André Agassi : touché par la grass

By  | 9 février 2011 | Filed under: Histoire

Chaviré par le poids de l’exploit, ter­rassé par l’émo­tion qui lui coupe des jam­bes qui ne le por­tent déjà plus, André Agas­si est à genoux sur le peu d’herbe qu’il reste du Centre Court de Wimbledon, les mains join­tes en signe de prière ; peut-être implore-t-il le Divin qu’il ne s’agis­se pas d’une cruel­le il­lus­ion, d’un songe éveillé dont il va de­voir être tiré. Le petit homme en blanc ne voit plus l’avenir en noir et tout lui ap­paraît clair à nouveau, malgré des yeux embués par les lar­mes qu’il ne peut con­tenir ; son de­stin sur les co­urts sera bien celui que les orac­les lui ont prédit, une chevauchée tri­omphale dans un ciel con­stellé de succès.

En re­mpor­tant Wimbledon ce 5 juil­let 1992, le Kid de Las Vegas fait plus que déflor­er un pal­marès à la vir­ginité jusque-là douloureuse­ment préservée en Grand chelem ; André signe sans doute une des vic­toires les plus re­ten­tissan­tes de l’ère Open. Pas de ces fol­les em­bardées sur­prises et sans len­demain, de ces succès ac­quis à la faveur d’un al­ig­ne­ment im­prob­able d’astres non-consentants ; plutôt une aut­hentique et mag­nifique première es­tocade portée dans une arène que d’aucuns lui aurait jugé totale­ment in­ex­pugn­able.

En re­mpor­tant Roland-Garros en 1999, André Agas­si est de­venu le pre­mi­er joueur de­puis trente-sept ans et un cer­tain Rod Laver, à détenir une vic­toire dans chacun des tour­nois majeurs. En l’es­pace d’une décade pour­tant, il est déjà re­joint en 2009 par Roger Feder­er puis en 2010 par Rafael Nadal dans ce cercle (plus si) fermé ! Pour ceux qui sont nés au ten­nis dans les années 2000 et pour­raient ne pas per­cevoir la portée du sacre d’Agas­si à Wimbledon, lui op­posant notam­ment ceux de Feder­er à Paris en 2009 ou de Nadal à New York l’an de­rni­er, une petite (re)mise en per­spec­tive s’im­pose.

Wimbledon en 1992 : la volée à votre ser­vice

L’Enfer vert ; c’est le sur­nom du myt­hique cir­cuit du Nürburgr­ing dans sa Nordschleife, un tobog­gan fou de 21 km ser­pentant en pleine forêt et réservé aux pilotes sévère­ment burnés. C’est aussi le sur­nom qu’on aurait pu donn­er au tour­noi de Wimbledon durant les années 1980 et 90 pour tout joueur de fond de court. Son herbe glis­sante et fusan­te aux re­bonds quasi-inexistants avait fini par y re­ndre la pratique du service-volée ob­ligatoire pour quicon­que avait l’am­bi­tion de ne pas dis­paraître dès les pre­mi­ers tours. Chaque année à la même époque, les mal­habiles de la volée et aut­res souffreteux du ser­vice pre­naient la poud­re d’es­campet­te dès l’ouver­ture de la saison des her­bivores.

Le gazon avait toujours favorisé le jeu d’at­taque et la pratique du service-volée, notam­ment dans la pure tradi­tion du ten­nis australi­en des années 1950 et 60. Si les années 70 avaient vu le re­tour en grâce de la re­lan­ce et du pass­ing shot avec l’extrater­restre Borg, la décen­nie suivan­te avait sonné la résur­rec­tion de l’ordre an­ci­en d’abord avec John McEn­roe et le re­tour de la volée-reine, puis un virage brut­al avec l’émerg­ence des serveurs-artilleurs comme Kevin Curr­en, Slobodan Zivojinovic et sur­tout Boris Be­ck­er. La fin des années 80 reste marquée du sceau de ses duels homériques con­tre Stefan Ed­berg, le prin­ce des funam­bules.

Avec les années 1990 on entre définitive­ment dans l’ère du 1,90m et de l’ace par paquets de dix. Stich, Krajicek, Ivanisevic, Ros­set, Rusedski, Philip­pous­sis, tous ces noms son­nent comme ceux de l’ogre et font re­ssembl­er le gazon an­glais à la forêt de Brocélian­de. Avec ses Nike de sept lieux, défiant les pro­nos­tics qui le don­nent mangé dès les mises en bouc­he, Agas­si le Petit Poucet va jouer crâne­ment sa chan­ce cet été 1992 et se fray­er un chemin dans ce bois in­festé de ser­vices effrayants.

Je parle d’une époque où les vain­queurs de Roland-Garros par­fois ne se don­naient même pas la peine de travers­er la Man­che, trop sûrs du sort qui leur serait fait sur cette sur­face qui plait tant aux ruminants. Je parle d’une époque où Ivan Lendl pratiquait le service-volée sur première et secon­de balle. Je parle d’une époque où les de­rni­ers carrés de Roland-Garros et Wimbledon n’étaient pas in­terchan­ge­ables. Je parle d’une époque où le ser­vice pouvait rap­port­er une soixan­taine de points di­rects par match aux meil­leurs ar­tifici­ers. Vous avez dit mis­s­ion im­pos­sible de­puis la ligne de fond ?

André Agas­si en 1992 : un homme en crise

Un champ­ion blessé, un roi sans trône ni co­uron­ne, une en­velop­pe pub­licitaire sans l’être de champ­ion à l’intérieur, une pop star égarée dans le monde du ten­nis, une pro­mes­se non-tenue ; en 1992 André Agas­si c’est un peu tout ça et moins en­core. Alors que la bannière étoilée se hisse fiè­re­ment sur le toit du Grand chelem par l’entrem­ise de Chang, Sampras puis Co­uri­er, André Agas­si reste coincé dans l’an­tichambre de l’Olym­pe. Par trois fois le Héros a tenté de se faire Dieu, par trois fois il a échoué écrasé par l’im­mensité de la tâche et la pesan­teur de sa part humaine, donc faib­le. C’est pour­tant lui qui semble avoir joui des faveurs des fées du ten­nis, elles qui ont passé plus de temps penchées sur son be­rceau que sur ceux de ses équipi­ers du nouvel Argos américain. Les fol­les ex­pec­tatives nées de son départ tonit­ruant de 1988 ont fait long feu, la faute à ses échecs répétés dans les Majeurs et pis, aux succès de ses frères de portée auparavant aveuglés par sa lumière fac­tice. Sorti de son ombre, Jim Co­uri­er tout frais numéro un mon­di­al, a posé sa lour­de patte sur le ten­nis mon­di­al qu’il tient d’un grip ferme. Mic­hael Chang malgré sa petite cylindrée a choqué la planète en re­mpor­tant Roland-Garros à l’âge de la con­duite ac­compagnée et Pete Sampras, après une première salve à Flush­ing Meadows en 1990, semble peaufin­er le dosage d’un co­cktail qu’on de­vine ir­résis­tible une fois à matura­tion.

Au prin­temps 1992 André Agas­si semble perdu, hésitant dans son ten­nis et dans sa vie. Malgré quel­ques succès d’es­time (Mast­ers en 1990 notam­ment) il lui man­que cette première gran­de vic­toire qui l’ab­soud­ra des soupçons de fraude au champ­ion qui pèsent sur lui. Après avoir as­s­isté im­puis­sant au sacre de son Némésis Jim Co­uri­er à Roland-Garros l’année d’avant, puis suivi de loin son pre­mi­er tri­mestre ébourif­fant en cette année 1992, André com­pte se re­lanc­er Porte d’Auteuil et montr­er au monde que Co­uri­er ne re­stera pas en poste. « S’il me bat, alors ça voud­ra dire qu’il est vrai­ment fort » ; voilà ce que déclare en sub­stan­ce le Kid per­oxydé et présomptueux, la veil­le de leur demi-finale. Cette re­ncontre, leur quat­rième suc­ces­sive dans ce tour­noi (!), se con­clut sur une fessée sèche 6/3 6/2 6/2. De match il n’y a pas, André pre­nant comme un up­percut sur la tempe l’écart qui le sépare désor­mais de Big Jim. C’est grog­gy et traumatisé qu’il fuit Paris pour… le Nevada au lieu de Londres, tan­dis que ses petits camarades se font la main verte en préparant studieuse­ment Wimbledon via ses tour­nois préam­bules. Préparer Wimbledon à Las Vegas, André est décidément le roi du con­trepied.

André Agas­si et Wimbledon avant 1992 : je t’aime, moi non-plus

La première ten­tative de pacifica­tion des pâturages lon­doniens d’André Agas­si est un échec cuisant : en 1987, âgé d’à peine 17 ans, l’adoles­cent punk n’en­tend rien à cette sur­face glis­sante et sort de la route vic­time de son ten­nis in­adapté et des bon­nes œuvres de l’ex­cellent jar­dini­er Henri Lecon­te, qui lui fait re­ndre gorge 6/2 6/1 6/2. Décidément l’herbe ne lui plait que séchée et fumée, il se pas­sera de la révérence de­vant la loge royale les trois années suivan­tes, snobant le tour­noi des rois entre 1988 et 1990.

In­ter­rogé sur ses ab­s­ences répétées au All En­gland Lawn Ten­nis and Croquet Club, André Agas­si in­voque entre autre grief la stric­te rigueur du code ves­timen­taire qui ne lais­se la place qu’à peu de fan­taisie entre le blanc, le blanc et le blanc. Cette fer­veur mono­chromatique sied mal à un joueur dont la sin­gularité de la garde-robe un rien bi­garrée menace de con­jonctivite ceux qui l’approc­hent de trop près. A un jour­nalis­te qui lui rap­porte les pro­pos de Philip­pe Chat­ri­er qui com­parerait ses tenues aux oripeaux d’un clown, le Kid ir­révéren­cieux répondra « I dress like Bozzo ? Chat­ri­er is a Bozzo then ».

C’est dans ce climat hos­tile et tendu que la bête fluo et traquée se ris­que à une secon­de première visite à Wimbledon en 1991. André sait qu’une carrière sérieuse ne peut s’en­visag­er en faisant in­défini­ment l’im­passe sur le pèlerinage an­glais ; alors il fait amen­de honor­able et pose ses valises à Londres pour ce que be­aucoup prévoient être une vraie bouc­herie. Après tout, ni Lendl ni Wiland­er, deux des champ­ions iconiques des années 80 n’ont réussi à in­scrire leur nom au pal­marès, broutant puis régur­gitant à qui mieux-mieux cette herbe qu’on dit pour­tant di­ges­te. Pour Agas­si, éviter le ridicule suf­fira.

La cam­pagne 1991 d’André à Londres est un franc succès, qui le sur­prend lui-même un peu. Sa tenue im­macul­ée fait plus parl­er d’elle que tous les délires psychédéliques portés jusque-là, son com­por­te­ment ir­réproch­able et son re­spect de l’étiquet­te ainsi qu’un ten­nis fin­ale­ment très à-propos et résolu­ment novateur fin­is­sant de faire de lui la star du tour­noi. Il a d’autant moins de mal à faire la « Une » de la pre­sse loc­ale que le vénérable doyen des tour­nois semble à la re­cherche d’un re­nouveau, entre un vain­queur aussi trans­parent que talen­tueux (Stich) et la fin de l’ère Be­ck­er vs Ed­berg. Le par­court d’André s’achève en quarts de fin­ale et au bout des cinq man­ches con­tre son com­pat­riote David Wheaton, ex­cel­lent maître étalon sur la sur­face. Il s’offre notam­ment une vic­toire en­couragean­te en trois sets sur un jeune bom­bardi­er Batave, Ric­hard Krajicek, en démontrant son habilité à con­tenir les ser­vices sur­puis­sants. Il peut en­visag­er plus sereine­ment ses pro­chaines ten­tatives.

André Agas­si à Wimbledon en 1992 : et le monde de de­venir fou

Comme évoqué précédem­ment, c’est un homme fragilisé et un joueur en proie au doute qui pose ses valises à Londres en ce mois de juin 1992. La dérouillée ad­ministrée par le rugueux Co­uri­er à Paris a creusé des sil­lons dans la con­fian­ce d’Agas­si et les graines de l’in­certitude semées ont germé sur le ter­reau fer­tile d’un ment­al trop meub­le. A ce point de sa carrière et sur cette herbe im­pratic­able, même les book­mak­ers les plus téméraires n’osent croire en une vic­toire fin­ale d’André. L’his­toire leur don­nera tort.

Drapé dans sa tunique blanche, Agas­si récite enfin son ten­nis au lieu de l’éruct­er, loin des re­gards et des at­tentes dans un tour­noi dans lequel on ne lui nour­rit aucune am­bi­tion ; il enchaîne les tours et se fait plaisir. Ses succès sur Ches­nokov et Masso ne sus­citent aucun intérêt, ses deux vic­times n’ayant rien de foud­res de guer­re végétaliens. Au troisiè­me tour il se défait de son com­pat­riote De­rrick Ros­tagno dont la vic­toire sur Sampras – fut-il en de­venir – ici même l’année précédente est un bon in­dicateur de la valeur. Agas­si l’écarte en trois sets et com­m­ence à in­téress­er les ob­ser­vateurs. Saceanu est logique­ment battu au quat­rième tour, et toujours en trois sets. André a pris ses mar­ques et se sent désor­mais pouss­er des ailes ; porté par Eole, il at­teint la deuxième semaine du tour­noi et prend comme du rab’ tout ce qui peut venir par la suite. Et le rab’ de se chang­er en agapes…

En quarts de fin­ale c’est tout simple­ment Boris Be­ck­er, la figure la plus em­blématique de ce tour­noi de­puis Borg (et avant Sampras), qui se dres­se sur sa route. André l’a déjà dominé à plusieurs re­prises, notam­ment en demi-finale à Roland-Garros et à Flush­ing Meadows l’année précédente. Sur herbe toutefois, la meil­leure sur­face de l’Al­lemand, Agas­si doit pass­er de vie à trépas sans l’ombre d’un doute. Le match est une pièce à sus­pen­se con­clue 6/3 au cin­quiè­me acte par Dédé qui re­mpor­te une vic­toire précieuse qui en dit long sur sa con­fian­ce dans ce tour­noi, et la qualité extra­or­dinaire de ses re­tours et ses pass­ings. Face à l’ex-roi des ser­veurs, il réalise un fes­tiv­al à la re­lan­ce et en con­tre et signe son pre­mi­er vrai ex­ploit en Grand chelem, sa première vic­toire réel­le­ment sig­nificative. S’il a déjà battu Boris comme on l’a vu précédem­ment, le faire sur le Centre Court de Wimbledon donne une nouvel­le di­mens­ion à la per­for­mance.

En demi-finales, André n’a aucun mal à se défaire du lent fantôme de John McEn­roe, 6/4 6/3 6/2. Re­tourn­er les secon­des bal­les de Boris au tour précédent a été un ex­cel­lent ex­er­cice pour ab­ord­er les pre­mi­ers ser­vices de Big Mac. Tout va trop vite et trop fort pour ce re­scapé d’une autre époque qui voit défiler les re­tours et les pass­ings sans pouvoir faire op­posi­tion aux chèques tirés sur le com­pte des années. Mc mis sous cel­lophane, André peut ab­ord­er la dernière et plus haute marche de cette as­cens­ion in­sensée : face à lui se dres­se l’Antéchr­ist des ser­veurs, Goran « Aceman » Ivanisevic.

Le jeune Ivanisevic s’est sign­alé en 1990 en éco­ur­tant dès le pre­mi­er tour la pro­menade prin­taniè­re de Be­ck­er au Bois de Boulog­ne. Boris quit­te Roland-Garros et la porte d’Auteuil roué de coups sur une terre bat­tue qui prend des al­lures de par­quet quand s’abat­tent sur elle les mises en jeu météoriques du lon­gilig­ne Croate. Un mois plus tard à Wimbledon il n’est pas loin de re­nouvel­er la per­for­mance, Boris s’en sor­tant en quat­re sets et deux jeux décisifs, au bout d’un match ex­trême­ment tendu. L’aver­tisse­ment est sonore, Goran est LE joueur à éviter sur tapis vert, d’autant plus que cette année 1992 il joue tout simple­ment le meil­leur ten­nis de sa jeune carrière et semble avoir mis un peu de sol­ide dans un ment­al plutôt li­quide.

La re­lan­ce d’André a fort à faire face à la mac­hine à aces qui fin­ira d’ail­leurs le tour­noi avec un total supérieur à deux cents réalisa­tions (soit le total en carrière des deux frères Roc­hus mis bout à bout). André s’arcboute sur ses pro­pres en­gage­ments pour re­st­er au con­tact et at­tendre l’éclair­cie dans ce déluge d’aces. Il ac­cepte de voir pass­er les mis­siles de loin sans se frustr­er et sur­tout ne rate aucune oc­cas­ion lorsqu’el­le se présente : secon­des bal­les, volées approximatives, bal­les co­ur­tes, il trans­for­me l’essai sur tout ce qui se présente. Les rôles sont in­versés et c’est fin­ale­ment Goran qui a la pre­ss­ion de de­voir ser­vir par­faite­ment, la moindre bais­se de ce côté étant im­médiate­ment sanctionnée par le métronome de la baseline. André fait le plus dur en ravis­sant les secon­de et troisiè­me man­ches, puis s’ac­corde une pause dans la quat­rième qu’il lais­se filer.

Le cin­quiè­me set est celui de toutes les tens­ions, les joueurs tenant leur ser­vice jusqu’au dixième jeu. Mené 4/5, le Croate sert pour re­st­er dans la par­tie et une fois de plus, ses nerfs re­pas­sent à l’état li­quide et le trahis­sent ; en une frac­tion de secon­de le match est plié. André Agas­si vient de re­mport­er Wimbledon.

Épilogue

Plus qu’une sim­ple vic­toire, le succès d’Agas­si à Wimbledon vient comme une rédemp­tion. Cette vic­toire avait beau se de­ssin­er plus précisément au fil des tours de­puis deux semaines, elle choque, méduse, ébahit l’as­sistan­ce et Agas­si lui-même. Avec ce gars-là les choses ne seraient donc jamais banales ; différent jusqu’au bout il choisit d’ouv­rir son com­pteur en Grand chelem en com­men­çant par la fin, en s’im­posant là où per­son­ne ne lui ac­cordait de chan­ce de succès, et au mo­ment où on s’y at­tendait le moins. De par sa com­posan­te dramatur­gique et son im­prédic­tibilité, la vic­toire d’André Agas­si à Wimbledon en 1992 reste un aut­hentique ex­ploit qui dépasse les fron­tières de l’ATP.

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242 Responses to André Agassi : touché par la grass

  1. Jeanne 9 février 2011 at 07:08

    Un de tes plus grands articles, passionnant et bourrés de trouvailles littéraires. Ça m’a donné envie de revoir ce match et celui contre Becker en 1/4. Question fondamentale, il avait son supplément capillaire à cette époque là ?

    • Babolat 9 février 2011 at 08:00

      Certainement puisqu’il dit dans sa bio qu’il a commencé à perdre ses cheveux à l’âge de 17 ans. Mais là, pour le coup, contrairement à la finale de Roland 90, il avait solidement arrimé la chose. ;)

  2. William 9 février 2011 at 08:03

    Miam, un article de Karim. Pas le temps de le lire ce matin, mais ça concerne Agassi donc je fais durer le plaisir. Je me le garde au chaud pour ce soir.
    I’ll be baaaaaack…

  3. Le concombre masqué 9 février 2011 at 08:58

    Super article, quel pied!

    La victoire d’Agassi en 1992 est un souvenir gravé dans ma mémoire à jamais : mon meilleur ami à l’école primaire était arménien, et de permission ce dimanche, pour aller jouer à la super nintendo, ses prents nous empêchèrent de jouer pour regarder la finale!! Ce crime fût largement pardonné, tant enfant, la joie d’Agassi me toucha, et tant son lancer/lâcher de raquette une fois la victoire acquise me parût être la chose la plus drôle que j’avais jamais vue….

  4. Clemency 9 février 2011 at 11:43

    Je suis d’avis aussi que cette victoire est l’une des plus balèze de l’histoire moderne du tennis. C’est le premier Wimbledon que j’ai suivi, et j’ai bien en mémoire le dernier jeu, je supportais Goran en fait. Il m’a fallu de la maturité pour me rendre compte de ce qu’il avait fait, l’équivalent serait que Murray gagne à RG cette année (Djoko est un peu son Courier, la terre battue est son gazon, et il y a les trois finales perdues…), ce qui n’est pas fait d’avance. A l’époque certains pensaient qu’Agassi avait ouvert une brèche pour les joueurs de fond de court, surtout que Courier a repris l’idée l’année suivante. En fait il a fallut attendre dix ans pour qu’un mec regagne à nouveau du fond. Aujourd’hui, l’exploit serait qu’un serveur-volleyeur arrive en finale.
    Cette année c’est Djoko qui va gagner à Wimb, ça sera moins flashy, je vous préviens.
    Bon job Karim, merci.

  5. Noel 9 février 2011 at 11:58

    Superbe article, merci Karim.

    Moi j’étais trop jeune pour suivre le tennis à cette époque, et je n’ai connu Agassi que dans sa seconde carrière. Je dois dire que si le bonhomme m’est sympathique, son jeu m’a toujours profondément ennuyé.

    Sans vouloir rabaisser cette victoire d’Agassi à Wimbledon 92, qui est très certainement l’un des grands exploits du tennis moderne, on pourrait peut-être ajouter qu’Agassi a su profiter d’une étroite fenêtre de tir. Sampras n’avait pas encore explosé et ne régnait pas sur Wimbledon. Les duettistes Becker et Edberg étaient sur la pente descendante, sans même parler du « lent fantôme de MacEnroe ». Restaient des Stich et Ivanisevic, certes talentuex mais aussi très inconstants.

    • karim 9 février 2011 at 12:07

      Agassi a su saisir SA chance quand elle s’est présentée. Il a atteint la finale encore par la suite, s’affirmant comme un des tous meilleurs sur la surface dans sa génération, mais Sampras était tout simplement trop fort sur ce tournoi. Il était interdit d’avoir des ambitions à Londres pour tout autre joueur que lui. mais c’est clair, André a été là au moment opportun. Un peu comme Fed qui remporte RG l’année unique où la bête mord la poussière. Mais taper Becker et Ivanisevic, ça donne quand-même une sacrée dorure à la chose, surtout que Sampras n’est absolument pas la référence encore sur la surface. bref il aurait été difficile de faire plus convaincant comme parcours.

  6. Alex 9 février 2011 at 12:13

    L’art des comparaisons, des formules, des images !!! Magnifique !
    On a beau connaître l’histoire, contée par Karim, l’anecdote elle-même prend une plus-value.

    Agassi, un type en dehors de tout chemin normal, c’est bien vrai, il n’aura rien fait comme tout champion habituel, particularité qui le rend fascinant.

  7. Alex 9 février 2011 at 12:17

    Et puis, un article qui évoque Derrick Rostagno, dont le principal exploit – comme Wilander et Rosset- consiste à avoir survécu à une catastrophe d’avion non pris au dernier moment, je souscris !

    • Diana 9 février 2011 at 12:49

      Bonjour Karim :)

      J’ai commencé à lire ton texte comme un autre, puis au bout de 2 lignes, me voilà subjuguée par cette écriture, « écritportée » en 1992, savourant chaque mot d’une histoire contée avec maestria.

      Chapeau l’artiste.

      Une vocation qui se méconnaît :)

      Il manquait quelque chose à ton texte cependant, alors, suis allée le chercher.

      Karim ne nous a pas menti .

      http://www.youtube.com/watch?v=0-pwxau6–U

      http://www.youtube.com/watch?v=72m95JuO3Y0

      La suite dans mon prochain post, pour éviter la modération

  8. Arno 9 février 2011 at 12:29

    Mon jumeau vert, voilà un superbe article.

    Je regrette vraiment de ne pas avoir pu suivre cette période du tennis que j’aurai adoré, j’en suis sûr. Edberg, Becker, Agassi, Courier, la fin de Lendl, l’arrivée de Sampras… Des mecs avec des jeux différents, variés et qui se sont tirés la bourre pendant des années.

    Maintenant, tout le monde joue dans la même filière. Alors pour le moment, ça passe, parce que Fed est un génie absolu et Nadal la version ultime et magnifiée du crocodile, mais après???
    Ils sont tous pareils, avec plus ou moins de talent, plus ou moins de puissance, plus ou moins de cerveau.
    Cette époque que je n’ai pas connue, je la regrette quand même… C’était la minute nostalgie.

    Pour revenir au sujet principal, ça fait longtemps que j’ai conclu que ce titre d’Agassi à Wimb’ était un des plus grands exploits de l’histoire. Le mec a pas de service, pas de volée, et il vient chercher ce tournoi sur du VRAI gazon, au nez et à la barbe de tous les Ace-mens??? Un monument, ce truc.

    Merci à toi, Mister K, pour nous le faire vivre comme si on y était.

  9. Diana 9 février 2011 at 12:54

    Et re suite

    http://www.youtube.com/watch?v=lujiEImir9Y

    http://www.youtube.com/watch?v=_Pty0ikhkDM

    Ou une époque où le tennis sur gazon existait encore, il suffit de regarder le terrain ,pas un champ de labour au-delà de la ligne de fond comme aujourd’hui ;)

    Tiens, pour le coup, ça me fiche le bourdon….

    • Arno 9 février 2011 at 19:34

      Merci pour les liens, Diana!

      Moi aussi quand je vois ce genre de matches, j’ai le cafard… Je veux pas faire le con qui se ramène à chaque fois avec son « c’était mieux avant », mais quand même, j’ai l’impression que le tennis manque d’âme, aujourd’hui.

  10. Kenny 9 février 2011 at 12:55

    Article à la hauteur de l’exploit du Dédé !

    Ce match (la finale) est fondateur pour le fan de tennis que je suis, celui qui a provoqué le déclic comme quoi ce sport est au delà de tout autre. J’aimais déjà le Dédé avant, mais le gosse que j’étais, très naïf de ce qu’était réellement le tennis, pensais que c’était un gentil clown qui venait amusé les gens à Roland. Une sorte de Mickael Jackson fluo avec une drôle de guitare.

    Je pense que c’est lors de ce match là que j’ai compris ce que gagner signifiait, et ce qu’est un Champion.

    Bref, cette victoire c’est aussi mon dépucelage de fan.

    Je m’en vais verser ma larmounette nostalgique.

    Merci Dédé.
    Merci Karim !

  11. Colin 9 février 2011 at 13:14

    Grand article, Maître.

    1992 correspond à une époque (fin des 80′s – début des 90′s) où je regardais moins le tennis, à part Roland-Garros et la Coupe Davis qui continuaient d’être retransmis sur la TV publique. Du coup je n’avais pas vu la moindre image de ce Wimbledon 92, je ne le suivais que par la presse écrite. Je me souviens notamment du titre de l’Equipe après l’élimination de Sampras par Ivanisevic en demies: « Sampras Ace-assiné ». Il faut dire que tout le monde attendait -enfin- le couronnement de Pistol Pete à l’occasion de ce Wimbledon, suite aux espoirs engendrés par son US Open 90 (douchés depuis). La leçon de tennis qu’il avait infligée en quarts au tenant du titre Stich (6-3, 6-2, 6-4) avait donné l’impression que cette fois c’était la bonne. Et là, paf, Ivanisevic le crucifie en demies. Du coup, le croate était devenu aussi sec le grandissime favori de la finale (il faut dire qu’il venait d’aligner Lendl, Edberg et Sampras!). Et là, re-paf, Agassi le scie en finale.
    Bref, après l’ère un peu monotone des Edberg/Becker (1988-1990) puis la transition de 1991 (Stich qui a dû sa victoire au double exploit de battre Edberg en demies et Becker et finale), 1992 a été l’année de la « surprise permanente » (et non de la surprise permanentée, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit)

  12. Kristian 9 février 2011 at 13:27

    Wonderful.

    POur nuancer un peu la perfomance, l’exploit du siecle en tennis reste le quintuple de Borg a Wimbledon. Car quoiqu’on en dise les 70′ n’etaient pas une epoque de crocodile et relancer les services de Roscoe Tanner avec un petit tamis et un cadre en bois n’etait pas une mince affaire. Agassi 92, Borg l’a fait 5 fois de suite.

    Courier en 93 est aussi passe tout pret de ce qu’a fait Agassi. SAuf qu’en finale il tombe sur Sampras en debut d’ere goatique, et pourtant ca ne joue pas a grand chose. 4 sets, 2 tie breaks, il n’est passe loin le Jim.

    • Alex 9 février 2011 at 13:34

      Et des balles pour mener deux sets à un je crois !!! Une année où la chaleur avait clairsemé le gazon et l’avait fait se rapprocher des conditions modernes : rebond plus haut

  13. May 9 février 2011 at 13:36

    Quel récit Sir Karim! Merci de nous conter ce grand moment dans la carrière du Kid car je suis passé à côté.
    Ce 1er GC acquit contre tout attente c’est tout simplement un conte de Fée.
    Il a réussit à se démarquer là ou on l’attendait le moins et d’accord avec toi pour une première c’était réellement un gigantesque exploit.
    Après celà il s’est libéré pour devenir le champion qu’il a été, finalement rien n’est jamais perdu d’avance.

    Le Tennis, c’est beau parfois!

  14. peterson 9 février 2011 at 13:39

    Très bel article Karim et en plus quel humour

    Perso ,même si je n’aimais pas particulièrement Agassi cette victoire pour l’intérêt du tennis m’a fait assez plaisir parce que à cette époque je trouvais le tournoi de Wimbledon assez ennuyant à regarder ce n’était même plus du service-volée c’était du service tout court de temps en temps on avait droit à un retour gagnant (Becker et son retour de revers bloqué c’était quelque chose ) mais le jeu en lui même était pour moi assez lassant à suivre
    Avec Agassi on a redécouvert un autre tennis sur herbe des échanges de fond de court qui allait à 200 à l’heure un jeu beaucoup moins rébarbatif , un type qui a du se mordre les doigts en voyant cette victoire d’Agassi ,c’est Lendl qui comme tu l’a signalé faisait service-volée sur première et seconde , une ineptie complète selon moi et même si ce dernier n’avait pas la qualité de relance d’Agassi je reste persuadé que Lendl aurait augmenté ses chances en ne se précipitant pas systématiquement au filet

    • karim 9 février 2011 at 14:00

      Le retour de revers de Boris est un des dix plus grands coups du tennis; en tout cas dans mon panthéon personnel.

      Lendl? Je crois que l’avantage décisif d’André sur lui et qui pour moi aurait rendu toute victoire d’Ivan improbable depuis le fond, c’est qu’André prenait la balle beaucoup plus tôt qu’Ivan, qui jouait en phase descendante, à l’ancienne. Sur l’herbe au rebond bas, c’est pas la peine.

      • Sam 9 février 2011 at 16:41

        J’avais lu à l’époque « avec le retour de revers de Becker, Noah aurait été N°1″. Hagelauer, je crois. Peut-être un chouia exagéré, mais vrai pour le retour de Boris (ah, le croisé court bloqué).

  15. Pierre 9 février 2011 at 17:29

    Superbe boulot, Karim, ça se lit comme un conte, même si l’on en connaît la chute. Très très plaisant…

    Il y a juste une formule sur laquelle j’ai tressailli plus que de raison : tu parles, pour 1987, d’Agassi comme d’un « adolescent punk ». Arghhhh, que nenni, Joe Strummer se retourne dans sa tombe! :)

  16. William 9 février 2011 at 19:03

    J’ai bien fait d’attendre ! Super, Karim.

    En choisissant Agassi tu étais déjà sûr de me ravir, c’est le premier champion que j’ai aimé, même si tout ce que tu décris je ne l’ai pas vu mais appris : j’étais trop jeune.
    Toujours est-il que je sais le contexte de l’époque, notamment la confiance de l’Americain après sa défaite face à Courrier, et la difficulté de la surface par rapport on ce que l’on a aujourd’hui. C’est là qu’Agassi est fou : il commence par la fin. Je paraphrase mais comme tu évoques tout à merveille, difficile pour moi de ne pas reprendre tes mots !
    Là où Agassi était néanmoins certain de ne pas se faire piéger, c’est sur la vitesse de jeu. Lui-même distribue vite, très vite, et prend la balle montante. De toute façon, bon courage pour la relever en phase descendante sur gazon version 90′s…
    Un courronnement que j’aurais aimé suivre, et vivre. Ce qui est beau encore, c’est qu’Agassi a confirmé ensuite. Il en a de nouveau bavé, et il est reparti de plus belle. Cela a déjà été évoqué mais c’est vraiment ce que j’aime chez Dédé, au-delà du pur tennis.

    Merci !

  17. Darkmind 9 février 2011 at 19:20

    Avant toute chose, en tant que petit nouveau, je tiens à souhaiter le bonjour à tout le monde.
    Concernant Wimbledon 92, je garde en souvenir le discours des commentateurs télé qui s’extasiaient devant le jeu déployé par Becker pendant tout le premier set (du service-volée d’école) et répétaient à qui mieux mieux qu’Agassi avait encore beaucoup à apprendre du jeu sur herbe. Juste avant que l’Allemand se fasse corriger dans les deux sets suivants. Ah, cette habitude à parler trop vite…

    • Arno 9 février 2011 at 19:27

      Bienvenue Darkmind! Tu verras, on est un peu cinglés, mais on est pas méchants…

      Petite question tout à fait innocente: si je te dis Ivan Lendl, ça t’évoque quoi?? Sans te mettre la pression, de ta réponse dépend la suite de ton existence (15-lovienne tout du moins…).

      • Darkmind 9 février 2011 at 19:33

        Ah, Ivan Lendl !…
        A vrai dire, je serais curieux de savoir quel est l’énergumène qui m’avait choisi le nom de ce joueur comme mot passe. Abhorrant ce type, j’ai vite fait d’en changer. J’ai bon ou pas ?

        • Arno 9 février 2011 at 19:38

          Tu viens de rentrer dans les bonnes grâces des tauliers, mon ami, félicitations!!!!

          On t’a filé Lendl comme mot de passe??? Je ne sais pas si les patrons (Guillaume et Marie Jo) sont les seuls à gérer les inscriptions, mais je ne les imagine pas traiter un nouveau avec un tel mépris!!!!! Ou alors ils étaient d’humeur taquine…

          Que l’odieux personnage se dénonce!

        • Guillaume 9 février 2011 at 20:12

          Laisse tomber Arno, tu vas t’attirer des ennuis. Si j’ai bien compris, tu as face à toi un homme qui est ami avec Antoine. Autant dire qu’il va t’arriver des bricoles si tu le cherches. Connaître Antoine et être encore en vie… Flippant quand on y pense. S’ils sont vraiment potes, c’est que ce Darkmind mérite son surnom et est au moins aussi dangereux qu’Antoine. Un seul c’était déjà rude, mais deux… On est pas dans la merde, tiens.

          • Arno 9 février 2011 at 20:53

            Pancho Gonzales est le co-Goat avec McEnroe.

            J’ai le droit de continuer à vivre, après avoir dit ça, tu crois???

        • Darkmind 9 février 2011 at 20:26

          Ami avec Antoine est un grand mot, je ne l’ai croisé que deux fois. Mais c’est vrai que je suis encore assez vivant pour en parler. Au contraire, c’est lui qui a fini avec un beau claquage lors de notre première rencontre.

        • Coach Kevinovitch 9 février 2011 at 21:20

           » A vrai dire, je serais curieux de savoir quel est l’énergumène qui m’avait choisi le nom de ce joueur comme mot passe. Abhorrant ce type, j’ai vite fait d’en changer. J’ai bon ou pas ? »

          Lèche-bottes! :mrgreen:

          • Arno 9 février 2011 at 21:32

            Oh toi, tu vas avoir des groooos problèmes… ;)

        • Darkmind 9 février 2011 at 21:37

          C’est vrai que je n’aie pas pris un risque de fou en écrivant ça, mais sache que je pense tous les mots que j’aie tapés. Quant à ma nature de lèche-bottes,… hmmm, va savoir.
          A toi de découvrir dans l’avenir si elle a lieu d’être.

    • Sylvie 9 février 2011 at 19:30

      Bienvenue à toi

  18. Sylvie 9 février 2011 at 19:30

    J’ai enfin pris le temps de lire cet article avec l’attention qu’il méritait. Comme d’habitude avec Karim, le style est parfait, léché. Ce n’est plus un simple compte-rendu de finale, c’est une histoire à part entière avec une tension dramatique qui monte peu à peu jusqu’à la conclusion, l’épilogue final donnant une dimension supplémentaire au récit. Beau travail d’écriture.

    Je fais partie des gens qui ont eu beaucoup, beaucoup de mal avec Agassi. Son style péroxydé, son look immonde : short en jean etc. Je ne le trouvais pas punk mais cheap. J’ai commencé à l’apprécier sur le tard, quand il a enfin abandonné l’apparence d’une rock star de bazar. Du coup, retrospectivement, j’aurais aimé vivre cette finale en y appréciant l’exploit. Merci donc à toi de me donner envie d’aller y jeter un oeil et de prendre l’histoire du tennis à rebours.

    • Darkmind 9 février 2011 at 19:46

      Tout comme toi, je haïssais Agassi au tout début de sa carrière.
      Je le trouvais stupide et arrogant. J’en veux pour exemple l’épisode de Coupe Davis 1988 entre les USA et l’Argentine. Agassi était en train de maltraiter Martin Jaite devant son public, menant 6/2 6/2 5/0. A 40/0 pour lui, Jaite sert une seconde balle… qu’Agassi arrête de la main afin de lui offrir le jeu. Inutile de vous dire que l’Américain fut hué pendant de longues minutes. Le pire, c’est qu’en conférence de presse, il avouait son incompréhension devant l’ire de la foule et que Jaite ayant du mal à remporter un jeu, c’était grand seigneur que de lui donner un coup de main. Irréel !

    • karim 9 février 2011 at 20:36

      Je me souviens très bien de cet épisode avec Jaite. Qui en plus n’était pas un pédé sur TB, il avait passablement emmerdé Lendl en finale de Monte Carlo la même année je crois. Agassi avait fesse Perez ROldan à RG mais là en CD et en Argentine, ça avait été nettement plus accroché.

    • MarieJo 9 février 2011 at 22:03

      look péroxydé et cheap ???

      http://yfrog.com/h3v25erj

      une erreur de jeunesse voyons !

  19. May 9 février 2011 at 20:47

    Bon ben Murray est out, il s’est pris 4 et 1 par Bagda. Il va nous refaire une année 2010 bis?

    • Arno 9 février 2011 at 20:58

      Est-ce que quelqu’un est surpris?? Franchement??

      J’ai réellement peur que la carrière de Murray se soit arrêtée réellement lors de cette parodie de finale contre Djoko. Même si ce n’est pas l’issue la plus probable, elle est plausible, et j’avoue l’avoir envisagée dès la fin du match.

      On dit que tout ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort, mais de combien de K.O dans ce genre pourra t il encore se relever? L’avenir proche parait bien sombre pour l’écossais, en tout cas…

    • Diana 9 février 2011 at 21:05

      Je l’écrivais hier soir, ce sera dur pour Murray.

      Ne tirons pas de conclusions trop hâtives pour la suite de sa saison.

      Murray nous a fait une Dubai 2010 : il a « tenté des trucs » : je l’ai vu beaucoup monter, ben oui, à force qu’on lui serine qu’il est trop défensif, il monte, même en culotte courte.

      Aucune implication dans le jeu, des balles molles, le mec, c’est bien simple, il n’était pas là.

      Tout de même, il avait double breaké Baghdatis dans le 1er, puis, pschttt, 1 seul jeu, je crois, marqué jusque la fin du match.

      Il était venu faire figuration, ça arrive à des gens très bien ;)
      Pas compliqué, je le voyais forfait, ne m’étais pas trompée de beaucoup.

    • karim 9 février 2011 at 21:05

      Moi je ne sais pas de quoi on parle avec Murray. Je n’ai jamais considéré ce gars comme un numéro 1 potentiel; au maxi comme un one shot en GC. Je ne sais toujours pas ce que vous avez vu ou voyez en lui pour être tellement sûr de son statut d’underachiever. Pour moi il est exactement là où il doit être, au taquet. Un gars qui pousse la balle aujourd’hui ne peut pas dominer le tennis. Et Murray pousse la balle. Il me fait penser à un de ces fameux ramasseurs de balles sur lesquels j’avais écrit un papier. celui-là s’appelait Guy, dit « La sauterelle ». C’est parce qu’il faisait des petits sauts idiots à chaque frappe, que dis-je, à chaque pousse de balle ponctués d’un cri ridicule « won-honnnn ». Je le haïssais. Il poussait, poussait, c’était cotoneux, piégeux, gluant. tous détestaient jouer contre lui. un poison. Murray c’est Guy la sauterelle.

      • William 9 février 2011 at 21:14

        Blague à part, le « won-honnnn » c’est pathologique. Y en a dans chaque club, avec sa variante parfois du « wan-hannnn ». Le genre de mec qui parle à sa raquette.

  20. Diana 9 février 2011 at 21:13

    Dolgopolov est au 3ème tour sur ocre, il devrait rallier les 1/4 sans trop de problèmes (Starace ou Mayer L), quant à Berankis, il devrait incessamment sous peu disposer de l’espoir :oops: américain Young à San Jose.

  21. Marc 9 février 2011 at 21:16

    Super article, et vrai grand exploit de l’affreux Dédé.

    En revanche, pas d’accord avec Kristian, ce qu’a fait Borg n’est pas comparabl, même s’il a gagné Wimbledon 5 fois, il n’a pas eu à affronter la même concurrence que Agassi en 92 sur herbe, et si Taner était un bon joueur de service/volée, c’était loin d’être un grand champion, pour moi c’était du niveau d’un Tim Mayotte, mais pas plus.

    Qui d’autres Borg a-t-il battu sur gazon ? Amaya ? C’était le Karlovic de l’époque. Vijay Armitraj ? Super doué, mais pas le mental d’un champion. Ashe et Stan Smith ? En fin de carrière ! Connors ? Super joueur, mais loin d’être un spécialiste de gazon. McEnroe ? Oui, le vrai concurrent, tout de suite, c’était moins facile !

    En revanche, je rejoins Kristian sur le fait que Courier était à 2 doigts de signer un exploit encore + grand en 93, je ne comprends pas comment il a perdu ce match contre Sampras.

    J’avais commis sur Sportvox un article sur les rencontres clés, et cette finale Courier/Sampras en 93 y figurait…comme la finale Federer/Roddick en 2004 : les 2 fois, les outsiders avaient l’occasion d’ouvrir leur compteur sur herbe, et la carrière des 2 vainqueurs aurait certainement été différente s’ils avaient dû concéder ce titre dans leur jardin (actuel ou futur). Ne parlons même pas des conséquences en terme de confiance si Courier et Roddick avaient gagné : je ne crois pas que leur carrière aurait été la même.

    PS 1: Roddick jouait 50 fois mieux en 2004

    PS2 : Karim, le retour de revers bloqué de Becker est en effet l’un des 10 meilleurs coups du tennis, Edberg peut témoigner, vu le nombre de retours gagnants qu’il s’est pris !

    • karim 9 février 2011 at 21:35

      Je me souviens d’une photo de tennis mag en 89 quand il étrille Edberg en finale, une photo de revers bloqué. je la regardais pendant de longues minutes. sur ce coup son bras partait en arrière, pas trop loin, et repartait comme un élastique, c’était un pur concentré de puissance souple. son armé était très court, ce qui lui permettait de frapper à plat quand tout le monde sliçait en retour en simple opposition. un des seuls joueurs à une main à avoir retourné les services de Goran autrement qu’en slice.

  22. Guillaume 9 février 2011 at 21:36

    A l’époque où j’avais encore ESPN Classic sports, je prenais plaisir à regarder ce Agassi / Ivanisevic à chaque fois qu’ils le diffusaient (c’est-à-dire assez souvent). Un très, très, beau match, au sens le plus entier du terme.

    Typiquement le genre de rencontre qui permet de resituer ce qu’était Goran, c’est-à-dire pas seulement un serveur d’exception, mais bien un joueur complet, bon coup droit de gaucher, revers parmi les tous meilleurs de son époque (une façon de se jeter dedans qui n’est pas sans évoquer Jimmy Connors), et grande qualité de volée. Le Goran de cette époque était un véritable épouvantail sur toutes les surfaces. Jim Courier, qui régnait sur l’ATP et tout particulièrement sur terre battue, en avait d’ailleurs fait son principal challenger pour le Roland-Garros 1992 ! A raison : en quarts, Goran avait été le seul à lui prendre un set dans une édition où Big Jim avait rétamé tout le monde… Agassi en tête, comme rappelé par Karim.

    Agassi – Wimbledon 1992 – exploit donc. C’est dit. Bon j’ai quand même était un peu déçu en découvrant les premiers tours d’André cette année-là (Masso, Saceanu, Chesnokov même, ça manque de sel, surtout en ces temps où il n’y avait que 16TS, et donc des chocs possibles d’entrée). Mais autant que les gars de l’autre côté du filet, Agassi luttait contre une surface rétive et un dogme répandu (une réalité aussi) : Wimbledon ne se gagne pas au fond du court. Agassi a su forcer la serrure et s’approprier le bijou, sa finale contre Ivanisevic étant un magnifique écrin.

    J’ajoute que s’il a profité de l’étroite fenêtre de tir entre « les années Becker » et « les années Sampras », la régularité d’Agassi à Wimbledon la décennie suivante démontre bien tout ce que son coup d’oeil avait d’hors normes : une finale, deux demies perdues en cinq sets sur Rafter… Agassi avait fini par transformer le handicap d’être relanceur en avantage. C’est lui qui mettait la pression sur le serveur, condamnant l’autre à l’excellence : « sois ne serait-ce qu’un chouia moins bon, et c’est fini pour toi. »

    Bon j’attends le passage de Benja, maintenant.

    • Babolat 10 février 2011 at 15:28

      « en quarts, Goran avait été le seul à lui prendre un set dans une édition où Big Jim avait rétamé tout le monde »

      Exact. Goran avait fait un début de match très moyen avec moins de 50% de premières. Au troisième, il s’était réveillé, commencait à enquiller les aces et se montrait plus solide à l’échange. Il avait collé 6/2 à Jim. Mais… le match était interrompu par la nuit au début du 4ème. Le lendemain, Jim finissait le boulot face à un Goran plus lent au démarrage. On voyait Courier fermer les yeux à chaque changement de côté pendant de longues secondes.
      le journaliste (sûrement déjà Nelson Monfort) lui avait demandé à quoi il pouvait bien penser à ce moment là. Jim avait répondu qu’il s’imaginait sur une plage avec des cocotiers et des belles filles. ;)
      Ca a bien marché en tout cas.

      Bien plus tard, il a laissé tomber la cocotierthérapie pour lire un bouquin aux changements de côté. ;) Avec moins de succès.

  23. MarieJo 9 février 2011 at 22:18

    salut karim…
    merci pour les exploits d’agassi…
    autant te dire tout de suite : dans mon monde tennistique des années 90, le gazon était absent ! il me semble qu’on pouvait le voir sur le cable en mode pay per view sur kiosque ou un truc du genre.
    bref au mieux je suivais ça au jt… et les gros serveurs de l’époque m’ennuyaient grave !
    et quand on a aimé les duels edberg/becker… ben ça me semblait un peu palot à côté…
    agassi à wimb c’était la cote du siècle, avec celle de goran en 2001…
    marrant qu’ils aient tout les 2 sorti le match qu’il fallait au moment ou personne ne les attendait.

  24. Elmar 9 février 2011 at 22:31

    Un article de Karim, ça se déguste comme un gran crû. Faut prendre le temps et bien en profiter.

    Ton seul défaut, master Yoda, c’est d’écrire trop rarement.

    Agassi a fait ce qu’il fallait cette année-là et il l’a bien fait, sans que sa victoire ne doive rien à personne. Et pas d’accord de dire que ce qu’il a fait, Borg l’a fait 5 fois. Car Borg jouait du jeu de gazon alors qu’Agassi avait décidé de jouer SON jeu et c’était au gazon de s’y adapter. Pour moi, ça, c’est juste énorme. Même Nadal a fait des adaptations pour s’imposer sur cette surface. Agassi non!

    Le retour bloqué de revers de l’ami Boris était énorme. Dans mon panthéon aussi, à côté de la demi-volée de Pete ou du 2ème coup de raquette du Fed des grandes années. Sans oublier la volée de revers d’Edberg, évidemment.

  25. Elmar 9 février 2011 at 22:34

    Sinon, cet article me fait penser qu’il y vraiment un article à écrire, sur un scénario bien réel que les scénaristes les plus fous d’Hollywood n’auraient même pas songé esquisser: Goran à Wimbledon. J’étais pour Rafter pour différentes raisons en 2001; je pense aujourdhui encore que Pat méritait ce titre à Wimbledon et notamment en cette année 2001.

    Mais ce qu’a fait Goran dépasse de bcp le sport. Goran 2001, c’est un conte de fées.

    • Marc 9 février 2011 at 23:15

      je crois me souvenir qu’un super article a déjà été écrit ici sur la victoire de Goran en 2001, Guillaume, tu confirmes ?

    • Elmar 9 février 2011 at 23:26

      Il me semblait aussi, mais impossible de le retrouver…

    • Nath 10 février 2011 at 07:54

      Ecrit par quelqu’un qui n’a pas beaucoup écrit sur le tennis (et surtout plus depuis pas mal de temps). Dans mon top 3 perso des productions spotvox : http://www.sportvox.fr/article.php3?id_article=18465
      Je n’ai pas vu ce match mais je l’ai vécu 8O

  26. Antoine 9 février 2011 at 23:40

    C’est tellement larmoyant, dégoulinant d’émotions et de bons sentiments que nous sommes habituellement tous invités à partager sur TFouane que j’ai laissé tomber dans un premier temps, avant de finir la lecture de cette prose ampoulée… Je suis donc au regret de dire que je n’adhère ni au style, ni sur le fond.

    Je ne commenterai pas davantage le style qui constitue à mes yeux une forme singulièrement exacerbée de celui propre à l’auteur (que j’apprécie d’habitude), avec l’humour en moins, et des exagérations en plus, si complaisantes que ce parcours d’Agassi à Wimbledon s’apparente à une trajectoire de héros passablement bouffone, peut être à dessein compte tenu du personnage que l’on a ici plaisir à redécouvrir (sur la photo) avec moumoutte, mais aussi casquette, principe de précaution oblige, sans doute..

    Sur le fond, une des victoires les plus retentissantes de l’ère Open ? Vraiment ? De qui se moque t on ? Il est vrai que pour retentir et faire du bruit, Agassi était plus doué que la moyenne, mais à part celà ?

    Ce n’est ni la première victoire d’un joueur jouant du fond du court à Wimbledon, loin de là (quinze ans avant Connors et Borg ont disputé la finale de 77 exclusivement du fond du court ou presque, pour ne citer qu’un exemple) ; ni une époque si différente de l’actuelle où un bon artificier marque toujours également soixante point directs sur son service dans un match long (c’est ce que font Roddick, et bien d’autres, tous les ans à Wimbledon) ; ce ne fût pas non plus un désastre pour les bookmakers auquel l’histoire leur aurait donné tort : aucun d’entre eux n’a alors pris un bouillon en s’étant massivement trompé dans leurs côtes comme ce fût le cas en 75 par exemple).

    Bref, Agassi a gagné ce tournoi disputé sur herbe, laquelle n’a jamais constitué sa surface favorite ; ce qui est très bien, battant au passage deux excellents joueurs, Becker et Ivanisevic, surtout Becker d’ailleurs, mais il n’y a pas de quoi en faire tout un plat…Cela arrive de temps à autre, et plutôt plus souvent que rarement car, pour gagner un GC, il faut, en général, battre un ou deux très bons joueurs..

    D’ailleurs, il n’a jamais été capable de récidiver, ce qui l’aurait mis dans une autre catégorie de joueurs, mais c’est une autre histoire…Pas grand chose à voir en tout cas avec celle dans laquelle figurent Federer ou Nadal qui sont des joueurs d’un tout autre niveau…

    • Elmar 9 février 2011 at 23:43

      C’est comme ça qu’on l’aime, notre Antoine!

    • fieldog, vainqueur 2010 de l'odyssée (dans le cul nabot!) 9 février 2011 at 23:49

      Antoine is back!…

    • Arno 10 février 2011 at 00:01

      Et un post à l’acide sulfurique, un!!!

    • Jeanne 10 février 2011 at 01:08

      Carrément flippant ! Tous aux abris :mrgreen:

    • Darkmind 10 février 2011 at 01:31

      Wahou ! Sacré Antoine, tout dans la demi-mesure.
      Quel con je fais. J’aurais dû dire que j’étais le plus grand fan de Lendl du monde, il y aurait eu du sport.

    • karim 10 février 2011 at 08:22

      L’ami Antoine…

      Je suppose qu’en excellent pornostiqueur que tu es (qualité reconnue de tous sur le site) en 92 tu avais misé sur Agassi dès le premier tour, et que par conséquent sa victoire finale ne peut en rien constituer un exploit, ni même une surprise. C’est juste dans l’ordre des choses et c’est aussi banal qu’un de ces quatre victoires en Australie. Bien vu, tu es juste trop fort!

      Comme pour Lendl, la justesse de tes analyses est totalement obscurcie par ton aversion pour le joueur. Ceux qui sont dans tes petits papiers voient leurs exploits reconnus à leur juste valeur, ceux qui n’en sont pas sont juste bons pour un bain d’acide sulfurique. La méthode vaut ce qu’elle vaut, c’est à dire pas grand choses, mais c’est comme ça qu’on t’aime. Et ce ne serait pas marrant sans OOS117.

      Donc pour ce qui est de la relativisation de l’exploit, je ne peux que retoquer vivement ton argumentaire vide de substence et totalement corrompu par le prisme de tes aversions. Pour le style par contre je plaide coupable, si tu n’as pas aimé c’est que ça ne devait pas être bon. Rien à voir avec le joueur et le match cité.

      • Arno 10 février 2011 at 09:52

        « Je suppose qu’en excellent pornostiqueur que tu es (qualité reconnue de tous sur le site)… »

        PORNOstiqueur????? Antoine nous aurait caché des choses??

        Un peu plus sérieusement, je te soutiens sur ce coup-là, Green Yoda.

        D’abord sur le fond: je suis entièrement en accord avec le post de Marc ci-dessous qui reflète le fond de ma pensée mieux que je n’aurai pu l’exprimer moi-même. Cette victoire d’Agassi, c’est un exploit, et un exploit majeur.

        Ensuite sur la forme, j’ai trouvé que ta production avait un souffle quasi-lyrique, qui forcément touche moins, et peut éventuellement agacer quand on ne supporte pas Agassi. Mais moi j’ai aimé. Ce n’est certes pas ton meilleur article de ce point de vue, mais ça reste excellent.

      • Elmar 10 février 2011 at 10:00

        Sur la question de la forme, puisqu’on ne me demande pas mon avis, je le donne quand même: Karim, ce n’est pas ta meilleure production, pas la plus léchée et de loin pas la plus drôle. Mais ça reste quand même du haut de gamme; il y a juste de lyrisme ce qu’il faut à mon sens.

  27. Marc 10 février 2011 at 06:56

    Antoine a sorti la sulfateuse…pour écrire quand même quelques conneries monumentales :

    1/ Agassi a gagné en jouant du font de court, c’est hallucinant d’oser écrire que Borg a gagné ses Wimbledon du fond du court, alors qu’il jouait service/volée là bas de manière systématique

    2/ Le niveau des joueurs sur gazon n’a rien à voir en 92 vs celui d’aujourd’hui..pour la bonne et simple raison que la vitesse du gazon n’avait rien à voir et qu’à Wimbledon, il n’y avait à l’époque que des spécialistes du service/volée. Antoine, tu ne peux pas passer ton temps à regretter que de nos jours, seul Llodra soit capable de pratiquer service/volée, et dans le même temps dire que la Uconcurrence sur gazon est la même aujourd’hui qu’en 92 ! un peu de cohérence !

    3/ Je ne peux pas blairer Agassi, tout le monde le sait, Benja le premier, mais un mec qui gagne Wimbledon sur une herbe ultra rapide, à une époque où il y a des cracks comme Kracijek, Stich, Becker, Edberg, Ivanisevic, le jeune Sampras, Mayotte…c’est quand même pas mal, comme de battre le triple champion (Becker) et le multi-finaliste (Ivanisevic) et finalement vainqueur. Bien sûr, il n’a pas récidivé, certainement, il est moins fort que Nadal ou Fed (Karim n’a jamais prétendu le contraire), mais il a réalisé un sacré exploit !

    Tu devrais prendre un bon grog et te mater un bon vieux match de l’époque fossiles (un petit Laver/Rosewall des années 60 à défaut d’un Tilden/Lacoste), tu retrouveras très vite le sourire :-)

    • Elmar 10 février 2011 at 08:15

      1) Je n’ai pas vu jouer Borg because j’étais pas né (ou tout juste), mais sur les reflets que j’en ai vus, et notamment pratiquement les deux finales contre Mc en entier, Borg pratiquait effectivement service-volée. En 77, j’en sais rien en revanche. Quelqu’un a vu, de ses yeux vu, cette finale ?

      2) J’ai pas trop d’avis sur cette question. A mon sens, la question de la concurrence est une espèce de serpent de mer des forums internet qui n’a pas tellement d’intérêt. Tout est relatif sur cette question et les joueurs gagnent – ou perdent – contre la concurrence qui leur est opposée. On ne pourra jamais faire le reproche à un joueur de ne pas avoir battu untel, si untel n’était pas présent de l’autre côté du filet. La concurrence, c’est un sujet qui ne m’intéresse nullement et d’ailleurs, j’aimerais qu’on entérine la question: la concurrence proposée à un instant T est la meilleure qui pouvait être proposée à cet instant T. Relativement, elle est toujours égale à celle de T+1, car un finaliste reste un finaliste.

      3) Oui. Clairement.

      • Nath 10 février 2011 at 08:34

        Allez, je reprends la 2) : Plutôt d’accord avec Elmar, sauf la dernière phrase que je ne comprends pas :?

        Pour moi ce n’est pas le niveau des joueurs sur gazon qui a changé depuis 92 mais leur jeu, et l’efficacité de tel ou tel coup qui a changé avec la modification de la surface, voire du matériel (si Jérôme passe par là…). Du coup je ne vais pas parler de concurrence mais de milieu tennistique. Ça ça a changé, mais je me garderais de faire la moindre comparaison de niveau.

      • Arno 10 février 2011 at 10:03

        Je viens de voir quelques images de ce match de Borg/Connors de 1977.

        Il semble qu’Antoine ait raison (sur ces extraits au moins), ce qui ne m’étonne guère: aucun service-volée sur les points que j’ai pu voir.

        Malgré tout, dire que le match ne s’est joué que du fond du court n’est pas le reflet de la réalité: tous les points de ces extraits se finissent au filet. Ces deux joueurs montent à la volée beaucoup plus qu’Agassi n’a pu le faire en 1992, je pense.

        Je crois que clairement, la façon dont Agassi a gagné Wimbledon était inédite à l’époque.

        Voici les (maigres) extraits de la finale de 1977:

        http://www.youtube.com/watch?v=BURxh1YbZD0

      • Elmar 10 février 2011 at 10:12

        Heureusement que je n’ai connu Connors que vieillissant, parce que si j’avais dû être jeune à sa meilleure époque, je pense que jamais, JAMAIS, je n’aurais pu aimer le tennis.

        C’est le joueur qui me hérisse le plus le poil, il n’y a rien à faire. J’ai pourtant essayé, j’ai vu ses matchs à l’US Open, et tout et tout, mais non, vraiment, c’est plus fort que moi: je déteste ce type, ses attitudes et son jeu, le plus laid de l’histoire du tennis (juste devant Ginepri), avec ses épaules contractées sous sa tête (il a pas de cou, ce mec?), son jeu de crabe affreux. J’ai pas pu voir l’extrait jusqu’au bout tellement c’est laid à voir.

        Borg, le pauvre, n’y est pour rien, hein.

        • Elmar 10 février 2011 at 10:13

          Tiens, ca me donne idée de papier, ça, d’ailleurs. Les joueurs les plus moches de l’histoire. Je vais faire ça.

          Connors. Ginepri.

          Donnez-moi qqs idées, je ferai le tri.

          • Noel 10 février 2011 at 12:51

            C’est intéressant ça. J’ai essayé de chercher mais en fait, autant je peux citer une liste longue comme le bras de joueurs que je ne supporte pas (pour leur comportement ou leur jeu), autant c’est plus difficile d’en trouver dont la gestuelle soit vraiment intrinsèquement et incontestablement moche.

            Peut-être que je suis trop tolérant.
            Ou peut-être que j’efface de mes souvenirs les images traumatisantes.

  28. Nath 10 février 2011 at 08:25

    Je me suis régalée à la lecture de cet article. Sur Dédé en plus ! Merci karim :)
    Un petit extrait : « Avec ses Nike de sept lieux, défiant les pronostics qui le donnent mangé dès les mises en bouche, Agassi le Petit Poucet va jouer crânement sa chance cet été 1992 et se frayer un chemin dans ce bois infesté de services effrayants. »

    @ Antoine : Tout d’abord « Tiens, ça faisait longtemps » ! En fait je ne vais réagir que sur une imfime partie de ton post. Je ne vois pas pourquoi Karim mettrait des traits d’humour dans chacune de ses productions. Même s’il le maîtrise à merveille, il a le droit d’écrire dans un autre registre, non ? Ta réaction me fait un peu penser à la perplexité qu’on peut avoir vis-à-vis d’un acteur catalogué comique au début d’un film pas du tout dans ce registre, réaction qui dure plus ou moins longtemps selon la performance de l’acteur.
    Quant à la comparaison avec Fed ou Nadal, c’est hors sujet pour moi, et je me trouve dommage de revenir à ce sujet à partir de ce type d’article, qui parle d’UN exploit.

    • karim 10 février 2011 at 08:45

      Sur ce papier et celui d’avant sur la rivalité avec Pete à l’US Open, j’ai voulu faire justement quelque chose de plus « sérieux », je n’avais aucunement l’intention d’en faire un papier marrant. Je voulais que ce soit intéressant, voire instructif pour ceux qui n’ont pas connu en restituant certains détails de l’époque. ça n’a rien à voir avec une présentation de matches à Melbourne. Le style ne peut pas être le même. Si tu entames la lecture en te disant tiens un « Karim » on vas se poiler, c’est clair que tu ne peux que repartir déçu. Sur le même registre le Veau d’or c’était pas une comédie burelesque non plus.

      Merci de resituer Nath, ce que tu dis est très à propos.

      • Diana 10 février 2011 at 12:55

        Je m’associe à Nath cher Karim, tant la critique est facile et l’art difficile.

        Il est improbable de faire l’unanimité, mais sache qu’à titre personnel, je te considère comme le meilleur auteur de 15. A tes détracteurs de me prouver que je me trompe ;)

    • Elmar 10 février 2011 at 10:07

      Oui, Karim, c’est ce que j’ai ressenti à la lecture et tu atteins ton objectif. C’est très instructif pour ceux qui n’ont pas connu cette épopée – ou pour ceux qui l’avaient en partie oubliée, comme moi. Et forcément, quand le degré d’information est élevé, le style est nécessairement plus sérieux.

      Puisque tu le cites, saches que le Veau d’or est pour moi ta meilleure production; et c’est dire beaucoup tant je tiens en estime ce que tu fais. Il y avait tout, tout dedans. Une vraie thèse, légèrement provocante mais pleinement argumentée, une réflexion aboutie de ta part et forçant le lecteur à se situer et à réfléchir à son tour (et amener un lecteur à réfléchir, c’est qqch qui me tient particulièrement à coeur), le trait d’humour qui permettait à l’ensemble d’être agréable et une forme qui pour le coup était magistrale. Je ne suis pas loin de penser que c’était un papier « parfait », un papier à montrer en tous lieux et pas que pour les amateurs de tennis; un papier qui devrait servir de graal à atteindre pour tout un chacun.

      • karim 10 février 2011 at 12:04

        je ne suis pas sûr d’avoir écrit le papier dont tu parles mais merci!!!!!

      • Coach Kevinovitch 10 février 2011 at 12:33

        Tu le sais très bien que c’est toi qui a écrit le Veau d’or, ne fais pas le faux modeste! :mrgreen:

        • karim 10 février 2011 at 13:23

          J’ai écrit le veau d’or. mais ce dont parle Elmar c’est plus balaise que le veau d’or.

  29. Nath 10 février 2011 at 08:46

    Raonic et Berankis sont en quart à San José, ils se suivent ces deux-là !
    Et l’exploit du jour est signé par mon poulain Andujar qui a battu Robredo (vainqueur la semaine dernière, je le rappelle) au Brésil :)
    Heureusement qu’il est là le Pablo, ainsi que Tsonga et Nishikori, car ce n’est pas Murray ou Querrey qui m’apporteront des points cette semaine !

    • Elmar 10 février 2011 at 10:31

      Raonic, Berankis et Nishikori semblent vraiment s’installer dans l’élite maintenant. Ils grimpent, confirment. Tant mieux.

      Dimitrov devrait suivre leurs traces normalement.

      Et Del Potro a une belle carte à jouer cette semaine.

      C’est tout bon pour les jeunes, tout ça.

      A noter que Karlovic a gagné un match (ce qui m’arrange vu qu’il est dans ma team) et va affronter Verdasco (ce qui m’arrange moins vu qu’ils sont tous les deux dans ma team).

    • Diana 10 février 2011 at 13:04

      J’ai vu une partie du match de Berankis, sans doute pour m’en faire une idée après l’article de Guillaume sur les jeunes pousses.

      Ben y’a du boulot encore, punaise, je suis trop formatée à regarder le top niveau, aucune marge de sécurité, je le voyais en 2 sets faciles, il a galéré 3 face à un assez mauvais Young (hors service). Ok, il n’a que 20 ans, et toute l’impétuosité de son âge,je m’en suis voulu de mon intolérance, mais face à un cador, je ne donne pas cher de sa peau. Raonic a été bien plus solide face à Blake, je le pressens donc vainqueur ce soir.

    • Diana 10 février 2011 at 20:06

      Eh bien Nath, son exploit sera resté sans lendemain : il s’emmêle les pinceaux devant Mello : 6/1 et peut-être bien une roue de bicyclette au second set.
      Le Brésilien a tout de même disposé de Giraldo et Montanes aux tours précédents en 2 sets.
      C’est fait 6/1 6/0, avec je pense Dolgopolov au prochain tour.

  30. Arno 10 février 2011 at 11:30

    Alors ça n’a strictement rien à voir, mais je viens de retrouver ça sur Youtube et j’en chiale de rire. Spéciale dédicace à Elmar et Karim:

    http://www.youtube.com/watch?v=ZPK5pLiY9oM

    Je crois que ça avait déjà été posté il y a bien longtemps, mais ça fait de mal à personne de revoir ses clasiques.

    • karim 10 février 2011 at 13:20

      énorme!! je ne connaissais pas la série, je vais me les enfiler là. enfin je veux dire, vous comprenez…

    • Elmar 10 février 2011 at 13:23

      J’en ai regardé 2-3, marrant!

      Mais là, je vais plutôt me faire un petit The Clone Wars. Très bonne, cette série, pour tout amateur de Star Wars ;)

      • Arno 10 février 2011 at 13:35

        Clone Wars, excellent sauf la voix-off française. Je comprends pas comment ils ont pu faire ça.

  31. Diana 10 février 2011 at 13:07

    Le Berdych est en train d’en baver face au revenant Tursunov : dangereux le Russe quand il retrouve tous ses moyens, même si je pense que Berdych devrait passer aujourd’hui.

    • May 10 février 2011 at 13:21

      Tursunov, ça fait pas déjà 2 ans qu’il revient?

      • karim 10 février 2011 at 14:08

        ça dépend d’où tu pars, et où tu vas. ça peut prendre deux ans! Dans le cas de Tursunov, peut-être n’a-t-il tout simplement jamais été là; pour pouvoir y revenir.

        • Arno 10 février 2011 at 14:11

          Où vais-je?? Où cours-je?? Dans quel état j’erre??

    • Diana 10 février 2011 at 13:25

      non, il est allé de blessure en blessure. Et comme tout un chacun sait, retrouver son niveau est très compliqué : certains autres joueurs peuvent en témoigner ;)

    • Arno 10 février 2011 at 13:38

      Excellent pronostic, Diana!!! Berdych est effectivement passé, mais que ce fut dur… Heureusement que Tursunov a craqué sur son service à la fin.

      Attention au Russe s’il revient vraiment à son top. Il pourrait couper quelques têtes trop peu méfiantes…

  32. May 10 février 2011 at 13:19

    Karim est condamné à la perfection, point de médiocrité ne sera acceptée pour Master green man.
    Tu nous a mal habitué, si tu veux je te donne des conseils pour pondre un « chiffon » comme je sais le faire, tu verras après ça personne n’attendra mieux de toi :smile:

    • Diana 10 février 2011 at 13:23

      Quand a-t-il été médiocre ? :oops:

      En tous les cas, je ne regrette pas de n’avoir jamais rien écrit après ce que je lis ici. ;)

      • May 10 février 2011 at 13:27

        Diana, je trouve les lecteurs plutôt tolérants en général, en tout cas envers moi (je crois).
        « Médiocre » c’était pour faire une jolie phrase…
        Je ne pense que du bien du conteur qu’est Karim mais tu ne lui dis pas hein? ;)

    • Clemency 10 février 2011 at 13:42

      Karim : « j’ai créé un monstre »^

      • Diana 10 février 2011 at 18:21

        Bonsoir Clemency :)

        Tout à fait ça.:)

        Plus le talent se manifeste, plus les lecteurs, les spectateurs et que sais-je encore, sont exigeants. Au fait, pour atteindre quelles limites ? – si tant est que les limites existent dans leur esprit :roll: -

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