde un certain crédit. C’est compact mais qu’est-ce qui/qui est-ce qui sort du lot ? S’il ne gagne pas son GC, que restera t-il de Taylor Fritz ? Parlera t-on dans 15 ans du coup droit de Fritz/Paul comme on se souvient de celui de Soderling/Gonzo ? Vantera t-on un coup de l’attirail de Ruud/Hurkacz/Rublev/De Minaur comme on se souvient du revers de Nalbandian ou Gaudio ? Alors après il ne reste que les palmarès, les records pour laisser une trace, voire une personnalité qui fait qu’on s’attache à quelqu’un pour une raison hors sport (et encore, la personnalité ils virent tous dépressifs, autre signe que tout va bien sur le circuit, tiens). Mais quand on parle de jeu, juste de jeu, qui, à part Carlitos quand ça ne bascule pas du côté du n’importe n’awak, peut actuellement se targuer de proposer quelque chose de franchement réjouissant – pas impressionnant comme Sinner, mais réjouissant ? Du funky qui soit capable de gagner un minimum ?

    • Colin 10 septembre 2024 at 19:55

      Shapovalov.
      Ben quoi… Tu as bien écrit « gagner un minimum »!!!

    • Elmar 12 septembre 2024 at 14:21

      Comment aimer le tennis en 2024?

      Ce n’est pas moi qui vais pouvoir répondre à cette question puisque j’ai pratiquement lâché totalement l’affaire au point que je me demande si ce n’est pas la première fois de l’année que je reviens en ces terres que j’ai tant squattées en d’autres temps.

      Et effectivement, le seul joueur que j’aime regarder encore est Alcaraz. Je jette encore un œil à Djoko en espérant qu’il se vautre et je peux parfois regarder ce bon vieux Danil qui offre du spectacle et est assez marrant.

      Zverev n’a jamais été ma tasse de thé, Sinner est impressionnant mais chiant, Tsitsipas est descendu du train qui devait l’amener vers un titre du GC et en a conscience.Tiafoe peut offrir des frissons mais genre deux fois par année.

      Bref, tout ça n’est pas folichon. Et quand je regarde le classement, y a quand même des gars dans le top 100 dont j’ai jamais entendu parler (coucou Facundo Diaz Acosta) et je pense que ça ne m’est jamais arrivé ces 30 dernières années et ceux dont j’ai envie de regarder des matchs (j’ai bien dit « des » matchs et non pas « les » matchs) de comptent sur les doigts d’une main.

      Ah oui, et chez les filles, je les confonds toutes.

      Je me suis même un peu remis à suivre le foot, c’est dire si le tennis va mal !

      • Guillaume 12 septembre 2024 at 14:27

        Avoue, c’est parce que j’ai mentionné Robby Ginepri que t’as refait surface…

  6. Nathan 11 septembre 2024 at 10:21

    C’est exactement la question que je me posais. Bublik ? Parfois quand il est en forme et ne fait pas n’importe quoi. Shapovalov ? C’est désespérant tout de même de faire autant de fautes, semaine après semaine.

    C’est pour ça que je prefère en ce moment le tennis des filles. Ce n’est pas encore la grande époque du tennis féminin mais au moins il y a des affrontements de styles et l’inéluctable n’est jamais certain, si je puis dire.

    Moi, Sinner, je regarde un set, ça me suffit. L’inéluctable est certain, c’est bétonnement très fort, la balle va là où il faut qu’elle aille avec la vitesse et la puissance qu’il faut, il joue comme il faut jouer dans le meilleur des mondes. Inéluctable. Et très chiant.

    Du coup, je ne supporte plus les à côtés du tennis, la « petite entreprise » des tronches de cakes qui ont des airs de fakirs sachants, sans oublier la pétasse de service, influenceuse, mannequin à la Redoute ou rien du tout, illustration parfaite de la bêtise, celle « qui donne aux yeux cette limpidité morne des étangs noirâtres, et ce calme huileux des mers tropicales ».

    Mais le pire est à venir ! Je crains que Carlito, notre bouée de sauvetage à tous qui aimons le tennis de l’inattendu (« Etonne-moi, Carlito ! ») se fasse laminé par le tennis béton sans faille. Il manque à Alcaraz quelque chose. Il ne s’est pas construit step by step. Il est devenu tout de suite une étoile du tennis. Il ne s’est pas encore habitué à l’amertume de la défaite qu’il faut accepter pour gagner. Si Alacaraz n’est pas brillant, est-il justifié encore à ses yeux ?

    • Perse 11 septembre 2024 at 15:35

      C’est vrai qu’il y a le sentiment à l’ATP que l’on touche une asymptote dans le niveau de jeu. Depuis Djoko 2015, il n’y a plus vraiment d’innovation en terme de profil de jeu, hors Carlos Alcaraz et sa main exceptionnelle combinée une explosivité incroyable.

      Il y a la sensation que le terrain est devenu trop petit pour les hommes, ou la balle pas assez vive, ou les raquettes trop tolérantes (quoique c’est surtout Nadal qui en a bénéficié quand on voit les ralentis et la radicalité de son coup droit ; Sinner et Djokovic étant au contraire particulièrement brillants dans le centrage à mon sens).

      Pourtant il y a un autre son de cloche qui indique que le service n’a jamais été aussi important et que le jeu est devenu un peu binaire : soit c’est – de 3 coups à cause des services, en revanche après 3 coups c’est la guerre des tranchées.

      Objectivement, la WTA progresse beaucoup plus et Swiatek de part sa qualité de déplacement et l’utilisation du spin avec une prise de balle tôt se rapproche pas mal du standard masculin. Visuellement elle est assez proche de Schwartzmann l’Argentin quand il était Top 20.

  7. Sam 11 septembre 2024 at 16:00

    Comment aimer le tennis en 2024, et être Rennais ?
    Parmi les principales attractions de ce Chall’de Rennes 2024, nous comptions B.Paire, avec lequel c’est a minima la garantie d’un psychodrame. « Comptions », car je lis sur le score board – oui, j’ai du mal à me motiver pour faire les 10mn à pieds jusqu’au court – que le Paire vient de perdre 6/1 6/0 contre un certain Jacob Fearnley. 6/1 6/0…Ce qui n’est peut-être pas très étonnant, puisque, comme je follow Ben sur Insta, woué gros, je sais que sa dernière et récente publication était une sorte d’image de la radio de je sais pas quelle partie de son corps depuis un hôpital (la dernière « story » de Ritchie, c’est sa promenade au zoo vers Cassis, c’est vraiment bien Insta). Bref, qu’est ce qu’il est venu faire là, Benoît ? Ne lui reste plus qu’à se plaindre des « haters » qui vont immanquablement lui tomber à présent sur le dos.

    Alors, que nous reste-t-il comme « attraction » ? Manna, bien sûr, pour sa 64ème apparition ici (et qui a déclaré en gros, en arrivant, que s’il était là, en Chall, c’était « pas bon signe », au moins c’est honnête), ainsi que …Constant Lestienne – c’est pas exciting funky ça ?! – , qui affronte ce soir Jules-salut-les-breakers, oui, ce soir, puisque le top ranking de Constant et les 100K de followers de Jules font de ce match la night session vedette.

    • Sam 11 septembre 2024 at 16:43

      Donc, comment aimer le tennis en 2024, un mercredi rennais de Septembre ?

      Je regarde la storie de Jules Breaker, « bon appétit le B », en commentaire d’une photo de ce Monsieur « B » (son camarade qui filme et monte les vidéos) en train de manger son petit dej devant une fenêtre qui donne sur un coin de Rennes que je reconnais : Distance / virtuelle / proximité / réalité : où suis-je ? Possibilité : aller voir…Si, allez, aller voir le match pour ensuite pouvoir regarder le montage qu’en fera le B avec les comm’ de Jules, ce qui n’est pas inintéressant (et la story).
      Story de Paire : nouvelle coupe de cheveux.
      Story de Ritchie : rien de neuf, juste une photo avec une sorte d’orque. Le zoo, donc.
      Story de …Eugénie Bouchard. Si ! Je sais, c’est limite limite. Grosse pourvoyeuse de Stories, la Eugénie, elle, plusieurs fois par jour : Eugénie au « pickle Ball » ou un truc comme ça, au Paddle, mais toujours ou presque, Eugénie en maillot de bain. D’où : comm’ de haters.
      Pas de story pour Gael, mais j’ai aimé dans son vlog le moment où il est interviewé par Jules Breaker, pour le Vlog de ce dernier. Une interviewe, 2 mecs (+le B), diffusion sur 2 vlogs.

      • Montagne 12 septembre 2024 at 09:49

        J’avoue que pratiquant mal le franglais moderne, j’ai du mal à suivre les communications de Sam !!
        Dommage, car la vie à Rennes, notamment en période de tournoi challenger semble être palpitante.

        • Sam 12 septembre 2024 at 09:56

          Cher Montagne, comme je te comprends.
          15 Love est un refuge pour les gens qui utilisent encore ces tools qu’on appelle les Phrases et les Mots.
          Share si tu like !

  8. Sam 12 septembre 2024 at 09:21

    Ca n’a pas loupé : même le très prudent Ouest France souligne la médiocrité de la « performance » Pairienne et son attitude « désinvolte ». Mahut explique qu’il s’est barré au bout de 4 jeux (soit je pense 6 minutes). Paire sur twitter : 3 émoticones qui rient aux larmes.
    Le breaker a tenu jusqu’à 5/5, puis n’a plus marqué qu’un jeu, dans ce qui s’apparente manifestement à un schéma identique à celui de l’année dernière contre Ritchie (toujours au zoo), résistance, puis effondrement. Hâte de voir le vlog. Tout de même courageux et très respectable, le breaker, qui se retrouve quand même clairement de Tchall en Tchall, confronté à ses limites, mais essaie encore.

  9. Guillaume 12 septembre 2024 at 14:40

    Mais on est pas les seuls à se poser la question au vu des audiences américaines de la finale de l’US. Alors même que tu avais le n°1 mondial face à un Ricain, on est sur le podium des pires audiences du XXIe siècle (et donc vraisemblablement de tous les temps depuis que la TV diffuse l’évènement) : Poil de Carotte et le conjoint de Morgan Riddle l’influenceuse font 1,7 millions de téléspectateurs. A peine au-dessus de Thiem – Zverev à huis clos (1,5). Et globalement un peu en-dessous de la plupart des audiences féminines des dernières années.

    Fed – Roddick 2006, pour la dernière avant ça impliquant un Ricain (et déjà avec la concurrence de la NFL), c’était 6 millions. Sampras – Agassi 2002, 10 millions.

    • Sam 12 septembre 2024 at 19:07

      Vu comme ça, on relativise la défaite de la tête d’affiche Ben Bonzi aujourd’hui en quart à Rennes…

      • Guillaume 12 septembre 2024 at 20:28

        Et pour continuer dans ce joyeux panorama, je suis interpellé par ces Challengers français aux tableaux à 75% tricolores. Je sais que les tournois aiment avoir des Fraaaançais, qui font frétiller la billetterie paraît-il, mais quand il ne reste plus que ça dans ton tableau, peut on encore parler de tournoi international quand tu n’y vois que des gars que tu pourrais croiser en CNGT ? L’ATP est censé être un circuit international, quoi !

        • Sam 12 septembre 2024 at 20:39

          6 Français en quart ici.
          Avec la grosse affiche : Pouille / Lestienne.
          C’est largement le tennis de Manna le plus intéressant à voir, au final.

        • Guillaume 13 septembre 2024 at 11:48

          + un Belge familier des tournois et interclubs en France. Autant dire qu’à la fin l’exotisme est incarné par un Grand Briton qui a traversé la Manche. Wahou :lol:

          • Sam 13 septembre 2024 at 13:50

            Oui, ce grand briton étant paraît-il « l’épouvantail du tableau », ce qui me laisse songeur.

  10. Sam 15 septembre 2024 at 19:50

    Victoire finale ici à Rennes de « l’épouvantail » donc, Ecossais (ATP 164). Il paraît que plusieurs observateurs pro du tennis ont déclaré dès le tirage du tableau qu’il était le joueur le plus dangereux du tournoi. Personnellement, ce que j’ai vu de son tennis ne m’a pas chamboulé plus que ça, mais, vu donc ce qui a été dit de lui, et vu sa victoire, pas impossible qu’on tienne là un prochain Top 100 – sa victoire de toutes manière va lui faire faire un grand pas – et bien entendu plus si affinités.

    • Guillaume 17 septembre 2024 at 12:40

      Ce qui devait arriver arriva : 13 Français sur 16 huitièmes de finalistes, 6 Français sur 8 quarts de finalistes, 3 Français sur 4 demi finalistes… mais le titre qui leur échappe à l’arrivée ;)

      Pas vu jouer l’épouvantail picte mais c’est probablement, comme souvent dans le tennis actuel, la dynamique du moment qui a amené les spécialistes à le voir favori malgré sa TS 8 : il jouait encore des Futures en début d’année, il va terminer plus ou moins Top 100, Rennes étant son 3e titre Challenger depuis l’été. + un set pris à Djokovic à Wim, ce que ni Rune, ni Musetti ni quiconque d’autre n’a été foutu de faire avant que Carlitos se charge du travail.

      Point Carlitos, tiens : vous avez aimé l’épisode de la fiesta à Ibiza pour préparer Wimbledon ? Vous aimerez le match plein sorti face à Humbert en Davis pour qualifier l’Espagne : bah oui, il était hors de question de revenir sur le terrain le lendemain parce qu’il était de mariage ! Alors il a fait ce qu’il fallait pour pouvoir quitter les siens l’esprit tranquille le samedi…

      • Sam 18 septembre 2024 at 12:53

        En termes de comm’, c’est important pour le Tchall Rennais de pouvoir afficher sa capacité à faire émerger de futures Stars. On est maintenant accueillis sur le site par une fresque intitulée « légendes », où se côtoient Djo, Rublo, Tsi et quelques autres, qu’ils aient gagné le titre ou pas. Peut-être que les billes ont été mises sur l’Irlandais cette année.

        La vie des bas-fonds étant pour moi en ce moment là plus intéressante, je viens de découvrir ceci :

        https://www.theguardian.com/sport/article/2024/jun/27/the-loneliness-of-the-low-ranking-tennis-player?CMP=share_btn_url
        (« Je vais bien, je le promets », ou, la solitude du joueur de tennis de bas rang), par l’ex N°Irlandais. A ce que j’ai pu lire, à côté, la vie de Jules Marie est vraiment glamour. Surtout depuis qu’il fréquente les ‘Tchall, grosse, grosse différence de standing avec les Futures, comme on sait. Ce bouquin a l’air de très bien documenter tout cela, et en plus, j’y ai découvert un personnage intéressant : « American John Valenti, who went by Johnny Blaze, spent more than a decade on tour without ever earning an ATP singles ranking point, consistently losing in the true obscurity of the first round of Futures qualifying rounds ». Les bas-fonds, je vous dis…

        • Colin 19 septembre 2024 at 23:30

          Ah ça me fait penser à ce joueur russe qui avait été pendant quelques semaines la coqueluche de SportVox… Quelqu’un avait exhumé ses résultats, il n’y avait que des défaites lors des 3 dernières années, aux premiers tours de challengers tous plus miteux les uns que les autres… Comment s’appelait-il déjà?

          • Guillaume 20 septembre 2024 at 11:08

            Par chez nous il y avait la chronique des exploits de Filenkov par Ulysse.

            https://www.15-lovetennis.com/?p=715&cpage=2

          • Colin 20 septembre 2024 at 19:35

            Alexeï Filenkov, bravo Guillaume… C’est tellement vieux qu’il me semblait que ça remontait à SV.

          • Colin 20 septembre 2024 at 19:53

            Je relisais cet article et les commentaires qui suivaient, et je tombe là dessus. Un génie, ce Guillaume.
            Madame Soleil

          • Guillaume 3 octobre 2024 at 14:10

            Alors c’est très drôle parce que ça fait partie des convictions très fortes, espèces d’évidences, que j’ai eu parfois (rarement, sinon je n’aurais pas clôturé mon compte de paris en ligne à 0€ :mrgreen: ). Dès la demie de RG contre Fed je l’ai vu gros comme une maison à Flushing, avec l’espèce de certitude que le plan se déroulait sans accroc quand, à l’été, il fait finale au Canada (très serrée contre Murray) avant un forfait de précaution très sage à Cincy.

            Après, vous me direz, il ne s’en faut que de 2 points pour que Rogé fasse le sextuplé à NY…

      • Guillaume 19 septembre 2024 at 09:11

        Sauf qu’avec un plateau à 80% de Français ils ne risquent pas de voir passer le prochain Tsitsipas ou le prochain Rublev. Est-ce que ce sont les tournois qui font tout pour attirer les FR ou est-ce que ce sont les autres joueurs de la même tranche de classement qui ne viennent plus ? Mais ça m’interpelle, en tout cas. A rebours de cette tendance lourde, t’as Roanne, énième nouveau venu dans la catégorie « Challenger français », qui mise et communique à fond sur les grosses cartes de visite internationale, avec Norrie et Shapovalov pour têtes d’affiche, le prospect Fonseca et à notre ami William Wallace maintenant mis en avant parmi les « must see » du tournoi. Mais c’est l’un des seuls aujourd’hui qui affiche encore une politique volontariste d’un plateau international marqué.

        • Sam 19 septembre 2024 at 12:03

          Exact, en 2017, par exemple, l’année Rublev, 9 français seulement dans le tableau.
          Mon Dieu, mon Cher Open Blot s’est transformé en CNGT. C’est assez humiliant en fait quelque part. Dire que j’attendais Stan cette année….

        • Montagne 20 septembre 2024 at 20:00

          On peut aussi penser que certains challengers offrent des garanties à des joueurs type Shapovalov ou Norrie.

          • Guillaume 24 septembre 2024 at 18:30

            Oui, clairement.

            Mais je serais curieux des retours sur investissements pour les tournois, si tant est qu’on puisse réellement les mesurer. Je découvre qu’Orléans a peu ou prou les mêmes joueurs que Roanne. Mais à Orléans on communique à mort sur les Fraaaaaaançais (« 10 Français entrants direct ») là où Roanne insiste sur la présence de Shapo ou du « next big thing » Fonseca. C’est marrant ces différences de stratégies.

  11. Colin 22 septembre 2024 at 22:56

    Salut à tous, dans la lignée de mes « anthologies du tennis au cinéma » publiées ici même il y a quelques années, je viens de publier une vidéo sur YouTube qui est un hommage personnel au cinéma en général et à la web-émission « Blow Up » d’Arte en particulier, et j’y ai placé une petite allusion à 15-lovetennis.com. Bon la vidéo fait 28 minutes en tout et je me doute bien que vous n’irez pas jusqu’au bout, mais les 4 premières minutes sont consacrées au tennis au cinéma donc elles peuvent vous plaire. C’est ici :
    https://www.youtube.com/watch?v=OlqezxzOPfs
    Un petit commentaire serait très apprécié.

    • Guillaume 24 septembre 2024 at 09:12

      Excellent ! On croirait que t’as fait ça toute ta vie, en plus. C’est ultra quali, que ce soit le montage, le sonore, poser la voix… et je ne parle pas du degré d’expertise sur le sujet spécifique de Blow Up :smile: Tu as tout fait tout seul ou vous êtes plusieurs derrière Blow Out ?

    • Colin 24 septembre 2024 at 15:42

      Merci Guillaume, ça fait plèz.
      Ben j’ai fait ça tout seul comme un grand, mais je l’ai fait vérifier avant publication par ma belle-sœur qui est productrice d’émissions pour la télé, elle m’a donc donné quelques conseils pour lui donner un côté un peu pro, et améliorer aussi son « dynamisme » (c’était un peu mou du genou au départ).

      • Guillaume 24 septembre 2024 at 18:27

        Bravo alors. Le travail sur les vocaux est excellent (la voix bien posée, le débit, l’intonation…), l’animation des images et les découpages sont dynamiques… Sans avoir l’expertise de ta belle-soeur mais pour avoir supervisé/passé commande de nombre de projets vidéo, je peux te dire que ton docu tient déjà largement la route.

    • Perse 28 septembre 2024 at 19:16

      Très bien Colin, merci d’enrichir (ou plutôt établir vu l’absence) ma culture musicale. C’est du beau travail !

    • Sebastien 14 octobre 2024 at 22:54

      Bravo Colin, c’est somptueux !

  12. Montagne 25 septembre 2024 at 09:42

    Admiratif, vraiment un travail de pro.

    Du coup j’ai été voir plusieurs épisodes de blow up que je ne connaissais pas.

    Mais rien ne remplace bien sûr l’original avec les magnifiques Vanessa Redgrave Sarah Miles et Jane Birkin.

    • Colin 25 septembre 2024 at 11:48

      Merci Montagne.
      Mais tu sais qu’il est fréquent que Blow Up (l’émission) fasse allusion à Blow Up (le film) dans ses divers épisodes.

      • Sam 4 octobre 2024 at 09:42

        Colin, je n’ai pour l’instant eu que le temps de regarder le début, qui m’a beaucoup plus – en clair, je suis lâchement allé vérifier qu’il était bien question de 15L ! – , super tonalité, déjà. La suite ce week-end, et peut être qu’un jour je retrouverai mon mot de passe You tube.

  13. Perse 28 septembre 2024 at 19:24

    Petit tremblement de terre avec l’appel de l’AMA. Pour tout vous dire, après relecture des 33 pages du jugement de l’ITIA, et en absence des conclusions de l’AMA, cela semble plus être cosmétique et politique que réellement contentieux sur le fond.

    L’AMA pour le moment n’a fait qu’un communiqué de presse de 5 lignes pour estimer que la disposition sur « l’absence de négligence » était mal applicable.

    Le jugement y consacre la majeure partie de son argumentaire, y mentionnant également les éléments dissidents (notamment le témoignage d’un ami de Sinner sur l’emplacement de la trousse de soin contenant le produit incriminé : Ferrara et Naldi disent que l’application de la pommade avait lieu dans la salle de bain de Ferrara afin justement que cette pommade n’aillent pas se balader près de Sinner ou perdue de vue, l’ami de Sinner dit qu’il semble l’avoir vu quelque part).

    Par ailleurs, les 3 experts (dont 2 à l’aveugle sur la personnalité du cas) sont tous accrédités par l’AMA.

    Tout bien pesé, cela semble plus être de la politique et du zèle mais je pense que le TAS confortera l’ITIA.

  14. Perse 1 octobre 2024 at 17:36

    Pékin n’est qu’un ATP 500 à la grosse bourse mais on retrouvera un nouveau classique.

    Au vu du jeu déployé et des circonstances, Alcaraz semble être favori (son match contre Griekspoor a été incroyable de qualité). D’un autre côté, Sinner semble d’une solidité inaltérable et il continue à progresser dans l’alternance et même dans le toucher (nombreuses amorties réussies ce tournoi « à la Alcaraz »).

    Belle surprise que Bu qui a apparemment est en pleine progression depuis 2 ans et à l’instar d’un Cobolli cette année devrait s’installer au sein de Tennis TV en 2025.

    Vivement Vienne qui est mon tournoi indoor favori de l’année (superbe édition l’année dernière).

  15. Perse 2 octobre 2024 at 16:06

    Match énorme et au couteau entre Alcaraz et Sinner. 3ème défaite consécutive pour l’Italien, opposition incroyable, je trouve que leurs matchs sont bien plus spectaculaires que les affrontements du Big 3.

    Paradoxalement, au vu du niveau de jeu et de la dynamique affichée, ce n’est pas trop grave pour Sinner. En effet, Alcaraz a été éblouissant toute la semaine, Sinner en-dedans et pourtant cela donne un match hyper-serré qu’Alcaraz gagne au talent (qui est le plus grand des 20 dernières années). C’est dire le fond de jeu de Sinner quelque part ainsi que sa force mentale.

  16. Nathan 2 octobre 2024 at 19:59

    C’est tout de même Alcaraz qui mène la danse, sur un fil certes, mais il mène la danse. Ce n’est pas tant la variété de ses coups qui est impressionnante (elle l’est) que l’imprévu et la totale créativité de son jeu. A cela s’ajoute l’oscillations de son niveau au cours de la partie. C’est un funambule qui danse au bord du précipice mais tombe rarement. En face, c’est effroyable de solidité et de puissance. Mais à la fin, il perd. C’est presque moral ;)

    • Perse 3 octobre 2024 at 10:37

      La créativité est en train de devenir le mantra qualifiant le jeu d’Alcaraz. C’est vrai qu’il est très fort pour poser ses amorties.

      Mais ce qui est exceptionnel chez lui est surtout sa vitesse explosive combinée à beaucoup de force. A la fin des fin, en sport, on en revient au physique et celui d’Alcaraz est le plus exceptionnel de tous : c’est un boeuf ultra-léger et vif où il n’a pas à faire de compromis.

      Comme Fourcade en biathlon qui était à la fois meilleur skieur, meilleur skieur et 3ème en vitesse de tir.

  17. Guillaume 3 octobre 2024 at 13:47

    Je pense qu’on parle de créativité pour Alcaraz parce que son physique / son oeil / sa main lui permettent non seulement d’avoir plein de choix, mais que lorsqu’il est inspiré il pioche à plein dans toutes les options qui s’offrent à lui. C’est cette palette large que non seulement il possède mais aussi qu’il exploite, qui le rend unique à l’heure actuelle sur le circuit. Parlons amorties : hier il en fait relativement peu par rapport à ce qu’il peut à d’autres moments en abuser (et quand il en fait trop, c’est signe de panne d’inspiration, justement). Par contre il décide de changer un peu la physionomie du match-up en agressant Sinner avant que Sinner ne l’agresse. Et le Alcaraz qui tend d’habitude à être sur la défensive face aux grands frappeurs devient un Alcaraz qui joue en filières courtes, prend les cogneurs à leur propre jeu et se rue vers l’avant. Les matchs de ces deux-là nous bluffaient jusque-là par les rallyes de dingos qu’ils offraient, là on est parti sur autre chose hier. J’en souriais par moments à le voir exécuter des retours-volée façon Rogé de la grande époque (11 contre un serveur de la trempe de Sinner). C’est vraiment le rayon de soleil actuel de l’ATP. Au risque que l’attrait du circuit entier ne repose plus guère que sur un môme de 21 ans plus que d’autres sujet aux variations d’humeurs…

    Sinner à l’opposé, c’est marrant mais alors que je l’aimais plutôt bien, il ne m’en faudrait plus beaucoup pour qu’il prenne la place de Djoko comme Super-Vilain principal du circuit. Perso je trouve que son jeu s’est appauvri en même temps qu’il a encore gagné en puissance – et en régularité dans la puissance. Il se plante sur sa ligne ou juste derrière et il parpine. On ne peut pas lui en vouloir d’avoir trouvé la martingale, d’autant qu’elle suffit amplement face à tous les Taylor Fritz du circuit, mais c’est devenu très minimaliste. Il créait plus en revers avant, quand son coup droit était plus faillible. Alors oui comme il perfore et qu’il est en confiance il tente de temps en temps une amortie ou une volée de finition, m’enfin c’est pas non plus la panacée, et il est facilement berdychien dans l’exercice.

    J’avais déjà eu du mal avec son esquive des Jeux (pas trop eu le temps de développer, mais en gros dès lors que ses homologues top guns, Alcaraz, Djoko et même les légendes du Big 4 vieillissantes, s’y donnaient rendez-vous pour en faire un temps fort de la saison, le n°1 se devait d’y être, pas de préférer jouer les gagne-petits dans un M1000 canadien dont tout le monde se foutait, n°1 Canadien FFA inclus), ensuite toute cette histoire de contrôle positif où, sans avoir d’avis sur le fond (je ne suis ni expert en produits dopants, ni juriste), je suis atterré de la forme – l’omerta 4 mois durant, le mensonge de « blessures » finalement diplomatiques puisqu’il a admis ensuite que c’était surtout mentalement qu’il était touché au moment de Rome, le renvoi tardif de kinés qui doivent être sacrément teubés pour avoir fait entrer dans la sphère de leur joueur un produit connu comme le loup blanc en Italie pour être l’équivalent du Meldonium transalpin, « le » produit trouvable en pharmacie mais qui a déjà piégé nombre de sportifs italiens ces dernières années… Dans un sport qui souffre depuis longtemps de la réputation de couvrir ses stars, le rendu est désastreux. Quand vous causez avec des férus d’autres sports, c’est même plus la peine de leur parler de tennis :lol: Pire, on devient la caution des autres, en mode « Et pourquoi on continuerait à chasser nos tricheurs si des sports comme le foot et le tennis ne le font pas ? » T’es le n°1 d’un sport qui lutte avec cette image de complaisance vis-à-vis du dopage, tu dois jouer la transparence dès le 1er jour. Tu ne peux pas la fermer quatre mois durant sur un contrôle positif (quatre mois où tu continues à engranger victoires et titres) et te pointer la bouche en coeur à la fin avec un communiqué en mode Franck Dubosc « chouette, tout va bien, je suis blanchi… Quoi, j’vous ai pas raconté ? Ah mais ouiiiii, j’ai été contrôlé positif et vous n’en avez rien su ! »

    Le tout en tirant une gueule de six pieds de long sur le court (qu’est ce que son visage s’est émacié en un an).

    Bref, il a intérêt à baffer Djoko prochainement sinon je lui transfère solennellement la panoplie de Fatalis du circuit.

  18. Nathan 4 octobre 2024 at 16:15

    Et Muchova qui bat Sabalenka en 3 sets ! Pas vu le match mais c’est aussi une bonne nouvelle pour le tennis féminin.

    @ Rubens : D’abord bonjour et heureux de cette reprise de commentaires !

    Alors le médecin de campagne plus fort que les trois experts de l’anti-dopage ? Le « peuple » coontre les élites ? Le « bon sens » contre le raffinement scientifique frelaté des spécialistes ?

    Je suis comme Guillaume, je ne suis ni expert en produits dopants, ni avocat spécialisé dans les affaires de dopage.

    D’un point de vue basique, à quoi ça sert de se doper avec une quantité de produit dopant qui ne produit aucun effet selon les experts de la chose ? A rien.

    Sauf à dire de façon trumpienne que les experts se trompent. « Il peuvent dire ce que qu’ils veulent mais moi je sais bien que. » Le produit dopant en question n’est pas fabriqué naturellement par l’organisme. La moindre trace est alors détectée. Ce qui ne veut pas dire que cette moindre trace a un effet sur les capacités du joueur.

    Pour le reste de l’argumentation (ils auraient dû savoir), cela revient alors à dire que les traces du produit ne sont que le reste d’une utilisation beaucoup plus efficiente du dit produit et que la crème ou le spray du kiné n’est qu’un nuage de fumée pour masquer un usage dopant du produit en question. Là, c’est plus intéressant et cela mériterait une réflexion plus poussée. Ce point pourrait peut-être expliquer l’insistance de l’AMA.

    Je dis bien « peut-être » parce qu’il semblerait que le raisonnement de l’AMA ne soit pas celui-ci mais plutôt que Sinner n’a pas été suffisamment attentif à prévenir à l’insu de son plein gré l’absorption infinitésimale du produit.

    • Nathan 4 octobre 2024 at 19:17

      Ce n’est pas le procès du kiné. c’est celui de Sinner. Son kiné est kiné, il n’est ni pharmacien, ni médecin. Et il a droit aussi d’être con. Quelle est la fonction d’un kiné ? Ce n’est pas d’être la vigie anti-dopage du joueur, me semble-t-il. Mais j’ai l’impression, à ce compte, que les joueurs devront recruter dans leur « petite entreprise » un spécialiste pour ces questions désormais.

      On ne peut pas automatiquement rendre responsable Sinner de la négligence ou de l’ignorance ou de la connerie de son kiné qui s’est mis de la crème pour soigner une blessure. Sinner savait-il que le kiné s’était blessé ? et savait-il qu’il mettait cette crème-là ? Enfin ! Il faut corroborer cette explication de la transmission avec la dose infinitésimale retrouvée pour pouvoir juger de sa plausibilité d’une part et de la faute de Sinner quant à son manque éventuel de vigilance d’autre part.

      Ce cas est effectivement très similaire à celui de Richard qui a été suspendu immédiatement 2 ou 3 mois et blanchi au final par le TAS. Mais le deux poids deux mesures, parfaitement exact, ne fait que démontrer que ce n’est pas normal de traiter différemment deux joueurs pris dans la même tourmente. Oui c’est inéquitable. Mais la faute à qui ? A Sinner ? C’est inéquitable mais sur le fond de la culpabilité ou de l’innocence de Sinner, c’est sans objet.

      Vos arguments, à Guillaume et à toi, que je comprends, en gros, je simplifie : « il y a trop d’odeurs de dopage dans le tennis que cela ouvre la voie à toutes les suspicions complotistes », je les partage. Mais ce sont des arguments généraux.

      Or là, il s’agit d’un cas individuel. On juge de la responsabilité individuelle d’un joueur qui s’appelle Sinner. On ne juge pas Sinner comme on prendrait une mesure de prophylaxie pour en faire un exemple. Oui, il y a sans doute du dopage dans le tennis, même chez les plus brillants des joueurs. Mais là, on juge d’un joueur en particulier.

      Sinner aurait-il dû de lui-même dire qu’il avait eu deux contrôles positifs ? Cela aurait eu de la gueule, ce comportement héroique. Je vous laisse imaginer le déchainement médiatique ainsi que celui des autres joueurs dans cette hypothèse qui aurait laissé libre cours à tous les discours les plus fantaisistes pas forcément animés des meilleurs sentiments. Il y a de quoi broyer un jeune type, surtout s’il est éventuellement innocent

  19. Guillaume 4 octobre 2024 at 17:18

    Ah mais j’ai dit aussi que je n’étais pas le plus fervent partisan du tennis au JO. MAIS. J’y mets un « mais » lié au statut du n°1 mondial : si tous tes petits copains avec lesquels tu es censé batailler au sommet du jeu se donnent rendez-vous sur un objectif qu’ils érigent comme majeur, tu ne te défiles pas, tu relèves le gant. Aujourd’hui si je pense Alcaraz, je pense Djoko. Et vice-versa. Alcaraz a pris 2 Wim contre celui qui jouait pour en devenir le recordman de victoires. Djoko a été chercher les Jeux sur le vainqueur de RG. Alors que Sinner a pris ses titres récents sur Dimitrov, Tiafoe et Fritz. ça manque de panache pour quelqu’un qui réalise une saison statistiquement hors normes, mais laisse la drôle d’impression qu’il a évolué à contretemps de ses grands rivaux sur le segment majeur de l’année d’avril-septembre, relativement discret quand les deux autres flambaient, autoritaire quand les deux autres n’étaient pas là. Ce fut stratégiquement payant mais ce n’est pas ce genre de calculs d’épiciers que j’attends d’un n°1 censé contribuer au rayonnement de son sport (qui en a bien besoin, cf les audiences de l’US).

    (pour la même raison, il y a 20 ans de ça, j’avais sadiquement jubilé quand Hewitt, qui avait fait l’impasse sur Athènes pour préparer l’US Open et capitalisé avec des titres à Washington et Long Island, n’en avait pas moins pris une fessée en finale à Flushing contre Roro, pourtant présent en Grèce :smile: )

    Pas mieux sur le volet dopage. Encore une fois, je ne me prononce même pas sur le fond. Mais effectivement, comment un staff responsable fait entrer un médoc connu pour être problématique dans la sphère du joueur ? Ca me fait penser à l’affaire Thibus dont la version officielle est que le mari, à peine retraité, s’est rué acheter en ligne des produits qui lui étaient interdits car catégorisés dopants quand il était sportif de haut niveau… Et ça ne le gêne pas, ni d’y avoir à présent recours, ni de les introduire dans la maison alors que Madame est toujours en activité. Paye le risque que tu lui fais courir (si c’est vraiment ça l’histoire…). Là, t’es kiné d’un sportif de haut niveau, tu te fais une coupure à un doigt : tu ne peux pas juste passer ton doigt sous l’eau et plaquer un pansement ? C’est ça la politique du risque 0 quand tu appartiens au premier cercle d’un sportif. Mais il est vrai que c’est un monde qui a un drôle de rapport aux aides extérieures à la performance. Comme disait l’autre, chez ces gens-là… on aime les médocs. Et quand de rares Kevin Mayer ou Thibaut Pinot y sont réfractaires, c’est tout un milieu qui les considère comme des weirdos, dans une inversion des valeurs complète.

    L’omerta sur le contrôle est le coup de grâce. Avec la mauvaise réputation du tennis dans ce domaine précis (cf Dédé il y a 25 ans, et tous les échos de contrôles positifs transformés en blessures diplomatiques relayés par des joueurs eux-mêmes), on entretient toutes les suspicions et toutes les théories (plus ou moins) complotistes. La mienne : du communiqué tardif au renvoi de kiné tout aussi tardif, est-ce que la prise de parole publique était vraiment prévue ou est-ce un imprévu (fuite dans un média quelconque, perspective attendue de la ténacité de l’AMA ?) qui l’a déclenché, imprévu sans lequel tout serait resté sous le tapis ? Qu’importe la réponse, en fait : le mal est là, en ce que le doute en tennis est légitime.

  20. Perse 4 octobre 2024 at 19:53

    Merci Nathan de me relayer un peu.

    Effectivement, Guillaume et Rubens, vous employez des arguments hégeliens, généraux qui fonctionnent très bien dans le meilleur des mondes. Or la justice doit être individualisée, pesée et balancé vis-à-vis du droit dans notre monde sublunaire à tendance libérale qui suit l’état de droit.

    J’ai l’impression que vous n’avez pas lu les 33 pages (c’est pas long) de l’attendu de l’ITIA qui est un cas relativement simple en justice.

    Toutes les informations y sont, et selon l’ITIA, Sinner a fait les démarches pour s’assurer du respect de l’anti-dopage et qu’il y a eu diablerie et incompétence mais que lui-même n’a pas été négligent ni fauté.

    L’argumentation de l’ITIA repose sur le fait que Sinner avait bien désigné 2 responsables de ce volet là (l’agent et Ferrara le préparateur physique), que Ferrara avait bien toutes les compétences tant livresques (doctorat en pharmacologie) qu’expérientielles, qu’il a pu corroborer son témoignagne qu’il avait été vigilant quant à la blessure de Nardi (il a remarqué la blessure, lui a demandé s’il était vigilant quant à l’antidopage et se lavait les mains).

    En somme, qu’il avait accompli la partie du travail qui lui incombait, même s’il ne peut pas matériellement être expert de l’antidopage.

    ———–

    Quant aux amalgames avec l’affaire Gasquet ou Simona Halep, c’est assez drôle puisque l’ITIA utilise la jurisprudence Gasquet dans le cas Sinner. En réalité Gasquet s’en est très vite sorti mais s’il a pris du conservatoire, c’est parce que le cas était « nouveau » et avec une dose assez importante.

    Sinner avait plus de jurisprudence, une dose plus faible, et une argumentation solide (tout en reconnaissant la matérialité du contrôle) qui ont permis la levée de la suspension dans le cadre de l’appel. Je répète mais le cas est peu contentieux.

    L’appel de l’AMA consistera à démontrer que Sinner a été négligent ou fautif, on n’a pas pour le moment les conclusions de l’AMA mais je suis impatient de lire l’attendu du TAS qui – il y a de fortes chances – se basera sur l’argumentaire de l’ITIA.

  21. Perse 4 octobre 2024 at 20:06

    Et pour ajouter, il est logique que Naldi et Ferrara partent après que la décision de l’ITIA, ils paient la matérialité du contrôle. Ferrara pour avoir échouer dans son obligation de résultat et Naldi pour sa négligeance.

    Je trouve que les 2 contrôles ont été traités avec beaucoup (trop peut-être de diligence) mais il me paraît ardu de passer la hache précipitamment, même si c’était fatal in fine.

  22. Colin 4 octobre 2024 at 20:31

    Merci à tous pour vos commentaires agréables sur « Blow Out ».
    Pour ce qui est du cas Sinner,
    (1) même si je n’ai personnellement aucun doute sur le fait que la grande majorité des sportifs de haut niveau se dope(nt) à des degrés divers,
    (2) je pense néanmoins qu’en l’occurrence l’hypothèse de la bévue stupide est très plausible. Mon expérience de bientôt vieux (57 ans quand même) m’a amené à être confronté à des tas d’exemples où on se dit « mais c’est pas possible il n’a pas pu faire ÇA !!! » Et pourtant, si. Et ce, malgré tous les contrôles et toutes les procédures qu’on est censés mettre en place.
    Comme disait Rocard, « Toujours privilégier l’hypothèse de la connerie à celle du complot. La connerie est courante, le complot demande un rare esprit. »
    Ceci dit, pour revenir à mon point (1), la bévue isolée n’exclut absolument pas l’existence du dopage généralisé; c’est juste que dans cette situation précise, si bévue il y a, Sinner doit être innocenté, et ce, même s’il se dope abondamment par ailleurs.

    • Colin 4 octobre 2024 at 20:33

      Quant à la discussion entre Rubens et son médecin, là encore, j’y vois l’éternel abîme entre la théorie et la pratique. Evidemment qu’en théorie aucun professionnel un tantinet sérieux n’est censé commettre une telle bévue, digne d’un débutant, stupide de surcroît. Oui mais la réalité est tout autre. Tout le monde fait des erreurs stupides. C’est tellement facile de se goberger en disant « Moi, jamais au grand jamais je ne pourrais faire une bévue pareille ». Ben si, en fait.

  23. Perse 5 octobre 2024 at 07:16

    Et bien dans ce cas tu fais du Fouquier-Tinville et tu te confis dans une posture en ne faisant pas une démarche d’information.

    Ce que tu fais est un étalage de moraline qui te permet de te flatter l’intelligence mais te rends également à côté de la plaque dans le cas d’espèce.

    Ce que tu as appris sur Jo et Simon, la même chose est exactement décrite pour Sinner par exemple.

    Colin l’explique très bien : il n’y a jamais assez de créativité pour faire des conneries, et ça arrive tout le temps. Il y a rarement d’intention maligne, juste de la bêtise.

    C’est un cas très léger en tout cas et il n’y a pas de contentieux particuliers entre Sinner et les contrôleurs pour le moment. Attendons de voir l’argumentation de l’AMA pour justifier la négligence.

    • Nathan 5 octobre 2024 at 10:40

      Allons, allons, Rubens, ne nous quitte pas ! Le tennis est en train de se renouveler, en particulier le tennis féminin, avec plein de joueuses intéressantes. Chez les hommes, il y a un jeune joueur qui joue un tennis extrordinaire avec des sautes de niveau qui rajoutent au suspens.

      La joute verbale rajoute à l’intensité de la discussion, diable ! C’est comme un match de tennis. Faut qu’il y ait un peu de fight parfois pour réveiller le spectateur. Et puis Fouquier-Tinville, c’est pas Torquemada, c’est déjà ça ! :)

  24. Perse 5 octobre 2024 at 10:47

    Désolé que tu prennes la mouche mais cette coquetterie de ne pas lire tous les éléments en mains font que tu tournes à vide. Et c’est dommage puisque tu as toutes les capacités pour t’informer.

    « Ce document a été rédigé pour innocenter Sinner » : au delà de la dérive téléologique du propos, c’est factuellement faux. C’est un fourvoiement que tu fais là.

  25. Colin 5 octobre 2024 at 19:40

    Rubens, l’enchaînement que tu cites se base sur l’hypothèse de l’ignorance. Or, évidemment, ces gars là sont tout à fait au courant de ce qu’ils font (ou plutôt, de ce qu’ils sont censés faire). Tu oublies simplement un élément qui, à lui seul, explique l’occurrence de ce genre d’erreurs fatales. C’est celui-ci : je sais très bien que ce que je suis en train de faire présente un risque élevé, mais je suis pressé et je n’ai pas le temps de faire autre chose, et donc, je le fais quand même en me disant « bah, ça va passer ». Et dans la plupart des cas, en effet, ça passe. Et puis, un jour, un contrôle antidopage qui tombe pile au mauvais moment, et ça ne passe pas.
    Ceci dit, et je me répète, loin de moi l’intention d’affirmer que Sinner ne s’est jamais dopé (je suis même assez convaincu du contraire). Quant à Pogacar, je ne sais pas ce qu’il prend, mais ça doit être de la bonne.

  26. Sam 6 octobre 2024 at 14:33

    Waouh, vous êtes déchainés les gars… ! 15L, le seul site de sport où l’on cite Michel Rocard, merci Colin !

    Ci-dessous la vraie actualité tennistique, avec mon pref’ actuel, ce cher Lilian Baduuf, qui décidément n’a pas de bol au tirage :

    https://www.youtube.com/watch?v=HXpTRghiJIU

  27. Perse 7 octobre 2024 at 15:51

    https://www.tas-cas.org/fileadmin/user_upload/CAS_Media_Release_10443.pdf

    Le cas Pogba permet de comprendre les nuances juridiques.

    Dans le cas de Pogba, il n’a pas cherché un cas de « no fault no negligence » mais a montré que le médecin américain a exagéré sa compétence (le dit médecin disait s’occuper de plusieurs athlètes professionnels et être au fait du code mondial antidopage). Pogba a fait un peu trop confiance, sans suffisamment de contrôle.

    Sinner lui n’a fait aucune démarche de prescription auprès d’un médecin.

    ———————

    Pour l’image du tennis en matière de dopage, depuis que je fouille l’ITIA et en comparaison avec l’AMA et le TAS, je dois bien avouer que l’ITIA publie toutes ses décisions alors que l’AMA et le TAS ne le font pas nécessairement si l’une des parties demande la confidentialité.

    Il y a en réalité pas mal de transparence tout compte fait. En revanche, on pourrait pointer que l’étendue du passeport biologique n’est pas suffisante (à peine 300 joueurs concernés, en gros le TOP 100 + les blessés de haut niveau). De même le tennis est soumis au code mondial anti-dopage, même si l’ITIA est indépendante de l’AMA. La situation est bien plus conforme que les sports professionnels américains à l’égard du consensus mondial antidopage.

    Enfin dernier éléments : j’ai lu dans Sport&Vie qu’il y avait une différence majeure entre sport collectifs et sports individuels à l’égard de l’antidopage, c’est que seuls les joueurs co « actifs » (i.e : inscrit dans une liste de compétition) sont soumis à l’antidopage tandis qu’un athlète individuel ne peut se libérer des contraintes qu’en étant officiellement retraité.

    Avec le gouffre de moyens entre les sports co et individuels en terme de fonction support, il paraît douteux que les premiers soient en retard sur les seconds, d’où peut-être la forte détection du dopage en cyclisme qui est à l’interface des deux catégories.

  28. May 7 octobre 2024 at 18:07

    @tous, Hello!

    @Colin, j’espère que tu va renouveler l’expérience, ta vidéo est géniale (et pas trop longue) et j’adore Blow UP que j’écoute depuis des années.
    Il y a un épisode que j’apprécie tout particulièrement, il traite de Brian DePalma et donc de Blow out un de mes films préféré surtout de part son scénario. Visuellement il a subit les effets du temps mais l’impact final fonctionne toujours aussi fort.

    Je retourne à ma léthargie.
    Je viens encore vous lire mais le cœur n’est plus à l’écriture mais je ne m’avoue pas vaincue…

    • Colin 8 octobre 2024 at 19:57

      Merci May, ravi que ma vidéo t’ait plu et qu’elle t’ait permis de sortir de ta « léthargie » (en tant que commentatrice de 15-love je veux dire!)

      • Kaelin 15 octobre 2024 at 08:52

        Salut Colin, j’ai bien apprécié – et appris des choses – avec ta vidéo ! Au top !

        Je mettrai un commentaire ;)

      • Colin 16 octobre 2024 at 19:01

        Merci Kaelin, ça fait plaisir (et encore + quand il y a un commentaire sur la page YT :roll: )

  29. Sam 14 octobre 2024 at 19:42

    Où l’on voit que toute la communauté 15L est sous le choc de l’annonce de la retraite de Richard.

  30. Sebastien 14 octobre 2024 at 22:40

    Je suis effectivement sous le double choc : départ de Rubens (quel dommage, de si bons articles et commentaires – je veux croire que c’est encore un coup de ces pyramides un rien perverses ?) et la retraite de Richard.

  31. Colin 27 octobre 2024 at 22:27

    Je rêve ou Giovanni M-P, notre nouveau servebot national, joue en R1M??? (la question n’est pas si évidente car il tape très peu de revers dans un match, 90% des points se terminant avant le 3ème coup).
    Sur les highlights de sa finale face à Shelton, pas un seul R2M, pour 4 ou 5 R1M. Pas assez d’échantillons pour en tirer une conclusion, mais un faisceau d’indices quand même.

    • Colin 27 octobre 2024 at 22:28

      D’après sa page Wikipédia, la réponse serait « oui ».

      • Sam 29 octobre 2024 at 13:00

        Si si si si, je l’avais repéré depuis le début celui-là. Bon, c’est pas non plus le top de l’élégance tennistique, mais c’est bien un R1M, quand il en frappe.

  32. Perse 5 novembre 2024 at 13:56

    Première année avec un Masters sans membres du Big 3 depuis 20 ans. Maintenant Alcaraz, Sinner, Zverev et la probable nouvelle vague auront la possibilité de se forger un palmarès plus significatif que leurs antécesseurs qui ont subi le joug précédent.

    Djokovic semble être passé en l’espace de 4 mois subitement de « l’autre » côté au niveau de la durabilité physique.
    Finalement le tout dernier mohican de cette génération « Goatesque » semble être Lebron James qui continue à empiler des chiffres énormes en basket même si cela fait déjà 2-3 ans que sa valeur sportive a chuté.

  33. Perse 28 novembre 2024 at 17:05

    Petit exercice de casuistique sur le cas Swiatek versus Sinner.

    Le détail de la décision est ici : https://www.itia.tennis/media/re1pfjkz/2024-11-27-itia-v-swiatek-itia-decision.pdf

    La décision fait 12 pages et non 33 comme pour Sinner.

    1) Contrairement à Sinner, Swiatek n’a pas apporté suffisamment d’éléments dans les 10 jours de nature à obtenir la levée de la suspension provisoire (dans ce sens, la grosse connerie de Naldi a bien aidé Sinner).

    2) Swiatek a fait analyser tous les compléments et autres substances prescrite durant la période environnant le test positif; cette enquête indique la contamination d’un complément de mélatonine.

    3) Il a fallu qu’un labo indépendant (celui de Salt Lake City) fasse la contre-expertise afin de corroborer la thèse de Swiatek. Ceci prendrait environ 15 jours avant que l’ITTIA ne puisse déterminer s’il avait lieu de lever la suspension (on se retrouverait à J+3 semaines, i.e le 9 octobre 2024 du contrôle positif).

    4) Finalement dès le 4 octobre le laboratoire confirme la contamination du produit par le TMZ et Swiatek obtient la levée provisoire de sa suspension, la décision restant pendante.

    5) Finalement comme Sinner, Swiatek n’est pas tenu « responsable de faute ou de négligence » mais si elle prend 1 mois de suspension, c’est parce qu’elle a ingéré un produit contaminé prescrit sur ordonnance tandis que Sinner n’avait « vraiment » rien demandé dans le cas d’espèce.

    Conclusion : diablerie de la vie encore une fois mais un cas peu contentieux (nettement moins que celui de Halep). Mais rappelle à quel point la moindre prise de substance et complément est risquée de nos jours :)

    Je suppose maintenant que Sinner doit faire tester le moindre complément qu’il prend préalablement.

    4)

    • Perse 28 novembre 2024 at 17:17

      Aussi, Swiatek prend un petit éclat pour avoir mal rempli sa déclaration de suppléments lors du contrôle anti-dopage positif où elle a oubli d’ajouter la mélatonine.

      La TMZ a aussi une régulation différente dans le monde et un contrôle nettement plus lâche que la substance incriminée chez Sinner.

      A la toute fin, elle obtient un « No Significant Fault or Negligence » alors que Sinner a obtenu le « No Fault or Negligence ».

      On pourra noter qu’une joueuse tchèque a pris 6 mois pour de la TMZ parce que la contamination dans son cas provient d’un « supplément » et non d’un produit considéré comme « médicament ».

      Et oui, le droit nécessite de la concentration et de la finesse pour comprendre les décisions.

    • Nathan 29 novembre 2024 at 11:34

      Elle a eu de la chance d’avoir conservé sa boite de mélatonine pour que le Laboratoire puisse vérifier 1/ que les comprimés restant étaient bien restés dans leur emballage d’origine sans manipulation 2/ que ces comprimés contenaient eux-aussi de la TMZ. Le labo en a déduit que la contamination avait pu avoir lieu lors du process manufacturing sans toutefois en apporter la preuve. Ce qui est bien dommage pour la totale crédibilité de l’affaire.

      • Perse 29 novembre 2024 at 16:59

        Il est précisé que le labo a pu à la fois analyser la tablette même de Swiatek ainsi qu’une boîte « neuve » issue du même lot (batch number).

        Lez 2 donnant un résultat positif et cohérent, la remontée de l’arbre des causes n’est pas de son affaire mais en revanche il y a eu une contamination de ce lot pour le labo.

        Donc pas de problème de crédibilité à mon sens quand on lit le rendu. Ils ont notamment pas levé la suspension tant qu’ils n’avaient pas pu mener les tests d’ailleurs.

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