Boris Becker : l’homme qui aurait dû être roi

By  | 16 mai 2011 | Filed under: Légendes

En 1984, un jeune es­poir Al­lemand fait ses débuts à 16 ans chez les pros. Il s’y révèle rapide­ment en at­teig­nant le troisiè­me tour de Wimbledon (à sa première par­ticipa­tion à un tour­noi du Grand chelem) et les quarts de fin­ale à l’Open d’Australie.

Mais c’est en 1985 que Boris Be­ck­er ex­plose de façon spec­taculaire en de­venant à 17 ans et 7 mois le plus jeune joueur à re­mport­er un tour­noi du Grand chelem (re­cord en­suite battu par Mic­hael Chang en 1989). Déjà vain­queur sur­pr­ise au Queen’s, Be­ck­er re­mpor­te le plus pre­stigieux tour­noi du monde, Wimbledon, lors d’un par­cours qui l’aura vu éli­min­er quat­re têtes de série et re­nvers­er plusieurs situa­tions com­promises : au troisiè­me tour le Suédois Joakim Nyström (n°7) a servi deux fois pour le match avant de suc­comb­er 9/7 au cin­quiè­me set. En huitièmes de fin­ale, Be­ck­er s’im­pose à nouveau en cinq sets serrés con­tre Tim Mayot­te (n°16) après avoir été mené deux sets à un. En demi-finale, il éli­mine en quat­re sets An­d­ers Järryd (n°5), qui a eu une balle de deux sets à rien dans le tie-break du second set.

Voilà le jeune Al­lemand en fin­ale de Wimbledon où l’at­tend l’épouvan­tail du tour­noi, le Sud-Africain Kevin Curr­en. Déjà demi-finaliste en 1983, Curr­en a lit­térale­ment humilié les deux de­rni­ers vain­queurs de Wimbledon, les Américains John McEn­roe (n°1) en quarts de fin­ale (6/2 6/2 6/4) et Jimmy Con­nors (n°3) en demi-finale (6/2 6/2 6/1), en leur concédant la misère de tre­ize jeux en six sets !

Mais si la prin­cipale arme de Curr­en est son ser­vice, Be­ck­er démontre n’avoir rien à lui en­vi­er dans ce domaine en ser­vant 21 aces (con­tre 19) lors de cette fin­ale qu’il re­mpor­te en quat­re sets serrés (6/3 6/7 7/6 6/4), de­venant par là même le pre­mi­er vain­queur non tête de série à Wimbledon !

Malgré des éli­mina­tions précoces à l’US Open (huitièmes) et l’Open d’Australie (deuxième tour), Be­ck­er con­fir­me son talent en at­teig­nant la fin­ale du Mast­ers où Lendl se montre trop fort (6/2 7/6 6/3). Il finit à la 6e place mon­diale en fin d’année.

En 1986, après un bon par­cours à Roland-Garros (quart de fin­ale), Be­ck­er est at­tendu au tour­nant à Wimbledon, be­aucoup d’ob­servateurs jugeant sa vic­toire en 1985 due à un in­croy­able con­cours de cir­constan­ces. Et c’est lors de ce Wimbledon 1986 que Be­ck­er con­fir­me qu’il a l’étoffe d’un grand champ­ion. Il sur­vole lit­térale­ment le tour­noi, ne concédant que deux sets sur sa route vers la fin­ale, où il bat sèche­ment Lendl (6/4 6/3 7/5). Il de­vient à 18 ans le plus jeune joueur à avoir défendu un titre du Grand chelem.

Pour­suivant sur sa lancée, il at­teint les demi-finales de l’US Open (perd con­tre Mecir), à nouveau la fin­ale du Mast­ers (perd con­tre Lendl) et finit l’année n°2 mon­di­al.

1987 sera l’année des désil­lus­ions. Après un bon début d’année (huitièmes en Australie, vic­toires à In­dian Wells et Milan, demi-finale à Roland-Garros et vic­toire au Queens) Be­ck­er est battu au deuxième tour de Wimbledon par l’Australi­en Peter Doohan, 70e mon­di­al (7/6 4/6 6/2 6/4) ! Bien qu’en­core sous le choc, Be­ck­er n’en de­meure pas moins lucide en déclarant : « Je n’ai pas perdu de guer­re, per­son­ne n’est mort. J’ai juste perdu un match de ten­nis. »

Le reste de l’année ne lui pro­curera pas plus de satis­fac­tions, « Boum-Boum » étant éliminé dès les huitièmes à l’US Open et en poules au Mast­ers.

Mais il re­dres­se la barre en 1988. Il re­mpor­te à nouveau le tour­noi d’In­dian Wells, ainsi que le tour­noi WCT de Dal­las et le Queen’s (bat­tant à chaque fois Ed­berg). En juin, il at­teint sa troisiè­me fin­ale de Wimbledon après avoir sèche­ment éliminé en quarts le tenant de titre, Pat Cash, et le n°1 mon­di­al Ivan Lendl en demi-finales. Alors que la vic­toire lui semble déjà pro­m­ise face au Suédois Stefan Ed­berg, Be­ck­er sous-évalue son ad­versaire qui l’em­porte en quat­re sets (4/6 7/6 6/4 6/2).

Be­ck­er finit néan­moins l’année en trom­be en re­mpor­tant pour la première fois le Mast­ers face à Lendl en cinq sets, avant d’enchaîner avec la coupe Davis en bat­tant la Suède 3 points à 2 en fin­ale.

1989 sera le sum­mum de la carrière de Be­ck­er. Après un Open d’Australie raté (huitièmes), il réalise une ex­cel­lente saison sur terre bat­tue (fin­ale à Mont- Carlo et demi-finales à Roland-Garros, où il perd après avoir eu un break d’avan­ce dans le cin­quiè­me set face à Ed­berg, avant d’enchaîner avec un doublé Wimbledon – US Open.

A Londres, Be­ck­er connaît un par­cours tran­quil­le jusqu’en demi-finales, où il re­ncontre un Ivan Lendl bien décidé à ajout­er le tour­noi lon­doni­en à son pal­marès. Au bord du gouffre, mené 2 sets à 1 par un Lendl qui joue peut-être le meil­leur ten­nis de sa vie sur gazon, une pluie pro­viden­tiel­le sauve l’Al­lemand en re­nvoyant tout le monde dans les ves­tiaires. A son re­tour Be­ck­er est un joueur com­plète­ment trans­figuré qui démolit un Lendl dépité grâce à un fes­tiv­al de re­tours et coups gag­nants.

En fin­ale, Be­ck­er prend une éclatan­te re­vanche en trois sets sur son bour­reau de l’an précédente Stefan Ed­berg, lui re­filant une roue de bi­cyc­lette au pre­mi­er set.

A l’US Open, le par­cours de Be­ck­er fail­lit s’arrêter dès le deuxième tour con­tre De­rrick Ros­tagno, qui rate deux bal­les de match, la première sur une volée trop lon­gue et la deuxième sur un pass­ing de Be­ck­er qui touc­he la bande du filet et sur­prend Ros­tagno qui met sa volée de­hors. La suite du par­cours est plus tran­quil­le et Be­ck­er re­mpor­te le tour­noi en bat­tant Ivan Lendl en fin­ale (7/6 1/6 6/3 7/6).

En fin d’année Be­ck­er re­mpor­te l’Open de Bercy (face à Ed­berg), échoue en fin­ale du Mast­ers (toujours face à Ed­berg) et re­mpor­te une deuxième coupe Davis face à la Suède dans une fin­ale où il sur­clas­se Mats Wiland­er et Stefan Ed­berg. Deuxième joueur mon­di­al fin 1989 aux yeux de l’or­dinateur, nul ne semble dout­er que 1990 sera l’année de la con­sécra­tion pour Be­ck­er.

Hélas, ce ne sera pas le cas. Il se fait d’abord battre à plates co­u­tures en quarts de Mel­bour­ne par le re­venant Mats Wiland­er. Il chute en­suite au pre­mi­er tour de Roland-Garros face au nouveau venu Goran Ivanisevic. Enfin, Lendl lui colle une raclée en fin­ale du Queen’s sur le score sans appel de 6/3 6/2. Il retro­uve quel­ques co­uleurs dans son jar­din de Wimbledon où il dis­pute une troisiè­me fin­ale con­sécutive face à Ed­berg. Le Suédois com­m­ence le match tam­bour bat­tant en re­mpor­tant les deux pre­mi­ers sets 6/2 6/2 face à un Be­ck­er com­plète­ment amorphe. L’Al­lemand se réveil­le enfin dans la troisiè­me man­che et re­nver­se com­plète­ment la vapeur, re­mpor­tant les deux sets suivants 6/3 6/3 et menant 3/1 dans la dernière man­che. Mais Ed­berg n’a pas dit son de­rni­er mot et réussit à son tour à re­nvers­er la situa­tion en sor­tant des coups mag­nifiques (dont un fameux lob sur balle de break) et à s’im­pos­er 6/4.

Malgré la perte de son titre à l’US Open en demi-finales face à Agas­si, Be­ck­er réalise une bonne fin de saison (titré à Syd­ney et Stockholm, fin­ales à Bercy et Tokyo, demi-finale au Mast­ers), ter­minant à nouveau à la secon­de place mon­diale.

En ce début d’année 1991, Be­ck­er semble bien décidé à at­teindre son Graal, cette place de n°1 mon­di­al qu’il con­voite de­puis deux ans. Il y réussit con­tre toute at­tente dès jan­vi­er en re­mpor­tant l’Open d’Australie, un tour­noi qui ne lui avait jusque-là jamais réussi. Après avoir survécu à un troisiè­me tour épro­uvant face à l’itali­en Cam­porese qui le pous­sa dans ses de­rni­ers re­tranche­ments (14/12 au 5e), il finit par l’em­port­er en dominant le doub­le tenant du titre Ivan Lendl en fin­ale (1/6 6/4 6/4 6/4). Le voilà fin­ale­ment n°1 mon­di­al.

Il réalise à nouveau une ex­cel­lente saison sur terre bat­tue (fin­ale à Monte-Carlo et demi-finales à Roland-Garros) et semble pro­mis à un quat­rième sacre à Wimbledon. Be­ck­er est bien présent le jour de la fin­ale mais, à la sur­pr­ise générale, y retro­uve un autre Al­lemand, Mic­hael Stich, tom­beur d’Ed­berg en demi. Pre­nant trop le match à la légère, Be­ck­er se fait com­plète­ment sur­prendre par l’ex­cellent niveau de jeu de Stich qui s’im­pose logique­ment en trois man­ches.

Cette défaite re­présen­tera un traumatis­me pro­fond pour Be­ck­er, une sorte de rup­ture dans sa carrière qui ne sera plus jamais la même après. Malgré quel­ques brèves périodes flam­boyan­tes (fin de saison 1992 avec vic­toires à Bâle, Bercy et le Mast­ers, fin de saison 1994), Be­ck­er con­nait­ra une lon­gue traversée du désert jusqu’à sa résur­rec­tion en 1995 à Wimbledon, où il éli­mine le n°1 mon­di­al André Agas­si en demi-finales (après avoir été mené 6/2 4/1) et at­teint une fin­ale du Grand chelem pour la première fois de­puis 1991. Il s’y in­clinera face au nouveau maître des lieux, Pete Sampras, en quat­re sets. Il at­teint en­suite les de­m­ies à l’US Open (perd con­tre Agas­si), la fin­ale de Bercy (perd con­tre Sampras) et re­mpor­te son troisiè­me Mast­ers face à Chang pour finir l’année n°3 mon­di­al.

Il re­mpor­te en­suite son sixième et de­rni­er titre du grand chelem à l’Open d’Australie 1996, en­core face à Chang, le Queen’s face à Ed­berg et at­teint une dernière fois la fin­ale du Mast­ers face à Sampras, s’inclinant lors d’une fin­ale homérique en cinq sets.

Il per­dra son titre à l’Open d’Australie 1997 dès le pre­mi­er tour face à Car­los Moya, et an­non­cera sa décis­ion de ne plus jouer de tour­nois du Grand chelem après sa défaite en quarts à Wimbledon face à Sampras. Il y re­viendra malgré tout en 1999 pour un de­rni­er baroud d’hon­neur, bat­tant les jeunes loups Kief­er et Hewitt avant de fin­ale­ment re­ndre les armes en huitièmes face à Pat­rick Raft­er, pour ce qui re­stera son de­rni­er match chez les pros.

Quel aura été l’im­pact de Boris Be­ck­er sur le monde du ten­nis ? Il a été avec Lendl à la base de l’ir­rup­tion de la puis­sance dans le ten­nis à par­tir de 1985. Si Lendl a été le précur­seur des at­taquants de fond de court moder­nes, Be­ck­er a été celui des bom­bardi­ers qui firent la loi sur sur­face rapide dans les années 1990. Mais, à la différence de ces de­rni­ers, c’était un joueur ex­trême­ment com­plet doté aussi d’un puis­sant coup droit, d’un re­v­ers sol­ide (avec men­tion spéciale pour le re­v­ers bloqué en re­tour), d’une ex­cel­lente volée et d’un très bon touch­er de balle, son seul point faib­le (très re­latif) étant un cer­tain man­que de fluidité dans les déplace­ments. Son vérit­able suc­ces­seur aura été Pete Sampras, joueur égale­ment com­plet mais doté d’une meil­leure deuxième balle au ser­vice, d’une plus gran­de fluidité dans les mouve­ments et d’une meil­leure vites­se d’exécu­tion.

Quant à sa carrière, elle est cer­taine­ment réussie d’un point de vue « com­pt­able » avec 49 tit­res dont six du Grand chelem et trois Mast­ers, ainsi que deux Co­upes Davis. Cepen­dant, on ne peut cach­er une cer­taine décep­tion, une sen­sa­tion d’inac­hevé due au fait qu’il n’a pas ex­ploité tout le poten­tiel dont il dis­posait. Si seule­ment il avait eu envie de se con­sacr­er totale­ment au ten­nis comme l’ont fait Lendl et Sampras, il aurait pu domin­er le ten­nis de 1989 à 1991, voire 1992, et con­tinu­er à être de façon st­able dans le Top 3 jusqu’en 1996.

Un autre re­gret aura été son im­pos­sibilité de re­mport­er le moindre titre sur terre bat­tue malgré d’in­nombr­ables fin­ales. Contra­ire­ment à Sampras, il avait de vra­ies chan­ces de gagn­er Roland-Garros, car be­aucoup oub­lient que de 1986 à 1991 (date de la fin de sa vraie carrière au haut niveau) Be­ck­er y a joué trois de­m­ies, un quart, un huitième (et une défaite au pre­mi­er tour).

Son or­gueil démesuré aura été sa prin­cipale force et sa prin­cipale faib­lesse ; sour­ce de ses plus gran­des vic­toires, de sa capacité à re­nvers­er des matchs com­promis (il est re­cordman des matchs re­mportés après avoir perdu les deux pre­mi­ers sets, per­for­mance réussie à dix re­prises) et de domin­er les meil­leurs (il détient le re­cord de vic­toires sur le N°1 du mo­ment, 19 !), mais aussi la cause de ses plus grands échecs, cette suf­fisan­ce dont il a souvent fait pre­uve par ex­em­ple lors des fin­ales de Wimbledon con­tre Ed­berg et Stich, ou par son en­tête­ment à vouloir battre les joueurs de fond de court à leur pro­pre jeu sur terre bat­tue.

En bref, Be­ck­er aura été un per­son­nage contra­dic­toire, un Janus du ten­nis, mais qui aura énormément con­tribué à l’évolu­tion du jeu et à la popularisa­tion du ten­nis en Al­lemag­ne.

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149 Responses to Boris Becker : l’homme qui aurait dû être roi

  1. Le concombre masqué 16 mai 2011 at 11:11

    Prems!

    (je vais lire maintenant)

  2. Le concombre masqué 16 mai 2011 at 11:21

    Et beh!

    Joli papier, c’est un joueur que j’aimais bien, et qui marchait très fort les années paires à Bercy (90,92,94 non?).

    en revanche mon ordinateur du taf vérouille youtube, donc je ne peux pâs profiter du gros gros travail que tu sembvles avoir fait avec l’insertion de tous ces liens.

    Tant pis, je regarderais ça plus tard…

    Merci pour cette contribution!

  3. karim 16 mai 2011 at 11:40

    Tout est dit et bien dit. La partie sur les facteurs explicatifs de ses performances finalement en deça de son potentiel mérite d’être approfondie, les coms peut-être? Becker est un personnage très cérébral et instinctif à la fois, complexe et simple, un véritable paradoxe. Un peu insondable. Je me souviens d’une interview fleuve dans Tennis Mag ou le Monde du Tennis, une véritable percée fascinante dans la tête de Boris. Il était assez peu question de tennis finalement. Il révélait qu’un jour d’ennui dans son appartement Monégasque il avait compté les noeuds de son tapis et je crois qu’il y en avait 2000 et quelque. Il parlait de ses angoisses et tout. Je ne sais pas si on peut retrouver une trace de cette interview.

  4. Kristian 16 mai 2011 at 12:43

    Quelqu’un ce Becker.
    Wimbledon 85 reste un moment unique dans l’histoire du jeu. En 15 jours toute la planete tennis s’est retrouvee chamboulee. Mcenroe et Connors se font laminer et Becker est totalement irresistible. Un gars de 17 ans mettait un enorme coup de pied dans la planete tennis, on entrait dans une nouvelle ere. Je ne me souviens pas qu’un tournoi ait pu etre aussi « revolutionnaire » que Wimbledon 85.

    • Marc 16 mai 2011 at 15:37

      Tu as raison Kristian.
      Je m’en souvien parfaitement, jamais vu McEnroe et Connors se faire laminer comme cela par Cuuren, battu ensuite par Becker.

      On avait l’impression que Connors et McEnroe étaient des cadets face aux seniors Becker et Curren…

  5. karim 16 mai 2011 at 12:59

    Petite question pour la couv de sports illustrated dédicacée, c’est un l’auteur qui se l’est faite dédicacer par Boris?

  6. Jérôme 16 mai 2011 at 13:14

    Sympa l’article. Comme Karim, je pense qu’il aurait fallu développer davantage les tréfonds du personnage que je trouvais très attachant.

    La psychologie de Becker était, si je puis dire, très … germanique. J’entends par là que Becker se prenait beaucoup la tête, il intellectualisait beaucoup son rapport au tennis et le rapport entre le tennis et la vraie vie. Je pense que Becker n’a jamais été accro au dernier degré au tennis. Il s’est toujours demandé ce que c’était d’avoir une belle vie, de la réussir sur le plan humain, et pas seulement sportif ou professionnel.

    Et il a toujours été très affecté par ses relations féminines. Ce qui le plombe fin 1989/début 1990, c’est la rupture avec sa compagne d’alors.

    Je trouve aussi que l’article ne rend pas compte de son année 1991 qui a pas mal ressemblé à l’année 2010 pour Federer. Il gagne l’OA (devient ainsi n°1 mondial), mais connaît ensuite un gros passage à vide qui n’est compensé qu’à Monte Carlo. A Roland Garros, il a eu un très beau parcours mais n’a jamais su comment jouer Agassi, et surtout Becker a commis l’erreur de vouloir gagner à RG en jouant comme un joueur de terre battue alors qu’il n’avait pas la vélocité requise.

    Et en même temps, sur le court, il était spectaculaire, souvent en lutte contre lui-même, à se botter le train pour essayer de rentrer en fusion et produire son meilleur jeu. Il faut se souvenir de ses regards incendiaires comme s’il cherchait une cible à accrocher et où balancer un missile.

    Revoyez par exemple sa finale à l’OA 1991 contre Lendl. Becker est à la rue au 1er set. Et puis, à partir du second il s’enflamme comme Hulk et balance des coups ahurissants des 2 côtés.

    Son coup droit n’était pas très bon. Il a été le meilleur coup droit du circuit de 1988 à 1991. Tiriac disait d’ailleurs, après avoir rompu son association avec lui, que Becker savait tout faire avec son coup droit.

    Outre le mental, la grande faiblesse de Boris, c’était son physique, lourd, avec un déplacement relativement lent et des placements approximatifs (d’où ses plongeons).

    A partir de 1991, Becker n’a en effet plus jamais été le même. Mais il a quand même connu 2 très belles années entre fin 94 et fin 96. Et là, il a joué le meilleur tennis de sa vie en ayant su élever son niveau et bosser. Son match en finale du Masters 1996 contre Sampras ne peut pas être commenté : c’était le sommet du feu d’artifices sur surfaces rapides. ENORMISSIME.

    • karim 16 mai 2011 at 13:46

      je cosigne. je cosigne. tout.

    • Yaya 16 mai 2011 at 14:04

      « Son match en finale du Masters 1996 contre Sampras ne peut pas être commenté : c’était le sommet du feu d’artifices sur surfaces rapides. ENORMISSIME »

      Ah ce match!!! La meilleure finale du Master’s qu’il m’ait été donné de voir.

      • John 16 mai 2011 at 14:48

        J’en pleure encore. Davantage de points gagnés sur l’ensemble du match, des retours irréels, unetrentaine d’acestous mis en placement de balle, mais un jeu de service catastrophique qui lui coût le break au cinquième. J’aurais tué Sampras ce jour-là…J’aurais tué tout court.

        • Yaya 16 mai 2011 at 15:52

          Moi aussi j’aurais bien tué Sampras ce jour là. D’ailleurs je n’ai jamais voulu revoir ce match. Maintenant c’est possible il y a prescription.

    • Robert 16 mai 2011 at 17:22

      Ce qui était vraiment sympa dans cette finale AO 91, c’est que ça été une des rares fois que sa tactique de ne pas monter systématiquement sur ses premières balles a été payante, en désorientant complètement Lendl qui ne savait plus à quoi s’attendre.
      C’est peut-être aussi pour cette raison qu’il a vraiment cru pourvoir gagner RG 91 en jouant de cette façon.

      En ce qui concerne le trou entre l’AO et MC, honnêtement je me rappelle juste d’un autre match face à Camporese en coupe Davis où il est encore revenu de l’enfer pour l’emporter en 5 sets (il était mené 2-0 je crois) et qu’ensuite il s’est blessé et a donc peu joué.
      En parlant de blessure, je crois me souvenir aussi qu’il avait joué (et perdu) diminué par une blessure contre Haarhuis au 3ème tour de l’USO 91

  7. Jérôme 16 mai 2011 at 14:42

    J’oubliais de réagir sur un point. Quand Robert dit que Becker détient le record du nombre de victoires sur un n°1 mondial, ce n’est pas tant l’illustration d’un talent exceptionnel que la conséquence logique du fait que Becker n’a été que très peu n°1 mondial alors qu’il était vraiment un très très grand joueur.

    Becker a gagné 49 tournois dont 6 titres du GC et 3 Masters (les vrais Masters, pas les M1000 à la noix).

    Donc, comme Becker a été beaucoup moins n°1 qu’il n’aurait du l’être, il a plus souvent battu des n°1 que d’autres qui ont beaucoup occupé le n°1.

  8. John 16 mai 2011 at 14:59

    De manière générale: Merci Robert ! Merci !

    Cela faisait longtemps que j’espérais un article sur Boris Becker, qui est vraiment LE gars qui m’a fait jouer au tennis. J’aimais ses paradoxes chez Becker. L’orgueil qui fait gagner et la morgue qui fait défaillir. La puissance du bras et la pesanteur des jambes, l’invention du tennis des années 90 se superposant à une philosophie de jeu curieusement désuète. Car vu de près, Becker doit largement plus à Laver qu’à Lendl. Le jeu de Boris repose sur la prétention d’un tennis total: un coup droit sans compromis, un revers de fer reposant sur une prise audacieusement fermée, et un chip and charge orienté vers le knock-out direct. Becker, durant sa carrière, avait sans doute la meilleure première volée du circuit, devant Edberg et Sampras. Et mes souvenirs – mais c’est ma madeleine … – me laissent en fait l’image d’un joueur étrangement délicat en fait. Le service de Becker était surtout diaboliquement précis. Et qui se souvient que c’est en multipliant les volées amorties que becker a fait leur fête à Kiefer et Hewitt lors du Wimbledon 99 ?

    • Jérôme 16 mai 2011 at 15:27

      John, bien que grand fan de Becker, je ne peux pas être d’accord avec toi sur la qualité de volée. Edberg était vraiment un cran au dessus de Becker en matière aussi bien de précision, d’efficacité et de sécurité de la volée, notamment parce qu’Edberg avait une rapidité d’approche vers le filet phénoménale.

      Autre point dont l’article ne rend pas forcément compte, c’est que lors de la finale de Wimbledon de 1990, Edberg a littéralement marché sur l’eau lors des 2 premiers sets. Il jouait tellement bien qu’il a littéralement tétanisé Becker. Edberg était encore sur la lancée de sa demi-finale où il avait infligé une véritable torgnole à Lendl, torgnole qui a précédé de peu la fin définitive du règne de Lendl au rang de n°1 mondial.

      Il a vraiment fallu que Becker aille très loin au fond de lui-même pour puiser la force de revenir à 2 sets partout. Et je ne m’explique toujours pas comment Boris a pu laisser s’échapper la victoire alors qu’il avait breaké Edberg dans le 5ème set.

      • John 16 mai 2011 at 15:37

        Je ne crois pas que nous soyions en désaccord: je parlais seulement de la première volée. Edberg combinait plus souvent une première volée d’approche et une seconde volée de conclusion – je trouve d’ailleurs que c’est la répétition mitraillée de ces deux volées qui fait beaucoup dans la beauté du jeu d’Edberg.

        Quant à la deuxième balle (voy. post suivant), je diverge. Becker est le premier joueur de l’èremoderne à passer régulièrement des deuxièmes balles à 180 km/h. C’est vrai que la deuxième balle de Becker a dû souffrir de la comparaison avec celle de Sampras à partir de 1991. Mais la mise en place de ce coup représente un vrai saut qualitatif par rapport au tennis des années 80. Le déchet était parfois élevé en termes de doubles fautes, c’est vrai – et je t’avoue pour ce qui me concerne que ça ajoutait au côté excitant des matches de Becker. Mais la longueur et la consistance de la balle était remarquable.

    • Jérôme 16 mai 2011 at 15:28

      PS : Le service de Becker avait une faiblesse. Il le jouait avec une prise ouverte, ce qui explique en partie la faiblesse toute relative de sa 2ème balle et son nombre important de doubles fautes.

    • Robert 16 mai 2011 at 15:59

      Il n’y a pas de quoi, heureux que l’article vous ai plu :-)

      J’ai volontairement peu développé la partie sur la psychologie du personnage afin que l’article ne soit pas trop long (au début il en faisait le double) et pour en discuter plutot dans les coms.

      Fan de Becker moi-meme, je rejoins Jérôme quand il dit que la volée d’Edberg était au-dessus de celle de Becker: la sienne était certainement excellente mais celle d’Edberg était vraiment magique. Il suffit de voir des extraits de la finale de Wimbledon 88 où par moments Becker le canardait 2,3,4 fois de suite à bout portant et voyait encore et toujours la balle lui revenir dans la faciès….pas étonnant qu’il ait pété un plomb lors de cette finale :-)

      Pour le nombre de victoires contre le n°1 du moment il évident que l’avoir été si peu l’ait en quelque sorte avantagé statistiquement par rapport à Lendl/Sampras/Federer. Pour info ces victoires on été sur:
      - Lendl (7 fois)
      - Wilander(1)
      - Edberg(3)
      - Courier(3)
      - Sampras(4)
      - Agassi(1)

      En pourcentage par contre le meilleur parmi les top players est Nadal avec 68,4% (13 victoires en 19 matches face au numéro 1 du moment). Inutile que je vous dresse la liste des numéros 1 battus … :-)

      (Si ça vous intéresse j’ai trouvé ces stats sur ce lien: http://www.menstennisforums.com/showthread.php?p=10677769)

      En ce qui concerne la période fin 94- fin 96, elle aura été le fruit d’un dur entrainement sous la houlette de Nick Bollettieri, et particulièrement du point de vue du physique (il avait pas mal maigri et se déplaçait bien mieux que lors de la période 92-94). Je ne sais pas si c’est vraiment le meilleur niveau de tennis pur qu’il ait atteint en absolu, mais c’est certainement la période où il a été le plus serein psychologiquement en tant que joueur de tennis, ce qui lui a permis à nouveau de côtoyer les sommets. Les 2 seuls gros regrets sur cette période auront été sa défaite contre Musterminator à MC en 1995 et son abandon à Wimbledon 96.

  9. Marc 16 mai 2011 at 15:34

    http://www.sportvox.fr/article.php3?id_article=16355

    Hello Robert,

    ci-joint un article que j’avais commis sur Sportvox sur le même Boris, avec les mêmes conclusions : au regard de son talent, il aurait pu et dû avoir un palmarès plus étoffé.

    Merci pour ton article.

    • Robert 16 mai 2011 at 16:09

      Merci pour le lien, ton article est très pertinent et tes explications (surtout les point 1, 2 et 3) complètent bien les raisons de son palmarès « limité » .

      Je me trompe peut-être mais j’ai souvent eu l’impression que Becker était mentalement plus satisfait d’être numéro deux ou trois tout en refilant régulièrement sa pâtée au numéro un du moment (il en a bien ch*é ce pauvre Lendl lol!) du style: « j’ai pas la patience de faire les efforts pour être n°1 mais je vous démontre que je peux l’être quand je veux ».

  10. William 16 mai 2011 at 16:17

    Merci Robert ! Un nouveau venu ? Qui débarque avec un article en offrande ? Génial, merci beaucoup !

    Becker, je suis trop jeune pour l’avoir vraiment suivi. Ma grand-mère, elle-même allemande, en était fan, et j’ai quelques images (bien enfouies) d’un grand roux faire des plongeons sur un court indoor.
    Je me suis bien sûr rattrapé à grands renforts de Youtube, mais c’est un vrai regret pour moi de n’avoir pu suivre le début des années 90 : Becker et Edberg, j’aurais aimé les voir en direct. Tant pis, on ne choisit pas sa date de naissance ! Des images visionnées je retiens un grand service, un coup droit à la fois solide et puissant, et surtout un revers très singulier : comme une barre de fer ou une batte de base-ball, un coup sur lequel il ne faut pas trop appuyer sinon PAF! le winner est décoché. Et décrocher le gros lot en s’imposant à Wimbledon si jeune, quelle performance… Et quelle récompense !

    Je trouve aussi que la partie justifiant les raisons d’un potentiel inachevé est un peu trop courte, mais je viens de lire que c’est fait de façon délibérée, alors très bien !

    Merci, Robert !

    • Robert 16 mai 2011 at 16:31

      Disons que je vous lis depuis longtemps et je me suis dit qu’il était temps de vous remercier pour m’avoir donné envie de me replonger dans le monde du tennis (je regardais plus depuis environ l’us open 99).

      J’ai écourté la partie justifiant les raisons d’un potentiel inachevé car c’est un argument assez subjectif qui varie selon les personnes, j’ai pensé que c’était plus sympa de pouvoir en faire un argument de discussion sur le forum.

      C’est dommage que tu n’aies pas vu cette époque fin 80 début 90, car c’était vraiment extrêmement varié du point de vue des styles de jeu et des caractères, même si le niveau général du top 100 était globalement moins élevé.

      C’est par contre assez marrant de revoir les matches sur Youtube 20 ans après. Après avoir vu les Djoko/Nadal de cette année, en comparaison les Becker/Lendl me semblent des gringalets au bras tout mou :-D

      • William 16 mai 2011 at 16:50

        J’échange volontiers le « niveau général du top 100″ contre un peu de diversité !

      • Jérôme 16 mai 2011 at 17:15

        Ils couraient certes moins vite. Mais ils n’avaient surtout pas le même matos. Ressortez la F200 de Wilander ou l’Estusa de Becker ou l’Adidas de Lendl, et essayez donc de mettre des grosses mines en coup droit.

        Vous allez souvent perforer le grillage ou les bâches qui encadrent le court. Les raquettes offraient infiniment moins de contrôle il y à 20 ou 30 ans. C’est aussi ça qu’on ne mesure pas. Jamais Nadal n’aurait pu pratiquer avec succès son style de jeu avec les raquettes et les cordages de l’époque. Ou alors, il aurait été forcé de taper beaucoup moins fort pour mettre autant de lift (façon Bruguera). Ou alors il aurait moins lifté (façon Muster) pour cogner plus.

        • Robert 16 mai 2011 at 17:31

          Il est évident que le matos joue énormément, tout comme la préparation physique et professionnelle (et apparemment la diète cf. Djokovic :-D Quand je pense que Connors, au journaliste qui lui demandait en 83 je crois ce qu’il pensait de l’entrainement scientifique de Lendl répondait en rigolant que pour lui s’entrainer c’était manger un poulet entier et que ces trucs pseudo scientifique étaient bon pour les loosers lol!).

          A l’époque j’avais même joué avec des raquettes en bois (la vache qu’elles étaient lourdes pour un môme de 6-7 ans!) et quand je suis passé à celles en graphite je me suis senti (le temps de me prendre une raclée par un gars 3 fois plus fort) superman sur les courts.

          • Jérôme 16 mai 2011 at 17:43

            et moi, les rares fois où j’ai taté de la raquette profilée avec la masse assez nettement répartie vers la tête, j’étais capable de te claquer 3 revers à 1 main hyper-tendus à ras du filet et à donf’.

            Le problème, c’est que je perdais tout toucher à la volée comme en fond de court quand que je voulais faire un petit coup travaillé court croisé. De la bonne raquette de bourrin. Mais c’est sûr que ça aidait bien à jouer comme Davenport et ses héritières.

  11. William 16 mai 2011 at 16:24

    Je relaie l’info car je ne l’ai pas lue ici : Rosewall a été hospitalisé mais ses jours ne semblent pas en danger… http://www.lequipe.fr/Tennis/breves2011/20110516_093756_rosewall-hospitalise.html

    • Le concombre masqué 16 mai 2011 at 17:53

      Ouais, j’avais vu. C’est quoi ce titre de l’équipe.fr? Serieusement? Ils sont allés chercher ça où?

  12. Le concombre masqué 16 mai 2011 at 17:56

    http://www.lequipe.fr/Tennis/breves2011/20110516_151834_le-joueur-francais-de-demain.html

    En espérant qu’ils nous feront plus des émules de Fed que de Djoko…

    Article intéressant cela dit.

    Y’a à boire et à manger aujourd’hui sur lequipe!

  13. William 16 mai 2011 at 19:00

    Pour ceux que cela intéresse, j’ai mis la main aujourd’hui sur un livre aussi court que passionnant : Silences de Federer, d’André Scala. En moins de 100 pages, l’auteur dresse le tableau d’un univers tennistique changeant, suit l’évolution de ce sport par le prisme Federer, étudie le rôle des médias et ses excès, et souligne la filiation McEnroe-Sampras-Federer. Un régal (l’auteur est philosophe). Je l’ai dévoré, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.
    Un extrait : « Federer faut de l’art de jouer au tennis une constante invention, hanté par la question : comment jouer en état de variation continue ? Qu’est-ce que la variation au tennis ? Ne jamais jouer un coup auquel l’adversaire s’attend, alterner vitesse et lenteur, effets donnés à la balle, direction. Il faut donc un rythme imperceptible à l’adversaire, sur lequel il ne peut compter. Les coups que joue Federer semblent à la fois arriver et lui arriver. »

  14. Nath 16 mai 2011 at 20:50

    31 comm, tous de posteurs masculins ! Ça doit faire longtemps que ça n’est pas arrivé ici. Alors, y a-t-il des filles dans le coin qui apprécient le grand roux ? Moi je n’ai pas grand chose à en dire, aucun souvenir de lui dans ces années où je voyais un match de temps en temps, plus par hasard qu’autre chose. Merci Robert, un posteur disait il y a peu qu’un article sur Becker manquait à ce site. C’est désormais chose faite.

    Sinon, Djoko qualifié avant même le 2° GC de la saison, c’est fou, non ?

    • William 16 mai 2011 at 20:55

      Oui, c’est impressionnant. D’un autre côté si un joueur gagne 1 GC et 4 M1000 et n’est pas qualifié parmi les 8 masterisables… On se demande ce qu’il faudrait faire !

    • Jeanne 16 mai 2011 at 22:05

      J’en reste muette d’admiration. C’est la perfection… En revanche, le 1er janvier 2012 il aura l’impression de devoir gravir un Everest, avec ses 7 000 points accumulés en quelques mois. Et Ferrer 3ème à la race, je ne le voyais pas si haut !

  15. Colin 16 mai 2011 at 21:37

    Arrivée fracassante de Rober sur 15-love, un peu comme Beckert à Wimbledon 1985: on ne l’a pas vu venir, mais il a fait fort!

    Lors d’un post récent, j’avais qualifié l’irruption de Boum Boum à Wimb 85 comme l’avènement du tennis 2.0 (celle de Del Potro à Flushing 2009 étant l’avènement du 3.0), c’est dire si je plussoie sur certains comms lus ci-dessus.

    Personnellement, le rouquin germain ne m’a jamais beaucoup intéressé, si ce n’est qu’il est le premier joueur né en 1967 (donc la même année que moi) à avoir remporté un tournoi du Grand Chelem. J’ai donc pris un gros coup de vieux cet été là, l’été de mes 18 ans, puisque pour la première fois un gars de mon âge battait les tout meilleurs. Pour moi, qui, tout petit, tapait la balle contre le mur de mon immeuble en rêvant de devenir plus tard le futur Borg, c’était le signe que mes rêves de gloire étaient définitivement enterrés.

    Sinon, à part ça, c’est une bonne source de questions pour des quiz, voici par exemple une question que j’avais posée sur un vieux quiz de SV:
    « J’avais accepté de jouer les J.O. associé à mon «meilleur ennemi» pour ramener la médaille d’or du double messieurs (et en plus ça a marché!)… alors que nous avons -presque- toujours évité de jouer ensemble en Coupe Davis (ce qui ne nous a pas empêchés de ramener, à nous deux mais séparément, trois saladiers d’argent à notre pays). Pour vous aider: Mon fils aîné se prénomme Noah. »
    Exotic avait répondu: « Arthur Ashe », j’avais mis un moment à comprendre la blague.

    • Nath 16 mai 2011 at 22:08

      Aucun joueur né la même année que moi n’a remporté de GC… ni n’a accédé à la moindre finale :| C’est cuit maintenant. Pourtant c’était pas loin avec des vainqueurs nés en décembre de l’année précédente et janvier / février de l’année suivante. Dire que tu as mal vécu ça ! C’est vrai que ça fait bizarre à 18-19 ans de voir des joueurs de ton âge jouer de grands matches.
      Mais une joueuse (que j’aime bien, ça va de soi) qui a 9 jours d’écart avec moi en a gagné et a été numéro un, ça me va finalement :)

  16. Jeanne 16 mai 2011 at 21:57

    interesting ! Bienvenue Robert ! Comme d’autres ici, je n’ai pas vu Becker en direct dommage car l’époque semblait somptueuse avec beaucoup de talents à la lutte dans un bouillonnement de pépites.. Mais Youtube est notre ami !

    Je pense qu’il a amené une certaine forme de puissance brute mais panachée avec de la technique et de l’aplomb, tout autant que Lendl, avec plus de spectaculaire, avec un bras de béton capable de propulser des revers aux angles extraordinaires (à une époque où les matériaux ne facilitaient pas tant les courbes impossibles d’aujourd’hui)

    Il avait certainement un potentiel pour collecter bien plus de GC. Sa précocité reste incroyable, et aujourd’hui, gagner Wimbledon à 17 ans semble vraiment impossible (chez les hommes en tous les cas). Ça fait rêver !

    Becker a un drôle de regard que j’ai rarement vu chez un tennisman, une sorte de fierté, avec un soupçon de défi, le menton assez haut. Son statut d’idole germanique a dû lui être parfois difficile à vivre.

    Le match contre Sampras en 96 est sublime, Becker étant un des meilleurs indooriens de tous les temps. Son service atteignait sa plénitude dans ces conditions non éoliennes !

    Tout comme Antoine il haïssait Lendl et l’émergence de Stich a dû lui être pénible. Stich étant un joueur dont on ne parle pas assez, qui avait une fluidité extraordinaire en plus d’un service monstrueux. Courier avait coutume de dire que Stich était le joueur ayant le plus de facilités de tout l’ATP (même plus que Sampras)

    BB, c’est également un de ces joueurs qui aurait pu décrocher le career slam. S’il avait passé Edberg en 89, je pense qu’il aurait dompté Chang, qui n’avait pas le jeu pour résister à sa puissance.

    • karim 16 mai 2011 at 22:48

      Stich est donné comme le joueur le plus fort rencontré par Courier ET Sampras. Je me dis que ces deux-là doivent savoir de quoi ils parlent, surtout à une époque prégoatique où on pouvait dire réellement ce qu’on pense et pas qu’untel ou untel sont les meilleurs de tous les temps parce que tout autre discours serait inconvenant.

    • Jeanne 16 mai 2011 at 23:08

      Il reste donc bien étrange que Stich ait laissé si peu de souvenirs, je n’en vois jamais aucune mention dans les forums, alors qu’il était un genre de « William Wilson » de Wimbledon pour Becker

  17. Sam 16 mai 2011 at 22:28

    Un article sur Becker ne peut pas être un mauvais article puisque le sujet est intéressant. et en plus, Robert nous fait ça très bien, merci donc Robert.
    Moi qui suis nettement plus jeune que Colin, j’ai ressenti le même coup de vieux quand un 72, Chang, a gagné RG. Dans ces moments là, quand on arrive péniblement à accéder à la troisième série, on se dit que la concurrence est rude. Pire, et pour tout vous dire, je suis né le même jour que …Santoro. Qui trustait tous les titres en poussin, minimes, etc. Chacun porte sa croix en ce bas monde. Bon, aujourd’hui, Santoro n’a toujours pas gagné un GC. Moi non plus.

    Back to the 80′s. Becker a sacrément secoué le cocotier cet été là. Seuls les fans les plus barrés de tennis, donc les ados, avaient entendu parler de lui. Et je vous assure que le gars était tellement impressionnant qu’il était possible d’avoir déjà lu son nom quelque part l’année d’avant, à 16 ans donc. Becker n’était pas à 16 ans un total inconnu. De là à vous dire ce qu’il avait fait …

    Le RG précédent Wimby 84, les 4 premières têtes de séries étaient présentes en demi. Ivan, son faire valoir Matsou, un beauf américain nommé Connors et un autre américain que tout le monde a oublié. d’une manière générale, ces 4 là, avec quelques suédois négligeables faisaient la pluie et le beau temps sur le circuit. On était quelque part encore dans l’ère post-Borg. Chacun de ces gus avait eu affaire à lui, et était d’une manière ou d’une autre encore imprégné de ce tennis lointain. Au mieux, on pouvait se faire une image de Curren. Pas belle d’ailleurs. Pour moi, un sous- Tanner mâtiné de Kriek (pas la bière pour les filles, le double vainqueur de l’OA pré-historique).Donc, l’un dans l’autre, mieux valait que le Becker gagne, ce qui fut fait, et c’était parti.

    Il y a peu de comparaisons possibles avec Wimby 85 en fait. Quand Wilander a gagné RG à 17 ans, il ne révolutionnait pas le tennis. A la limite, il désespérait ceux qui croyaient en avoir fini avec les moon balls de Borg. quand Chang à gagné, pareil (et d’ailleurs, en matière de plaisir à regarder, bonjour …). Quand Kuerten a gagné son premier RG, big surprise, mais plus vieux, avec là non plus pas un tennis révolutionnaire, quoiqu’on en dise. Pour moi, Becker cette année là, c’est un mix entre -comment il s’appelle déjà ?- oui, « Macenroe » en demi de Wimby 77 et soit Sampras 90, soit DelPo 09. becker a envoyé un coup de pied au cul atomique à tout ce qui avait plus de 19 ans cet été là. Grosseu Tennis, Total tennis.

    Jamais compris ce qu’il avait bricolé entre 91 et 96.

    Rien à voir: Agassi haïssait Becker. Lui et son entraineur (Gilbert ?) le surnommait « Socrates ». Genre, « il se prend pour un intello ». Ca en dit long sur le niveau d’Agassi.

    • karim 16 mai 2011 at 22:51

      Agassi est ma déception de ces dernières années. Je l’ai trop aimé pour le renier, mais le personnage n’était pas à la hauteur de l’image que je m’en faisais. Il s’en fout, et il a bien raison!

    • Jeanne 16 mai 2011 at 23:09

      Agassi me semble avoir une attitude super-moqueuse, et révéler tout ça ne le rend pas plus immense

    • William 16 mai 2011 at 23:12

      Dans Open, Agassi tire pas mal sur Becker. Il mentionne le fameux coup de la langue avait le service, comme quoi Becker sortait légérement la langue avant de servir extérieur. Un truc du genre.

  18. Nath 16 mai 2011 at 22:31

    Je change un peu de sujet. Je me suis amusée à noter à plusieurs moments de cette tournée européenne sur TB les côtes des joueurs pour la victoire finale à RG.
    Les dates de relevés (non, ce n’est pas de la météo, quoique ça ressemble à des indices de confiance quand on y pense) correspondant aux côtes ci-dessous sont les suivantes : avant MC, pendant Barcelone, après les quarts de Rome, après la finale de Rome.

    Certaines ont varié (parfois beaucoup), dans le bon sens :
    Bien sûr Djoko : 6 | 5 | 2,75 | 2,37
    Bellucci : 67 | 67 | 51 | 51
    Et c’est tout.

    Dans l’autre sens (là, il y a du monde) :
    Nadal : 1,4 | 1,5 | 1,67 | 1,73
    Federer : 8 | 9 | 11 | 15, et ça contredit ce que disait Kristian sur le fil précédent.
    Soderling : 17 | 17 | 34 | 34
    Almagro et Davy : 51 | 51 | 67 | 67
    Melzer : – | 51 | 67 | 67
    Berdych : 41 | 41 | 51 | 51, qui finit avec les mêmes chances estimées que Bellucci
    JMDP : 11 | 11 | 15 | 15, beaucoup de confiance tout de même accordée au grand Argentin, autant qu’à Doudou
    Et surtout Verdasco : 34 | 67 | 101 | 101
    Et Tsonga que j’ai failli louper tellement il est loin : 80 | 151 | 201 | 201

    Une côte est restée telle quelle du début à la fin : il s’agit de celle de Ferrer ; elle est de 26.

    D’autres ont connu des hauts et des bas, pour globalement s’améliorer :
    Murray : 26 | 17 | 34 | 15
    Gasquet : – | 101 | 151 | 51

    Le peu de variation dans le bon sens montre bien l’irrégularité du circuit actuel, avec pour chaque M1000 une ou deux bonne surprises et plein de déceptions. Doit-on à nouveau s’attendre à voir deux joueurs auxquels on ne s’attendait pas en demie ? Un me conviendrait très bien.

    Un résumé pour la route des 8 premiers :
    Rafael Nadal 1,73
    Novak Djokovic 2,37
    Roger Federer 15
    Juan Martin del Potro 15
    Andy Murray 15
    David Ferrer 26
    Robin Söderling 34

    J’ai eu la flemme de faire la même chose chez les filles (et puis je l’avais déjà fait l’an dernier et j’avais constaté que ça variait énormément), mais actuellement c’est très serré, 7 « favorites » ayant une côte comprise entre 6 et 13 : Woz, Azarenka, Sharapova, Clijsters, Stosur, Zvona et Kvitova.

    Heu, ceci n’est pas un appel au jeux d’argent, mais j’avais besoin de faire augmenter mon taux de posts contenant des stats ;)

    • Sam 16 mai 2011 at 22:39

      La côte de Ferrer ressemble à son jeu.

    • karim 16 mai 2011 at 22:54

       » Je me suis amusée à noter à plusieurs moments de cette tournée européenne sur TB les côtes des joueurs  »

      la question essentielle est, as-tu alors beaucoup ri Nath? Pour un réfractaire aux stats et aux cotes prendre un verre avec toi et Antoine doit éveiller des pulsions suicidaires.

      • Nath 16 mai 2011 at 23:11

        J’ai suffisament d’autodérision pour rire maintenant très cher Karim :mrgreen:

    • Jeanne 16 mai 2011 at 23:12

      Nath s’est tenue les côtes,j’en suis bien certaine. Reste avec nous Karim

  19. Clément 16 mai 2011 at 22:41

    Bonsoiiiir à tous, et bonsoir Robert, bienvenue et merci pour l’article !

    Becker, jusqu’à très récemment, je ne le connaissais que via le prisme de mon père qui me l’a fait connaître Boom boom plutôt que Boris. Je m’imaginais une armoire à glace uniquement bonne à servir des aces et à se pinter la tronche à la fête de la bière entre deux tournois.

    Ça s’était avant Youtube (je propose d’ailleurs de rebaptiser cette époque « avant YT », pour aller plus vite). Depuis j’ai découvert un joueur étonnamment complet pour son temps, un vrai bon coup droit, un vrai bon revers, un service énorme et un jeu offensif loin d’être dégueu. Le tout servi par une puissance de feu que ne renierait pas un Berdych ! Rien à voir avec un Edberg qui ne semblait bon qu’à volleyer ou avec un Wilander qui savait… courir et remettre la balle dans le court… et courir… et remettre la balle dans le court… et couri.. et remetrinhriuegbuokhoijnerng.

    Voilà rien qu’à y repenser je m’endors sur mon clavier, donc tout ça pour dire que Becker c’est aussi le type qui a rendu possible la finale du Master 96 qui, pour le peu que je connaisse du tennis, est selon moi le délire offensif ultime. Je tuerais la femme et les enfants que je n’ai pas encore pour avoir un match comme ça disons 4-5 fois par an (en-dessous je ne tue pas plus d’un enfant, faut pas déconner je suis pas un monstre).

    Le tennis des 90′s me manque, et la meilleure raison pour ça c’est que je ne l’ai qu’à peine connu ! Nostalgie par procuration ? Exactement.

    • Clément 16 mai 2011 at 23:18

      Un truc que j’ai oublié de dire sur l’Allemand, une sensation qu’il est le seul à me procurer : sa première balle de service. Sur les vidéos que j’ai vues, c’est le SEUL service du monde qui me donne l’impression que la balle est plus rapide APRÈS REBOND. Ce sentiment de lourdeur absolue quand la balle sort de la raquette puis rebondit pour souvent ne jamais repartir de l’autre côté du filet. Comme un tir de canon faisant jaillir des flammes un boulet en fonte de plusieurs tonnes.
      Impressionnant.

  20. Nath 16 mai 2011 at 22:46

    http://bleacherreport.com/articles/702244-french-open-2011-the-all-time-top-25-mens-french-open-players
    Si Antoine voit la place de Rosewall, il va peut-être nous faire un pavé ;)

    • Sam 16 mai 2011 at 22:57

      Costa a existé.

    • Humpty-Dumpty 16 mai 2011 at 23:24

      J’adore la notice sur Noah. « Yannick is more than just the father of Chicago Bulls center Joakim Noah ».
      Si on doutait que l’auteur soit Américain, on ne le peut plus après ça. Il y a vraiment des choses sur lesquelles on ne verra jamais le monde de la même façon selon le côté de l’Atlantique d’où on regarde !

      • Clément 16 mai 2011 at 23:28

        Tu as raison, pour une majorité de Français Noah n’est qu’un chanteur désormais… Vraiment pas la même chose !

      • Sam 16 mai 2011 at 23:32

        « Il y a vraiment des choses sur lesquelles on ne verra jamais le monde de la même façon selon le côté de l’Atlantique d’où on regarde ! »

        …J’en connais un qui doit être d’accord avec ça.

        (Il fallait que quelqu’un en fasse une. Sorry).

      • Humpty-Dumpty 16 mai 2011 at 23:33

        Bon d’accord il y a aussi des choses qu’on voit différemment selon qu’on est né avant ou après 80, c’est ça ?
        Noah chanteur ? Brrrrrr ! :)

  21. May 16 mai 2011 at 22:52

    C’est toujours courageux d’entrer sur 15LT par la grande porte avec un sujet inédit. Bravo à toi Robert.
    Boris Becker c’est la transition entre le jeux en puissance alliant une très bonne technique et maitrisant tous les coups du tennis que ce soit au filet ou au fond du court. Ce qui allait engendrer à la fois les grands serveurs et les joueurs puissants.
    Lendl lui il est à l’origine du tennis « militaire ».
    Mon regret? Ne pas l’avoir vu jouer à Wim à l’époque où s’était diffusé sur les chaines publiques.
    Je crois que j’ai dû surtout le voir perdre à RG lorsqu’il jouait le dernier week-end. C’est une époque trop lointaine pour avoir une idée précise de sa place dans le tennis hors palmarès, qui est loin d’être à jeter aux ortis.
    Les 80′s & 90′s ont offert de multiples joueurs titrés en GC, les titres étaient donc dispachés parmis les meilleurs, si on compare aux années 2000, les titres sont emmagasinés par 2 voraces et les miettes pour le reste du monde. Dans 10 – 15 ans on se rendra compte que les joueurs qui ont évolués à cette époque ont été étouffés et leurs palmarès sera bien famelique à coté de celui de BB qui en fin de compte n’a rien à regretter. S’il n’a pas été Roi, il a été Prince.

  22. karim 16 mai 2011 at 22:57

    Les joueurs les plus complets de la fin des années 80 au milieu des 90′s pour moi étaient Sampras, Becker et… Forget!!! Complet n’est pas doué hein, cela s’entend.

    • May 16 mai 2011 at 22:59

      Et Lendl?

      • karim 16 mai 2011 at 23:01

        pas de volée mon amazone, pas de volée. comparé à ce qui se fait aujourd’hui c’est un volleyeur honnête, mais en revers surtout c’était pas top du tout.

    • Serge 17 mai 2011 at 11:39

      Et Stich alors!?

    • Baptiste 17 mai 2011 at 17:09

      et Brad Gilbert?

  23. karim 16 mai 2011 at 23:03

    @ Robert, pour la couv dédicacée tu ne m’as pas répondu. Merci.

  24. Robert 16 mai 2011 at 23:22

    Bonsoir à tous, heureux que l’article vous a plu; si j’en ai le temps j’essaierai d’en pondre un autre d’ici la fin du mois.

    @Karim: malheureusement je n’ai reçu aucune dédicace de BB, c’est une photo postée par les administrateurs du site.

    En ce qui concerne les joueurs les complets des années 90, plus que Forget j’aurai plutôt mis Stich. Ce gars là savait vraiment tout faire avec la balle jaune, et à l’époque ce n’était pas donné à tout le monde de faire finale sur des surfaces aussi différentes que le gazon de Wim, le dur de l’USO e la terre battue de RG (en désossant sur son parcours le Musterminator, terreur quasi invaincue pendant deux ans à l’époque sur TB).

    C’était aussi un des rares joueurs (avec Krajicek) à avoir un H2H positif face à Sampras. C’est vraiment dommage que ses blessures aient plombé sa carrière.

    • karim 17 mai 2011 at 09:57

      Je pensais à Stich, mais il n’avait pas un super coup droit. Le geste n’était pas aussi emprunté que ceux d’Edberg ou Connors, mais c’était loin d’être une assurance vie. Son revers était nettement meilleur, vraiment.

  25. Oluive 16 mai 2011 at 23:29

    Bonsoir à vous, et merci Robert pour BB. Je suis preneur d’un article sur Stich si tu te spécialise dans le tennis allemand ! (un joueur terrible mais trop méconnu -par moi y compris- comme dit plus haut).

    Sinon, quelqu’un en sait un peu plus sur cette histoire de balles nouvelles à RG ?

    Un extrait d’un article d’Eurosport sur la quinzaine parisienne :

    . LES NOUVELLES BALLES TESTEES PAR FEDERER

    Roger Federer est déjà arrivé à Paris avec son staff pour reprendre contact avec la terre battue parisienne, là même où il s’est imposé en 2009. Si le Suisse a reconnu sans problème le court central Philippe-Chatrier, celui-ci a découvert les balles de la compétition. C’est Babolat qui est le nouveau fournisseur, et ce, jusqu’en 2015 ; la firme française assurera également le service cordage durant toute la quinzaine. Cette balle est déjà présentée comme plus petite, très dure et donc très rapide, ce qui pourrait tout à fait convenir davantage au style de jeu de Federer, comme à celui de Djokovic, et un peu moins à celui de Rafael Nadal, le tenant du titre, qui a tendance à préférer les balles plus grosses et plus lourdes.

    • Coach Kevinovitch 17 mai 2011 at 01:24

      Je vous informe que je suis en train de créer des balles Babolat très grosses et lourdes comme des balles de….PÉTANQUE!

      Nous (moi et Toni) allons faire un échange sauvage samedi dans la nuit pour que personne ne puisse plus rien faire après. Nous n’allons pas subir un tel désavantage. Rafa owns Roland-Garros, WE OWN ROLAND-GARROS!

      Pour ceux qui nous sous-estimeraient, nous avons déjà agi cette année avec le coup de l’échange de surface pour le Belgique-Espagne de Coupe Davis.

      Rafael Nadal gagnera Roland-Garros 2011!

      • Babolat 17 mai 2011 at 04:20

        Il est diabolique !!

      • Yaya 17 mai 2011 at 11:06

        La main invisible de Borg est plus forte que la tienne et risque encore de frapper ! Borg ne veut pas d’une sixième victoire de Nadal. Pour ce faire il a pris possession du corp de Djokovic et a médusé Gilbet Ysern et toute la clique.

        La suite dans Vaudou moi ça ! épisode 2 …

        • Jérôme 17 mai 2011 at 11:28

          Disons surtout que Borg déteste surtout qu’on dépasse ses records. Il semble à peu près supporter qu’on les égale. Je développe pour confirmer.

          Si en 2001 Borg a pu se réjouir que Federer dégomme Sampras en huitièmes à Wimbledon, c’est beaucoup moins parce qu’il ne voulait pas être égalé (5 victoires consécutives) que parce que Sampras aurait cumulé les 5 victoires consécutives avec un total global de 8 victoires à Wimby (1993, 94, 95 et de 1997 à 2001 en série).

          Même chose à Wimbledon 2008. Il ne fallait pas que Federer en aligne 6 d’affilée.

          Et là, peu lui chaut que Nadal gagne un 6ème titre à RG. Borg est mesquin mais pas au point de ne pas supporter qu’on l’égale. L’essentiel a été acquis pour lui en 2009 quand Nadal a été empêché par Soderling d’enquiller 5 titres d’affilée à RG.

          D’ailleurs, autant on peut passer rapidement sur les excès des journalistes qui nous inventent tous les 6 mois un nouveau GOAT. C’est pour vendre leur papier et garder leur job qu’ils escaladent les superlatifs comme les chamois grimpent les montagnes.

          En revanche, de manière générale, que les anciens joueurs se lancent dans cette même dérive me paraît être l’expression d’une forme de jalousie. Ils balancent les lauriers et les louanges à tort et à travers pour les dévaloriser. Si tout le monde est goatique, alors ça ne compte plus.

          Je remarque quand même que les grands, les vrais, les Rosewall, Laver et Sampras, se gardent bien de tels excès. Même chose d’ailleurs, pour un Connors et un Lendl.

          Bizarre ? Ce sont aussi ceux qui ont le mieux réussi à gérer leur carrière et qui ont ceci de commun (que les autres n’ont pas, ni Borg, ni Mac Enroe, ni Agassi) d’avoir régné sans discontinuer pendant des années sur le tennis, quand les autres n’ont jamais su tenir le n°1 plus d’1 an. Les vrais et grands dominateurs n’ont finalement pas de problème d’ego. Ils savent qu’ils ont été THE big boss à leur époque et ça leur suffit, les différentes époques ne pouvant être comparées.

    • karim 17 mai 2011 at 10:00

      coach il faudra quand même les peindre en jaune tes boules de pétanque, sinon ça risque de se voir! L’idéal serait de trouver des boules de pétanque blondes et non épilées… je vous quitte…

  26. Jérôme 17 mai 2011 at 07:44

    Franchement, même si j’aime bien qu’on inverse le trop long processus de ralentissement de jeu, je trouve de plus en plus scandaleux que les directions de tournois manipulent à ce point les conditions de jeu.

    On se croirait en Coupe Davis où le pays qui reçoit trafique la surface, les balles, voire la nourriture et l’air que les joueurs adverses respirent pour obtenir le résultat souhaité. Ce n’est plus du sport. C’est du spectacle, de la politique, du business, mais plus du sport.

    Ou encore dans la guéguerre minable entre Madrid et Barcelone au foot où les mecs te trafiquent la longueur de l’herbe et la pression du ballon.

    Il y a un énorme problème d’indépendance et de gestion des conflits d’intérêt à la FIT, à l’ATP, et dans la direction des gros tournois.

    Sinon, s’agissant de Stich, il avait certes un jeu très fluide et délié, mais plus que de pépins physique, je garde surtout le souvenir d’un joueur qui n’était pas si constant que cela au top niveau, même s’il était capable de taper tout le monde lors d’un bien rare alignement stellaire. En revanche, côté mental comme côté régularité, le compte n’y était guère. Confèrent ses résultats en GC et ailleurs.

    Sampras craignait certes beaucoup Stich. Mais tout comme il craignait Krajicek. Pourquoi ? Parce que ces mecs étaient capables de servir à peu près aussi bien que lui, or Sampras n’était pas un super-retourneur, en particulier contre des super-bombardiers.

    Et puis, moi, un type qui privait Boris d’un 4ème titre à Wimbledon sans confirmer derrière, j’appelle ça un hold-up et j’aime pas. Na !

    • William 17 mai 2011 at 07:54

      Je consigne sur les adaptations de balles, surface, etc.

      • Nath 17 mai 2011 at 08:00

        Oui, je vois ici une suggestion à faire à « I, Président » (qui se fait rare d’ailleurs) : un type de balle par mini-saison.

        • William 17 mai 2011 at 08:07

          Oui, il n’est pas le seul absent d’ailleurs. Espérons que Roland les fasse renaitre !

  27. Kristian 17 mai 2011 at 08:26

    Un type de balle par mini saison, ca se fait deja. L’an dernier les balles dunlop de Roland Garros ont ete utilisee sur l’ensemble de la saison sur terre battue. Le hic cette annee, est que RG passe a Babolat.. mais pas les autres tournois qui sont restes avec Dunlop. Ces nouvelles balles sont donc utilisee pour la premiere fois cette semaine a Nice.

    Je doute que ca change fondamentalement les choses, car les balles de RG ont toujours ete dures et rapides. En 2009, on avait beaucoup parle des balles pour expliquer la defaite de Nadal.. et puis en 2010 on a arrete d’en parler.

    • Jeanne 17 mai 2011 at 08:31

      Il semble en effet y avoir eu quelque chose de changé entre 2008 et 2009 mais peut-être était-ce simplement la météo beaucoup plus sèche et venteuse qui a pas mal décapé le court ? Je n’ai rien trouvé qui confirme une réflexion prêtée à Vilas (en gros, avec ces nouvelles balles, Nadal ne pourra pas gagner, aurait-il affirmé en 2009)

  28. Jeanne 17 mai 2011 at 08:28

    Sur les balles à RG, ce sera une difficulté supplémentaire pour un Nadal atteint dans sa confiance ; on devrait voir des frappeurs avancer loin dans le tournoi et cela m’amène à réviser ce que je disais. Doudou peut très bien gagner le tournoi avec des conditions un peu accélérées.

    Sur le changement de balle, vu que cela semble une option à moyen voir long-terme, je ne trouve pas cela choquant, d’autres grands tournois l’ont fait. Cela va dans un sens de promotion d’un tennis plus offensif que défensif, pourquoi pas. Djokovic se plaignait en 2008 de la grande lenteur du Chatrier. Voilà qui pourrait compenser.

    • karim 17 mai 2011 at 10:03

      La météo peut avoir plus d’impact encore que les balles. terre sèche et rapide, avec balles vives ça peut aller plus vite que sur dur. Mais temps gris et terre lourde, sable pratiquement, même avec des balles nucléaires ça va se trainer.

    • Le concombre masqué 17 mai 2011 at 10:22

      Doudou peut très bien gagner le tournoi.

      ‘Faut l’dire vite quand même :)

    • Djita 17 mai 2011 at 10:59

      L’histoire des balles, c’est un début pour entamer la confiance de Nadal. La politique de diabolisationa commencé. Trop fort ces journaleux. Nadal n’aura aucun mal à s’acclimater avec ces baballes. ;)

  29. karim 17 mai 2011 at 10:49

    Mon trop trois perso des images que je ne PEUX plus voir, ou ne veux plus voir:

    1- Nadal mordre un trophée (différent de Nadal remporter un trophée)
    2- La danse des pouces de Tsonga
    3- Fed en veste blanche à Wimbledon

    • Sam 17 mai 2011 at 10:57

      - Djokovic hurler comme un bidasse bourré en fin de soirée 5 mn après avoir serré la main de son adversaire malheureux.

    • William 17 mai 2011 at 10:58

      -n’importe quelle célébration de Monfils.

    • Oluive 17 mai 2011 at 11:09

      Top 3 du look à éradiquer :
      - Les tresses de Monfils (ça a pas duré, même lui s’en est rendu compte)
      - la coupe de cheveux Studio line de Verdasco
      - La rolex de Fed qui surgit juste après la victoire en tournoi

      • William 17 mai 2011 at 11:12

        Les t shirt sans manches. Heureusement on n’en voit plus beaucoup. Même Delpo a eu le bon goût de suivre l’exemple de Nadal.

        • Oluive 17 mai 2011 at 11:45

          Les mini-chaussettes de Fish.
          Le short de Pernfors
          Stepanek

          • Oluive 17 mai 2011 at 11:46

            Stepanek et la danse du serpent.
            Stepanek et les suats de cabri.
            Stepanek à la masters cup…

          • Robert 17 mai 2011 at 11:53

            En parlant de Pernfors, j’ai finalement réussi à trouver le vidéo du match perdu contre papy Connors (35 piges) à Wim 87.
            Pour info le gars menait 6-1 6-1 4-1, et puis encore 3-0 au 4ème. Renversant!

            http://www.youtube.com/watch?v=xLF72pyrpI0&feature=related

            • Noel 17 mai 2011 at 12:33

              Voilà un vrai fan de tennis!
              Allez chercher la video d’un tel match dans les tréfonds de YT, tu as mon admiration éternelle…

      • Kaelin 17 mai 2011 at 11:58

        le pire ça reste la danse des pouces.. ah quelle horreur.

        • karim 17 mai 2011 at 13:10

          surtout quand il te la sort au premier tour contre un qualifié…

        • Kaelin 17 mai 2011 at 22:04

          Je pensais exactement à ça ^^

    • Noel 17 mai 2011 at 12:31

      -la famille de Djokovic
      -la mummy de Murray
      -la WTA

    • Oluive 17 mai 2011 at 15:10

      - La bande passante qui saute
      - L’Odyssée bloquée au 9 mars
      - Les citations de Schiavone / Roddick et je sais plus qui déjà

      • Djita 17 mai 2011 at 16:07

        Ah Oluive tes remarques me font bien rire, surtout sur l’odyssée.
        Monfis et Stepanek tout court, c’est pas mal aussi.

        • Oluive 17 mai 2011 at 16:19

          ;)

  30. William 17 mai 2011 at 14:28

    Djokovic invité du Grand Journal ce soir, sur Canal. On risque pas d’apprendre grand chose, mais pourquoi pas.

    • Djita 17 mai 2011 at 16:08

      Si que c’est lui le plus fort, le plus beau, l’invincible…
      Je suis sure que ne pas sauter de joie à tout bout de champs doit lui demander un immense effort. Il est trop trop « arrogant ».

      • Diana 17 mai 2011 at 20:52

        Ils sont ti pas mignons, à Cannes, les deux tourtereaux ?

        http://nsa26.casimages.com/img/2011/05/17/110517081303829789.jpg

        Djita, il peut être fier de sa réussite, je ne vois pas en quoi il est arrogant… C’est un champion, qu’on l’aime ou pas est une autre affaire, et tout champion qui se respecte doit avoir un ego digne de ce nom. Pas d’ego, pas de champion…A mon avis.

        • Djita 17 mai 2011 at 22:49

          Trop mignon le couple. Sa copine est super belle et lui ausso du reste.
          Quand je dis « arrogant » c’est un avis personnel et ce n’est pas un jugement sur ses capacités sportives.

        • Patricia 18 mai 2011 at 08:26

          ha ha, je m’invite à votre discussion de fond ! Mon verdict :
          Il y a (curieusement) bien plus de beaux mecs qu’en moyenne dans le top niveau tennistique, mais les vrais moches existent (hors Stepanek) : Almagro, Wawrinka, Querrey, Montanes, Chela, Kukushkin, Berlocq, Kamke… sans faire concurrence au GOAT de la laideur, mieux vaut se concentrer sur leur tennis !

      • Jeanne 17 mai 2011 at 21:17

        Je soutiens Diana ; champion et modeste, ça ne peut aller ensemble. Le Djoker extériorise plus que les autres sa certitude absolue en sa supériorité non moins absolue.

        Par contre Cannes, pourquoi ? C’est la Palme d’or du revers pour le blockbuster serbe ? Le meilleur bruitage de fond de court ? Ses effets spéciaux qui le rendent hors compétition ? Sa volonté de faire de Roland un thriller 3D ou un court-métrage ?

        • Diana 17 mai 2011 at 21:33

          Il se défoule, s’amuse… Il a le droit, non ? ;) Il ne dénote pas dans cet environnement je trouve. Assez extraverti, plutôt à l’aise en public, alors, qu’il en profite. Un moyen comme un autre de se ressourcer…

          Il a participé à un défilé de mode de Naomi Campbell
          http://nsa26.casimages.com/img/2011/05/17/110517080616253742.jpg

          Bien dans sa peau le mec :) j’aime assez…:)

        • Diana 17 mai 2011 at 21:37

          Rome…. Cannes…. Paris, un enchaînement logique non ?

          Empereur à Rome… star à Cannes… et qui sait.. maître à Paris ? :)

          • Jeanne 17 mai 2011 at 21:40

            Non, Paris vaut bien une messe et est dignement représenté par Monfils, un parisien tout à fait insolite

            • Diana 17 mai 2011 at 22:10

              Ben Fed, il l’aime bien Monfils , vu qu’il s’entraîne avec lui … ;)

        • Jeanne 17 mai 2011 at 21:37

          Oui il a quelque chose de cinématographique, l’animal. Du moment qu’il ne parle pas du lui-même à la 3ème personne, je valide :mrgreen:

          • Diana 17 mai 2011 at 21:42

            Ben déjà, il est pas coincé, assez beau gosse, en pleine confiance, le monde lui ouvre les bras… Il aurait tort de se gêner. J’aime assez , même beaucoup, les gens qui s’assument ainsi. Mais comprends parfaitement que cela puisse horripiler. Ou alors peut-être est-ce parce que ça horripile que j’aime, je ne sais pas trop encore ;)

          • Jeanne 17 mai 2011 at 21:47

            « peut-être est-ce parce que ça horripile que j’aime, je ne sais pas trop encore » maiiis non que vas-tu chercher là :wink:

            Oui assez bogosse, mais quand même pas Bellucci hein

            • Diana 17 mai 2011 at 21:59

              Rhalala, dans le mille :mrgreen: Tu commences à m’inquiéter Jeanne, je pense que tu lis trop bien, et que tu traduis trop bien mes pensées…:oops:

          • Kaelin 17 mai 2011 at 22:13

            A vrai dire jtrouve que ya pas vraiment de gros moches dans les joueurs les plus connus, ya pas mal de beaux gosses. Stepanek étant l’exception qui fait la règle ^^

            • Sylvie 17 mai 2011 at 22:40

              Ben, moche ou pas, il a un truc visiblement

  31. Baptiste 17 mai 2011 at 17:04

    - les conferences de presse de tonton toni en Français (je comprends jamais rien)
    - la gotee de Soderling (j’aime pas c’est tout)
    - les commentaires des spécialistes francais (Emilie Loit, Julien Varlet, Arnaud Di Pascual…) sur les chances des tricolores à RG ou sur le déclin de Fed

  32. William 17 mai 2011 at 18:22

    BREAKING NEWS :
    Gulbis a gagné un match.

    • Sam 17 mai 2011 at 19:30

      Un match de quoi ?

      • karim 17 mai 2011 at 22:59

        enorme Sam!!

    • Jeanne 17 mai 2011 at 21:18

      Une variété de curling batave expérimental

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